De Boyer^ loc. cit. p. ISO
2. Dans les paralysies corticales, comme dans d'autres paralysies du mouvement^ la dilatation <hî8 Taïsseaux et ses conséquences, l*élévation de température des parties paralysées^ ont été observées. Après avoir détruit la zone motrice obes les animaux, quelques expérimentateurs ont fait des remarques analoffues.On cpn» dut de là à une terminaison des filets vaso-moteurs Aûns la même réfrion. Consulter à cet égard Lépine, Les localisations dans les maladies cérébrales. Paris 1875. -*
tats, comparés avec ceux obtenus par rexpérimentation sur les animaux» en premier lieu chez le singe et décrits dans la fig. 59 (p. 157), ne permettent pas de méconnaître une concordance générale dans la position des points moteurs. On voit également, que ce territoire cortical moteur correspond à l'expansion des voies des pyramides, voies poursuivies par l'anatomiste jusque dans les circonvolutions centrales, et dont les commencements sont situés dans les cordons moteurs de la moelle épinière.
La recherche des foyers centraux sensoriels dans Técorce cérébrale de l'homme est, actuellement, bien moins avancée. Des faits, peu nombreux, il est vrai, mais présentant, en partie, une grande authenticité, miUtent en faveur delà localisation du sens visuel dans l'écorce du lobe occipital. Par conséquent, chaque moitié cérébrale commande
Fig. 63. Hémisphère droit, tu par sa face médiane. R Fente de Rolande. P Lobnle paracentral, contenant des centres moteurs ponr la jambe et peat-étre même pour le bras. F CirconToloUon arqnée. B Corps calleoi, conpé en son milieu. H Gyms hippocampi, contenant, d'après Ferrier, les centres du sens tactile. U Gyros uncinatns, renfermant, d'après Ferrier, les centres de ToUiaction et du goût.
à la moitié nasale de la rétine du côté opposé et à la moitié temporale de la rétine du même côté. Une lésion hémilatérale, très étendue et rapidement survenue dans le cerveau occipital, semble donc amener une hémianopsie; et celle-ci, sous le rapport de son extension, se comporte entièrement, comme celle qui a été notée chez le singe,
Hitzig^ Med. CentrWl. 1876, n« 18.— Eulenburg et Landois, in Archif) de Virchow, voL 68, p. 245. — Krœmer, Allg. Zeiisch, f. Psychiat. vol. 36, p. 137. — Les effets produits sur la sécrétion salivaire et sudorale ont été signalés, lors des lésions ou irritations de la zone motrice. Voir Bochefontaine, Archives de physiol. 1876^ p. 140. — Adamkiewicz, Verhandl. d. Berliner physiol. GeselL 1879-80, n<» 5.
VOIES CONDUCTRICES ALLANT A L'jSOORCE DU CERVEAU. 165
après des destructions corticales unilatérales (1). Quelques observations d'Huguenin mentionnent aussi ces troubles visuels» consécutifs à une lésion corticale unilatérale. Le même auteur a publié un cas d'atrophie des deux moitiés du cerveau occipital, survenue longtemps après la perte d'wn œil (2).
