‹ Eléments de psychologie physiologiqueChapitre 186 sur 204 · Dépendance da sentiment à l'égard de la qualité de · texte numérisé non relu

Dépendance da sentiment à l'égard de la qualité de

la sensation.

Naturellement, cette dépendance apparaît très-nettement, toutes les fois que le ton de sentiment absorbe presque entièrement les autres éléments de la sensation : dans les sensations organiquesjes sensations tactiles, olfactives et gustatives. Ici seulement, nous sommes enclins à attribuer aux sentiments de plaisir ou de déplaisir un quale déterminé de sensation, en soi et pour soi, et sans prendre en considération l'énergie de la sensation. Ainsi, on distingue simplement les sensations gustatives et olfactives en sensations agréables et désagréables, attendu que a le doux t, par exemple, est classé dans les saveurs agréables, et t l'amer », dans les saveurs désagréables. Pour • l'acide », on sera très-embarrassé de lui assigner une place ; mais l'on finit par déclarer, que si l'énergie de l'acide est modérée, ce dernier doit être rangé dans les sentiments agréables, et dans les sentiments désagréables, si son énergie est plus consi lérable. En effet, il n^en est pas différemment pour les autres sensations, La sensation « du doux » n'est agréable, qu'à condition de ne pas dépasser une certaine intensité et une certaine durée ; la sensation t de l'amer » perd son caractère répugnant, si son énergie est modérée. Il en est de même pour les odeurs; car, personne

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ne l'ignore, les substances odorantes, qui, à l'état de concentration, sont extrêmement désagréables, trouvent à être utilisées comme odeui^s exquises, quand on a préalablement diminué d'une manière convenable leur concentration. Nous pouvons donc formuler comme règle le résultat général suivant : il n'y a aucune qualité de sensation, qui soit absolument agréable ou désagréable ; et, pour chacune, le sentiment est, de la manière indiquée plushaut, fonction de l'intensité, puisqu'en présence d'une certaine énergie modérée de la sensation le ton de sentiment atteint le m*iximum de sa valeur positive et passe alors, en traversant un point d'indifférence, à des valeurs négatives, qui croissent toujours davantage. Gomme l'expérience nous l'apprend, justement pour les sensations douées d'un ton de sentiment très-accusé, ces valeurs distinguées correspondent à des énergies dé sensation trèsdiverses; aussi, une certaine qualité de sensation, l'amer, par exemple, atteint déjà des valeurs de déplaisir importantes, quand une autre, le doux, par exemple, se trouve eiicore près du maximum des valeurs de plaisir. Dans un grand nombre de sensations organiques, le point d'indifférence semble situé très-près du seuil de l'irritation; c'est pourquoi, tout ce segment de la courbe du sentiment, qui correspond aux valeurs de plaisir de la sensation, est extrêmement resserré, comprimé. Or, ceci concorde absolument avec cette expérience, que toutes ces sensations organiques, qui produisent le sentiment de la santé, sont relativement faibles. Probablement, cette situation variable du maximum et du point d'indifférence des sentiments est basée, en partie, sur la composition primitive de la sensation. Dans ces sortes de sensations qui, en présence de l'accroissement de l'irritation, s'approchent très-vite de leur hauteur, la portion positive de la courbe du sentiment est d'elle-même refoulée près du seuil de l'irritation, il semble en être ainsi pour la plupart des sensations organiques ; cela tient à ce que les nerfi sensibles des organes internes sont dépourvus des mécanismes, propres à percevoir des impressions exactement graduées, mécanismes qui existent dans tous les organes sensoriels et, même en majeure partie, dans le tégument cutané, grâce à la présence des corpuscules tactiles et des renflements terminaux. De plus, l'importance, que les sensations acquièrent dans la conscience développée ou adulte, exerce une certaine influence. Ces sortes de sensations qui, à l'exemple des sensations organiques, ne sont pas attribuées aux agents extérieurs, mais aux états particuliers du sujet sentant, semblent, si leur durée est plus considérable, franchir plus facilement le point d'indifférence. Ceci est

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déterminé par la relation plus intime avec la conscience, relation que nous étudierons tout à Theure.

