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Preyer, Akust, Unters. p

qaand son ton propre possède un nombre double, triple oa quadruple de vibrations. L'expérience suivante le démontre d'une façon péremptoire. On prend un diapason électromagnétique A, pareil à celui dont se servait Helmholtz, dans ses expériences sur la composition des sons des voyelles (1), et on laisse ce diapason effectuer les interruptions d*un courant galvanique. Dans les iils conducteurs de ce courant est placé Télectro-aimantd'un diapason B plus petit et très -facilement excitable. Les deux diapasons sont accordés, de façon que B répond à l'octave, à la duodëciroeou à la double octave de il. En même temps, ils sont tellement écartés l'un de l'autre, qu'on ne peut pas penser, que les ondes sonores émanant de A fassent vibrer directement par sympathie le diapason B. Dans ce cas, les aimantations alternatives de l'élcctro-aimant rapproché des branches du diapason B constituent seulement les impulsions de mouvement pour ce diapason : toutefois, il vibre sympathiquement, au moment où on laisse commencer les vibrations de A, Or, si des impulsions magnétiques, du nombre de vibrations Vs, Va ou Vi» mettent en vibration un diapason sensible, des impulsions sonores doivent évidemment produire le même effet. Par conséquent, toutes les autres conclusions, déduites par Preyer à l'aide de cette méthode d'analyse des sons, sont ruinées. D'ailleurs, quant à l'analyse des sons avec les résonnateurs, H. Grassmann (2) a déjà indiqué, qu'on ignore généralement, si les tons trouvés par les résonnateurs existent indépendamment d'eux, tant que l'on ne réussit pas à remarquer le ton partiel en question dans le son invariable.

Nous distinguons nos sensations lumineuses d'après trois modalités variables, qui sont : 1° La qualité de la couleur ou le ton de la couleur, i^ La saturation de la couleur ou la gradation de la couleur. Par ce dernier terme, nous voulons désigner le degré, où la sensation lumineuse incolore s'unit à une sensation colorée (3). Une couleur est, disons-nous, d'autant plus saturée, qu'elle est moins mélangée avec de la lumière incolore (avec du blanc, du gris ou du noir). Le blanc

i. Lehre v. d. Tonempf. %* édit. p. 186.

S. Annalen de Wiedemann, vol. I, p. 606.

3. Aubert (Grtindzûge der physiologischen Optik, p. 517} avait proposé le mot de nuance de la couleur, pour désigner la saturation d'une couleur. Depuis lon^ztemps, on grand nombre d auteurs emploient celte expression dans le même sens, que le ton de la couleur ; je me permettrai donc de la remplacer par le terme de grada- Uon de la couleur, qui parait moins exposé à ces sortes de confusions et est, peutêtre, plus caractéristique ou plus expressif.

lui-même, à part ses graduations d'intensité jusqu'au noir^ peut» en ce sens» être considéré comme le degré de saturation le plus faible d'une couleur quelconque. 3® Vintensité lumineuse ou Yénergie de la sensation. De ces trois modalités de la sensation lumineuse, généralement la première, le ton de la couleur, dépend de la longueur d'onde ; la deuxième, la gradation de la couleur, du mélange de lumières d'autres longueurs d'onde; la troisième, l'énergielumineuse, deramplitode des vibrations. Provisoirement, nous examinerons ces trois propriétés, comme si, à l'exemple de la hauteur et de l'énergie d'un son, elles pouvaient varier indépendamment les unes des autres ; mais il n'en est pas ainsi, car (nous le verrons plus tard) Ténergie lumineuse modiRe la saturation, et celle-ci modifie à son tour la qualité de la couleur. Abstraction faite de ces influences, nous prendrons, ici, pour base de l'étude de la qualité, seulement les couleurs simples ou saturées. Le blanc, quoiqu'il ait le même droit, que toute couleur, à être considéré comme une qualité de la sensation, sera examiné à propos de la saturation, parce qu'il forme, dans l'échelle dos graduations d'une couleur, un cas limite opposé à la saturation parfaite. Enfin, les graduations d'intensité du blanc seront diacutées, en troisième lieu, avec les intensités des couleurs.

Fie. m.

Le seul moyen d'obtenir les sensations simples colorées avec leur saturation complète est le suivant. Il consiste à dissocier la lumière mixte ordinaire ou blanche, à la réfracter en diverses sortes de lumières simples d^une longueur d'onde et d'une réfrangibilité différentes (i). Si, après avoir pratiqué une fente au volet d'une chambre obscure, on laisse tomber un rayon de soleil sur un prisme de flint-glass à trois faces, le rayon blanc, grâce à la réfrangibilité différente des sortes de

I. La dissociation par diffraction ou interférence ne produit pas une sépara* tion suffisamment complète, et par conséquent aucune couleur parfaitement saturée.