A Foccasion des troubles visuels, engendrés par les lésions de ce territoire cortical, la surface sensorielle centrale (abstraction faite des effets, dûs au croisement partiel des filets du nerf optique) semble se comporter également, comme la surface rétinienne ; car, chaque point de celle-ci est subordonné à une place limitée de la surface sensorielle centrale. Néanmoins, dans bien d'autres cas, les symptômes sont essentiellement différents : la sensibilité à la lumière est conservée dans tous les points du champ visuel ; mais la distinction des impressions de couleurs, ou la perception des formes, ou celle de la distance des objets sont troublées. Même dans ces circonstances, on a parfois trouvé des lésions du lobe occipital ; la plupart du temps, d'autres parties du cerveau, surtout les lobes frontal et pariétal, participaient aussi à la lésion (3) ; et, d'après quelques observateurs, ces derniers lobes étaient seuls le siège du mal, tandis que les parties postérieures de Técorce cérébrale jouissaient d'une intégrité relative (4). On doit donc présumer — comme le fait pressentir l'état général existant —, qu'il s'agit ici de troubles plus complexes, dont seraient affectées des parties cérébrales très-diverses, peut-être aussi celles correspondant aux éléments de la rétine, et même d'autres régions représentant, par exemple, les nerfs tactiles et moteurs de l'œil. En effet, nous verrons plus loin, que la formation des perceptions visuelles est un phénomène psychologique complexe, qui suppose nécessairement la coopération d'éléments physiologiques, nombreux et hétérogènes (S). D'ailleurs, ne l'oublions pas, les documents pathologiques des médecins anciens renferment une grande quantité de faits, où des portions plus ou
1. Baumgarten, Centralbl f. d, med. Wiss, i878, p. 369. — Cuwchmann. Centr. f. Augenh. juin 1879. — Nothnagel. Top. Diagn, p. 389. — de Boyer, toc. cit.
% HÛguenin, Correfpondenzblatt f, êchweiz^r, Aerzte 1878, n» M. Dans l'un de ces faiU, l'atrophie était également avancée des deux côtés ; dans 1 autre, eue était plus considérablement développée, du côté oçposé à 1 œil. a^eu^vl'n r. mm
3. Consulter les observations de Fûrstner {Arcktv f. Psychtatne Vin, p. 16», IX, p. 90) et de Reinbard {ibid, p. 147). H faut remarquer que, dans ces observations, il s'agit partout de symptômes partiels de pajalysie progressive.
4. Fûrstner, toc. cti. Vlll p. 17Ï, 172. -Reinbard. ibid. ^KV%i^'.... ^, 6. Voir la tbéorie des représentations visueUes, dans la Iroiiième seeUon.de cet
ouvrage.
moins considérables des lobes postérieurs étaient lésées, sans signalement des troubles de la vision. Mais> à cet égard, deux circonstances doivent être prises en considération : l^ à cause de l'activité complémen* taire de Tautre œil, les troubles visuels partiels peuvent être inaperçus, surtout si l'on n'interroge pas convenablement le fonctionnement de l'organe ; i^ ici, comme dans tous les autres cas de lésions corticales partielles, les troubles se compensent graduellement ; probablement, parce que d'autres territoires corticaux suppléent les territoires supprimés (1).
C'est pour les mêmes motifs, qu'il existe actuellement peu d'observations exactes et propres à être utilisées pour la localisation des autres sensations sensorielles. Parfois, des troubles du sens musculaire et de la sensibilité cutanée ont été remarqués, lors des affections du lobe pariétal et frontal, c'est-à-dire des régions, qui limitent directement la zone motrice (2), Mais, selon certains observateurs, des lésions plus étendues de ces mêmes parties se sont présentées, sans altération appréciable de la sensibilité (3) ; aussi, faut-il s'en rapporter à une constatation ultérieure. Chez l'homme, on n'a pas encore démontré l'existence de surfaces sensorielles centrales pour les sens du goût et de l'olfaction, ni pour le sens de l'ouïe.
