‹ Eléments de psychologie physiologiqueChapitre 89 sur 204 · Noihnagei, loc. dt. p · texte numérisé non relu

Noihnagei, loc. dt. p

cervelet trouble d'abord la perception de ces impressions sensibles, qui constituent les sensations de la position des membres et de l'appui du corps, en tant qu'elles exercent de l'influence sur l'innervation motrice. Si l'arrêt fonctionnel a lieu d'un seul côté, le trouble périphérique se produit généralement au côté opposé du corps : sur ce côté l'ahimal s'affaisse au moment de la lésion ; et, afin de ressaisir l'appui perdu, il exécute, comme dans les autres formes de vertige, une rotation involontaire, rapide vers* l'autre côté, où le sentiment de la position du corps est resté intact. Cependant, nous le savons déjà, la direction de la rotation n'est pas absolument constante. Ceci s'expliquerait, si on admettait, que sur toute la voie latérale du cervelet, à partir des corps striés jusqu'aux bras du pont, le croisement des filets s'opère graduellement et s'achève dans les bras du pont ; puisque lors des solutions de continuité du cervelet, tantôt un côté du corps^ tantôt l'autre sont spécialement atteints par la perturbation, selon qu'on a coupé un point, où la plus grande partie des filets n'est pas encore croisée ou l'est déjà. A cet égard, les diverses espèces d'animaux présentent des différences. Il est remarquable, que chez les oiseaux très-souvent les troubles, consécutifs aux lésions hémilatérales du cervelet, affectent plus ou moins les deux moitiés du corps (1). Ce phénomène se rattache, peut-être, au mode de mouvement de ces animaux puisque, dans le vol, leurs pattes déploient leur activité d'une manière isochrone, tout opposée au mode alternatif des mouvements de locomotion des mammifères. Les mêmes rapports, qui existent pour les organes locomoteurs, s'appliquent aussi à l'œil. Nous mesurons la force et l'étendue de nos mouvements oculaires aux sensations musculaires et d'innervation, qui sont liées au mouvement. Déplus, nous acquérons une idée de la position respective de l'œil, probablement au moyen de ces impressions sensibles, déterminées par les pressions et les tiraillements des parties, qui remplissent l'orbite (2). Ainsi, après les arrêts fonctionnels du cervelet, l'œil aurait une conduite analogue à celle des organes locomoteurs : le rapport du champ visuel avec la position de Pœil est modifié ; de là, l'origine des mouvements apparents des objets visuels. Car, si chaque mouvement de l'œil, dont la perception n'a pas lieu, par suite d'une cause quelconque ou s'exerce d'une façon défectueuse, est attribué à un mouvement des objets extérieurs dans un sens opposé, nécessairement, ces sortes de mouvements apparents se

i. Lussana, Joum. de la phyiiol. Y, p. 433. S. Voir troisième section, ohap. XUI.

WUHDT. T. I. 15

produiront, quand les associations habituelles entre les impressions rétiniennes et les sensations de mouvement et de position de Foeil sont subitement troublées (1).

Or, ne l'oublions pas, il ne s'agit nullement ici d'une suppression réelle des sensations. Comme toutes les sensations conscientes persistent, même après des lésions très-profondes du cervelet, on ne peut admettre, qu'une suppression de ces impressions de sensation qui, directement et sans transformation antérieure en sensations conscientes, ont pour effet de régulariser les mouvements. Les mouvements volontaires ne sont pas davantage supprimés ; car, même après la destruction complète du cervelet, la volonté exerce encore sa souveraineté sur chaque muscle. Ceci explique, pourquoi les perturbations, consécutives aux lésions cérébelleuses, peuvent se compenser graduellement. Cette compensation a lieu, parce que les sensations conscientes persistantes règlent, de nouveau, insensiblement les mouvements volontaires. Mais, une sorte d'incertitude pénible subsiste toujours. C'est ce que l'on remarque pour les mouvements, puisqu'ils doivent émaner d'une espèce de réflexion. Cette certitude directe des mouvements, certitude que possède Panimal en santé, est perdue. Par conséquent, le principe de

