‹ Eléments de psychologie physiologiqueChapitre 82 sur 204 · FONCTIONS DES TUBERCULES QUADRIJUMEAUX · texte numérisé non relu

FONCTIONS DES TUBERCULES QUADRIJUMEAUX

Grichton Brown (1) (mais ayant assurément besoin d*ètre complétés), démontrent positivement, que Vexdtabilité réflexe de la peau est altérée, par suite des lésions des couches optiques. Les observations de Ferrier concorderaient avec cette allégation ; car, chez les animaux, Fanesthésie vraie et la suppression de l'excitation réflexe sont très difficiles à distinguer. D'ailleurs, il faut remarquer que, si cette opinion se confirmait, on ne doit jamais s'attendre à voir la suppression complète des réflexes ; puisque, toujours,des réflexes peuvent encore être mis en jeu dans la moelle épinière et la moelle allongée ; et naturellement, cette circonstance empêche sérieusement de reconnaître les troubles des couches optiques. Pour les interpréter, il est indispensable de nous afihinchir de cette idée, que seulement une voie de conduction motrice et sensorielle unit le cerveau aux organes du corps. Cette idée, quoique suffisamment réfutée par les faits anatomiques, est encore actuellement adoptée, lorsqu'il s'agit d'apprécier les expériences physiologiques. Même, les troubles de locomotion, déjà décrits, qui se présentent, après avoir sectionné d'un seul côté une couche optique, ont été généralement jugés d'après ce point de vue, qui est inadmissible ; on a surtout discuté, pour savoir si ces troubles devaient être considérés, comme des paralysies de l'influence de la volonté ou comme des irritations permanentes (2). Si le choix était p^mis entre ces deux opinions, nous donnerions évidemment la préférence à la première. La longue durée de la perturbation, si la couche optique a été complètement lésée, et surtout ce fait, qu'au moment de la lésion (au cas, cil celle-ci a atteint le pédoncule cérébral irritable), l'influence de l'irritation engendre parfois un mouvement, directement opposé à celui qui se développera d'une manière permanente, semblent ici péremptoires. Gepmdant, on constate facilement, qu'il ne peut être question d'une suppression de Pinfluence de la volonté. Malgré les perturbations du mouvement^ l'innervation volontaire de chaque muscle reste possible, tant que les parties cérébrales, situées avant la couche optique, sont conservées. Si, chez une grenouille (3), on lèse le thalamus ouïes lobi

i. WesURiding LunaUc AiVÏnm-ReporU, vol. V. — Voir aussi Nothnagel, loe. eit p. 5U8.

3. La lhé«ie de la paralysie a été priDcipalement représentée par Schiff {loc. cil. p 346), et la théorie de llrritation, par Brown-Séquard (Lectures on the central nervùus syttem, p. 193). D'après cette dernière, les croisements se comporteraient, naturellement, d'une façon opposée. .

3. L'animal doit être privé de ses lobes cérébraux, afin qu'il n'exécute plus de mouvements yolontaires.

oplici d'un côté, tous les mouvements de fuite, survenant après l'irritation sensible, se transforment en mouvement de manège. A ma connaissance, cette expérience n'a pas été faite chez les mammifères. Cependant, après la suppression des lobes cérébraux et des ganglions du corps strié, les lapins — tant que les couches optiques sont intactes — gardent la position normale de leur corps, et exécutent, si l'on irrite leur peau, des mouvements de fuite, coordonnés et dirigés vers un but. Ces faits prouvent évidemment, que les voies, effectuant la conduction des impulsions volontaires aux muscles, ne se rassemblent pas dans les couches optiques, et que celles-ci, au contraire, sont des centres de locomotion, capables de fonctionner encore, indépendamment de la volonté ; quoique la volonté puisse toujours se servir de ces centres, pour provoquer certaines formes de mouvements combinés. Or, les impressions tactiles détermineraient, parait-il, l'excitation des organes locomoteurs, qui émane des couches optiques. Par conséquent, voici l'interprétation la plus plausible, que nous donnerons de ces formations : elles représentent les centres réflexes du sens tactile, dans lesquels les impressions tactiles mettent instantanément en jeu des mouvements corporels composés (1). En comparaison de la moelle épinière^ on pourrait les appeler des centres réflexes d'un ordre plus élevé ; et, en cette qualité, ils auraient l'analogie la plus intime avec certains noyaux ganglionnaires de la moelle allongée et les tubercules quadrijumeaux. L'analogie avec les tubercules quadrijumeaux n'est imparfaite, en apparence, que sous un rapport. Les animaux, dépouillés de leurs tubercules quadrijumeaux, deviennent complètement aveugles ; ceux, dont les couches optiques ont été détruites, conservent la sensibilité cutanée. Cette différence est suffisamment expliquée par le trajet particulier des filets sensoriels, qui vont à Técorce céré* brale. Les filets centraux du nerf optique, qui, des noyaux nerveux des corps genouillés, arrivent à Técorce du cerveau, sont très-rapprochés de la paire antérieure des tubercules quadrijumeaux ; aussi, toujours le scalpel les divise-t-il en même temps, que ces derniers. Au

i. Déjà^ dans la première édition de ce livre (1873) j'émettais sur la fonction des couches optiques cette manière de voir, qui alors s'appuyait seulement sur les phénomènes, résultant de leurs sections transversales. Depuis celte époque, Crichton Brown a été amené, par ses observations cliniques mentionnées plus haut, à professer une opinion analogue. Nothnapel y incline aussi, lui qiii se montre si sceptique pour toutes les explications de cette nature. D'ailleurs, l'expression de * centre réflexe-composé » me parait, ici, préférable à celle de Nothnagel, de < centre réflexe-psychique », qui comporte de fausses interprétations. (Nothnagel, Topis.Diagn. p. 251.)

