Revue générale
Cette première séparation du germe^ qui» sous Taspect d'une strie sombre, marque la place delà moelle épinière et, en même temps, Taxe corporel du futur organisme, nous a déjà fait connaître le degré de développement le plus primitif, efiTectué par le système nerveux central des vertébrés (flg. 11, p. 32). Or, il y a deux manières d'observer les degrés successifs des états de développement : on étudie directement la genèse d'un vertébré supérieur, depuis sa première ébauche jusqu'à son complet perfectionnement ; ou bien. Ton dispose ensemble, pour les comparer, les classes et les ordres des vertébrés, depuis les derniers degrés, révélés par l'évolution des formes, jusqu'aux plus élevés. Ces deux méthodes, l'histoire de révolution et Tanatomie comparée, ne coïncident point d'une façon absolue, car la série des organismes offre une plus grande diversité de formes, que le développement d'un seul individu. Néanmoins, dans les deux cas, on arrive généralement à la même loi de développement, puisque les états piimitifs des vertébrés supérieurs sont analogues aux types permanents d'organisation des vertébrés inférieurs. Nous utiliserons simultanément ces deux procédés d'étude génétique. Seule, l'histoire de l'évolution peut nous apprendre, comment un état de développement a donné naissance à un autre état de ce genre; mais l'anatomie comparée a, seule, le pouvoir d'expliquer la fonction physiologique des parties , car les degrés d'organisation doivent être fixés et durables, pour que la constitution physiologique des êtres soit accessible à notre observation.
L'ébauche primitive du système nerveux central se développe, dès que l'aire embryonnaire, croissant plus rapidement dans le sens longi-
n DKVKLOPPKMENT DR FORME DES CENTRES NERVEUX.
tudinal, a pris une configuration ovale. Alors, le feuillet le plus exté« rieur du disque germinal se divise des deux côtés de la strie primitive, et forme deux élévations, pareilles à des bordures séparées par une gouttière. Cette gouttière, ou fente primitivey est l'ébauche de la future moelle épinière (p, fig. 7, p. 29). Par suite de son rapide accroissement, ses parties latérales se soulèvent, se rapprochent ensuite ; la gouttière se ferme et constitue un tube, qui est le tube médullaire; et, dans la cavité de celui-ci, le développement de la moelle épinière s'opère à l'aide des cellules appartenant à la formation primitive. Chez tous les vertébrés, la moelle épinière contient un reste de la cavité primitive, qui occupe son axe longitudinal. Ce reste est le canal central, d'abord entouré de substance grise ; et celle-ci est de nouveau recouverte d'une enveloppe blanche médullaire, d'oii sortent, rangées en éventail, les racines des nerfs de la moelle épinière.
La première ébauche du cerveau apparaît, quand l'extrémité antérieure du tube médullaire, croissant plus rapidement, produit une tuméfaction utriculaire ou la vésicule * cérébrale primitive, qui forme bientôt trois
V divisions : les vésicules cérébrales antérieure ,
moyenne et postérieure (fig. IS). Les rap- *^ ports génétiques, et, plus tard, fonctionnels
de ces parties cérébrales primitives nous donnent lieu de croire, qu'à l'instar du développement du cerveau en général, de même cette triple division, qui est commune à tous ''d.rtaMnc;tX7"Bi:! >«» Vertébrés, à l'exception de l'amphioxus. Choir, a Tabe inédnilaire avec concorde parfaitement avec l'évolution des
les trois vésicules cérébrales à . . , , ., , ,,., -t
son extrémité antérieure, a' Di- trois orgaucs scusoriels antérieurs : lébauche lauiion do lobe médniiaire nervcusc des orgaues olfacUfe provient dircc-
dans la région lombaire (sinas , i, * . • # . .1
rhoroboïdahs). ^Ebauche de la temcut de lextrémité antérieure do la pretT,ZvT:;4»^i'^^ mière vésicule cérébrale; celle des organes de séparation des feoiiieu sn- auditifs a pour Origine Ics parties latérales S^;S ;7iS>n?eumetloîé! de la troisième vésicule cérébrale; et les yeux rieur. apparaissent d'abord, comme étant les pro-
duits d'accroissement du cerveau antérieur. Cependant, les faits physiologiques ne permettent pas de douter, que le cerveau moyen renferme les cellules originelles, les plus directes, des nerfs optiques.
HEVVE GENERALE.
Le cerveau antérieur et le cerveau postérieur, ou la première et la troisième de ces trois divisions cérébrales primitives^ subissent les modifications les plus importantes.Tous deux accusent bientôt, à leur extrémité antérieure, une augmentation de croissance; ils s'organisent, chacun, en une vésicule principale et une vésicule secondaire. Le cerveau anté* rieur primitif se compose alors d'un cerveau antérieur et d'un cerveau intermédiaire ; le cerveau postérieur primitif^ d'un cerveau postérieur et d'un arrière-cerveau (fig. 16). De ces cinq divisions cérébrales, le j cerveau antérieur (a) correspond aux futurs hé-
misphères du cerveau ; le 'cerveau intermédiaire (b) se convertit en couches optiques {thalami opticï); le cerveau moyen (c), qui est resté simple dans son développement, devient les tubercules quadrijumeaux de l'homme et des mammifères, ou les tubercules bijumeaux (lobi optici) des vertébrés inférieurs ; le cerveau postérieur (d) sera le cervelet; et l'arrière-cerveau (e), la c ^ moelle allongée. En avant, le cerveau intermé-
^^^ diaire, en arrière, l'arrière-cerveau doivent être
«dB^jjj^ considérés, comme des vésicules-mère, d'où
' fç proviennent, en qualité de vésicules secondaires,
V dans le premier cas, le cerveau antérieur et,
KiG. 16. Coapes médianes et dans le secoud, le cervcau postérieur» Les formBxdeTeité^s,?aprèî Hiations engendrées par les trois vésicules-mère, par Tarrière-cerveau, le cerveau moyen et le cerveau intermédiaire, c'est-à-dire la moelle allongée, les tubercules quadrijumeaux et les couches optiques avee les faisceaux de filets ascendants, venus de la moelle ei placés au-dessous d'elles, s'appellent, dans le cerveau complet, le tronc cérébral; au contraire, les formations de la première et de la quatrième vésicules céré-
posterieor (eerTelei). «,,,,,.. ^ , ,, , ,
Arrière^rerTeao (moelle bralcs, les hémisphères cérébraux et le cervelet, vlri?îîî^dru)il'*ÎHÎ^ ^oni\e manteau cérébraly parce que, dans le cerphyee oa corps pitoiutre. veau des animaux supérieurs, ces parties recouvrent le tronc cérébral, comme d'un mant^u (1).
Gegenbaor. ^4 Coope do œnreaa d'on jeone sélaeien (bepUochos) ; B d'un embryoa de Tipère; C de ehèrre. û Cerreao anlériev (Tésieule des hémisphères). sFeateanlérieare do toit, k Cerveto iotermédUire (tbalami optici).
e Cerreao moyeo (lobes optiqoes, tobercoles qoadrijameaox). d Cerveao (cerTclei).
l. Voir Mihalkovics, EntwicklungsgeschiMe de$ Gehinis. Loipzig 1878, p. 25 et