Voir chap. V
3. Pour les observations pathologiques, qui offrent un semblable résultat, consulter Brown-Séquard, Journal de la physiol, VI, p. 124, 232. 581, Archive* dephysiol. 1. p. 610, Il p. 236 ; et W. M aller, Beitràge zur pathol. Anat. u. Physiol. d, mensch. Rûckenmarks. Leipzig, 1871, p. 3 et suiv.
4. La sensibilité de A (fig. 51) résulte de rirritabilité des faisceaux de filets a et b ; celle de JB, de l'irritabilité de a' et b'. Si la section transversale, pratiquée en 07, seulement, entraînait un trouble de conduction, la sensibilité serait uniformément diminuée des deux côtés du corps, à condition, par exemple, qu'il y eut un nombre égal de filets neryeux à parcours croisé et non croisé. Mais, si dans les environs de J*, l'irritabilité des filets des racines est simultanément élevée, la sensibilité en A sera plus grande, qu'en B ; car, dans le faisceau &, l'excitation est plus énergique, qu'en a'. D'ailleurs a et b\ par suite de leur terminaison dans la substance griee, peuvent mettre en jeu des mouvements réflexes, qui ont lieu indépendamment de la sensation consciente ; ces réflexes seront même plus intenses en il, qu'en B, parce qu'ils sont ordinairement prépondérants du côté irrité, soit narce que la modification, émanée de x. agit spécialement sur les filets des racines. Nous n'avons aucune donnée sur les degrés de modification de rirritabilité. Nous ignorons donc, dans quelle étendue, les symptômes de paralysie de la sensation, consécutifs à la section des filets non croisés, sont masqués par l'hypéresthésie
CONDUCTION DANS LES NSBFS PÉRIPHËEIQURS.
A la faible irritabilité de la masse nerveuse centrale (précédemment mentionnée) se rattachent probablement des phénomènes particuliers, qui peuvent être rapportés à des variétés de la conduction sensorielle. Lorsque cette conduction, par suite d'une section des cordons blancs postérieurs, n'est effectuée que par la substance grise, il faut en général des irritants très énergiques et fréquemment répétés^ pour que l'excitation se propage à travers la lacune existante. Dès que l'excitation est engendrée, elle a ordinairement une intensité, une extension et une durée extrêmement fortes. Un état opposé semble se manifester, quand la substance grise est complètement sectionnée ; alors, sur une certaine étendue, la conduction peut être uniquement effectuée par les cordons blancs médullaires. Si les cordons blancs postérieurs sont seuls conservés de cette manière ^ l'irritabilité des portions cutanées,situées au-dessous du point sectionné, n'est pas modifiée par des impressions faibles et d'une énergie modérée. Au contraire^ l'impression ayant une intensité moyenne, l'excitation atteint son maximum ; aussi, toute autre augmentation des irritants ne provoque aucun signe énergique de sensibilité, nul symptôme de douleur. Un phénomène absolument analogue s'observe (sans lésion de la moelle épinière), après l'action de certains agents anesthésiques, par exemple de l'éther, du chloroforme, qui modifient la substance centrale. A un moment donné du sommeil éthéréou chloroformique, la sensibilité pour les impressions d'une énergie moyenne n'est pas notablement modifiée ; en présence des irritants plus violents, elle diminue et est suivie d'un état, non d'absence de sensation, mais d'absence de douleur, d*analgisie. Ces phénomènes merveilleux s'expliquent^ si nous les mettons en regard des faits, signalés k propos de l'irritabilité de la substance centrale. Après avoir parcouru la substance grise, les cordons blancs de la moelle épinière ont leur irritabilité modifiée; et évidemment^ la modification sera d'autant plus importante, que l'irritation doit traverser des masses plus puissantes de substance grise. Or, les diverses voies offriront à cet égard des différences notables, si^ par exemple, directement après leur entrée dans les cornes antérieures ou postérieures, ellejs proviennent de nouveau de ces dernières et cheminent en haut dans les cordons médullaires^ ou bien, si elles décrivent des trajets entrelacés dans le réseau cellulaire
dans les fildt<« croisés et par rélèvation de Texcitabilité réflexe. Si la lésion existe depuis un ceriain temps, sans doute la modification de rirritabilité disparaît, mais alors on voit constamment apparaître ces compensations de la conduction, étudiées ultérieurement et engendrant graduellement un état, qui se rapproche de plus en plus des conditions normales.