1. L'opinion, exprimée par Gall et d'autres phrénologistes, que le cervelet est en rapport avec les foncUons sexuelles, est aujourd'hui généralement abandoonnée.Voir Combe : Onthe fonctions ofthecerebellum, by Dr. Gall, Vimond and others. Edinbourg 1838. L'absence de critique, gui a présidé à la confection de ce livre et d'autres ouvrages phrénologiqrue?, tes citations empruntées aux auteurs anciens, des lésions mal décrites, des observations suspectes^ prot)res à illusionner, entassées comme des preuves matérielles, afin d'en imposer uniquement par leur masse, tout cela nous interdirait de prêter la moindre attention à ces écrits, alors même que les travaux de ce genre ne seraient pas, depuis le commencement jusqu'à la fin^empreints d'un jugement préconçu. D'ailleurs^ chose remarquable, dernièrement des observateurs, qu'on ne peut accuser d'un parti pris semblable^ Lussana {Joum. d. l. physiO' logie, t. V, p. 440) et R. Wagner {Gôliinger Nachrichten 1860, p. 32) se sont appuyés sur des expériences pathologioues et ont admis la possibilité d'une relation du cervelet avec les fonctions sexuelles. Cependant, il convient de rappeler ici que dans les cas pathologiques, très-souvent, les parties voisines ont été également, détruites. D'après Serres {Anat. compar. du cerveau, tome II, p. 501 et 717), qui modifia l'idée de Gall, ce rapport du cervelet serait parement dévolu à la partie médiane. Ot, Longet avait remarqué, que justement les affections du vermis réa^ssent très facilement sur la moelle allongée. Ce physiologiste fit aussi ressortir, que le priapisme apparaît, si l'on irrite la moôUe jusque dans la portion cervicale, et ne se produit jamais, si l'on irrite le cervelet (Anat. u. Physiol. des Nervensyst. I, p. 615). Enfin, un argument décisif se dresse en face des observations isolées : la statistique des tumeurs du cervelet infirme absolument l'opinion des phrénologues (Ladame, p. 99). Se plaçant au point de vue de l'anatomie comparée, Leuret {Anat. compar. a, syst, nerv. I, p. Ji9) et R. Owen {Anatomy of vertehrates, I, p. 287) ont démontré, que dans le règne animal l'énergie des fonctions sexuelles et le développement du cervelet n'ont pas une marche parallèle. D'après R. Owen, un cervelet, tortement constitué, permet généralement de conclure à un puissant développement des masses musculairos du corps.

la substitution multiple des parties du corps les unes aux autres, dans le cerveau trouve, ici même, son application. Le cervelet est destiné à régler directement, à Vaide des impressions de sensation, les mouvements volontaires. Il est Torgane central, qui met en harmonie les mouvements du corps de l'animal, émanés de Técorce cérébrale, avec la position de ce corps dans l'espace. Nos connaissances anatoraiques, sur le trajet des voies conductrices afférentes et efférentes, semblent concorder suffisamment avec cette manière de voir. Dans les pédoncules cérébelleux inférieurs, cet organe prend la place (Vertretung) de la voie sensorielle générale, laquelle, du côté du nerf optique et des nerfs cérébraux sensibles les plus antérieurs, est complétée par dôs filets, cheminant dans le vélum medullare anterius et les pédoncules cérébelleux supérieurs. Il se relie aux parties supérieures, principalement par les bras du pont, dont les filets vont, les uns aux ganglions cérébraux moteurs antérieurs (corps striés et noyaux lenticulaires), les autres, probablement d'une manière directe, aux régions motrices de l'écorce cérébrale.