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contraire, la voie directement ascendante des cordons postérieurs chemine, sufiBsamment séparée de cette partie des cordons, qui pénètrent dans la couche optigue.

L'opinion, que nous venons d'exposer, ici, sur le rôle des couches optiques, nous permet d'expliquer, d'une manière satisfaisante, les troubles moteurs, consécutifs à la section transversale, hémilatérale, de ces organes. Les mouvements de nos muscles du squelette dépendent d'abord des impressions sensorielles ; ils se règlent d'après celles-ci, avant même que la volonté intervienne, pour exercer une action déterminante et modificatrice. En première ligne apparaissent, ici, les deux sens qui perçoivent l'espace, par conséquent, à part le sens visuel, le sens tactile. Nos mouvement*^ involontaires ou excités premièrement par la volonté, mais abandonnés à la direction autonome réflexe^ se règlent continuellement d'après les impressions tactiles. Celles-ci régissent particulièrement les mouvements de locomotion et les mouvements tactiles des bras et des mains. De même, ces tensions musculaires, qui se montrent dans les diverses positions du corps au repos, comme dans la station assise ou debout, sont déterminées par les impressions tactiles. Ces dernières mettent en jeu, selon notre supposition, dans les centres des couches optiques, les innervations motrices, correspondant exactement à l'attitude du corps qui se réfléchit dans les impressions tactiles. Si l'un de ces centres bilatéraux est enlevé, les innervations, qui dépendent de lui, ne peuvent plus avoir lieu, mais le centre de l'autre côté persiste à fonctionner: ainsi, doivent apparaître les inflexions, que l'on observe déjà dans les positions du corps au repos, et auxquelles se rattachent immédiatement les perturbations, manifestées lors du mouvement. Ces perturbations sont occasionnées directement, soit par ces inflexions, soit parce que, durant le mouvement, l'innervation modifiée se révèle naturellement dans le même sens. Mais alors, la conduction des impressions de sensation au cerveau et des impulsions motrices volontaires aux muscles est conservée. C'est pourquoi, les perturbations du début sont moins accusées avec le temps, finissent môme par se compenser complètement, sans que l'altération anatomique ait disparu ou seulement diminué. Volontairement, l'animal corrige ses faux mouvements et apprend graduellement, à compenser, grâce à Torgane central supérieur, les troubles de l'organe central inférieur (1).

i. GeUe préspoiption de MeyDert^ que, dans les lésioDS des couches optiques, il

Comme nous l'avons dit précédemment» les voles motrices, qui entrent dans les couches optiques, éprouvent, chez l'homme et les animaux, uniquement des croisements partiels. Ce résultat physiologique est mis en lumière par les fonctions physiologiques de la couche optique. Nous avons reconnu, que le rôle probable des croisements partiels consistait, généralement, à amener à des foyers communs fonctionnels les groupes musculaires hétérogènes des deux moitiés du corps. Ce fait s'applique surtout à ces parties centrales, qui peuvent déployer leur activité, indépendamment de la volonté. Parmi ces parties centrales, le centre régulateur des mouvements de locomotion doit spécialement nécessiter des combinaisons ou liaisons de ce genre. Les inflexions ou les déviations, que les parties du corps éprouvent après la lésion unilatérale de la couche optique, permettent de déterminer, quelles sont les diverses voies qui se croisent ou ne se croisent pas. Chez les mammifères, les rotateurs de la colonne vertébrale, comme les pronateurs (rotateurs en avant) et les fléchisseurs de l'extrémité antérieure sont probablement représentés par une voie rectiligne ; les supinateurs (rotateurs en arrière) et les extenseurs, par une voie croisée (1). Donc, à droite, sera le centre pour les fléchisseurs et les pronateurs du côté droit, les extenseurs et les supinateurs du côté gauche ; à gauche, le centre pour les extenseurs et supinateurs du côté gauche, les pronateurs et fl^hisseurs du côté droit. Les mêmes rapports existent probablement pour l'extrémité postérieure. Si le croisement a lieu à travers la commissure postérieure, celle-ci doit contenir les voies pour les extenseurs et les supinateurs ; mais, les voies pour les fléchisseurs et les pronateurs, comme pour les muscles du cou et de la colonne vertébrale chemineront dans les routes rectilignes de la calotte. Par conséquent, la section transversale de la partie postérieure d'une couche optique produit, dans la station verticale, au lieu de l'équilibre ordinaire des tensions musculaires, une rotation en dehors, du même côté; une rotation des membres en dedans, du côté opposé; et, simultanément, une incurvation de la colonne vertébrale, du côté

s'agit de troubles des sensations musculaires, n'est pas, selon ma croyance, suffi-

tions musculaires et les sensations conscientes sont localisées dans l'écorce cérébrale.

1. La flexion et la pronation, l'extension et la supination sont généralement liées I une à l'autre. Elles dépendent en partie des mêmes muscles : aussi, l'on doit leur supposer des voies analogues.

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