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Hering, Zur Lehre vom LUhtsinn, 4* et 5<^ communie

mais biea le pourpre et le vert ; jamais les quatre couleurs principales ne donnent toutes les sensations colorées, et le violet spectral ne peut être produit par cette voie ; d'autre part, le jaune spectral est complètement engendré par le rouge et le vert. En outre, chaque cécité pour le rouge serait simultanément cécité pour le vert, tandis que réeliement ces deux cas se distinguent absolument l'un de Tautre. Enfin, comme les sensations blanches-noires forment une série qualitative, on arriverait nécessairement à cette conséquence étonnante, que la lumière incolore est généralement dépourvue de gradations dMntensité. Il faudra donner raison à cette hypothèse uniquement sous un rapport : la sensation de Tabsence de couleur ne peut jamais dériver du mélange de sensations colorées quelconques ; par conséquent, cette sensation incolore doit être accompagnée d'un processus physiologique d'esi>èce particulière.

Effectivement, cette obligation — abstraction faite du principe général, qui exige pour tout processus de sensation spécifiquement différent une base physique correspondante — trouve spécialement son appui datis les deux faits, que nous allons citer : l» Tachromatopsie totale, déjà signalée, des parties les plus latérales de la rétine, et 2^ la propriété, qu'a toute sensation colorée, de se convertir en une sensation incolore, quand l'énergie de l'irritant augmente ou diminue suffisamment. Ce dernier phénomène surtout nous contraint à admettre la supposition suivante : le processus physiologique de Texcitation lumineuse incolore existe, lors de toute irritation lumineuse; et il se combine simultanément avec l'irritation lumineuse colorée, seulement dans des conditions particulières, quand l'irritant se borne à des longueurs d'ondes déterminées et à certaines intensités moyennes. A cet égard, la sensation lumineuse incolore ressemble à la sensation de bruit; seulement, cette dernière, à cause de la faculté d'analyse dévolue à l'oreille, est liée plus intimement et plus souvent à la sensation de son. Cependant, on constate une autre analogie entre ces deux sensations : la sensation colorée est, très-probablement, le produit d'une évolution, puisque les organes visuels imparfaits sont capables de distinguer des degrés de clarté.

Notre connaissance directe, si défectueuse, des processus rétiniens nous amène à prendre spécialement en considération, pour la théorie de l'excitation lumineuse colorée : 1° l'affinité existant entre la couleur du commencement et celle de Textrémité du spectre, 2<> le fait révélé également et uniquement par la sensation, que deux longueurs d'ondes,

SENSATIONS f.UMlNEUSES. 513

de différence suffisante, se compensent relativement à Texcitatiou colorée, de façon que l'excitation incolore, accompagnant toutes les irritations lumineuses, persiste seulement. Ces deux faits ont une certaine connexion ; car, de l'affinité subjective du rouge et du violet, on conclut à l'analogie des processus d'excitation correspondants ; et l'on doit donc s'attendre à ce que ces longueurs d'ondes, qui se compensent par rapport à l'excitation colorée, seront le plus possible éloignées les unes des autres dans la ligne chromatique fermée, esquissée d'après l'affinité subjective des couleurs. Si nous invoquons ici cet autre fait, que des longueurs d'ondes différentes, accusant un faible écart de vibrations, produisent ensemble une excitation lumineuse de composition égale à la longueur d'onde simple qui leur est intermédiaire, de là résulte la loi des mélanges, y compris les trois couleurs fondamentales.

Ces données obligent-elles à supposer une pluralité de processus d'excitation spécifiquement différents, de la même manière qu'on reconnaît l'excitation lumineuse incolore comme étant différente de l'excitation chromatique, quoiqu'elle soit généralement liée à cette dernière ? Selon ma conviction, on doit répondre négativement à cette question. Nous l'avons déjà dit, la loi des mélanges se concilie parfaitement avec l'hypothèse suivante, qui est toute naturelle : l'irritation chromatique est une fonction continuellement variable de la longueur d'onde de la lumière objective, et une irritation achromatique est simultanément liée à chaque irritation chromatique. En revanche, les phénomènes de la cécité pour les couleurs ne contiennent aucune contradiction, car ils attestent seulement la position remarquable, que les trois couleurs fondamentales occupent déjà, d'après la loi des mélanges. Il est encore moins permis d'emprunter à la distinction des quatre couleurs principales un argument en faveur de l'existence de matières visuelles ou de processus d'excitation spécifiquement différents. Si nous partons de cette idée, que les couleurs principales sont ces couples de couleurs, dont la différence subjective est un maximum, leur situation relative est alors déterminée par la parenté des deux couleurs terminales du spectre ; mais leur position absolue est, évidemment, une affaire de convention arbitraire ; c'est pourquoi, les désignations du langage ont exercé sur elle une influence essentielle. Si nous avions été habitués à regarder le pourpre et l'orangé comme couleurs principales, personne ne s'aviserait d'attribuer au rouge le rôle d'une couleur intermédiaire entre ces deux couleurs. Les peintres, qui par le mélange de pigments bleus et jaunes obtiennent le vert, in-