Assurément, cette étude n'a pas la prétention d'avoir passé en revue toutes les fonctions du cervelet. Le développement volumineux des parties latérales de cet organe, chez l'homme et cette observation, que les troubles moteurs paraissent spécialement dépendre des lésions du vermiSy nous donnent principalement lieu de croire à l'existence d'autres fonctions. D'abord, on pourrait concevoir ici, par la pensée, la relation si importante, surtout chez l'homme, des impressions auditives avec les mouvements. D'après certaines présomptions, le nerf auditif possède au-dessus du cervelet une voie ramifiée. La partie inférieure de cette voie réside dans les filets centraux du nerf auditif, unis au corps strié ; et la partie supérieure chemine dans les pédoncules cérébelleux supérieurs, allant à cette portion antérieure de l'écorce cérébrale, d'où émane l'innervation motrice. Par conséquent, cette disposition exprimerait le rapport spécial des impressions auditives avec les mouvements de notre corps. Si le cervelet dévie cette voie ramifiée sensorielle, correspondant aux impressions sensibles, qui influencent directement nos mouvements volontaires, évidemment ce nerf sensoriel, qui donne aux impressions sensorielles objectives une relation éminente avec le mouvement, est représenté dans la même voie. Cette relation se manifeste surtout, personne ne l'ignore, en ce que, involontairement, nos mouvements s'adaptent, par un rythme analogue, aux impressions auditives rythmiques.

La conneidony que les fondions intellectuelles, surtout l'activité de la pensée logique, présentent avec l'innervation volontaire, augmenterait, peut-être, l'importance de la fonction du cervelet. Comme nous le verrons plus tard, chaque acte d'aperception est une excitation ou activité interne, liée étroitement au processus physiologique de Tinnervation motrice spontanée. Nos connaissances actuelles sur la région fonctionnelle cérébelleuse font assez bien comprendre, que cet organe ait un certain rapport avec les fonctions intellectuelles. En effet, c'estce que paraissent démontrer les troubles intellectuels, observés chez l'homme, quand de graves lésions ont atteint, surtout, les parties latérales du cervelet. Or, l'analogie avec l'influence exercée sur la régularité des mouvements volontaires nous conduirait à admettre, que le cervelet joue un rôle important dans l'influence directe, que les représentations disponibles exercent sur le cours des actes d'aperception ; l'aperception directe des impressions sensorielles et des représentations reproduites serait, au contraire, indépendante de cet organe. Ce résultat serait en harmonie avec ce fait, qu'on a remarqué dans les atrophie» du cervelet, non pas, à vrai dire, une suppression de l'intelligence, mais plutôt un retard, une gène dans l'exercice des fonctions intellectuelles. Si ces interprétations se confirmaient, évidemment, le cervelet pourrait être appelé, dans le même sens que le cerveau, un c organe de Tintelligence » ; seulement, en lui donnant une signification analogue à celle que nous appliquons à l'œil, cet organe de développement des représentations visuelles (1).

L'expérimentation physiologique, comme l'observation pathologique, montrent, que des destructions très-limitées des lobes du cerveau n'altèrent pas notablement les fonctions de cet organe. Si les lésions occupent une large étendue, les animaux deviennent lourds, hébétés ; mais, très-souvent, chez les vertébrés inférieurs, cette modification disparaît bientôt. Fréquemment, un pigeon, qui a subi l'ablation complète d'un lobe cérébral ou de portions considérables de ses dei^lobes, ne difière plus, après un certain nombre de jours ou de semaines, d'un

i. Voir plus loin, aa n^ 6 de ce chapitre, les discussions sur le rapport des hémisphères cérébraux avec les fonctions mtellectuelles.

animal bien portant. Plus le cerveau est développé, et plus vite disparait, sans doute, cette indifférence apparente pour les mauvais traitements, dont il est Tobjet. Les lapins, et principalement les chiens, accusent, plus nettement que les oiseaux, cette hébétude et cette inertie générale des mouvements. Chez l'homme, les altérations locales, qui portent sur la structure, suivent leur cours, sans présenter aucun symptôme, surtout quand elles se sont produites graduellement ; mais des lésions, plus étendues, sont très-souvent accompagnées de troubles du mouvement volontaire, et rarement de perturbations des sens ou des fonctions psychiques (1). Ces dernières ne paraissent lésées d'une façon permanente, que si l'écorce des deux lobes cérébraux est altérée sur un large parcours. Or, bien des fois, la destruction totale d'un lobe cérébral a été observée chez l'homme, sans désordre notable de l'intelligence (2).

