‹ Eléments de psychologie physiologiqueChapitre 192 sur 204 · Voir quatrième section, cbap. XV · texte numérisé non relu

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ments de l'âme» liés au mouvement des représentations, ont primitivement constitué la base de la deuxième opinion. D'après celle-ci, principalement adoptée par Herbart et son école, les sentiments résultent partout d'une action réciproque des représentations. L'arrêt mutuel des représentations motive le sentiment de déplaisir ; leur union et activité mutuelle, le sentiment de plaisir. Une telle hypothèse (abstraction faîte des affirmations sans preuves^ auxquelles elle entraine) rencontre une grande difficulté : elle laisse justement inexpliquée la forme la plus simple du sentiment, le sentiment sensoriel. Si nous accordons, qu'une sensation existant per se est susceptible d'être accompagnée de sentiment, un sentiment de ce genre ne peut dériver d'une corrélation des représentations. Or, il est impossible, que les sentiments sensoriels soient considérés comme des états, qui seraient absolument différents (!) des mouvements complexes de Tàme, car ils sont souvent les facteurs élémentaires de ces derniers. A l'exemple des sentiments sensoriels, tous les sentiments jouissent de la propriété suivante : ils ne sont pas simplement déterminés par la forme, dans laquelle se déroule le fait interne, mais ils sont tout d'abord et spécialement déterminés par le contenu particulier des diverses sensations et représentations.

Malgré leur différence, ces deux hypothèses concordent, en ce qu'elles séparent absolument de la sensation proprement dite le processus, qui sert de base au sentiment sensoriel. Quoique cette séparation semble être motivée dans notre interprétation subjective des sentiments, n'oublions pas cependant, que la qualité et l'énergie de la sensation doivent être nécessairement envisagées, comme des réactions subjectives, exercées par notre conscience sur des formes déterminées des irritants extérieurs. Par conséquent, nous nous rapprocherions davantage de la vérité, si nous concevions le rapport de la manière suivante : dans ce tout inséparable, que nous appelons une sensation de qualité, d'énergie et de nuance quelconque de sentiment, la nuance du sentiment représente l'élément, qui ne nous apparaît pas en relation directe avec les rapports objectifs des irritants.

Si nous donnons cette dernière expression au rapport du ton de sentiment avec les autres éléments de la sensation, ceci nous suggère la pensée, que nous devons voir dans le ton du sentiment le symptôme d'un processus plm central, que dans la qualité et Ténergie de l'excitation sensorielle. En effet, la sensation, si simple qu'elle nous appa-

1. Kani, Anthropologie, tome VU des œuvres complètes, p. 145.

raisse, n*est cependant, ni d'après son côté psychique, ni d'après son côté physique, un processus simple. Et, comme nous sommes absolument incapables de rien dire touchant ces sortes de sensations, qui ne sont pas aperçues, particulièrement l'acte d*aperception constitue un élément inséparable de toutes les sensations, qui sont offertes à notre examen psychologique. Ainsi, le sentiment sensoriel devient immédiatement intelligible, en ce qui concerne toutes les influences, auxquelles il est soumis, si nous le considérons, comme le mode de réao tioîiy exercé par ractivité de Vaperception contre rexcitation sensorielle.

D'abord, cette supposition explique de la façon la plus simple les conditions psychologiques multiples, qui déterminent le ton de sentiment de la sensation. Nous le verrons plus loin, l'aperception dépend des irritants appliqués et, d'autre part, de l'état total de la conscience, tel qu'il est déterminé par les impressions présentes et les souvenirs antérieurs. De plus, nous sentons directement l'aperception, comme étant une activité interne ; ceci nous fait donc comprendre cette importance plus subjective, que nous accordons au ton du sentimenL Enfin, cette activité interne doit être absolument identique à TefiBcacité de notre volonté ; et ceci explique, que déjà notre perception directe des sentiments incline à attribuer à ces derniers une relation avec la volonté. Pour décrire et exposer plus clairement ce que nous sentons en nous, lors du plaisir et du déplaisir, le meilleur conseil à suivre serait d'appeler le plaisir une aspiration, une tendance vers l'objet, et le déplaisir une répugnance, une répulsion à l'endroit de cet objet. Seulement, dans nos descriptions, nous mêlons continuellement les noms de sentiments, d'instincts, de déterminations de la volonté, parce que tous ces états sont en réalité unis, états qui ne sont séparés par notre abstraction psychologique, que si l'aperception déploie, en présence des impressions extérieures, tantôt une activité plus passive, tantôt une activité plus spontanée : dans le premier cas, nous parlons spécialement du sentiment ; dans le second, d'instinct, de désir ou de vouloir (1).

En même temps, la propriété, commune aux sentiments et à tous les états analogues, propriété de se mouvoir entre des contraires ou oppositions, est très-étroitement liée à la relation avec le vouloir. Quand la volonté est adulte, développée, cette opposition trouve son expression,

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