clinent à regarder celui-ci comme une couleur intermédiaire; tandis que pour les physiologistes, le vert est une couleur principale. Le concept de couleur principale n'a d'importance, que s'il indique cer- ^ tains maxima différentiels relatifs dans la courbe chromatique, qui est fermée en soi. En outre, un certain intérêt se rattache à ces différences maxima subjectives, car elles coïncident presque, mais non complètement, avec les couleurs complémentaires ; et, à la vérité, la déviation ou l'écart a lieu constamment en ce sens, que les couleurs complémentaires sont un peu plus éloignées les unes des autres, que les couleurs principales opposées Tune à l'autre. D'ailleurs, on peut très-bien imaginer, que cette déviation a été également occasionnée par cette influence de certains objets naturels, qui a déterminé le choix des quatre couleurs principales. Cependant, il ne faut pas oublier, que la mesure subjective des différences de notre sensation lumineuse est très-incertaine. Effectivement, il serait difficile à quelqu'un de décider, si le pourpre et le vert ne sont pas subjectivement plus différents, que le rouge et le vert. Nous sommes ainsi d'autant moins autorisés à justifier, par les quatre couleurs principales conventionnelles, les résultats obtenus, lors du mélange des couleurs, par rapport à l'effet compensateur des couleurs.

Les caractères essentiels de la théorie ici développée sont, par conséquent, renfermés dans les propositions suivantes, l^ Toute excitation rétinienne met en jeu deux processus d'irritation différents, une excitation chromatique et une excitation achromatique. L'irritation chromatique est une fonction de la longueur d'onde de la lumière. L'irritation achromatique est, par rapport à son énergie relative, également dépendante de la longueur d'onde, et à la vérité son intensité atteint un maximum dans le jaune. Quand l'énergie de l'irritant s'accroît, ces deux excitations suivent différentes lois ; car, l'excitation achromatique commence déjà, lors des irritants les plus faibles, et dépasse d'abord en intensité l'irritation chromatique. Avec des irritants lumineux moyens, l'énergie relative de l'excitation chromatique augmente donc, pour laisser la prépondérance à l'excitation achromatique, lorsque les irritants sont très-intenses, i^ L'excitation achromatique est un processus photochimique uniforme, dont l'intensité dépend, sous la forme déjà indiquée, de l'énergie lumineuse objective et de la longueur d'onde. Car il atteint un maximum dans le jaune et s'abaisse, à partir de ce point, vers les deux extrémités du spectre. 3® L'excitation chromattque est un processus photochîmique polyforme. Celui-ci se modifie

continuellement avec la longueur d'onde ; et, dans ce cas, il représente simultanément une fonction, presque périodique, des longueurs d'ondes, puisque les différences les plus extrêmes de ces dernières produisent des effets presque homogènes ; tandis que les effets de certaines différences intermédiaires sont opposés, de manière qu'ils se compensent complètement, comme les phases opposées d'un même processus de mouvement. 4^ Chaque processus photochimique d'excitation dépasse d'un certain temps Tirritation et épuise l'excitabilité de la substance sensorielle par l'irritant, qui a été appliqué. L'effet postérieur direct de l'irritation explique l'image consécutive positive et de même couleur; et son épuisement, l'image consécutive négative et complémentaire.