L'ablation complète des deux lobes cérébraux n'est tolérée, que par les animaux, dont le cerveau est imparfaitement développé. Les oiseaux ou les lapins, qui ont subi cette opération, se tiennent sur leurs pattes ou gardent la position assise. Après l'application des irritants sensibles, ils se hvrent à des mouvements de fuite, mais n'abandonnent pas spontanément la place, qu^ils occupaient ; également, ils cessent de prendre leur nourriture. Si on les engraisse artificiellement, ils peuvent vivre de longs mois, sans que cette situation se modifie (3). Les mammifères supérieurs, dépouillés de tout le manteau cérébral des hémisphères, meurent sur-le-champ. Si des pertes plus considérables de substance ont atteint les deux côtés des hémisphères, les chiens présentent d'abord une profonde dépression de toutes les fonctions animales, qui disparait très-lentement, si ces animaux continuent à vivre. Les effets, consécutifs et permanents de cette dernière lésion, sont une diminution générale des fonctions sensorielles, la maladresse dans l'exécution des mouvements volontaires et, surtout, un affaissement notable de l'intelligence tout entière (4). Ceci concorde avec les observations faites chez l'homme, où l'arrêt de développement.

J . Comparer les observations de Lonpet {Anat. u. PhysioL d. NervensysL I. et Ladaaie {Himgeschwûlsle, p. 186). Voir aussi Wunderlich, PathoL u. Therap. %• édiU m, 1" fascicule, p. 350; Basse. Krankh, d. Nerv, p. 57SI ; Nothnagel, Top, Diag. p. 435.

S. Longet, Anat. u. PhysioL d. Nerv. I, p. 539.

3. Flourens, Untertuchungen ûber die Èigenschoftm und VerricMungen des Nervensyst, p. Î8, 80.

4. GolU, in Archio de POnger, vol. 43, p. i ; vol. 14, p. 412; et vol. 20, p. 1.

soit de vastes destructions des deux lobes cérébraux accompagnent constamment l'état d'idiotisme.

Le résultat général, qui découle de tous ces faits, est, que les propriétés physiologiques des hémisphères cérébraux sont étroitement liées aux fonctions intellectuelles. Cela est confirmé par les recherches de l'anatomie comparée. Car, d'après celle-ci, la masse des lobes cérébraux et, surtout, le plissement, opéré à leur surface par les sillons et circonvolutions, augmentent en raison du degré d'intelligence des animaux. Cette proposition est assurément limitée par une condition : deux éléments, à savoir la masse et le plissement de la surface dépendent, en première ligne, de la grosseur du corps. Chez les plus grands animaux, les hémisphères sont absolument plus volumineux ; chez les plus petits, relativement plus volumineux, c'est-à-dire par rapport au poids du corps ; et comme les plissements augmentent avec la grosseur du cerveau, tous les très-grands animaux ont des lobes cérébraux sillonnés (1). L'organisation exerce aussi une influence essentielle. Parmi les mammifères terrestres, les herbivores ont le cerveau le plus riche en circonvolutions; après^ viennent les carnivores ; et le cerveau des insectivores est le plus pauvre en circonvolutions. Bien qu'ils soient carnivores, les mammifères marins précèdent les herbivores. Or, la proposition, établie précédemment, n'est juste, que sous deux rapports : i"^ lorsqu'on fait cette comparaison, si vaste, du développement du cerveau dans les vertébrés, et 2® cette même comparaison, mais trèsrestreinte, chez les animaux d'une organisation voisine et d'une grosseur corporelle analogue. Dans ce dernier cas, le résultat est véritablement frappant. Si l'on compare, par exemple, le cerveau de diverses races de chiens ou de singes anthropomorphes avec celui de l'homme, assurément les races ou les espèces les plus intelligentes possèdent des hémisphères plus considérables et plus riches en circonvolutions. Cette différence entre Thomme et les autres primates est l'une des plus importantes (2).

i. Leuret et Gratiolet. ^inat. compar. du syst. nerv, II p. 290.