des cornes grises, afiû de pénétrer accidentellement beaucoup plus haut ou plus bas dans les cordons médullaires. Si toutes les voies conductrices sont conservées, l'excitation, en présence d'irritants d'une énergie moyenne, ne se propagera généralement qu'à la voie principale simple ; et, en présence d'irritants plus intenses, elleatteindrasimultanémentles voies latérales, qui montrent des résistances plus considérables. C'est ce dont témoigne le fait suivant : à travers la substance grise, une voie latérale spéciale, déjà mentionnée, à savoir celle qui opère le passage de la conduction sensorielle à la conduction motrice et transforme les impressions sensibles en mouvements réHexes, entre également en excitation sympathique, quand les irritants sont très-énergiques. Si, au contraire, la voie principale est interrompue, parce que les cordons blancs médullaires sont sectionnés ou devenus impraticables, naturellement l'irritation devra être plus forte, pour se propager à travers le point lésé. Il en est autrement, si la conduction est séparée par la masse centrale grise et ne se maintient, que par les cordons blancs. Pour comprendre les résultats produits dans cette circonstance, il faut tenir compte de cette autre propriété de la substance grise : celle-ci a le pouvoir de colliger, pour ainsi dire, en elle-même les excitations ; c'est pourquoi, elle répond sur-le-champ, par une excitation énergique et soutenue, aux irritants souvent répétés. Si les irritants augmentent, le point limite sera atteint, relativement de bonne heure, dans la voie principale, où l'excitation ne peut plus s'accroître. Mais, si l'excitation doit traverser de grandes étendues de substanc3 grise, cette limite maximum est atteinte, par l'eflfet d'une intensité supérieure de l'irritant, et, grâce à cette intensité, l'eflfet de l'excitation, c'est-à-dire la sensation ou la secousse musculaire, possède une énergie bien plus considérable. Nous avons encore un témoignage de ce fait dans la conduite de cette transmission ramifiée centrale, qui unit ensemble les voies motrices et sensorielles. Quand l'irritant ou l'irritabil^ augmente, le mouvement réflexe peut même arriver à un degré, qui n'est pas égalée lors de l'excitation directe des filets nerveux moteurs. Par conséquent, la fig. 52 représentera, pour les deux formes de substance nerveuse, la loi, d'après laquelle, lorsque l'irritant augmente, l'excitation s'accroît; dans ce dessin, les excitations sont rapportées, comme des ordonnées, sur une ligne d^abscisse xx' et les longueurs des ordonnées correspondent aux grandeurs des irritants.
La courbe abc décrit la loi de l'excitation pour la substance blanche ; et la courbe e f g^ pour la substance grise. En présence d'une valeur supérieure de l'irritant, la courbe e f g abandonne la ligne d'abscisse et atteint un maximum plus élevé. De cette manière^ s'expliquent aussi les phénomènes remarquables de Tanalgésie. Les voies conductrices étant toutes conservées, l'excitation, qui, par suite de faibles irritants, prend uniquement la voie principale, passera au contraire, de préférence aux voies latérales et traversera la substance grise, si les irritants sont très-énergiques; car, seule, la substance grise dispose d'une provision de forces, correspondant à l'intensité de l'irritant. Si la masse centrale grise est sectionnée, il ne reste que l'excitation maximum, déjà
CONDUCTION DANS LA MOELLE ALLONGÉli:. li^S
atteinte lors d'une énergie moindre de l'irritant, qui puisse Ôlre transmise à U voie principale. Il semblerait donc, que des voies conductrices séparées
existent pour les ùritanU
C — / tocttTes et les vrrxtanU dou-
f y'^ ^ {oureiur^ ainsi que cela avait
été admis par Scbi£f, qui
jr ^ ^^ — — — .p^ observa, le premier, ces
Pj^ g^ phénomènes (i). De même,
la théorie précédeiite nous explique comment, malgré la solution de continuité de la substance grise, les aoesthésiques, qui paralysent cette substance et diminuent fortement l'excitabilité réflexe, sont justement capables de produire l'analgésie.