Voir p. 187, la note
2. Cons. le Lehrb. d. Physiologiey de l'auteur, 4« è«lit. p. 193, 411.
involontaires, soit des sensations, et, par celles-ci^ des mouvements volontaires, propres à entretenir les fonctions en question.
Les sensations de douleur constituent une classe remarquable des sensations générales. Chaque sensation générale et chaque sensation sensorielle ordinaire, qui atteignent une énergie déterminée, se convertissent en sensation de douleur. Celle-ci offre donc autant de formes qualitatives et de nuances, que la sensation elle-même. Il y a des impressions tactiles, dos bruits et des irritants tactiles, qui sont douloureux ; également, la douleur des organes internes montre des différences locales, qui, désignées par les épithètes de < brûlante, pongitive, déchirante, térébrante » etc., jouent un certain rôle dans la pathognomonie des organes. D^autre part, toute sensation de douleur, n'importe la partie d'où elle provient, possède assurément un caractère analogue ; c'est pourquoi, même dans les sensations sensorielles proprement dites^ les différences spécifiques s'effacent d'autant plus, qu'elles se rapprochent davantage de la limite de la douleur. Par conséquent, ce n'est pas tant la sensation de douleur elle-même, que son intensité, sa propagation et sa durée dans le temps, qui déterminent les différences caractéristiques de la sensation douloureuse. Ainsi^ selon le langage usuel, une douleur est pongîtîve, si elle est localement limitée et atteint soudain une grande intensité ; brûlante, si elle se propage avec une énergie uniforme à une grande surface ; déchirante, si elle parvient graduellement à son maximum ; térébrante, si elle oscille entre certaines limites d'intensité. Cette homogénéité do la douleur indique déjà, qu'elle est, comme toutes les sensations générales, un phénomène central, sur la durée et la propagation duquel, seules, les occasions, venant de la phériphérie, exercent une certaine influence.
Ce siège central des excitations explique même les autres particularités de la sensation de douleur. Citons, ici, principalement l'irradiation de la sensation dans de nombreuses sensations associées ; elle augmente généralement avec l'énergie de la douleur, et est capable d'abuser complètement le sujet sentant sur le siège de la douleur. Nous mentionnerons encore la naissance lente et la conduction des excitations douloureuses. Personne ne l'ignore, lors des blessures de la peau ou d'autres parties sensibles, on sent premièrement une impression tactile, suivie ensuite, beaucoup plus tard, de la sensation de douleur, qui croît et se propage graduellement. Ces différences, déjà remarquables à l'état normal, se manifestent bien plus nettement dans certaines