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BleuCndi^
secteurs. Les expériences de Dobrowolsky (1) donnent avec plus de précision les nombres proportionnels, concernant la sensibilité différentielle des divers tons de couleur :
dans le rouge (ligne B— C), l'orangé (C'-D), lejaune (D), le vert jaunâtre (D— J?),
/lie /l<î7 , /131 V77* V248
leyert(^),Ie bleuverdâtre(£— F)Jeblen(F),lebfeu indigo (^), le violet (G— fl).
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1. Dobrowolsky, Archiv f. Ophthalm. XVIII, p. 66. Les chiffres, obtenus auparavant par Mandelstamm {ibid. XIII, p. 399), sont beaucoup plus faibles. Quant aux méthodes employées, consulter Snellen et Landolt, in Handb, d. Augenheilk. de Grœfe et Sœmisch, tome IH, p. 39 et la 4* édit. de mon lehrb. d. Physiol. p. 665.
SENSATIONS LUMINËUSBS.
La relation^ exprimée par ces chiffres, peut encore être représentée de la manière suivante. Supposons, par la pensée, les segments d'arc du cercle chromatique, qui servent à mesurer la sensibilité différentielle, convertis en ordonnées verticales et portés sur une ligne d'abscisse, dont les unités sont des différences à peine perceptibles de la sensation. Chaque ordonnée doit être alors inversement proportionnelle à cette différence des longueurs d'onde, qui occasionne une modification à peine perceptible de la sensation. On obtient ainsi une courbe, qui s'élève avec le rouge, atteint son premier maximum avec le jaune, tombe avec le vert à un minimum relatif, remonte avec le bleu à un second maximum et, enfin, s'abaisse encore avec le violet. Les trois points les plus bas de cette courbe correspondent h la couleur du commencement et de la fin, ainsi qu'à celle du milieu du spectre.
Certaines couleurs simples sont désignées dans le langage par des expressions plus anciennes et plus primitives, que celles des autres couleurs. On les a appelées couleurs principales, pour les distinguer des autres couleurs, qui sont les couleurs intermédiaires. Les couleurs
principales portent des noms très-caractéristiques : le rouge, le jaune, le vert et le bleu. Comme les couleurs intermédiaires sont placées entre deux couleurs principales, évidemment, elles ont plus d'affinité ou de parenté avec chacune de ces dernières, que celles-ci n'en ont entre elles ; par conséquent, la sensation les perçoit comme des gradations intermédiaires. C'est ce qu'expriment même les termes du langage,'tels que le violet (le bleu de la violette),le vert orangé,le vert jaunâtre etc.Or,il ne faut pas conclure de là,que dans notre sensation directe les couleurs principales possèdent un caractère spécifiquement différent des couleurs intermédiaires. Mais, les couleurs principales empruntant, comme nous l'indique l'histoire du langage, leurs noms primitifs à certains objets marquants, par exemple le vert à la matière verte des plantes, le rouge à la coloration rouge du sang, des impressions déter-
minées semblent avoir plutôt occasionné le choix des couleurs principales ; c^est pourquoi, le rôle des couleurs intermédiaires devait naturellement appartenir aux autres couleurs. Seulement, ce fait, qu'il existe justement quatre couleurs principales, est en quelque sorte basé sur la nature subjective de la sensation ; car, deux couleurs princi* pales voisines doivent être assez rapprochées Pune de l'autre, pour qu'une parenté sensible avec ces deux couleurs soit perceptible , dans toutes les couleurs intermédiaires. Si nous considérons la série chromatique, comme une courbe revenant sur elle-même, où Ton passe de difîérences imperceptibles à des différences perceptibles et de plus en plus accusées, il y aura sans doute, pour chaque point de cette courbe, un autre point, qui correspondra à une sensation de la variété qualitative la plus grande possible. Or, en mesurant, -d'après les degrés de la sensibilité différentielle, les longueurs d'arc déjà indiquées du cercle chromatique, il faut (si ces arcs sont complétés par le pourpre (1) ) regarder, comme points do la plus grande différence des couleurs , ceux qui sont touchés par les extrémités d'un diamètre^du cercle. Et Ton obtient les quatre couleurs principales, si l'on unit, par un diamètre, le pourpre, situé entre les extrémités du spectre, avec le vert, couleur spectrale moyenne qui lui est opposée ; de plus, si l'on coupe ce diamètre par un autre, qui lui sera perpendiculaire, ce dernier diamètre atteint alors les deux autres couleurs principales, le jaune et le bleu (fig. 112). On semble autorisé à choisir le pourpre, au lieu du rouge, parce qu'il présente une différence également accusée par rapport aux trois autres couleurs principales, et qu'avec lui la couleur du commencement et celle de la fin du spectre apparaissent alliées dans la même mesure. Quand une couleur principale a été déterminée,les trois autres s'offrent d'elles-mêmes ; et ce sont celles qui, sur le cercle chromatique construit diaprés les unités de la sensibilité différentielle, s'éloignent Tune de l'autre de 90^^.