SENSATIONS LUMINEUSES. 40f)

lumières à longueur d'onde variable, qui le composent, se résout en une série de rayons colorés : on a alors le spectre. La lumière de la plus grande longueur d'onde est le plus faiblement réfractée, et, celle de la plus petite longueur d'onde, le plus énergiquement. La première est le rouge, et l'autre, le violet; entre ces deux lumières, viennent toujours et successivement, dans le même ordre, l'orangé, le jaune, le vert, le bleu (!) et le bleu indigo (Og. IH) (2). Un œil, regardant dans la direction des rayons émergents du prisme, perçoit directement cette série de couleurs comme spectre subjectif. Si, à l'endroit, oîi notre œil est'placé, nous posons une lentille convergente d'une énergie convenable^ et derrière cette lentille un écran blanc, un spectre objectif se dessinera sur cet écran et aura la forme d'une bande colorée. Si on répète la réfraction, en disposant plusieurs prismes l'un après l'autre, les diverses couleurs spectrales sont isolées bien plus complètement. (3). Toutes les couleurs, obtenues d'une autre manière et non par la dissociation de la lumière solaire, ne possèdent aucune saturation complète : ce sont donc, surtout, celles qui prennent naissance par suite de l'absorption, qu'éprouvent certains rayons de lumière blanche, lors de la réfraction et de la réflexion. Par conséquent, les verres colorés ou les pigments colorés émettent toujours une lumière de réfrangibilité différente, ainsi qu'on peut s'en convaincre, en dissociant cette lumière à l'aide du prisme.

Les couleurs simples du spectre prismatique constituent une série

1. Aa lieu de bleu pur, on dit souvent le bleu cyanique (cyaneum de Newton).

S. Le petit tableau suivant contient les longueurs d'ondes, calculées d'après les expériences faites sur les interférences, en dix millionièmes de millimètre, et, les nombres de vibrations correspondantes, en biUions à la seconde. La ligne ou raie de Fraunbofer, qui limite le ton de la couleur, est placée entre deux crochets. Loofaear d'onde. Nombre de vibrations*

Rouge (B)... 6878 4S0 '

Rouse (C... 6564 472

Jaune (D) ,. 5888 526

Vert (E),.. 5260 589

Bleu (F)... 4843 640

Bleuindigo. (G) .. 429L 722

Violet (H)... 3928., 790

En mettant dans Tobscuritè le reste du spectre, on peut encore reconnaître une petite étendue au-delà de la ligne sombre L, qui limite le violet ordinairement visible : cette étendue est une couleur, l'ultraviolet, qui s'avance jusqu'à une ligne R correspondant à une longueur d'onde de 3108 (nombre de vibrations 912). Le ronge s'obRerve, dans les circonstances favorables, jusqu'à une ligne A, avec la longueur d'onde 7617 (nombre de vibrations 4i2). Le i«pectre de la vapeur du rubidium présente, on peu au-delà de i4, deux lignes d'un rouge très-intense.

3. Relativement à ces méthodes, consulter Helmholtz, Physiolog. Optik, p. 261 et suiv.

'^m QUALITÉ DR LA SENSATION.

de sensations, qui passent continuellement de Tune à J'autre. La multiplicité des couleurs simples peut donc, à Texemple de la série des tons (i), être représentée par une ligne. Toute sensation colorée, qualitativement déterminée, forme un point de cette ligne ; et ce point permet d'arriver, par des passages graduels, à tout autre point quelconque de cette même ligne. Mais la ligne chromatique se distingue de la ligne des tons, car une série de sensations, correspondant aux graduations de l'irritant extérieur, ne peut être démontrée. Une échelle chromatique, si on entend désigner par-là une échelle analogue à celle des tons, n'existe point. Si nous voulions graduer quantitativement la série chromatique, à l'exemple de la série des tons, nous ne pourrions pas, à cet effet, employer des intervalles finis, mais seulement des différences minima, comme lors de la mensuration d'intensité de la plupart des sensations (2). Les sensations colorées présentent alors une caractéristique remarquable : le rouge et le violet, ces deux couleurs situées aux deux extrémités du spectre, se rapprochent de nouveau Vune de l'autre, quant à leur composition qualitative ; leur conduite est donc analogue à celle de deux couleurs voisines dans le spectre, par exemple du rouge et de l'orangé, ou du bleu et du bleu indigo. Ainsi, les couleurs ne forment pas, comme les tons, une ligne progressant toujours dans la même direction ; mais l'extrémité de cette ligne se rapproche de nouveau de son point de départ. Ceci indique évidemment, que cette ligne n'est pas droite et a une configuration un peu incurvée ou infléchie. Voici le moyen de démontrer avec la plus grande netteté la parenté des deux couleurs terminales du spectre : si on mélange ces deux couleurs, il se produit une couleur, qui contient tous les tons de transition possibles entre le rouge et le violet; cette couleur est le pourpre. Celui-ci se rapproche davantage du rouge, si le rouge prédomine dans le mélange (rouge carmin) ; et du violet, si le mélange contient une plus grande quantité de cette dernière couleur (pourpre proprement dit). La multiplicité des couleurs simples est donc figurée par une ligne courbe, dont les extrémités se rapprochent, et le plus simplement par une ligne circo-

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