SENSATIONS DU SENS GÉNÉRAL DE LA SENSIBILITÉ
à cet égard. D'après ces auteurs, si le trouble de sensibilité est borné à la peau, la sensibilité pour Télévatioù des poids peut persister et avoir sa grandeur normale (1). Ce résultat comporte deux interprétations: la source de celle sensation de mouvement, indépendante de la peau, peut résider dans une sensibilité particulière aux muscles, ou dans une sensation d'origine centrale, accompagnant l'innervation volonlaire des muscles. Leyden et Bernhardt ont été conduits à donner cette dernière interprétation à leurs observations, parce que, dans ces sortes de cas, où les muscles s'étaient atrophiés et avaient perdu leur irritabilité électrique, les sensations, concernant la position et le mouvement des membres, étaient conservées à un certain degré (2). Bernhardt est arrivé au même résultat dans ses expériences sur des sujets sains, où il comparait la sensibilité ditTérentielle pour l'élévation des poids, soit en faisant contracter volontairement les muscles, soit en leur appliquant rélectricité. Dans le premier cas, la distinction était très-souvent un peu plus délicate, que dans le second ; cependant, elle dépassait encore ici la sensibilité de pression de la peau (3). Or, ces faits ne contiennent aucune preuve décisive, qui permette d'admettre pour les sensations de mouvement une origine, qui serait étrangère aux organes moteurs. Bien plus, comme lors de l'irritation des muscles avec l'électricité ou des mouvements passifs de ces derniers, l'individu distinguerait parfois la position des membres plus précisément, qu'à l'aide du simple sens de pression, ceci témoignerait justement en faveur de la participation essentielle des sensations des muscles périphériques (4). Ces réflexions ont trouvé un certain appui dans les observations et expériences de C. Sachs. D après celles-ci, il est incontestable, que des filets sensibles, provenant des racines postérieures des nerfs de la moelle épinière, se propagent dans les muscles, résultat déjà indiqué d'ailleurs par les sensations de fatigue, qui ont très-certainement pour origine les états internes des muscles. Sachs a constaté, que chez les grenouilles, empoisonnées par la strychnine, l'irritation provoquée des muscles engendre des convulsions réflexes ; et même, après avoir sectionné les racines postérieures, il a démontré dans les muscles la présence de filets nerveux dégénérés (5). H est bien possible, qu'au
i. Leyden, loc. cit.— Bpruhardt, Àrchiv f. Psychiatrie^ UI, p. 618.