Bien plus nombreux sont les faits, qui assignent un territoire central limité à certaines fonctions, étroitement connexes avec le sens auditif, atix mouvements du langage articulé et à la perception des sons articulés. Dans les troubles centraux du langage, il faut principalement distinguer l'un de l'autre deux états, très-souvent unis ensemble, mais capables, jusqu'à un certain degré, de se manifester isolément : Y aphasie, la suppression ou le trouble de la faculté du langage
a}'.?J?^^^^^^^?^* Ferrier a'recueilli qaelaues faits, qui contredisent la locaUsaUon ?♦ ol- /A?"®^^^^^ ^® cerveau occipital (localisât, des maladies cérébrales, p.iS» r;vÏÏIi\?rî55'^S »«f «Pônences sur le singe, Perrier lui-même pUce, comme nous 1 avons vu plus haut (p. i59, note), le centre visuel dans la troisième circonvolution fL^tS^*"!^® ^" ^rus angularis. Cependant, cette hypothèse n'est pas étayéepar lia JïiÏÏS^Î^'^*^® pathologiques, car, les faits, invoqués par Ferrier (i(Jc. cit. p. ili), rîJî?^®'!®5'P?* de conclure à une localisation précise. Quant à l'hémianopsie! Lûarcot et Ferner sont d'avis, qu'elle provient constamment des lésions souscortica es du cerveau, tandis que les troubles corticaux déterminent toujours la céilriano n^i ^" ^^'* ^PP^**- ?* «'ûPJP'ii«°t. ^ cet égard, sur les cas d'épflepsie hysî«^ ?î®; "^< S?® ®^* reposent sur des bases anatomo-pathologiaues, encore M»mcertalnes. Consulter ï'errier, Looalis. des maladies eérébraUs. p. m. ïaT;,îa^7o' ^^^^^i^^^frà^^^^j^PofhoL und paihoL Anaf. d. Cthitralnerv, J^ * ^' »0.— Senator, Med. Centr, i879, p. 700. - Nothnagel, Tcqi. Dia§M.
&rai«I°p ^isstrsuivl^ ^^ observations, in Perrier (localis. des maladies ciré-
•t la surdité verbale, le trouble de la perception des mots. L'aphasie s'unit quelquefois à la suppression de la faculté d'écrire, à Vagraphie ; et la surdité verbale» ti l'incapacité de comprendre les mots écrits, à la cécité verbale (l). Voici le caractère de tous ces phénomènes : les sensations sensorielles et les fonctions motrices simples peuvent être abrs pleinement conservées, en présence des arrêts de conduction, effectués par la maladie et étudiés jusqu'ici'; ces derniers étant des troubles complexes, à la genèse desquels contribuent, sans doute, largement les voies intracentrales. Le domaine cortical, dont l'intégrité assure l'exerdce de ces fonctions centrales du langage, est, d'après des preuves certaines, cette région, développée sur le cerveau humain d'une manière si remarcpiable et située à la limite antérieure et inférieure de la fente sylvienne ; selon d'autres observateurs, il faudrait lui adjoindre le territoire du lobe de Tinsula (2). Dans la grande ma* jorité des cas, le trouble du langage est une conséquence des affections pathologiques centrales du côté gauche. Il est donc, à cause du croisement des voies conductrices motrices et sensorielles, lié à l'hémiplégie du côté droit et à l'hémianesthésie. Au contraire^ les lésions du côté droit de ces parties centrales suivent entièrement leur cours, sans présenter de symptômes (3). Les cas rares, où les troubles du langage existent avec des lésions en foyer, situées dans le côté droit du cerveau, semblent se manifester régulièrement chez les individus gauchers; alors, cette moitié' cérébrale, dont la fonction est ordinairement prépondérante, parait être, absolument ou presque exclusivement, le siège des fonctions centrales du langage (4). D'ailleurs, dans ce cas, comme lors de tous les troubles centraux d'une étendue plus restreinte, la fonction se rétablit après un certain temps, quoique la cause primitive de la perturbation subsiste encore. Il y a lieu de présumer que, dans les circonstances de ce genre, la moitié cérébrale, restée intacte et non préalablement exercée, a joué un rôle de suppléance, de même qu'aprè^ la perte de la main droite, la main gauche s'habitue aux exercices mécaniques.
1. Kassmanl. Storungen der Spraehe^in Handbuch der spec. Paiholu. TherapU Tol. XII, Leipzig 1877, p. iOi.
S. Voir, in Kussmaul {loc cU, p. 131 et suiv.) la discussion détaillée des obser- Tations de Bouilland, Broca, etc.^ et, in de Boyer (loc. dt. p. 93, 99} ce qui est rola* tif à la participation de Tinsula.
3. Par exemple, sur 125 cas d'aphasie avec hémiplégie du côté droit. Trousseau en a relevé iO avec hémiplégie du côté gauche.— JaAr««5. f. PhyiioL de Ifeissner, 1867, p. 833.