CONDUCTION DANS LES NERFS PÉRIPHÉRIQUES
)it^ excessive, qui reste généralement limité an c6té du corps lésé et envahit parfois l'antre côté. Quand les routes sensorielles ont été atteintes, cette irritabilité excessive consiste en une hypéreMhésie , qui se révèle, lors de l'action des irritants, par des réflexes énergiques et des signes de douleur. Si les voies motrices sont lésées, des convulsions d'une longue durée se manifestent spontanément, en apparence, ou bien, après l'irritation des nerfs sensibles. Une hffperkinésie de ce genre n'est pas ordinairement bornée an côté lésé, ainsi que cela se produit généralement pour l'hypéresthésie (1). Avec celle-ci, la diminution de sensibilité de la moitié opposée du corps apparaît donc avec plus de netteté ; tandis que l'hyperkinésie rend, pendant nn certain temps, les symptômes de paralysie beaucoup plus confus. Ces deux modifications derirrilabilité ne se rattachent pas directement à la solution de continuité, mais se montrent quelque temps après le traumatisme, pour disparaître graduellement ; c'est pourquoi, elles trouvent leur explication dans un état d'irritation, occasionné par la lésion. Dans ce cas, l'augmentation de sensibilité est, probablement, limitée davantage au côté lésé, parce que l'irritation se propage spécialement aux filets des racines du même côté. L'hyperkinésie n'est pas bornée de cette manière. Elle ne dépend pas de la conduction, qui va au cerveau, mais prend naissance dans la moelle épinière même, puisque, dans les filets médullaires on dans la substance grise de cet organe, il se développe un état d'irritation, qui se traduit par une excitabilité réflexe extrême ou par une excitation directe des filets moteurs (2). L'état d'hyperkinésie semble cependant se propager graduellement et dépasser l'endroit lésé. D'après les expériences de Brown-Séquard, les animaux, qui ont snrvécu aux tranmatismes
1. D'ailleurs, Sanders (Geleidingghanm in het ruggemerg, Groningue 1806, p. 06 a iMirfois observé une bypéresthésie passagère, dans le côté opposé, qui est ordinairement plus insensible.
ï. Schiff (Lehrb. d. Physiol, 1, p. 274) a déjà fait ressortir, à l'inverse de Brown- Séquard, que l'hypéreslhésie ne peut pas être la conséquence de la solution de continuité. Ce savant voulait attribuer cet état à une irritation des cordons postérieurs, qui exercerait une modiflcatlon ou altération sur la substance prise : et il n'est pas arrivé à expliquer, pourquoi l'by pères tbésie était bornée à un seul côté du corps. Sanders a observé chez de jeunes animaux, que l'hypéresthésie peut se transmettre aux voies sensibles, qui sortent en avant du pomt sectionné ; il la rattache par conséquent à une propagation de l'irritation traumatique, qui, selon les circonstances, serait capable d'acquérir une extension variée {loeo cit p. 15i). Selon les observations de Schiff et les affirmations de Sanders, l'hypéresthésie est plus fortement développée après la simple section transversale des cordons po^teneurs, que si la substance prise est simultanément lésée. Probablement, c'est parce que, dans ce dernier cas, la conduction rencontre, en même temps, des obstacles, qui gênent son fonctionnement. — Jusqu'à ce jour, l'hyperkinésie est restée à peu près inexpliquée (voir à ce sujet Schiff, loco cil, p. 290). Pour s'en rendre compt*), on s'est trop laissé détermmer par l'analocie avec l'hypéresthésie. Mois il ne faut pas oublier , qu'il s'apit toujours, pour l'hypéresthésie, de savoir.
comme nous l'avons indiqué plus haut, l'extension plus indéterminée de cet état.
m PARCOURS DES VOIES NERVEUSES CONDUCTRICES.
de la moelle épinière, présentent, après quelques semaines, des convulsions générales ; celles-ci se manifestent spontanément, en apparence, ou lors de de Faction modérée d'irritants sensibles (i). Le foyer central de ces convulsions siôge (comme nous le montrerons plus tard (2) dans la région de la moelle allongée et du pont de Yarole ; par conséquent, dans les cas de ce genre, la modification de Tirritabilité atteindra ces parties. Évidemment, les altérations de rirritabilité, qui accompagnent ainsi toutes les sections transversales partielles ou d'autres solutions de continuité pathologiques, empêchent de bien apprécier les troubles de conduction. C'est ce que l'on remarque surtout, lors de la conduction des impressions sensorielles ; car, l'état d'irritabilité exaltée se révèle spécialement dans les filets des racines sensibles du côté lésé. Le tableau ordinaire, présenté par les sections transversales hémilatérales ou les traumatismes de la moelle est donc le suivant : paralysie musculaire, presque complète et irritabilité exaltée de la peau du côté lésé; légers troubles moteurs et diminution de sensibilité du côté opposi (3). On en conclut avec une certi* tude suffisante, que la plupart des voies motrices se dirigent en haut, sans se croiser. La majeure partie des voies sensibles chemine-t-elle en droite ligne ou en se croisant? nous l'ignorons. Comme l'irritabilité exaltée siège dans les filets radiculaires, voisins du point lésé (fig. 5i), dès qu'unepartie des voies (par exemple b) passe à l'autre côté, la sensibilité augmentera en A, à l'expansion périphérique de ces filets radiculaires. Â la moitié opposée du corps B, que n'atteint pas généralement la modification, émanée du point lésé, on observe simplement cette diminution de sensibilité, qui est consécutive à la section des filets croisés b' (4).
1. Brown-Séquard, Archives gén. de méd, 5« série, t. VII, 1856, p. 14. Après des léeioas des uerfs périphériques {Gazette méd. 1871, p. 6, 38), ce physiologiste a observé des attaques épileptiformes analogues. Westphal (Berliner ktin, Woch. p. 449) a aussi noté ces convulsioas chez des animaux, dont le cerveau avait été violemment ébranlé.