Formes des éléments du tissu nerveux
Trois sortes d'éléments de forme différente composent le système nerreax. Ce sont 1° des cellules de configuration et de structure particulière : cellules nerveuses ou cellules ganglionnaires ; i9 des formations fibreuses ou tubulaires, qui sont les prolongements de ces cellules : filets nerveux ou tubes nerveux; et 3« une substance intermédiaire, tantôt amorphe, tantôt fibreuse, qui, d'après l'opinion générale, est une espèce de tissu conjonctif. Les cellules nerveuses sont un élément constituant et essentiel de toutes les parties centrales. Elles sont limitées, dans les centres nerveux supérieurs, à des régions particulières, qui offrent une coloration plus sombre, par suite de leur grande richesse en capillaires sanguins ou des granulations pigmentaires, accumulées dans le protoplasma des cellules et la substance intercellolaire environnante. La ligne de démarcation, qui sépare cette substance grise de la substance blanche ou médullairey permet donc à Tœil nu de reconnaître facilement les parties des organes centraux, qui contiennent des cellules. Les éléments fibreux s'étendent, comme prolongements des nerfs périphériques^ jusqu'aux organes centraux ; ou bien, à l'intérieur de ces derniers, ils anastomosent divers groupes de cellules nerveuses. T.a substance grise est spécialement traversée par ces filets de communication. Le filet nerveux est ainsi répandu dans tout le système nerveux, tandis que la cellule nerveuse n'occupe, que certaines régions. Partout, ces deux sortes d'éléments sont couchés dans une substance cimentaire. Cette substance, sorte de masse molle, le plus souvent amorphe, constitue le support des cellules et des filets centraux: c'est alors la névroglie ou ciment nerveux; tissu plus compacte, semblable aux fibres tendineuses, elle traverse et enveloppe les nerfs périphériques, et s'appelle le névrilème; membrane hyaline, transparente, très élastique, offrant en certains points des noyaux Wdndt. t. I. 3
cellulaires, elle revêt enfin tous les tubes nerveux périphériques et une partie des tubes nerveux centraux, et porte le nom de gaine primitive de Schvann. Ces substances cimentaîres fournissent une charpente protectrice aux éléments nerveux ; elles servent aussi de support aux vaisseaux sanguins; et le névrilème donne aux nerfs périphériques, que n'abritent point des conduits osseux, la force nécessaire, pour résister auK influences mécaniques.
Les cellules nerveuses sont privées, probablement partout, de Tenveloppe cellulaire proprement dite. Ce sont des amas protoplasmatiques, arrondis ou poly angulaires (Fig. 12), qui présentent des différences de volume extraordinaires; les uns se distinguent difficilement des petits
corpuscules du tissu conjonctif, les autres sont visibles à Tœil nu et appartiennent par conséquent aux formes élémentaires, les plus considérables, du corps de l'animal. Ces cellules sont remarquables par leur richesse en granulations pigmentaires , qui se répartissent, d'une manière assez uniforme, dans le pro-
FiG. 12. Cellulei nerfeases de forma différente, a Cellale poly- f/^nlacma nu «a i*«&nnî<&-
rayonoéa de U corne anténeare de la moelle épinière/afic ^P^^^ma OU Se reuulS
un prolongement de l'aie (a) et de nombreux prolongements SCUt de préférence en
protoplasmatiques. b Cellule ffanglioonaire bipolaire du gan- ..„ po'rtnin r\t\\n\ • H'q
glion spinal d'un poisson, e Cellnle d'un ganglion du sympa- **'• ^^'^^^"' poiin , a a-
thique. d Gellnles du noyau denté du cervelet, e Cellule pyra- près Ics oluS fortS gTOSmidale de l'écorce du cerveau. . , , .
sissements, le contenu de la cellule semble traversé par des filets très-délicats. Le noyau clair, nettement vésiculeux et muni d'un nucléole, contraste avec le protoplasma, qui est granuleux et trouble. De nombreuses cellules, surtout celles du sympathique, ont plusieurs noyaux. Les cellules des organes centraux sont simplement couchées dans la molle substance connective ; celles des ganglions sont très souvent entourées d'une gaîne conjonctive et élastique, qui, parfois se prolonge directement dans la gaîne de Schwann d'un filet nerveux efférent (Fig. 12 c). On ne peut pas constater dans tous les cas, si les filets nerveux empruntent leur