Indépendamment de ces hypothèses, il est un groupe de phénomènes, ceux de contraste y qui nécessite d'autres suppositions. Ici, des faits extrêmement nombreux indiquent, que les processus d'excitation, déroulés dans les appareils sensoriels périphériques, sont insuffisants à nous dévoiler complètement ces phénomènes. A la vérité, les essais de ce genre n'ont pas manqué ; bien plus, ils apparaissent comme un expédient tout naturel, qui nous permet de faire rentrer le contraste dans les cadres des autres lois des sensations lumineuses. On avait donc admis, que toute irritation d'un point rétinien abaisse, dans les parties rétiniennes voisines, l'excitabilité par une égale excitation et occasionne, par conséquent ici, une sensation contrastante. Grénéralement, le contraste était donc considéré comme un phénomène d'irradiation. Cette opinion laisse sans explication une foule de modifications particulières des phénomènes de contraste, que nous avons déjà étudiés, et est contredite par les faits. Si une semblable irradiation antagoniste de l'irritation avait lieu, on devrait s'attendre à ce que l'énergie de l'effet de contraste croisse avec l'intensité de l'irritant inducteur. Or, l'expérience nous l'a démontré, il n'en est pas ainsi. Au contraire, ce qui favorise le plus le contraste, c'est un rapport des énergies de l'irritant, par suite duquel l'irritant inducteur possède une intensité modérée. De plus, si l'explication de l'irradiation était juste, il faudrait, quand on a choisi, sur le disque rotatif (fig. 118), les secteurs externes et internes du ton de couleur complémentaire, par conséquent les uns pourpres, les autres verts, que l'anneau moyen ou médian apparaisse justement gris, comme lors de la suppression des couleurs inductrices. Ce dernier fait ne se réalise pas ; les couleurs de contraste restent visibles, comme des anneaux colorés séparés, qui

confinent directement l'un à Tautre, ou bien, si Pon fait l'anneau gris très-mince, les couleurs de contraste empiètent l'une sur l'autre ; tandis que l'anneau lui-même est tantôt incolore, tantôt faiblement coloré, mais toujours et en même temps il se montre transparent, comme si une couleur était réfléchie par une autre couleur (1).

Puisqu'une explication physiologique, basée sur les rapports de Texcitation rétinienne, est inadmissible pour l'observateur qui étudie impartialement les phénomènes de contraste, l'on a eu recours k une explication exclusivement psychologique, et ces phénomènes ont été considérés comme des illusions du jugement. Selon cette opinion, la sensation fixée, établie d'après l'analogie des impressions antérieures, doit être au fond la sensation juste, qui parfois serait faussée par les influences du contraste. Or, précisément les phénomènes de contraste nous apprennent, que par notre sensation des qualités lumineuses nous ne possédons pas une mesure absolue ; et ce fait, que la reproduction des impressions antérieures exerce une certaine influence modificatrice, ne peut pas ébranler cette proposition. Nous sommes en état d'apprécier, dans notre sensation, la grandeur absolue d'un poids, puisque nous comparons l'impression présente avec l'impression précédente; cependant notre sensation ne nous donne aucunement, à ce sujet, une mesure absolue, mais uniquement une mesure relative; en d'autres termes, nous sommes seulement en état de fixer les grandeurs de pression, en les comparant entre elles. Il en est évidemment de même pour nos sensations lumineuses. Nous ne déterminons les couleurs et les clartés, que d'après leur relation réciproque. Un ton de couleur parait d'autant plus saturé, qu'il se trouve en plus grande opposition avec d'autres impressions colorées. Il a donc la saturation relativement la plus

I. Voici le meilleur moyen de faire apparaître nettement ces phénomènes : après avoir séparé les couleurs inductrices par un anneau mince de i à 3 m. m. de lar-

§eur, on choisit les clartés relatives, de façon que le contraste de clarté se prquise aussi faible, que possible. Si Ton met par exemple le pourpre à Textérieurei le vert à l'intérieur, alors^grftce à l'empiétement léciproque des effets de contraste, l'anneau gris se montre limité au-dcbors par un anneau rouge pourpre trèsfoncé, et àu-dedans par un anneau vert trôs-foncé. Entre ces deux points, où les effets de contraste sont renforcés par les couleurs primaires, par conséquent à l'endroit de l'anneau gris mince, on voit tantôt du blanc, tantôt du lilas pâle ou du vert, ou même ces deux couleurs qui se touchent ; mais, dans toutes les oir^ constances, cet anneau médian ressemble k un miroir réflecteur, comme si une bande pâle était aperçue derrière une surface de pourpre clair. Nous démontrerons ultérieurement (chap. Xill) que^ lors de l'apparition des phénomènes de réflexion, il s'agit toujours non plus d'un simple mélan<ze d'excitations, mais que, dans les cas de ce genre, ce sont constamment des processus centraux, qui sont enjeu.