2. HuBchke a trouvé le poids moyen du cerveau de rhomme de race germanique, entre l'âge de 30 à 40 ans, = 1424 gr. ; celui du cerveau de femme «= 4273 gr. {Sehadel, Hirn und Seele, p. 60). Chez les races inférieures, le cerveau a un poids plus faible et est, surtout, plus pauvre en circonvolutions ; mais, on manque à cet égard d *. mensurations suffisantes (ibid, p. 73). Bien plus certaines sont les mensurations de la capacité crânienne, qui permettent de conclure à posteriori au volume du cerveau. (Huschke, p. 48 et suiv. ; Broca, Mémoire» d'anthropologie, Paris i871, p. 19i.) Sur le rapport des diverses parties cérébrales entre elles, chez l'homme et divers animaux, voir Huschke, loc, àU p. 93. Selon H. Wagner (Mai$bestimmungen der

FONCTIONS DES HÉMISPHÈRES DU CERVEAU. 23i

Si la masse et le plissement de la surface du cerveau sont une mesure, d'autant plus certaine des dispositions intellectuelles, que les formes, soumises à la comparaison, se trouvent plus rapprochées, évidemment cette règle sera applicable, au plus haut de^, aux individus de la même espèce. En effet, l'observation a démontré d'une façon incontestable, que les hommes, éminemment doués, ont des hémisphères volumineux et riches en circonvolutions (1). Or, ce résultat ne nous fait pas mieux comprendre la physiologie des fonctions cérébrales, n faut donc se demander, si on ne pourrait pas démontrer l'existence d'un rapport entre le développement des masses et de la surface des diverses parties des lobes cérébraux et le développement de directions déterminées de la vie intellectuelle. La phrénologie prit naissance, en voulant donner cette preuve; mais elle échoua par l'absence de critique de sa méthode et la défectuosité de ses notions préliminaires physiologiques et psychologiques. Considérant les fonctions intellectuelles, comme des opérations exécutées par un certain nombre de sens internes, elle assigna à chacun de ces derniers, assimilés à des sens externes, son oi^ane particulier. Pour rendre possible l'examen de ces organes sur l'homme vivant, elles les répartit à la surface du cerveau, et admit un parallélisme entre la forme du crâne et celle du cerveau, parallélisme qui, n'existant pas, ne peut être prouvé. Par opposition à cet émiettement des concepts psychologiques de la phrénologie, Flourens indiqua, le premier, l'unité et l'indivisibilité des fonctions intellectuelles et arriva à cette conclusion, que l'organe de ces fonctions était indivisible. Les observations physiologiques, men-

Obêrflàchedei grossen G^^ims, Gassel et Gôttingoe. 4S64« p. 3S, 39), la surface totale du oenreau de rhomme est 2196 — 1877 c. carrés ; de i*orang 533, 5 c. c. Le poids de ce dernier cerveau était 79 gr., 7.

