FONCTIONS DES TUBERCULES QUADRIJUMEAUX
et, surtout, à la section transversale A^une couche optique, sont relativement indiscutables. Le trouble, qui apparaît régulièrement après cette opération, consiste dans une modification du mouvement de locomotion ; puisque les animaux, qui veulent aller droit devant eux, décrivent, au contraire, un parcours circulaire. Ce mode de mouvement ressemble à celui d'un cheval dans un cirque, et s'appelle le < mouvement de manège ». Si la lésion atteint le tiers postérieur d'une couche optique, Tanimal se tourne du côté de la moitié cérébrale intacte ; si la section est faite plus en avant, la rotation a lieu du côté lésé (1). D'après l'expérimentation, ces mouvements anormaux tiennent à une attitude anoimale du corps, qui s'observe déjà au repos, dès que les muscles sont à l'état de tension. Quand la section a porté sur le tiers postérieur de la couche optique, voici l'attitude de l'animal : les pattes antérieures sont tournées du côté de la section, l'une en dehors, l'autre en dedans ; la colonne vertébrale, notamment le cou, sont dirigés du côté opposé. Évidemment, le mouvement anormal est uniquement la cons^uence de cette attitude anormale. Si l'animal applique, comme auparavant, à tous les muscles la même quantité d'innervation volontaire, il doit, au lieu d'aller en droite ligne, se mouvoir du côté, vers lequel la colonne vertébrale et la tète sont tournées ; de même qu'un vaisseau, dont on manœuvre le gouvernail, doit aban-
ganes moteurs : ils exercent une influence sur la locomotion (Longet, Anat, und Physiol dei Nervensyit, I, p, 658), ou bien^ président à des mouvements spéciaux^ à ceux des membres tborociques (Scbiff, Lehrbuch, l, p. 342). La première opinion 8*appuie particulièrement sur des recherches anatomiques, et la seconde, sur des expériences physiologiques. D'ailleurs, la connexion, affirmée par Luys, de la oouche optique avec toutei les voies nerreuses sensorielles n'est pas démontrée ; mais, d'autre part^ une connexion de la couche optique avec les voies motrices est hors de doute. Au point de vue purement anatomique, la première opinion est donc insoutenable. Quant à la seconde^ cette expression de Longet < le foyer de l'influence nerveuse pour le mouvement de locomotion > est si générale, qu'elle ne nous donne aucun renseignement précis sur la fonction de la couche optique. Les observations pathologiques (Longet^ loc. Ht. p. 4JS) contredisent l'idée de Saucerotte^ Serres^ etc., défendue de nouveau par Schiff^ que les thalami sont exclusivement en rapport avec le mouvement des extrémités antérieures. Relativement anx résultats de la vivisection, on a constaté des paralysies des membres postérieurs, après les lésions des couches optioues ; et, d'autre part, il faut remarquer, qu'on a signalé, dans des cas nombreux d*hémiplégie, un degré inégal de paralysie du membre antérieur et postérieur, surtout la paralysie complète des membres antérieurs (Vulpian, Phyiiol. du syst, nerv. p. 658). Mais n'oublions pas, qu'ici l'histrument de l'opérateur supprime seulement une partie des fonctions de la couche optique, ou bien détruit aussi les parties environnantes^ lorsqu'il est question de faire l'extirpation complète de cet organe. Aujourd'hui, presque tous les observateurs sont aaccord sur un seul point : la couche optique porte à tort ce nom ; et, elle n'est pas, comme on avait supposé autrefois, le gaùglion d'origine, le plus essentiel, du nerf optique.
L Schiff, Uhrbuch der PhytioL I, p. 343.
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donner la voie droite, qu'il suivait. Ce mouvement est encore favorisé par la rotation des pattes antérieures. Celle-ci agit comme une rame, qui détourne le vaisseau du côté, vers lequel il était dirigé. Dans la lésion des parties antérieures de la couche optique, la colonne vertébrale est déviée du côté opposé ; par conséquent, les mouvements de rotation suivent la direction opposée (1).
A l'inverse de ces phénomènes remarquables, produits par la section d'une couche optique, les troubles, manifestés lors des lésions en foyer de Tune ou des deux couches optiques — que ces lésions aient pris naissance chez Thomme ou soient provoquées artificiellement chez l'animal — sont extrêmement fugaces. Mais les observateurs ne sont nullement d'accord à ce sujet. Nothnagel (2) a vu des destructions, trèsétendues, évoluer, sans présenter le moindre symptôme ; et Ferrier (3) énumère, comme résultat constant, des troubles de la sensibilité, du côté opposé du corps. Les données des cliniciens ne sont pas moins divergentes. Cependant, si l'on rejette les cas, où les pédoncules cérébraux auraient été en même temps lésés, il est su£Bsamment établi, que la sensibilité consciente, comme la motilité volontaire des parties du corps, n'éprouvent aucune perturbation notable (4). Naturellement, il serait prématuré de conclure de là, que les couches optiques soient dénués d'importance à l'égard des mouvements, provoqués par les irritations sensorielles. Car, si des transmissions réflexes des voies sensorielles aux voies motrices devaient avoir lieu dans ces tissus, cela n'empêcherait pas évidemment, qu'après leur destruction, les unions directes entre l'écorce cérébrale et les organes du corps puissent encore fonctionner, sans trouble. Des faits pathologiques, coUigés surtout par
i. Schiff, qui démontra, le premier, la connexion des mouvements de manèf2;e avec Tattitude de la colonne vertébrale et des membres antérieurs^ n*a remarqué, après avoir lésé les couches optiques^ aucune modiGcation dans les membres postérieurs. Ce résultat négatif tient, probablement^ à ce que les sections transversales de Schiff avaient porté spécialement sur les parties internes des couches optiques ; car, les parties les plus externes ne peuvent être atteintes, sans intéresser simultanément le noyau caudé. Si le pédoncule cérébral est lésé beaucoup plus bas, près du pont de Varole, les mouvements des membres postérieurs sont troublés ; et, par suite, la déviation est plus importante, puisque les animaux ne décrivent plus, comme dans le mouvement de manège, un cercle, à la périphérie duquel se trouve leur axe longitudinal, mais tournent sur leurs talons. Cette forme de mouvement s'appelle * le mouvement d'aiguille de montre > : le corps des animaux exécute alors un mouvement de rotation, analogue à celui d'une aiguille de montre. Si la lésion pénètre plus profondément dans le pédoncule cérébral, on ne sait jamais, jusqu'à quel point, les filets du pied du pédoncule et ceux de la calotte sont atteints.
2. Nothnagel, in Archiv de Virchow, vol. 80, p. 429, et vol. 62, p. 203.