La gradation de la couleur consiste dans cette particularité de la sensation lumineuse, qui est constituée parle mélange plus ou moins considérable de la sensation incolore avec une sensation pure colorée. Le blanc est le plus faible degré de saturation de toute espèce de son-
1. Afin d'obtenir pour le pourpre les valeurs corre6pondantes de la gensibiiilé différentielle, il faudrait utiliser, comme mesure de la i^ensibililé différentieUe, les modiftcatlons minima des mélanges du rouge et du violet ; mais, actuellement, aucune expérience de ce genre n*a été pratiquée.
SENSATIONS LUMINEUSES. 47i
sation colorée ; et ses graduations différentes d'intensité, le gris et le noir, sont, à cet égard, synonymes de blanc. L'expression de « couleur saturée » n'a, d'ailleurs, qu'une importance subjective ; par conséquent, la sensation des gradations de couleur dépend, à un haut degré, des variations de notre sensibilité. Si, par exemple, l'œil est émoussé pour la lumière d'une certaine couleur, un faible mélange de celle-ci peut nous échapper : donc, une lumière peu colorée nous semblera complètement blanche. D'autre part, les sensations, qui engendrent les couleurs spectrales pures dans un œil non fatigué, ne possèdent par la plus grande saturation, qui appartient ordinairement à une couleur. Par exemple, quand l'œil est fatigué par la lumière verte, dès les premiers moments le rouge spectral paraît plus saturé, que ne le voit habituellement l'œil reposé. Le concept de saturation est donc un concept limitatif, dont nos sensations réelles peuvent s'approcher plus ou moins, sans que nous soyons autorisés à dire d'une sensation déterminée, qu'elle est absolument saturée. Si nous prenons, pour mesure des sensations colorées saturées, les couleurs spectrales pures, telles qu'elles apparaissent à l'œil non fatigué, cela signifie seulement, qu'effectivement ces couleurs sont généralement le plus saturées, parmi nos sensations réelles. Or, nous donnons le nom de blanc, de gris ou de noir à toutes ces sensations, où il est impossible de découvrir le moindre mélange coloré.
Le mode ordinaire, par lequel les sensations saturées engendrent des sensations d'un degré de saturation plus faible, consiste à mélanger tes couleurs saturées. C'est en même temps l'unique moyen, quand la sensibilité de la rétine reste invariable, de modifier la gradation de la couleur, sans changer simultanément l'énergie de l'irritation ; c'est donc le seul, que nous étudierons ici, car l'influence de l'intensité de la sensation sur la qualité de la sensation colorée nous occupera plus tard.
Diverses méthodes produisent un mélange des couleurs saturées ou presque saturées. On mélange directement les couleurs spectrales, en réunissant de nouveau par la réfraction tous les rayons du spectre prismatique. Ou bien, on mélange la lumière réfléchie par les pigments; mais assurément, dans cette circonstance, les composants, qui font partie du mélange, ne possèdent jamais la saturation des couleurs spectrales. Au lieu de mêler directement les ondes éthérées, on peut mélanger, pour ainsi dire, les sensations, si, à l'aide du disque chromatique, mis en rotation très-rapide, des impressions hétérogènes
47i QUALITÉ DE LA SENSATION.
agissent sur un même point de la rétine. Ces diverses méthodes nous révèlent, que le mélange de toutes les couleurs spectrales, dans le rapport d'intensité offert par le speclre solaire, engendre du blanc; ce fait confirme seulement la conclusion, qui découle de la dissociation de la lumière solaire mixte en diverses couleurs spectrales. De plus, on trouve, qu'un nombre plus faible de couleurs, et même deux couleurs simples, convenablement choisies, produisent un résultat identique. Deux couleurs, voisines l'une de l'autre dans le spectre, donnent, si elles sont mélangées ensemble, un ton de couleur qui, dans la série des couleurs spectrales, est situé entre elles. Ce ton, si les couleurs sont éloignées Tune de l'autre, devient graduellement blanchâtre ; et, en présence d'une certaine différence des couleurs mélangées , quand celles-ci agissent ensemble dans des proportions d'intensité convenables, la couleur résultante passe au blanc. En éloignant davantage la distance des couleurs spectrales, on voit de nouveau apparaître une couleur ; celle-ci n'est plus intermédiaire aux deux couleurs mélangées, mais à la deuxième couleur (plus réfrangible) et à l'extrémité du spectre, ou bien, c'est le pourpre, si les extrémités du spectre sont mêlées ensemble. Or, ces couleurs, qui mêlées ensemble dans des proportions d'intensité convenable, donnent le blanc, sont les couleurs complémentaires. On trouve de cette manière, que
le rouge et le bleu verdàtre,
Torangé et le bleu,
le jaune et le bleu indigo,
le jaune verdàtre et le violet sont complémentaires Tun de l'autre (1). Le vert^du spectre n'a aucune couleur simple complémentaire; le pourpre est sa couleur complémentaire. D'après ce qui précède, il résulte de ce tableau, que le rouge, mêlé à une couleur placée avant le bleu verdàtre, par exemple au vert, donne, selon la prépondérance plus considérable du rouge ou du vert, successivement l'orangé, le jaune, le vert jaunâtre ; et au contraire, le rouge, mêlé au bleu, engendre le bleu indigo ou le violet; les autres couleurs se comportent d'une manière analogue. De ces faits découlent, en même temps, des conditions, qui déterminent plus intimement la configuration de la ligne chromatique. Cette configuration, au lieu d'être développée, comme précédemment, d'après la gradation de