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SENSATIONS DU SENS GÉNÉRAL DE LA SENSIBILITÉ

gines, de blessures, d'inflammations rhumatismales par exemple, les douleurs musculaires ont de TaiBnité avec la douleur de la fatigue. Toutes ces sensations appartiennent, par suite de leur rôle purement subjectif, aux sensations générales ; et Tune d'elles, la sensation de fatigue, a de nouveau une importance particulière, car l'intensité, avec laquelle elle se manifeste, par rapport à ses causes externes. Influence en première ligne la sensibilité générale du corps de Tindividu. Le sentiment de faiblesse des malades et des gens débilités par l'âge est, probablement en grande partie, le sentiment de la fsitigue musculaire.

En présence des sensations si diversifiées, qui sont liées au mouvement, soit en l'accompagnant, soit comme étant ses effets consécutifs et permanents, on est insensiblement conduit à admettre, que ces sen* sations, résumées, à cause de leur étroite dépendance vis-à-vis des organes moteurs, par ce terme général de sensations de mouvement, peuvent avoir des origines très-différentes. Néanmoins, les physiologistes — dans le but d'arriver à la simplicité des explications (quoiqu'ils aient échoué dans ce cas) — ont souvent essayé de faire dériver, autant que possible, toutes les sensations de mouvement d'une seule source. Dans cette intention,, ils ont cherché l^ à les ramener aux sensations de pression de la peau, i^ Ils ont voulu y voir des sensations musculaires spécifiqueSy qui, dépendant des appareils sensibles et des nerfs situés à l'intérieur des muscles, seraient considérées en quelque sorte comme les sensations d'un sixième sens, du sens musculaire. 3® Enfin, selon une autre supposition, ce sont des sensations d'innervation : elles dépendent uniquement de l'innervation centrale des organes moteurs, et leur origine serait donc plutôt centrale, que périphérique. On voit aisément, que chacune de ces trois hypoÛièses c sur le sens musculaire » est insuffisante, car aucune n'est capable d'expliquer la totalité des phénomènes, que nous rencontrons dans le domaine des sensations de mouvement. En outre, chacune de ces hypothèses contient, évidemment, une partie de la vérité ; et, par conséquent, les sensations de mouvement, comme nous l'avons montré précédemment, sont pour nous des produits fusionnés complexes, provenant de sensations d'origine différente.

Les sensations de pression de la peau sont un élément essentiel des sensations de mouvement ; ceci est prouvé par les troubles moteurs consécutifs à la suppression ou à la diminution de la sensibilité culanée. Le tableau symptomatique de Yataxie est spécialement fourni par les perturbations de la sensibilité culanée, la faculté motrice étant conscr-

vée : les animaux, dont les racines poslérieures des nerfs de la moelle épinière ont été sectionnées (l), les grenouilles» dépouillées de la peau de leurs jambes (2) et Thomme, qui est affecté de troubles pathologiques de la sensibilité (3), nous présentent ce symptôme. Par suite de Tanesthésie cutanée, cette ataiie se borne régulièrement à une certaine incertitude dans Texécution des mouvements ; mais, la coordination convenable de ces derniers, ou seulement l'adaptation parfaite à un but voulu ne sont pas ici totalement supprimées. C'est pourquoi, on conclut seulement d'après ces phénomènes, qu'une certaine part aux sensations de mouvement est dévolue à la sensibilité cutanée. D'autres éléments participent-ils, et dans quelle étendue, à ces sensations de mouvement ? nous ne pouvons l'affirmer. En effet, ces phénomènes ont été précisément utilisés dans un sens opposé. Tandis que Schitf mettait & proGt ces phénomènes, pour dériver des sensations de pression toutes les représentations de mouvement, W. Arnold (4), Cl, Bernard, etc, ont été conduits, d'après les mouvements relativement bien x)rdonnés des grenouilles dépouillées de leur peau, à admettre l'existence d'un sens musculaire spécial. Aucune de ces assertions n'est péremptoirc. Car, dans le premier cas, il n'est pas positivement démontré, que Tinfluence des sensations cutanées soit réellement la seule, et, dans le deuxième cas, on peut, suivant la juste remarque de Ferrier (5), faire l'objection suivante: les mouvements convenablement coordonnés ne sont pas dus aux sensations, mais ils sont produits par la simple mise en jeu des mécanismes réflexes de la moelle épinière, de la même manière que les animaux, privés de leur cerveau, nous présentent des mouvements bilatéraux parfaitement coordonnés.

Mais, une- preuve décisive, en faveur d'autres origines de la sensation de mouvement, nous est offerte par les observations, pratiquées sur la conduite de cette dernière sensation chez l'homme. C'est ce qu'indique déjà le fait suivant établi par E. H. Weber: la simple sensation de pression nous permet de distinguer deux poids avec moins de finesse, que si l'on a recours au mouvement d'élévation (6). Les faits d'anesthésie cutanée, recueillis par Leyden et Bernhardt, sont absolument démonstratifs

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