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Généralités sar la condaction ou transmission

L'étude de la structure élémentaire du système nerveux nous a, déjà, amenés à formuler la pensée suivante : le cerveau et la moelle épinîère, avec les nerfs, qu'ils engendrent, constituent un système de filets conducteurs, reliés dans les organes centraux par de nombreux points nodaux ou cellules ganglionnaires ; et, à la périphérie du corps, ces filets rayonnent dans des domaines séparés les uns des autres. La configuration extérieure des organes centraux semble venir à Tappui de cette idée. Elle nous a appris à connaître une série de formations de substance grise, qui recueillent les filets provenant des organes extérieurs et les unissent à des amas de substance grise, situés beaucoup plus haut, jusqu'à ce que les voies conductrices, dans leur marche ascendante, gagnent successivement les cordons de la moelle épinière, les pédoncules cérébraux, la couronne de Reil et pénètrent dans l'écorce du cerveau. Les commissures témoignent, qu'il existe ici une connexion des éléments corticaux, appartenant aux deux moitiés cérébrales. Ce tableau, dressé d'après la structure générale du système nerveux et esquissé à grands traits, est-il vrai dans ses détails? Et quelle est la composition du parcours, suivi par les voies nerveuses conductrices? Telles sont les questions à résoudre maintenant.

Les phénomènes, dont la transmission s'opère dans les filets nerveux, portent ordinairement le nom dHrritations ou d^eœcitations, parce que leurs causes, les plus saisissables, sont des irritants ou excitants extérieurs. Dans les cas de ce genre, où ces phénomènes paraissent avoir pour origine directe les conditions ou états, présentés par les parties nerveuses et ne pas naître en dehors de ces conditions, on

admet, que ces parties sont le siège d^une irritation interne. La sensation ou le mouvement musculaire sont le plus souvent désignés, pour caractériser Texcitation; ce ne sont pas, cependant, les seuls efifets des irritants externes ou internes. L'excitation peut se manifester sous forme d'un autre processus physiologique, par exemple de sécrétion glandulaire, d'accroissement de calorique; parfois, elle est capable d'exercer une action d'arrêt sur d'autres phénomènes d'irritation. (Compar. chap. VI).

D'après la direction, que les phénomènes d'excitation suivent dans leur transmission, nous distinguons des voies conductrices centripètes et centrifuges. Pour les premières, l'excitation commence en un point quelconque de la périphérie du corps et se dirige vers l'organe central ; pour les secondes, elle part de l'organe central et se dirige vers les parties périphériques. Dès qu'ils sont perçus par la conscience, les effets physiologiques de l'irritation centripète sont des sensations. Souvent, ce résultat final fait défaut, et l'excitation, sans agir sur la conscience, se réfléchit en mouvement. Cependant, dans ce cas, les mêmes voies conductrices, qui servent aux sensations conscientes, sont utilisées, au moins d'une manière partielle. Par conséquent, nous donnons généralement Je nom de sensorielles aux voies conductrices oentripltes. Les résultats physiologiques des irritations à transmission centrifuge offrent plus de complexité : les mouvements des muscles lisses el striés, les sécrétions glandulaires, les excrétions parenchymateuses, les phénomènes de nutrition et ceux d'accroissement, qui dépendent de ces derniers, peuvent traduire ces irritations. Dans la description suivante, nous étudierons seulement la transmission du mouvement ou les voies motrices; car, c'est là, que les effets de la transmission centrifuge sont les plus importants et qu'ils nous intéressent par leurs conséquences psychologiques. Les mouvements musculaires, provenant de la transformation d'une irritation sensorielle en une excitation motrice, sont appelés mouvements réflexes ; au contraire, ceux qui résultent d'une irritation interne, engendrée dans les régions motrices de Torgane central, portent le nom de mouvements automatiques. Dans les mouvements réflexes, la conduction centripète et centrifuge sont donc successivement mises en jeu ; dans les mouvements automatiques, seule, la conduction centrifuge est directement employée.

La transmission des excitations s'opère, d'une façon relativement très simple, tant q«io le filet nerveux, qui l'eftectue, est exempt de solution de continuité. Ella est très compliquée, si le trajet du filet ner-

GÉNÉRAUTliS SUR LA CONDUCTION OU TRANSBUSSION. 105

veux est interrompu parla substance grise. Dans ce cas, non seulement les voies conductrices peuvent présenter des ramifications et des changements de direction, mais le résultat final du phénomène d'irritation sera essentiellemenl altéré, soit parce que la cellule unit ensemble des voies conductrices, qui sont connexes avec des régions terminales de diverse nature, soit parce que, dans la cellule elle-même, le phénomène subit des modifications. Enfin, lorsque Tintercalation de la substance grise obligo^une voie conductrice à se diviser en plusieurs branches, il fout constamment se poser les questions suivantes : par quel chemin» Texcitation se propage-t-elle le plus souvent, quand l'intensité de Tirritalion est modérée ; et quelles sont les routes le plus rarement suivies, si les irritants sont énergiques ou si l'irritabilité n'est plus normale ? Bref, dans tous les cas de ce genre, la voie principale devra être distinguée des voies accessoires et des voies ramifiées.

Pour résoudre ces questions, on s'appuie sur un principe, qui est nécessairement indispensable à cette étude. Voici ce principe: à Tintérieur de chaque voie conductrice, le phénomène d'irritation reste isolé vi ne passe pas aux voies voisines. La justesse de cette règle, appelée loi de la conduction isolée^ ressort clairement du fait suivant : quand Tirritabilité est normale et l'intensité des irritants peu élevée, les phénomènes d'excitation restait localement limités. Une impression extérieure, exactement localisée et agissant sur une surface sensorielle, * engendre une sensation nettement limitée; une impulsion volontaire, ayant pour but un mouvement déterminé, produit une contraction musculaire circonscrite. Ces faits ne prouvent assurément, qu'une chose : c'est que, dans les voies principales, il s'opère généralement ane séparation des phénomènes. Ils ne nous apprennent pas, qu'un isolement rigoureux de l'irritation ait lieu à l'intérieur de chaque fibrille primitive, durant son parcours périphérique et, encore moins, durant son parcours central. Mais la cellule nerveuse, gr&ce aux nombreux prolongements, qu'elle émet, parait être surtout un organe, qui réunit ou disperse les voies conductrices.

Des troubles de conduction, plus ou moins sensibles, se manifestent, si, par suite de quelques conditions, certaines voies sont interrompues. Ils diffèrent selon la composition des organes centraux et périphériques, qui sont séparés les uns des autres. Sur le parcours des voies conductrices sensorielles, on remarque une diminution delà sensibilité ou une suppression complète de la sensation (anesthésie) ; souvent, ces phénomènes sont bornés à un c6té du corps (hémianesthésie). Dans

le département des voies motrices, c'est tantôt une paralysie complète de certains muscles, tantôt une paralysie partielle (parésie). Mais, il faut distinguer de ces deux degrés de paralysie Vataxie, ce manque de coordination de mouvements, bien que l'énergie de contraction soit intacte ; elle est la conséquence ordinaire des états anestliésiques des organes moteurs. La paralysie motrice peut, d'ailleurs, n'affecter, qu'un côté du corps : d'où Vhémiplégie et Yhémiparésie.

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