‹ Eléments de psychologie physiologiqueChapitre 46 sur 204 · CONDUCTION DANS LES NERFS PÉRIPHÉRIQUES. U · texte numérisé non relu

CONDUCTION DANS LES NERFS PÉRIPHÉRIQUES. U

de la jambe s'unissent, pour agir en commun : les premiers siègent au côté antérieur ; les seconds, au côté postérieur du membre. Ils reçoivent donc leurs ûlets de différents troncs nerveux : les premiers, du nerf crural ; et les seconds, du lierf sciatique. Si les nerfs, destinés aux fléchisseurs du membre inférieur tout entier ont, comme il est vraisemblable, une origine voisine, ils doivent se disposer avec ordre dans le plexus sciatique et former ces troncs, qui vont vers diverses directions. Probablement, un rôle complémentaire est spécialement dévolu aux unions simples des paires de racines ; et un rôle particulièrement compensa*teur, aux plexus les plus compliqués.

La racine motrice pénétrant dans la moitié antérieure, et la racine sensible, dans la moitié postérieure de la moelle épinière, il est à présumer, qu'à l'intérieur de cet organe central les voies conductrices se dirigent en haut, séparées dans le même ordre. L'expérimentation physiologique confirme cette donnée. Elle montre aussi que, dans la moelle épinière, les divers systèmes de filets s'entrelacent d'une façon multiple. Les résultats, observés après la section d'une moitié de la moelle, nous enseignent, que toutes les voies conductrices ne persistent pas dans le même côté, oii les racines nerveuses entrent dans la moelle ; quelques voies conductrices, à l'intérieur de la moelle épinière, passent de la moitié droite à la moitié gauche, et inversement. Sans doute, les données des divers expérimentateurs sur la nature et l'étendue des troubles de conduction, occasionnés par des sections hémilatérales, ne concordent pas absolument (1) ; et évidemment, selon les classes d'animaux, on voit apparaître des différences à cet égard. Les expériences sur les animaux et les observations pathologiques, faites chez l'homme, établissent d'une manière incontestable, que du moins les filets sensoriels éprouvent constamment un croisement partiel; car, après la section d'une moitié médullaire, aucune partie du corps ne présente une paralysie complète de la sensation (2). Sous ce rapport, la conduite des voies motrices semble plus variable. Tandis que les expériences sur

I. Pour Thistoire de cette Controverse, consulter von Bezold, Ztschr. /". wtw. Zoologie, vol. IX, p. 307. „ , j *

:i. Relativement à ce résultat, tous les observateurs sont d accord: cependant, les interprétotions divergentes n'ont pas manqué. Ainsi, Chauveau, (/oarn. de to pk^iiol, t. I, 18S8, p. 176) et von Bexold (ZUch. f, wiss. ZooL vol. IX p. 307) ^nsidèrent les phénomènes de sensibilité, qui apparaissent du côté de la secUon transversale, comme des réflexes ; ou, du moins, ils admettent la possibiUté d une iBterprétaUon de ce genre. Voir à oe sujet ScWff (Pfe|^#(otopi«, 1. 1, p. «33). Pnmi-

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les animaux indiquent également un croisement partiel, et que Ton voit toujours persister du même côté (1) la majeure partie des filets nerveux, les observations pathologiques amènent à cette conclusion : dans la moelle épinière de l'homme, les voies motrices cheminent sans aucun croisement (2). Partiellement, entre les deux moitiés de la moelle épinière, les filets s'entrelacent et changent de dh-ection ; il en est de même, d'ailleurs, à Tintérieur de chacune de ces moitiés. Chez tous les vertébrés, les cordons antérieurs et postérieurs semblent correspondre aux racines nerveuses pareillement situées ; de sorte que les cordons antérieurs contiennent seulement des voies motrices, et les postérieurs, des voies sensorielles. Mais, d'après les expériences sur les animaux (3) et l'extension des dégénérescences secondaires chez l'homme (4), les deux voies se mélangent dans les cordons latéraux ; il en résulte, qu'une partie du système des filets moteurs est déplacée jusqu'à la limite du cordon postérieur, où les ramifications delà voie sensorielle l'embrassent de tous côtés.

Probablement, la substance grise, qui environne le canal central, participe essentiellement aux entrelacements des systèmes de filets, qui se sont opérés de cette manière ; car, elle reçoit des filets provenant de certaines directions et les renvoie de nouveau dans d'autres directions. Les faits physiologiques autorisent à présumer, que les filets des racines nerveuses, après leur entrée dans la moelle ou un court trajet, se terminent dans les cellules ganglionnaires, qui les unissent ensuite à des filets centraux, se dirigeant beaucoup plus haut* Cette hypothèse serait justifiée par l'irritabilité modifiée, que les filets des cordons de la moelle épinière possèdent^ par opposition aux filets des nerfs périphériques. Toujours, cesderniers sont facilement et sûrement excités par des irritants mécaniques ou électriques. Il n'en est plus ainsi pour les filets de la moelle épinière, car plusieurs observateurs leur ont dénié l'irri-

tiVement, Bro-^^m*Séquard ayait adopté un croisement total dés roids conductrice^ sensibles {Journal de la physiologie, U 1858. p. 176) ; plus tard, il a justifié ses données, qui étaient basées sur des faits (Lectures on the physiology ana pathology bf the central nervous System. Londres 1860, p. 30).

1. Brown-Séquard, Lectures, p. 48. — Vulpian, Leçons sur la physiologie du système nerveux. Paris 1866, p. 385.

2. W. Mûller, Beitràge zur palholog. Anatomie und Physiologie des menichlichen Ruckenmarks. Leipsig 1871, p. 3 et suiv. On conclut même à un trajet non entre* croisé^ si la paralysie motrice, observée dans les épanchements apoplectiques du cerveau, est bornée au côté opposé du corps. Voir cependant p. 105 et 112.

3. Ludwig et Woroschiloff, Berichte der sache, Gesellsch, der Wiss. xu Leùtzig math.-^phys. Classe. 1874, p. 296.

4. Flechsi?, Veber Systemerkrankungen im Rûckenmàrk, Leipzig. 1878. p. 48 et planche VI, flg. 2. f- e *-

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