i. Lu proposition précédente fut établie par Gall (Spurzheim et Gall. Anatomiê et physiol. du syst. nerv. II. p. 251), confirmée par Tiedemann (Dos Him des Negers mit dem des Europàers und Ôrang-Utangs verglichetif Heidelberg, 1837^ p. 9), mais réfutée par R. Wagner, à qui l'on doit des remerciements, pour avoir utilisé dans un but scientifique le cerveau d'hommes éminents, de Gauss, Dirichlet. G. Fr. Hermann etc. (Gdtiinger gel. Anz. 1860, p. 65; Yorsiudien zur einer wissenschafU. Morpkol. u, PhyiioL d. Gehims, Gôttingue 1860, p. 33). C. \o?i (Vorlesungen iiber den Menschen, I, p. 98) a démontré avec raison, que les chiffres de Wagner ne s'appliquent à cette proposition, que si on en extrait les exemples concernant les individus, réellement doués d'une intelligence supérieure. Broca est arrivé au même résultat {Mémoires d*anthropol. p. 155). D'ailleurs, il est à peine besoin de faire observer, que d'autres éléments, la race, la grosseur du corps, l'Age, le sexe doivent être pris en sérieuse considération. Selon la remarque de Gratiolet, un cerveau normal de Hottentot,

fïlacô dans le crâne d'un Européen, signifierait l'idiotisme de ce dernier. En outre, e plissement de la surface du cerveau, surtout des lobes frontaux, a évidemment beaucoup plus de valeur, que le volume ou le poids du cerveau. (H.Wagner, loc, dt, p. 36)

tioDnées précédemment, semblent s'accorder à un certain degré avec cette idée, que la masse des hémisphères cérébraux est équivalente, sous le rapport physiologique, à une glande sécrétante, aux reins par exemple. Car, d'après ces observations, la suppression partielle des lobes cérébraux n'affaiblit totalement, que les fonctions intellectuelles, n'empêche pas, comme le ferait supposer l'hypothèse d'une localisation des fonctions, le jeu de divers mécanismes et en laisse d'autres absolument intacts.

Néanmoins, cette idée repose notoirement sur une conception, peu claire, des relations physiologiques du cerveau avec l'organisme tout entier. Elle régna en physiologie, tant qu'on n'avait aucune notion de la structure cérébrale; et elle dût disparaître le jour, où l'anatomie amena les savants à admettre, que toutes les parties du corps sont représentées dans le cerveau et finalement dans l'écorce de cet organe. Chose remarquable! Bien avant que les expériences physiologiques eussent conduit à l'hypothèse d'une localisation de certains phénomènes, les anatomistes (adonnés spécialement à l'étude du cerveau) revenaient toujours à des opinions de ce genre. En cela, on commettait la plupart du temps une faute: c'était de vouloir assigner aux sens internes des phrénologues ou aux facultés de l'àme de la psychologie, qui avait cours, leurs organes particuliers dans le cerveau. Or, cette investigation est basée sur une hypothèse, que la physiologie nerveuse moderne a eu pour but de réfuter, quoique cette science n'ait pas toujours eu nettement conscience de cette tendance : c'est l'hypothèse d'une fonction spécifique des parties nerveuses élémentaires. L'ancienne physiologie nerveuse avait adopté une supposition de ce genre, mais avec quelque restriction, car elle avait établi la loi de Vénergie spécifique des nerfs. Selon cette loi, chaque nerf est moteur ou sensible; et, dans ce dernier cas, il réagit contre les irritants par l'une des cinq qualités sensorielles (la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, la sensibilité). Ici, un concept clair et simple était toujours uni à ce terme d'énergie spécifique. Mais, si le sens des couleurs, des formes ou l'entendement, l'imagination, la mémoire, etc. devaient être liés à diverses parties élémentaires, non seulement on supposait autant de fonctions multiples, mais encore ces fonctions, auxquelles un concept simple ne s'unissait nullement. Nous pouvons nous figurer, qu'un filet nerveux déterminé ou une certaine cellule ganglionnaire fonctionnent uniquement, sous forme de sensation lumineuse ou d'impulsion motrice, mais non, que des éléments centraux doivent servir à l'imagination, d'autre

à rentendement. Evidemment, ici la contradiction consiste à croire, que des fonctions complexes sont liées à des tisstis simples. Nous devons nécessairement admettre, que les tissus élémentaires sont seulement capables d*exercer des fonctions élémentaires. Or, dans le domaine des fonctions centrales, ces opérations élémentaires sont les sensations, les impulsions de mouvement, mais non l'imagination, la mémoire, etc.

