Ferrier, Fondions du cerveau, p
3. Renzi^ Ann, universal. 1863-64. —Voir un extrait, in Jahrb, a. Medicin, de Schmidt, vol. 124, p. 157. , . ^
4. Les divers observateurs sont, généralement, d'accord sur la direction des mouvements de rotation, qui se montrent après les lésions du cervelet. Selon Magendie (Leçons sur les fonctions du syst. nerv, I. p. 287), Graliolet et Leven {Comptes ren^ dus 1860, II, p. 917) la roUtion a lieu du côté lésé ; selon Lafargue (Longet, loc. ctt. I, p. 356) et Lussana (Journal de la physiol. V, p. 433), du côté sain. D après Schiff (Physiol. I, p, 353). la rotation s'effectue dans le dernier sens, si le bras du pont est coupé ; et dans le premier, si la moitié du cervelet est sectionnée transversalement. Cl. Bernard {Leçons sur la physiol. du syst nerv. I, p. 488) avait remarqué, que les lésions de la partie postérieure des bras du pont produisent la rotation, du môme
ments convulsifs des yeux ; ils sont suivis d'une déviation permanente de ces derniers organes ; et celle-ci se produit ordinairement dans le même sens^ où a lieu le mouvement de rotation. Si^ par exemple, la moitié droite du cervelet est sectionnée transversalement, les deux yeux sont tournés à droite : Toeil droit se dirige un peu en bas, et le gauche en haut (1). Ces deux changements de position se manifestent, quand, du côté lésé, les muscles oculaires droit externe et oblique supérieur, et, du côté sain, les muscles droit interne et oblique inférieur ont une tension plus énergique.
Des phénomènes, absolument analogues à celix observée après les lésions du cervelet, se présentent, lorsqu'on coupe les pédoncules cérébelleux inférieurs ou moyens. D'ailleurs, ces pédoncules ou leurs irradiations sont compris, presque inévitablement, dans toute lésion du cervelet. Pour ce motif, on ne sait pas, si les troubles moteurs, remarqués après la section transversale des parties latérales, ne doivent point être plutôt attribués à la séparation simultanée des bras du pont.
Aux observations sur les animaux correspondent les expériences cliniques, faites chez l'homme, puisqu'ici des troubles moteurs d'une nature semblable constituent le symptôme le plus constant. Ceux-ci consistent très-souvent en une marche incertaine et vacillante ; parfois, ce sont des mouvements analogues de la tête et des yeux (2) ; les extrémités antérieures paraissent moins atteintes ; et très-rarement, l'homme présente ces violents mouvements de rotation, qui, chez les animaux, accompagnent les lésions pratiquées sur un seul côté des parties latérales ou des pédoncules cérébelleux moyens. L'absence de ce dernier mouvement tient, à ce que les affections pathologiques du cervelet se développent, ordinairement, avec beaucoup de lenteur. D'ailleurs, chez l'homme, les troubles moteurs se montrent spécialement, quand le vermis est le siège de la maladie ; au contraire, les altérations, survenues dans l'un des hémisphères, peuvent évoluer com-
côté; et celle de la partie antérieure, la rotation, du côtéopposé.Très-probablement^ les contradictions des auteurs proviendraient de leurs opinions personnelles sur les croisements des voies conductrices.
i. En même temps, apparaît un roulement ou mouvement de rotation^ en rayon de Tone, autour de la li^ne de regard. Il est pareil à celui qui correspond toujours à ces positions de l'œil : ainsi, l'œil droit roule à droite et l'autre, à gauche, autour do sa ligne de regard. Gratiolet et Leven, Comptes rendtts 1860, II, p. 917. — Leven et Ollivier, Archives générales de médecine, 1862, XX, p. 513.
