Plateau, in Annalen de Poggendorff, vol. 80. p
«. E. Mach, Grundlinieî^derLehrevon den Bewegungsmp(induttgen.LQipzigjiS7tii
ments apparents des objets extérieurs ou de notre corps ont la faculté d'engendrer facilement une sensation de ce genre. Car, la représentation de notre équilibre corporel repose sur la concordance continuelle des idées» que nous possédons des positions et mouvements de notre propre corps et des idées, que nous avons de la situation respective des objets extérieurs. Nous perdrions la faculté de l'équilibre, si tout l'espace objectif, dans lequel nous nous trouvons, ou si notre propre corps était soudain mis en rotation par une puissance» qui serait soustraite à notre volonté. La représentation (Vorstellung) d'un phénomène de ce genre doit avoir pour nous les mêmes conséquences, que comporterait le fait réel. En dehors des mouvements apparents, la sensation d'équilibre du corps peut encore être troublée par d'autres conditions différentes; et, régulièrement, ces conditions provoquent le vertige. Personne ne l'ignore, le vertige saisit la plupart des hommes, qui, montés sur une tour élevée, regardent en bas, et même certains individus, qui, placés en bas, lèvent les yeux en haut, pour voir un édifice de ce genre; les patineurs, peu exercés à marcher sur la glace, sont pris de vertige. L'incertitude de la vision, qui atteint l'amblyopique, le strabique ou même les gens, doués d'une vue normale, lorsqu'on leur couvre un œil, est fréquemment accompagnée de vertige. Ce dernier est encore plus accusé, lors des mouvements de locomotion exécutés par des individus, chez lesquels la dégénérescence des cordons postérieurs de la moelle épinière émousse ou supprime les sensations tactiles. Les malades de cette catégorie, ne sentant plus la résistance ordinaire du sol, perdent la sensation d'équilibre de leur corps : ils chancellent et s'efforcent, par le balancement de leurs bras, d'éviter une chute (i). Ces phénomènes prouvent en même temps, combien la sensation d^équilibre du corps est indispensable à nos mouvements volontaires. Ordinairement, dans ces mouvements volontaires, nous avons nettement conscience du but, qui doit être atteint. Cependant, chaque acte isolé d'une action volontaire complexe est exactement adapté aux impressions de sensation, que nous recevons de notre corps ou des corps extérieurs. Par conséquent, si ces sensations, qui ont trait aux rapports respectifs des objets dans l'espace, sont modiOées d'une manière quelconque, aussitôt les mouvements deviennent incertains et l'équilibre du corps est troublé. Si l'on se place à ce point de vue, les phénomènes, consécutif à des