ArcMv f, experim. Pathologie 111, 1874, p
établit, le premier, cette hypothèse; et Hermann Mank (i), se basant sur ses expériences d'extirpation, s'y est rattaché. Schifif avait fait surtout ressortir, que les mouvements d'irritation n'apparaissent pas dans le sommeil produit par l'éther ou le chloroforme. Mais il convient de remarquer, que justement ces anesthésiques agissent (à la différence de la morphine) même sur la substance nerveuse motrice. D'autre part, lors de l'excitation des points corticaux sensoriels, très-souvent les symptômes d'irritation se distinguent nettement ; c'est pourquoi, Ferrier (2) a pu employer dans ce cas l'irritation, comme moyen auxiliaire de diagnostic : procédé, qui, sans doute, n'est utilisable, que pour reconnaître soigneusement les symptômes de dégénérescence. Munk avait observé que, de vastes dentructions corticales, opérées dans les parties cérébrales antérieures, entraînaient l'anesthésie ; c'est ainsi, qu'il a été conduit à construire son hypothèse. Cependant, comme nous Tavons remarqué plus haut, ceci ne prouverait pas encore, que les points moteurs, correspondant à des parties égales du corps, ne doivent pas être situés dans les mêmes régions, dans le voisinage imttiédiat des points représentant le sens de la sensibilité. Effectivement, l'opinion personnelle de Munk ne semble pas différer essentiellement de cette manière de voir. En revanche, Munk engage une polémique, pour qu'on localise < la volonté > , parce que nous percevons, en nous, une idée du mouvement. Evidemment, cette question, qu'est-ce que U volonté, est du ressort non de la physiologie, mais de la psychologie. La physiologie doit s'occuper uniquement de découvrir, quels sont les points de notre cerveau, d'où partent les excitations motrices. D'après les expériences pathologiques, il est certain que, chez l'homme, les excitations motrices d'un caractère automatique sont liées à la conservation de territoires corticaux déterminés, dans les circonvolutions centrales. Chez les animaux, les points, reconnus moteurs, ont une situation absolument correspondante, et les phéno* mènes d'irritation et de dégénérescence ressemblent essentiellement à ce qu'on observe chez l'homme, dans les cas analogues ; par conséquent, la justification de cette interprétation est presque douteuse. Nous ferons encore remarquer, qu'on n'a pas plus le droit de parler d'une « localisation de la volonté >, dans la région motrice de l'écorce cérébrale, que de considérer la troisième circonvolution frontale et son entourage, comme le siège « de la faculté du langage > . Parce que la suppression d'une vis arrête le rouage d'une montre, personne n'affirmera, que cette vis met la montre en mouvement. La volonté est une fonction, qui suppose de nombreuses conditions préalables psychologiques, par cela même physiologiques, et surtout des sensations. Admettre, qu'une fonction si complexe soit liée à quelques éléments, c'est créer une hypothèse extrêmement invraisemblable. Il résulte uniquement des observations, que ces points de Técorce cérébrale, reconnus moteurs, contiennent des anneaux de
i. Archiv f. Physiol de Du Bois-Reymond, 1878, p. 171. . 2. Die FuncUonen des GeMms, p. idi et suiv.
passage, qui sont indispensables, pour transmettre les impulsions volontaires dans les voies nerveuses motrices. Selon les faits anatomiques, il est très-vraisemblable, que les anneaux de passage les plus intimes, allant de l'écorce cérébrale aux voies centrales conductrices, sont situés dans ces points moteurs.
Nous avons signalé précédemment les principales divergences des différents observateurs, au sujet de la position des régions sensorielles. Cette présomption de Meynert, basée sur des dissections anatomiques, à savoir que le lobe occipital renferme les terminaisons des nerfs tactiles (1), est également abandonnée. Car, les faits physiologiques et pathologiques indiquent également ici des parties cérébrales, situées beaucoup plus en avant, mais dont le domaine n'est pas encore assez nettement délimité, surtout en comparaison des centres moteurs. Les phénomènes d'hémianopsie, provenant des lésions bilatérales et ceux d'atrophie secondaire, survenus après la perte d'un œil, témoignent, que l'écorce du lobe occipital doit être probablement la surface visuelle centrale. A cet égard, quelques points réclament encore un éclaircissement plus complet, et surtout la question suivante : ces fonctions physiologiques, qui déploient leur activité pour la formation des perceptions visuelles, sont-elles liées en même temps à cette surface visuelle centrale ou à certaines de ses parties ? ou bien, d'autres parties centrales contribuent-elles nécessairement à cette formation ? Les observations, relevées chez l'homme et mentionnées précédemment, ainsi que l'analyse physiologique des processus de perception sont décidément favorables à cette dernière opinion. Selon Munk, au contraire la même région de l'écorce occipitale, qui, surtout d'après ses expériences ultérieures, correspondrait à la fosse centrale de la rétine, est simultanément celle qui maintient la conservation des images de souvenir. Ce physiologiste rapporte, par conséquent, à une « cécité de l'âme > les phénomènes de dégénérescence, produits par l'extirpation de cette région, et à une > cécité corticale », ceux qui résultent de l'ablation des parties environnantes. Par cécité corticale Munk comprend les phénomènes de ce genre, qui correspondent à une sup-^ pression de certaines parties du champ visuel, suppression analogue à celle qu'opère la tache aveugle dans l'œil normal. D'après les nouvelles expériences de Munk et les observations relevées chez l'homme, la surface visuelle du lobe occipital présente un arrangement des éléments centraux, qui, abstraction faite des conditions réalisées par le croisement dans le chiasma, est identique à la disposition des cônes et des bâtonnets dans la rétine* Néanmoins^ il est très-invraisemblable, qu'à certaines parties de cet arrangement soient encore liées des fonctions, d'une nature toute différente et absolument indépendantes de leur correspondance avec certaines parties de la rétine. D'ailleurs, l'hypothèse d'un « dépôt des images de souvenir * repose, comme nous le verrons dans le chapitre suivant, sur des idées, généralement inadmissibles au point de vue physiologique et psychologique. En effet, tous les phénomènes, décou-