‹ Eléments de psychologie physiologiqueChapitre 50 sur 204 · CONDUCTION DANS LES NERFS PÉRIPHÉRIQUES · texte numérisé non relu

CONDUCTION DANS LES NERFS PÉRIPHÉRIQUES

entre les résultats de TaDatomie et ceux de robservaiion pathologique : d'après la première, une partie des voies motrices des cordons antérieurs éprouve un croisement ; et d'après la seconde, les voies, qui transmettent les impulsions volontaires motrices, ne se croisent pas, surtout chez Thomme, à l'intérieur de la moelle épinière. Cette contradiction est résolue par Thypothèse suivante : il y a dans la moelle épinière des voies motrices, qui ne sont pas destinées à la transmission des impulsions volontaires, mais à celle des mouvements réflexes, dont les points centraux sensoriels se trouvent dans les organes nerveux supérieurs. Donc, d'après les données que nous avons, la conduction centrifuge des réflexes de ce genre s'effectuerait par des voies, qui ne coïncident pas avec celles de l'excitation volontaire. La moitié externe du cordon antérieur serait alors considérée, comme une voie de cette nature ; tandis que les parties internes des mêmes cordons et la portion postérieure motrice des cordons latéraux sont affectées à la transmission des excitations volontaires. De cette manière, la voie mo* trice se tiivise en plusieurs branches, ayant un trajet séparé et, peutêtre, un rôle fonctionnel différent. Il en est évidemment de même pour la voie sensorielle : alors, du faisceau de filets, déjà mentionné plus haut et passant directement dans les pédoncules inférieurs cérébelleux, il se détache un deuxième faisceau qui, provenant des colonnes de Clarke (p. 58) et de la commissure postérieure, se réunit aux cordons de Goll, pour gagner la moelle allongée, oii il se termine dans les noyaux du funiculus gracilis (f g, fig. 27) ; enfin, un troisième tractus de filets contient principalement les prolongements des filets des racines postérieures et s'enfonce dans les noyaux des cordons cunéifoi*mes (f c, fig, 27), oîi (comme nous le verrons plus tard) le système de fibres zonales l'unit aux olives (1). Quel est le rôle fonctionnel attribué à cette séparation ou division? Les notions, acquises à ce sujet, sont plus incertaines, que celles qui sont relatives aux branches de la voie motrice (2). D'ailleurs, la séparation des diverses voies centripètes et centrifuges, dans la moelle épinière, s'effectue, très-probablement, lors de la différenciation des organes centraux. C'est ce qu'indique, au point de vue physiologique, le fait suivant : chez les vertébrés inférieurs, la grenouille par exemple, les impulsions de la volonté sont absolument transmises, comme les excitations réflexes motrices, à des

1. Flecbsig^ Die Leitungtbahnen im Gehim und Rûckenmark. p. 309 et sniv.

2. Voir à ce sujet, dans le chapitre suivant, la discussion relative aux fonctions des ganglions céré^aux et du cervelet.

voies qui subissent un croisement partiel. Également, sous le rapport anatomique, la direction, affectée par les prolongements des cellules, surtout dans la moelle épinière si simplement organisée des poissons, nous oblige à admettre, que les mêmes cellules ganglionnaires, qui fournissent des filets moteurs aux racines nerveuses, sont unies, par des prolongements ascendants, avec les centres moteurs, situés beaucoup plus haut; et par des prolongements descendants, avec les voies conductrices sensibles. Par conséquent, les voies conductrices des réflexes et des excitations sensibles et motrices ne sont pas, ici, séparées les unes des autres (1). Dans la moelle épinière des vertébrés supérieursy la substance grise est plus riche en cellules et les prolongements de ces cellules prennent des directions très-variables ; et on en conclut généralement, qu'il existe une complication croissante des routes conductrices. Enfin, le fait suivant, facile à constater dans toutes les classes des vertébrés, a certainement une importance qui n'est pas à dédaigner sous le rapport physiologique : la pluj)art des cellules des cornes antérieures, qui reçoivent les filets radiculaires moteurs, sont beaucoup plus volumineuses, que les cellules des comos postérieures, qui s'unissent aux filets sensoriels. Les différences, précédemment mentionnées (fig^ 12, a, p. 34) et présentées par les prolongements des filets, ne peuvent être constatées avec certitude, que sur ces grandes cellules motrices. D'après certaines présomptions, des prolongements de Taxe émaneraient les filets des racines motrices ; et des prolongements protoplasmatiques, les filets ascendants, se dirigeant vers le centre,'ainsi que les filets, destinés à s'unir aux cornes antérieures (2). Dans ce cas, probablement, les prolongements de la dernière espèce se résolvent d'abord en un fin réseau de filets, qui parcourt en tous sens la masse grise centrale de la moelle épinière et engendre alors les filets nerveux. Les cellules des cornes postérieures ne sont peut-être unie» avec les filets nerveux afférents et efférents, que par l'intermédiaire de ce réseau fibrillaire (3).

Lés conclusions, qui se fondent sur les sections transversales de la moelle épinière, n'ont pas une évidence suffisante; car, ces opérations sont toujours accompagnées de phénomènes d'irritation, qui masquent le tableau des troubles de conduction. Toute lésion de la moelle épinière engendre un état d'irritabi-

1. Slieda, ZUchr. f. wiss. Zoologie, vol. 18, planche I, flg. 6.

2. Max SchulUe, in (lewebelehre de Stricker, 1, p. 132,— Gerlach, ibid. p. 682.

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