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FONCTIONS DES CORPS STRIÉS

d'oii part la voie sensorielle, allant directement à Técorce cérébrale (p. 148) (1).

L'observation pathologique et les vivisections sont unanimes à nous apprendre, que les corps striés sont des formations exclusivement motrices ; et cette donnée est essentiellement confirmée par Tétude des voies conductrices (voir p. 148). Or, ces résultats ne concordent pas, en ce sens que les conséquences de la destruction de ces ganglions, chez l'homme, présentent ordinairement une plus grande intensité ; ainsi, l'ablation cTun corps strié, qui s'accomplit chez l'animal, sans laisser de traces, produit une hémiplégie très-nelte chez l'homme. La raison principale de cette inégalité est due, sans doute, au rôle relativement différent, que jouent les ganglions cérébraux antérieurs, par opposition aux ganglions postérieurs. A mesure que Ton parcourt la série des mammifères, en procédant de haut en bas, ces ganglions postérieurs prédominent davantage sur les ganglions antérieurs; et moins accusés sont les troubles, consécutifs à l'ablation des ganglions antérieurs, plus intenses sont ceux qui surviennent après la lésion des tubercules quadrijumeaux et des couches optiques. Chez l'homme, les mouvements de manège et d'autres troubles, provenant de la dégénérescence des couches optiques, manquent souvent entièrement ou sont toujours bientôt compensés; au contraire, les arrêts de fonction, après les lésions des corps striés, y sont plus fortement caractérisés. Cette conduite est conforme à ce fait anatomique, qu'avec le développement croissant du cerveau, la masse ganglionnaire des corps striés augmente, en comparaison de celle des tubercules quadrijumeaux et des couches optiques, et atteint enfin, chez l'homme, son évolution la plus considérable (2).

Donc, le rôle physiologique des ganglions cérébraux antérieurs consisterait, probablement, selon nous, à réunir à leur intérieur diverses voies de conduction motrice, que l'écorce du cerveau ou du cervelet, ou même celle de ces deux organes simultanément, excitent à combiner leur fonction. Pour les distinguer des ganglions réflexes, étudiés auparavant, on pourrait les appeler ganglions de coordination. Sans doute, de nombreux mouvements, peut-être même tous ces mouvements complexes, mis en jeu dans les ganglions de coordination, sont produits

i. Nothnagel^ Topis. Diagn. p. 313.

J. Pour mesarer approximativemeal le rapport du corps «trié (y compris le noyau lenticulaire) avec les tubercules quadrijumeaux ou les couches optiques, on omprimte les diamètres des niasses ae filets du piei du pédoncule et de la calotte, qui

aussi par les K&nglions réflexes, les couches optiques et les tubercules quadrijumeaux : tels sont les mouvements des membres dans la locomotion et d'autres actions, en rapport direct avec les impressions des sens tactile et visuel. Voici quelle serait la différence essentielle des deux appareils. Les ganglions de coordination entrent exclusivement en fonction, grâce aux impulsions, qu'ils reçoivent de Técorce du cerveau ou du cervelet; et dans les ganglions réflexes, les impressions, transmises par certaines surfaces sensorielles, engendrent directement des mouvements complexes. La destruction des premiers arrête donc les influences de la volonté, de même que Textirpation des provinces ■ motrices de Técorce cérébrale les met dans l'impossibilité de fonctionner. Mais les ganglions réflexes peuvent encore exercer leurs effets, malgré l'interruption des voies conductrices, qui vont à Técorce du cerveau. Ceci n'empêche pas ces ganglions d'être utilisés, à titre auxiliaire, comme appareils de coordination. C'est œ que démontrent: 1<> le rétablissement graduel de la fonction, après la destruction des ganglions de coordination, et i^ ce fait, que, chez les mammifères inférieurs, l'extirpation des corps striés n'exclut pas absolument les mouvements coordonnés du corps. Tous ces phénomènes s'expliquent en quelque sorte, si l'on réfléchit, qu'à part la voie traversant les masses grises des corps striés, il émane encore de Técorce cérébrale une voie motrice directe, et, de plus, très-probablement, une autre voie de ce genre, qui touche d'abord les couches optiques et les tubercules quadrijumeaux. Les troubles moteurs, survenant après l'interruption de l'une de ces voies, sont en rapport avec l'importance relative, que cette voie possède chez l'espèce animale en question. En outre, l'utilisation des voies intactes, qui jusqu'alors servaient à d'autres buts, permet de compenser graduellement la perturbation. Si cette compensation ne s'opère pas sur-le-champ, ce retard tient, surtout, à ce que de nouvelles combinaisons de conduction doivent s'établir au-dedans de l'écorce cérébrale, avant que les voies périphériques existantes soient mises à réquisition pour de nouvelles fins.

pénètrent dans les deux f^roupes ganfzlionnaires. D'après Meynert^ la hauteur du

Ïûed du pédoncule, comparée à celle de la calotte, serait chez l'homoie = 1 : 1; chez e sinpe, le chien, le cheval = 1:2; chez le chat = 1:5: chez le cochon et le chevreuil = 1:6; chez le cabiai = 1 : 8. De plus, la niasse des hémisphères de Thomme mesure 78 Vo du cerveau tout entier; celle du siupce 70; du chien et du cheval 67; du chat et du chevreuil 62; du cabiai 45 Vo* Les chiffres montrent, que la masse des hémisphères crott avec celle du pied du pédoncule cérébral; tandis que celle des hémisphères est indépendante de la calotte et de ses ganglions. (Meynert^ SH-

Fonctions du cervelet.

Les troubles moteurs, observés après l'ablation complète du cervelet des animaux, rentrent généralement dans le tableau symptomatique de l'ataxie. Tous les mouvements sont hésitants et incertains, mais Tinfluence de la volonté sur les divers muscles n'est pas supprimée. L'irritation d'un point limité du cervelet engendre des mouvements musculaires convulsifs: la télé et la colonne vertébrale sont tournées du côté opposé à l'irritant, pendant que les muscles des pattes antérieures et de la face, situés du même côté, sont contractés (1). Par l'irritation électrique, Ferrier a observé, en outre, des mouvements oculaires, diversement dirigés, selon le point excité. Néanmoins, nous ignorons à quel degré ont participé à la production de ce phénomène les déviations du courant sur les tubercules quadrijumeaux, plus profondément situés (2). Des troubles, plus persistants, suivent la section transversale des diverses parties du cervelet. Si l'on coupe la région la plus antérieure du vermis, les animaux tombent en avant ; dans leurs mouvements spontanés, le corps est infléchi en avant, continuellement prêt à des chutes répétées. Si la région postérieure du vermis est sectionnée transversalement, le corps est fléchi en arrière ; et il existe une propension aux mouvements rétrogrades (3). Si l'on a blessé ou détruit une moitié latérale, l'animal tombe aussitôt du côté opposé à la lésion; et l'on observe de violents mouvements de rotation autour de l'axe du corps, dirigés la plupart du temps du côté lésé, parfois même du côté sain (4). De plus, au moment de la section, apparaissent des mouve-

zunggb.d. Wien. Akad,yo\. 60, p. 447; Archiv f, P»ycWa(. II. p. 633.) En outre, chez l'homme, durant la vie fœtale et longtemps après la naissance, le pied du pédoncule est très-peu développé. (Meynert, Wiener Sitzungsb. loc. cit. p. 452).

i. Nothnagel, in Archiv de Virchow, vol. 68, p. 33.

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