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VOIES CONDUCTRICBS ALLANT A l'ÉCORCE DU CERVEAU. 181
accusée chez les mammifères. Les divers rapports de situation asymétrique, concernant les organes de nutrition, sont de nouveau, personne ne l'ignore, étroitement liés entre eux. La position du foie, au c6té droit du corps, comporte avec elle, que les grands réservoirs du sang veineux se trouvent également du côté droit ; c'est pourquoi, le système artériel a sa place assignée au côté gauche. Dans les cas rares^ où se révèle une position opposée à l'ordinaire (dans la transposition des viscères), la situation de tous les organes asymétriques est constamment renversée. L'organe central circulatoire a le plus besoin de protection. Par conséquent, presque tous les mammifères, dans la lutte avec leurs ennemis, présentent en avant le côté droit ; habitude, qui doit réagir favorablement sur le développement plus énergique des muscles du côté droit. Chez l'homme, la station debout est cause, que les organes centraux de la circulation ont particulièrement besoin d'être protégés ; et elle ne contribue pas peu à garantir cette protection. D'autre part^ il est vraisemblable, que la situation des organes cîrculatoires dans le côté gauche entraîne, avec elle, un plus puissant développement des parties cérébrales du même côté. En effet, d'après des observations, qui assurément méritent encore confirmation, le développement de l'hémisphère gauche semble précéder partiellement celui de l'hémisphère droit (i). Si, à la moitié la plus forte du corps doit correspondre la moitié cérébrale la plus forte, alors les voies périphériques du côté droit seront spécialement représentées dans le côté gauche de l'organe central, et celles de gauche^ dans le côté droit de cet organe ; et naturellement, comme le présumaient déjà Leyden et Ogle, pour les centres qui sont doubles, tels que le centre du langage, celui du côté gauche sera de préférence exercé (2). Sans doute, cet essai d'explication est hypothétique. Attribuer avec Flechsig (3) les croisements à des conditions mécaniques, plus accidentelles, survenues pendant l'évolution, c'est une tentative inconciliable, selon moi, avec les rapports physiologiques, cités auparavant, qui accompagnent le croisement partiel.
i. D'après Gratiolet, les circonvolutions frontales se développent plus rapidement & ffauche, qu'à droite ; à la répioa occipitale, ce serait 1 inverse (Anatomie comparée du système nerveux. M, p. 242). Ecker met en doute ces données de Gratiolet (Archiv f. Anthropol. III, p. 215). Selon Ople, l'hémisphère gauche est, presque sans exception, |>lu8 lourd, que le droit. Cet auteur affirme avec Broca, Broadbent, etc., que les circonvolutions frontales gauches ont une structure plus compliquée (Ogle, Medieo^hirurg, transactions, vol. 54, 1871, p. 279). Toutefois, un fait facile à constater, c'est que, chez tous les primates, les sillons ont une disposition plus asymétrique dans le cerveau antérieur, que dans la région occipitale. Avec ces rapports anatomiques concordent les observations de Broca, confirmées par P. Bert, sur les différences de température des diverses régions de la tète chez l'homme. Ainsi, d'après P. Bert, la moitié frontale gauche est, en moyenne, plus chaude, que la droite; et la partie frontale est plus chaude, que la partie occipitale de la tête. Dans les grands efforts intellectuels, ce rapport persiste^ et, en même temps, la température des deux moitiés de la tète augmente. (P. Bert, Société de biologie, 19 janvier 1879^.
2. Leyden, Berliner klin. Woch. 1867. n® 7. — Ogle, loc. cit.