Entendue dans cette signification plus restreinte, l'hypothèse d'une énergie spécifique est restée cependant douteuse. Elle amènerait nécessairement à imaginer, que la fonction a une constance invariable: le filet nerveux moteur ou la cellule ganglionnaire ne se prêteraient, dans aucune circonstance, à conduire ou transmettre des sensations; bien plus, un filet sensible déterminé aurait toujours le pouvoir de conduire seulement une espèce déterminée d'excitation sensorielle. La faculté de conduction dans les deu^ directions^ faculté qui ne peut être mise en doute pour les filets nerveuXy contredit cette hypothèse (1). Si les nerfs moteurs et les nerfs sensibles sont, tous les deux, aussi bien centripètes que centrifuges, et si, d'ailleurs, les phénomènes physiques, qui accompagnent, chez tous les deux, le processus de transmission de l'excitation, concordent, rien ne justifierait ITiypothèse d'une diflérence spécifique des fonctions ; et la variété du résultat de l'irritant est suffisamment expliquée par le mode difiérent de terminaison des filets nerveux, au centre et à la périphérie. Naturellement, cela ne veut pas dire, qu'une certaine adaptation des filets nerveux aux formes de l'exci-

i. Indépendamment de la propagation, dans les deux sens, de l'oscillation néiratiye du courant nerveux (et ceci est uniquement une pure présomption, en fayeur de la faculté de conduction dans les deux directions), il existe principalement deux faits, qui permettent de conclure au pouvoir de cette faculté. 1^ D'après an phénomène signalé par Kahne, Tirritation d'un rameau nerveux moteur peut provoquer les secousses de ces parties musculaires, innervées par des Alets, gui naissent de ce même nerf, mais beaucoup plus haut {Archiv f, Anat. u. Phystol. i850, p.505). 2^ D'après une observation de Paul Bert, si la pointe de la queue d'un rat a été insérée dans le dos de cet animal et si, la cicatrisation opérée, on fait la section de la base de cet appendice^ la queue reste absolument sensible dans toute sa longueur (Compt, rend. t. 84, i877, p. i73). Le premier de ces faits prouve, que le filet nerveux moteur est capable d'opérer la transmission dans le sens centripète, et le second, que le fliet nerveux sensible exerce ce pouvoir dans le sens centrifuge. Philipeaux et Vulpian ont cherché à confirmer bien plus directement l'indifférence fonctionnelle des nerfs périphériques. Us soudaient ensemble les extrémités coupées d'un nerf moteur et d'un nerf sensible (hypoglosse et lingual) ; et, par l'irritation de la partie nerveuse sensible, ils produisaient des contractions musculaires. Cependant, de nouvelles recherches de Vulpian ont mis en question la valeur démonstrative de cette expérience. Elles donnent lieu de croire, que ce phénomène est dû au mélange de filets moteurs de la corde du tympan. {Compt. rend. t. 76, 1873, p. 146.)

tation» auxquelles ils sont soumis par leurs liaisons normales» ne se produise point ; en effet» plusieurs observations semblent démontrer une adaptation de ce genre (1).

