‹ Eléments de psychologie physiologiqueChapitre 74 sur 204 · REVUE GÉNÉRALE DES VOIES CONDUCTRICES CENTRALES · texte numérisé non relu

REVUE GÉNÉRALE DES VOIES CONDUCTRICES CENTRALES

union de ces mêmes voies avec les filets, que le cervelet envoie également dans le pied du pédoncule cérébral. Les expansions terminales des voies motrices ont lieu spécialement dans les provinces antérieures de Técorce cérébrale; la conduction directe, allant à l'écorce, passe exclusivement, chez Tbomme, dans les deux circonvolutions centrales du côté opposé. Les ganglions cérébraux antérieurs sont-ils reliés à Técorce du cerveau, par une conduction particulière ? ou bien, les filets se terminent-ils définitivement dans ces ganglions, de la même manière que dans l'écorce cérébrale elle-même ? C*est une question à élucider.

Le deuanème segment important de la voie motrice se compose, de nouveau, de deux conductions latérales, dont Tune constitue la partie principale du ruban de Reil et va dans le ganglion cérébral le plus postérieur, le tubercule quadrijumeau ; l'autre participe à la formation de la calotte du pédoncule cérébral et se rend à la couche optique. Dans ces ganglions cérébraux, ces deux conductions s'unissent avec les parties de la voie sensorielle et sont représentées, dans Técorce cérébrale, par les systèmes de filets de la couronne radiée, qui en émanent.

La voie principale sensorielle se sépare, dans la suite de son parcours vers le cerveau. Elle forme également une partie, qui s'élève directement jusqu'à l'écorce cérébrale, et plusiwrs conductions latérales, dirigées d'abord vers d'autres parties centrales. La voie, allant directement à l'écorce cérébrale, passe (en tant qu'elle ne s'est pas déjà croisée dans la moelle épinière) probablement au-dessus de l'entrecroisement des pyramides, du côté opposé ; elle se dirige alors, en haut, dans le pied du pédoncule cérébral, pour recevoir ensuite, par des chemins à peu près encore inconnus, des renforcements provenant des nerfs sensoriels spéciaux. Les irradiations de cette voie s'étendent vers des régions de l'écorce cérébrale, situées, en majeure partie, derrière la scissure de Sylvius : ainsi, la surface visuelle centrale se trouve dans l'écorce du lobe occipital ; la surface auditive, probablement dans le lobe temporal; la surface sensitive, dans le lobe pariétal; tandis que les centres des sens olfactif et gustatif résideraient à la base du cerveau. La première de ces ramifications de la voie sensorielle, qui se rendent directement aux stations intermédiaires de l'organe central, se détourne vers le cervelet et s'unit dans l'écorce cérébelleuse avec la voie intracentrale, déjà mentionnée. Un second rameau va dans les tubercules quadrijumeaux : ce sont les filets centraux du nerf optique, qui entrent dans ces ganglions, pour se réunir aux filets centraux des muscles oculaires, comme à d'autres territoires moteurs, représentés

18i PARCOURS DES VOIES NERVEUSES CONDUCTRICES.

dans le parcours du ruban de Reil. Un troisième rameau constitue un élément essentiel de la calotte du pédoncule cérébral et pénètre dans la couche optique, ou il s'unit aux voies motrices, également amenées par la calotte à la couche optique. Enfin, un quatrième rameau, appartenant au nerf sensoriel le plus antérieur, au nerf olfactif, semble s'unir, dans la masse ganglionnaire de la tète du corps strié, avec un rameau de la voie motrice. Ce dernier cheminerait primitivement dans la calotte ; mais, après que les autres faisceaux de la calotte se sont perdus dans la couche optique, il se dirige en avant avec les filets du pied du pédoncule cérébral. Si l'on tient compte du mode et du lieu de terminaison, tout le prolongement de la voie sensorielle se sépare donc en trois segments principaux : le premier va directement à Técorce cérébrale ; le second s'unit, à l'intérieur de Técorce cérébelleuse, avec une voie dirigée vers l'expansion terminale motrice, opérée dans le cerveau antérieur et dans les ganglions cérébraux antérieurs ; le troisième se relie dans les ganglions cérébraux mixtes (tubercules quadrijumeaux, couches optiques et tête du corps strié) avec une voie latérale motrice, qui arrive dans ces mêmes noyaux ganglionnaires. Dans l'écorce cérébelleuse, toute la surface sensible du corps, d'une part, et tout le domaine dft l'innervation motrice centrale, d'autre part, paraissent être représentés ; de plus, cette écorce cérébelleuse s'unit aux tubercules quadrijumeaux et aux couches optiques. La terminaison sensorielle se comporte autrement dans les ganglions céré* braux mixtes : semi-sensoriels, semi-moteurs. Chacun de ces ganglions semble destiné à une partie des surfaces sensibles ; aussi, tous ensemble représentent-ils la totalité de ces surfaces : les tubercules quadrijumeaux représentent le domaine visuel; la tête du corps strié, la surface olfactive ; les couches optiques, la superficie sensible de la peau. Dans chacun de ces ganglions cérébraux, s'eflTectue probablement la liaison centrale d'un domaine sensoriel particulier avec les muscles, qui lui sont subordonnés. Pour les tubercules quadrijumeaux, les observations physiologiques ne laissent aucun doute à cet égard ; pour les autres ganglions cérébraux, la relation anatomique est encore moins bien déterminée. Il n'est pas certain, que la division grossière, effectuée par le scalpel de i'analomiste, suive, parallèlement et partout, la séparation des territoires ionctionnels.

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