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considérable, quand il est déterminé par rapport à sa couleur de eon* traste. Pourvu que d'autres impressions colorées aient lieu simultanément, le degré de saturation le plus faible, c'est-à-dire la lumière blanche, se montre toujours avec un certain degré de saturation, par conséquent avec la couleur de contraste de ces impressions simultanées. De même, la clarté d'une impression semble d'autant plus grande, qu'elle est en plus forte opposition avec la clarté d'autres impressions ; c'est pourquoi, la sensation atteint la clarté relativement la plus considérable, quand elle est déterminée par rapport à l'obscurité absolue. La saturation d'une couleur étant en même temps fonction de la clarté, puisqu'à partir d'une valeur maxima delà saturation elle diminue, malgré l'augmentation ou l'abaissement de la clarté, évidemment la corrélation des impressions colorées dépendra donc de leur clarté ou de leur degré de saturation, ainsi que nous le confirme effectivement lexpérience* Outre cette corrélation des impressions données simultanément, le souvenir exerce sans doute son influence sur la sensation. Quand le premier facteur fait absolument défaut, le dernier, grâce à la reproduction des impressions antérieures, suffit à fixer la sensation, et celleci peut même avoir une influence co-déterminante, toutes les fois que plusieurs impressions sont données et dotées d'une action contraire simultanée. Naturellement, la fixation de la sensation est, d'après la relation réciproque des irritants simultanés, l'élément primaire pour le sens visuel ; la relation avec les sensations antérieures est l'élément secondaire, parce qu'ici la corrélation des impressions simultanées précède leur succession. Cette théorie des phénomènes de contraste, qui les réduit à une illusion du jugement, commet donc la faute de renverser la vraie connexion des choses, puisque pour elle l'ultérieur, la détermination absolue, toujours imparfaitement persistante, des sensations à l'aide des lois de la reproduction, est le facteur primaire. Mais, il résulte assez clairement de Tétude approfondie de ces cas, où le contraste est écarté, grâce à l'intervention de la reproduction, qu'au contraire la corrélation des impressions, telle qu'elle se manifeste dans les phénomènes de contraste, est le facteur primaire. Le contraste apparaît partout, où les sensations sont détachées, autant que possible, de leur relation avec des objets séparés; et, en revanche, le contraste se supprime, si on est obligé de rapporter chaque impression à un objet existant per se, qui éveille alors la reproduction d'objets analogues vus auparavant, ou si on provoque directement la comparaison avec des impressions données indépendamment.

Chaque sensation se modifie en intensité et qualité. Les phénomènes de contraste attestent uniquement ce fait, que constamment l'intensité et la qualité de la sensation lumineuse sont fixées par rapport à ces impressions» qui agissent simultanément sur d'autres iK)ints de la même rétine. Ils nous apprennent, que toutes les impressions lumineuses sont perçues dans la relation, qu'elles ont entre elles. Nous percevons ou nous sentons un irritant, d'abord, d'après son rapport avec d'autres irritants, qui agissent simultanément, et, ensuite, d'après son rapport avec d'auires irritants, qui ont déjà exercé leur action. Grâce à Texamen des contrastes de clarté, il n'est pas difficile de découvrir, de quelle manière, dans le premier cas, les impressions simultanées se déterminent en corrélation quantitative. Sur un disque, pareil à celui de la fig. 119 p. 50o, on peut varier de deux façons la clarté des divers anneaux qui sont aperçus, lors de la rotation de cet instrument : 1* en modifiant le rapport des clartés des divers anneaux, 2^ en graduant la clarté absolue, le rapport des clartés étant maintenu constant. On obtient le premier résultat, si, dans diverses expériences, on donne à chaque segment des secteurs une largeur différente. L'énergie de contraste se trouve alors notablement modifiée. Le second résultat, la variation de la clarté absolue, le rapport de clarté étant maintenu constant, est réalisée, puisqu'on choisit toujours le même disque avec les mêmes secteurs et qu'on l'écIaire, durant la rotation, avec une lumière plus ou moins intense ; ou bien, si on l'examine à travers des vernes gris et si on diminue ainsi uniformément la clarté absolue de tous les anneaux gris. On découvre alors, que la clarté absolue varie dans des limites assez larges, sans que l'énergie de contraste soit modifiée. Si le disque est fortement éclairé ou s'il est fortement obscurci, le contraste disparait graduellement. Par conséquent, le contraste de clarté représente seulement un cas spécial de la loi de Weber. Effectivement, en étudiant l'intensité des sensations lumineuses» nous avons vu, que cette loi, appliquée à ce domaine, se confirme pour des graduations minima, comme pour des graduations finies de la sensation. Mais déjà les phénomènes de contraste ont manifesté leur effet dans les expériences, qui alors ont servi à la démonstration de la loi(l). D'après l'analogie complète de tous les phénomènes du contraste des couleurs avec ceux du contraste de clarté, on devra présumer, que la même loi s'applique aux phénomènes du contraste des cou-

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