S. Ladame, Himgeschwûlste,'^, 93.
plèteraent, sans un symptôme (1). Seulement, lors de la suppression totale de ces parties, suppression réalisée dans les cas rares d'atrophie de Torgane tout entier, des troubles très-graves semblent se manifester. Ils atteignent les mouvements, même Tintelligence ; et leur composition complexe en rend l'interprétation diflScile (2). Les troubles de la sensibilité ne se présentent jamais dans les affections pathologiques, qui restent limitées au cervelet ; ils n'ont pas été notés, lors de l'atrophie complète de cet organe. Mais un symptôme subjectif, caractéristique, plus fréquemment lié aux maladies cérébelleuses de l'hommo, qu'à tout autre trouble central, est le vertige; il manque rarement, si les troubles moteurs existent. A cet égard, c'est très-remarquable, que la transmission d'un courant galvanique, à travers l'occiput d'un homme en pleine santé, produit de fortes attaques de vertige (3). Il y a lieu de présumer, que ces vertiges sont dûs, au moins en partie, à l'influence exercée par le cervelet. De même, cet organe interviendrait, pour une large part, dans certains effets toxiques, qui occasionnent des attaques de vertige ; ainsi, après une violente intoxication alcoolique, on a souvent remarqué des épanchements sanguins dans le cervelet (4). Comme, dans ce cas et d'autres circonstances analogues, les fonctions de quelques organes sensoriels sont toujours simultanément influencées, nous nous réservons d'étudier plus loin, d'une manière détaillée, les diverses formes de vertige. Mais, puisqu'U s'agit ici d'apprécier seulement l'importance de ce symptôme pour les fonctions cérébelleuses, nous nous contenterons d'examiner les conditions, qui président à l'apparition de ce phénomène.
L'une des causes les plus fréquentes du vertige consiste dans 1 interruption brusque de ces mouvements des objets extérieurs ou de notre corps, dont nous n'avons plus absolument conscience ou ne gardons, qu'une conscience complètement insufiisante. Étant placés dans un convoi de chemin de fer lancé à grande vitesse, regardons, par exemple, les objets situés dans le voisinage de la voie. Ces objets semblent,
tombait souvent; et son intelligence était très-défectueuse, voir i^ngei, iii*«*.
^t'^ttin Ta^àlAeimnde de Rast, i827, vol. 23. p. W. - Hitzig, Dos
^'i^,\hTJ^^\^nxl sont Flourens, Lussana et Renzi. Voir Renzi, in /a*r5. de Schinidt,vol.l24,p.i58.
personne ne l'ignore, fuir dans une direction opposée ; et si ensuite nous cherchons à fixer subitement un objet quelconque, à Tintérieur du wagon, cet objet parait se dérober un instant à l'œil, dans la même direction, qui est suivie par le train en marche. Un mouvement appa* rent, secondaire et analogue peut se manifester, quand les mouvements réels des objets extérieurs sont soudainement arrêtés. Si, par exemple, après avoir posé des points ou des lignes droites, verticales à la surface d'un cylindre, on regarde ce cylindre tourner sur un axe vertical, alors au moment où le cylindre s'arrête, on croit apercevoir la rotation de ces lignes dans un sens opposé (1). Des phénomènes analogues peuvent avoir lieu, sans que le sens visuel intervienne. Si, les yeux fermés, on tourne plusieurs fois sur le talon, au moment où l'on s'arrête, on a le sentiment très-vif d'une rotation du corps, dans un sens opposé à la rotation précédente. Gomme Hach l'a montré, un effet semblable se produit, lorsqu'on se place, les yeux ouverts, dans une caisse, qui est ensuite fermée et mise en rotation. Si la vitesse de cette rotation reste constante, on a très-souvent l'idée, que la caisse n'est pas en mouvement; et, au moment, où la caisse est soudain arrêtée, il se manifeste de nouveau un mouvement apparent et graduellement décroissant du corps, ainsi que de la caisse» dans un sens opposé (2). Dans toutes ces expériences, au moment où le mouvement, primitivement existant, s'arrête et est remplacé par un mouvement apparent, qui lui est opposé, un sentiment de vertige, plus ou moins vif, apparaît. En même temps, on cherche involontairement à compenser le mouvement apparent, qui se manifeste, par un mouvement du corps dans une direction opposée: dans le vertige rotatoire, par exemple, on continue involontairement, pendant un peu de temps, la rotation dans le sens primitif. Par ce mouvement de compensation, le sentiment de vertige est tellement modéré, affaibli, que le corps est capable de maintenir son équilibre. Si l'on interrompt, au contraire, ce mouvement de compensation, trèsfréquemment l'on s'affaisse du côté, vers lequel le mouvemrat apparent se produit.
Ces phénomènes de compensation établissent d'une façon péremptoire, que le sentiment de vertige consiste justement dans ]siSuppression de la sensation d'équilibre de notre corps. Évidemment, les mouve-