‹ Eléments de psychologie physiologiqueChapitre 8 sur 204 · Timœos · texte numérisé non relu

Timœos

9. La définitioa aristotélique de l'âme en général, comme < première entèlécme d*aQ corps qui a la vie en puissance >. s'applique à l'esprit, indépendant de la sensibilité (Sinnlichkeit), au voS; tco'.tjtixoç ; mais celui-ci, étant l'acte de l'âme elle-

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moderne a suiyî surtout les traces de Platon, et, avec plus de fermeté qne ce philosophe, elle a maintenu l'unité de substance pour l'esprit et Tâme. C'est ainsi^ qne la distinction rigoureuse des concepts finit par disparaître du langage scientifique. Plus tard, une différence fut encore établie ; avec Wolff, l'esprit devint le concept générique^ dans lequel celui de l'âme individuelle est contenu (1), ou bien, l'esprit fut confondu avec les facultés de l'âme, dont nous parlerons tout à l'heure ; le mot était conservé comme une désignation générale, tantôt des facultés dites supérieures de Tâme^ tantôt de la faculté de la connaissance ; dans ce dernier cas, le sentiment (Fûhlen) et le désir ou appélition (Begehren) étaient souvent résumés, chez les philosophes modernes^ par le mot de sensibilité (Gemûth) ; et, par conséquent, l'âme tout entière était séparée en esprit et sensibilité, sans cependant qu'on distinguât par-là deux substances particulières. Parfois, entre les concepts de l'âme et de l'esprit on ne reconnut plus qu'une pure différence de degré : l'esprit fut adjugé à l'homme ; et aux animaux, seulement l'âme. Cette distinction manque de plus en plus de netteté et, en même temps, le concept de l'esprit est atteint dans sa qualité substantielle. Pour assigner au mot esprit une signification, qui ne préjuge en rien les résultats de l'analyse ultérieure, nous nous exprimerons ainsi : l'esprit désigne également le sujet de l'expérience iifteme, mais abstraction faite des rapports de ce sujet avec un être corporel. L'âme est le sujet de l'expérience interne faite dans les conditions qu'entraîne avec elle sa dépendance empirique vis-à-vis d'une existence extérieure ; l'esprit est le même sujet, si l'on ne tient pas compte de cçtte dépendance. Donc^ nous ne parlerons jamais de l'esprit et des phénomènes spirituels, que lorsque nous n'attacherons aucune importance à ces éléments de l'expérience interne, qui assujettissent celle-ci à notre existence sensoriale, c'est-à-dire à Texistence accessible à l'expérience externe. Cette définition ne décide pas complètement^ si cette indépendance à Tégard de la sensibilité est réellement le propre de l'esprit. On peut faire abstraction d'une ou de plusieurs parties d'un phénomène, sans nier pour cela, que ces parties existent.

B. Les faculUs de Vâme, Depuis longtemps, les philosophes ont tâché de ramener à quelques formes plus générales les nombreuses facultés de l'âme, que le langage distingue : la sensation, le sentiment, l'entendement, la raison, le désir, l'imagination, la mémoire, etc. Une triple division de l'âme se trouve déjà indiquée dans le Timée^de Platon; elle correspond à la distinction des facultés de la connaissance, du sentiment et du désir. Mais, parallèlement à cette triplicité des facultés, il existe une division de l'âme en deux facultés, une basse et une élevée : la première faculté, la sensibilité, cette partie mortelle de l'âme embrasse en même temps le désir et le sentiment ; la seconde, la

même, peut être imaffiné comme pouvant être séparé du corps ; ce qui nN le cas pour les autres parties de Tâme. De awiw. Il, 1 (à la conclusion), i. Psychologia ralionalis, § 643 et suiv.

'est pas

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raison immortelle, n'est autre que la connaissance. Le sentiment on l'affection (afiectns) est donc, justement dans ce cas^ le degré intermédiaire entre le désir et la raison, de même que la vraie représentation s'intercale entre l'apparence sensible et la connaissance. Tandis que la sensation est expressément rattachée avec le désir à la même partie de l'âme (1), la pensée intermédiaire (la Siàvoia) et Taffection semblent avoir été mises seulement dans des rapports analogues avec la raison. Aussi, ces essais de classification nous portent à croire que Platon conçut ses deux principes de division d'une manière absolument indépendante et qu'il essaya ensuite, mais sans y réussir complètement, de les ramener l'un à l'autre : le premier lui avait été suggéré par cette observation, qu'il existait une différence fondamentale entre les phénomènes de la connaissance, du sentiment et du désir; l'autre, par cette idée, qu'il y avait une série de degrés dans le processus de la connaissance. Aristote, qui regardait l'âme comme le principe de la vie, s'appuie sur la gradation des phénomènes biologiques les plus importants, pour distinguer dans l'âme la nutrition, la sensation et la faculté de penser. Il cite encore, par parenthèse, d'autres facultés de l'âme ; cependant, il est évident, qu'aux yeux de ce philosophe, les trois premières sont les plus générales, puisqu'il subordonne en particulier le désir à la sensation (2). Si, par sa triple division, Platon avait mesuré les propriétés de l'âme d*aprôs leur valeur éthique, Aristote tira sa division, conformément à son concept de l'âme, des classes principales, entre lesquelles se répartissent les êtres vivants : nutritive est l'âme de la plante ; nutritive et sentante, celle de l'animal ; nutritive, sentante et pensante, celle de l'homme. Cette possibilité, de séparer les trois facultés de l'âme, résultait de l'observation faite sur les êtres d'une nature différente, et elle fut justement la cause originelle de la classification. Malgré la divergence de son point de départ, cette classification (si nous laissons de côté la nutrition, qu'on y distingue comme une force particulière de l'âme) coïncide évidemment avec la division platonicienne en sensibilité et raison ; et, pas plus que tous les essais ultérieurs, elle ne peut être prise pour un système réellement nouveau.

Le plus systématique des psychologues influents des temps modernes, Wolff, a de nouveau utilisé les deux divisions platoniciennes, tout en subordonnant la faculté du sentiment à celle du désir. Son système tout entier procède par une double division. Wolff sépare la connaissance et le désir, et les subdivisa ensuite en une partie inférieure et supérieure. Le tableau synoptique suivant donne une idée très-claire de cette répartition.

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