Parmi les sensations sonores, spécialement les hauteurs de ton et les timbres occasionnent des sentiments multiples. Or, nous nous trouvons ici dans une situation toute particulière : notre langage ne possède aucun terme pour exprimer le sentiment sensoriel, et il nous est tout au plus possible de citer des mouvements complexes de l'àme, dont parfois le sentiment, sensoriel fait partie, en qualité de facteur élémentaire. Le sentiment, lié à la hauteur de ton, comporte, d'après les dispositions de Ta me, auxquelles il répond, seulement une détermination très-générale. Les tons graves nous semblent exprimer le sérieux et la dignité ; les tons hauts, la gaitéetla plaisanterie; tandis que les hauteurs moyennes de l'échelle des tons répondent plutôt à une disposition uniformément agréable de l'àme (1). Les sentiments, qui se rattachent au timbre des sons, sont infiniment plus multipliés. Le timbre étant susceptible d'être ramené à une pluralité de tons, il semble possible de dériver le sentiment concomitant de ces caractères fondamentaux delà disposition, qui sont inhérents à la hauteur variable des tons. Ces timbres, où le ton fondamental est pur ou lié seulement à des harmoniques pas trop élevés, comme par exemple les sons provenant des jeux de flûte de Tordue, conviennent très-bien, pour exprimer des dispositions sérieuses de l'àme ; en revanche, ces sortes de timbres, qui sont dûs à la résonnance énergique et simultanée des harmoniques élevés, comme les sons de la plupart des instruments à frottement ou à vent, répondent davantage à des dispositions de l'àme joyeuses ou passionnées. Quand le ton de sentiment, engendré par le timbre, est en contradiction avec celui qui est lié à la hauteur de ton des sons, il peut se former des sentiments d'une coloration particulière, dont l'essence est justement basée sur le contraste des sensations. Ces sentiments constituent le fond de ces dispositions discordantes, dichotomiques (zwiespàltigen) de l'àme, qui, parvenues à leurs degrés extrêmes, sont désignées par ce terme métaphorique de * déchirement de l'àme » ; tandis que leurs valeurs modérées présentent les nuances les plus diverses de la disposition mélancolique. Par conséquent, ces sentiments trouvent, parfois, leur expression adéquate dans les timbres des instruments à frottement, d'une faible hauteur de ton. Tout autre

i. Les désifrnalions gréco-lalines ?a?^, grave et oÇ«, acutum indiqueût plus uettement cette importance des tons, que nos mots allemands ttef (prolond, grave) et hoch (haut).

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est, dans les mêmes conditions, le caractère de sentiment da son, quand celui-ci possède sîraullanément, comme dans les instruments de cuivre, une énergie nolable. Ici, le son acquiert le caractère de la force énergique. Toutes les fois que le ton fondamental est prépondérant, comme dans le cor, cette force est amortie par le sérieux, et peut, si l'énergie de son diminue, s'abaisser même jusqu'à la mélancolie. Ce sentiment de force présente son expression la plus manifeste dans le son de la trompette, qui est accompagné dliarmoniques clairement retentissanis. Le sérieux, associé à la force puissante, résonne dans les masses de son du trombone et du basson. D'ailleurs, un même son est naturellement capable, grâce aux variations d'énergie, de s'adapter davantage à l'un ou à l'autre ton de sentiment. Dans ce cas, il faut considérer, qu'avec l'énergie le timbre se modifie toujours un peu ; car, quand l'énergie du son augmente, les harmoniques plus élevés résonnent plus fortement. Enfin, l'effet est relevé par les rapports de la durée de temps des sons. La succession lente des sons (radaitles dispositions sérieuses et mélancoliques ; leur succession rapide, les dispositions joyeuses et contraires à l'abattement d'esprit; par conséquent, le lent mouvement des sons renforce l'effet des positions des tons graves, et le mouvement rapide, l'effet des positions des tons élevés. Cette union est d'ailleurs favorisée par les conditions physiologiques de la perception des tons ; car, les vibrations lentes des tons ne sont pas amorties dans l'oreille aussi rapidement, que des vibrations rapides; elles laissent donc après elles une persist.nce plus longue de Texcitation, qui gène la succession ou variation rapide des sensations (1).

Le caractère dé ces sortes de sons, qui sont accompagnés d'harmoniques élevés, acquiert très-souvent une composition spéciale, parce que quelques-uns de ces tons partiels élevés forment ensemble des battements et produisent ainsi la dissonance. Toutes les fois que, de cette manière, la dissonance accompagne seulement un SDn, dont les éléments prépondérants sont consonnants, elle ajoute à l'effet existant la propriété d'une certaine inquiétude, qui a pour base sensorielle directe la succession rapide des éléments dissonants des sons. Or, celte inquiétude est naturellement susceptible de revêtir diverses nuances, qui se règlent d'après les autres élémenlscomposant la nature du son. Si celuici a un caractère plus doux, la dissonance des tons pai'tiels élevés contient l'élément sensoriel d'un déchirement mélancolique deràrae;

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