FONCTIONS DES TUBERCULES QUADRUUMEAUX
opposé à la section, vers lequel le mouvement de manège est dirigé, lors de Vexercice de la locomotion (1). Selon notre supposition, ces inflexions ont lieu, parce que les points de la peau, du côté, oii la couche optique est sectionnée, n'envoient plus aucune excitation dans les centres de ce ganglion cérébral; c'est pourquoi, l'innervation motrice, mise en jeu par des excitations de ce genre, a disparu. On admet dans ce cas, que les voies sensorielles sont simplement représentées, du même côté, dans la couche optique. Cette hypothèse, sans doute, n'est pas prouvée directement^ parce que les excitations sensorielles, transmises à la couche optique, ne sont pas justement des sensations conscientes.
II y a lieu de penser, que ce rapport des mouvements corporels avec les impressions tactiles n'est pas encore le dernier produit fonctionnel de la couche optique. Peut-être, la relation des impressions visuelles avec les mouvements corporels, à laquelle sont déjà partiellement destinés les tubercules quadrijumeaux, est complétée par les filets, qui vont de cette couche au tractus opticus. Si le même mécanisme moteur, qui est réglé par les impressions tactiles, pouvait aussi recevoir des excitations de l'organe visuel, une disposition de ce genre contribuerait essentiellement à simplifier les fonctions centrales. Il existe, probablement encore, des unions avec les voies centrales des autres nerfs sensoriels. Cependant, les observations, recueillies à ce sujet, sont trop incertaines. Quant aux troubles visuels, qui suivent ordinairement les lésions du tiers postérieur des couches optiques (2), on est en droit de se demander, s'ils ne sont pas occasionnés par l'altération simultanée des tubercules quadrijumeaux. Chez les vertébrés inférieurs, les fonctions, qui, dans la classe des mammifères, appartiennent aux couches optiques, semblent partiellement transférées aux tubercules bijumeaux (lobi optici). Du moins, les troubles, consécutifs à la lésion ou extir-
1. Le renversement du mouvement de mnnège, lors des lésions qui attellent la partie antérieure de la couche optique, n'est pas en rapport avec l'effet combiné des muscles des deux côt^s du corps. Car, il est basé seulement sur le croisement des voies, pour les muscles de la colonne vertébrale, croisement qui s'opère probablement sur le plancher des couches optiques. C'est pourquoi, la courbure ou inflexion de la colonne vertébrale est opposée à celle qui existait auparavant. Si, selon Brown-Séauard, les torsions proviennent d'une initation persistante, ou, selon Meyuert, d'une diminution de la sensation musculaire, on doit naturellement admettre des croisements opposés : par conséquent, les voies pour les fléchisseurs et les pronateurs, comme pour les muscles de la colonne vertébrale se croiseraient, et celles des extenseurs et supinateurs resteraient du même côté.
i. Renzi, Annali univers, di medic. vol. 189, p. 419. — Consulter aussi les observations pathologiques de Nothnagel, in Topii, Diagn, p. S57.
pation des lobi optici de la grenouille (abstraction faite des troubles simultanés de la vision), concordent essentiellement avec les phénomènes, signalés après les lésions des couches optiques (1). Ceci se concilie en quelque sorte avec ce fait anatomique, que les thalami, chez ces animaux, sont des formations très-insignifiantes, si on les compare aux lobi optici, fortement développés.