Bien plus convaincantes sont les raisons» qui dénient absolument aux cellules ganglionnaires une constance absolue de la fonction. Nous avons déjà vu dans le chapitre précédent, que les troubles, consécutifs à Tablation de certains domaines de Técorce cérébrale, disparaissent très-souvent, après un laps de temps plus ou moins long. Ce phénomène peut seulement être expliqué par la supposition suivante : d'autres éléments remplissent par suppléance la fonction des éléments supprimés. Ce qui implique, que les éléments suppléants sont exercés à de nouvelles fonctions. Les phénomènes, discutés auparavant et consécutifs à l'extirpation partielle des lobes cérébraux, montrent principalement, dans quelle étendue, la possibilité des suppléances de ce genre doit être admise. Puisqu'un chien, dont une grande partie des centres sensoriels et des foyers d'innervation motrice sont endommagés» récupère, après une guérison complète des lésions primitives, le mouvement volontaire et n'a aucune fonction sensorielle totalement lésée, une suppléance doit être évidemment supposée et dans une mesure si large, qu'il ne reste plus aucune fonction spécifique. Un élément, qui, lors des rapports normaux de conduction^ effectue une sensation visueUe, devient, grâce à un changement de conditions^ facteur d'une sensation tactile, d'une sensation musculaire ou de Fin* nervation motrice. Bien plus, on est presque obligé de supposer, que si le réseau central des filets nerveux a le pouvoir de transmettre des phénomènes de diverse nature à un seul et même élément, cet élément sera en état de réunir, dans son intérieur, une pluralité de fonctions différentes. Evidemment, une accommodation fonctionnelle, aussi étendue, des éléments ganglionnaires montre, combien est absolument insoutenable une énergie spécifique des filets nerveux centraux,

1. Si^alons ici ce fait, bien des fois constaté^ que les extrémités sectionnées des nerfs de même nature se soudent plus facilement entre elles, que celles des nerfs d'origine dissemblabie'(sensibles et moteurs). Enraiement, si cette nouvelle opinion de Vulpian, qu*aprôs la soudure d'une extrémité nerveuse sensible avec une autre extrémité motrice, l'irritation de la première n'engendre jamais de secousses, devait se confirmer, elle se rangerait dans la môme catégorie. D'autres faits semblent indiquer des adaptations paséagères. Ainsi, d'après les expériences de Philipeaux et Vulpian, l'bypoglosse étant sectionné, le lingual exerce graduellement des effets ; moteurs sur la langue. Ces effets proviennent des filets de la corde du tympan, contenus dans le lingual ; et ils persistent, tant que l'bypoglosse ne s'est pas régénéré. ICompt. rend. t. 56, 1863, p. 1009; t. 76, 1873, p. 146).

car l'on entendait par cette expression, qu'il s'agit plus, que d'une adaptation à la transmission de ces phénomènes d'excitation, qui sont favorisés par les unions existantes des parties élémentaires (1).

On a fait l'objection suivante. Une suppléance, exercée dans cette étendue, que laissent supposer les résultats des procédés d'extirpation, met même en question la base fondamentale tout entière de cette hypothèse, la localisation des fonctions cérébrales ; et il semble, au contraire, plus simple de revenir à l'opinion de Flourens, d'après laquelle les hémisphères cérébraux sont uniformément capables, dans toutes leurs parties, de remplir les fonctions qui en émanent (2). Or, si l'on veut maintenir cette opinion de Flourens, sous une forme conséquente avec nos connaissances sur la structure du cerveau et avec les nombreuses expériences pathologiques sur la localisation de certaines fonctions (expériences, moins exposées aux interprétations incertaines de l'expérimentation physiologique), naturellement, on ne pourra pas présumer que, par exemple, dans la production simultanée d'une sensa* tion de son, de lumière et d'un mouvement musculaire, la masse tout entière du cerveau soit atteinte parles trois formes d'excitation de son, de lumière et de mouvement; mais, on admettra sûrement, que chacun de ces phénomènes a pour théâtre des éléments particuliers. Même dans un organe sécréteur, le rein par exemple, chaque goutte d'urine ne provient pas simultanément de toutes ses parties. Cette analogie est d'ailleurs défectueuse, parce que, dans le cerveau, il faut supposer des processus fonctionnels très-hétérogènes. Si on ajoute, en se plaçant au point de vue exposé plus haut, que les fonctions doivent nécessairement occuper un espace distinct, la contestation de leur localisation peut signifier seulement, qu'on nie la constance absolue des fonctions. C'est ce que fait justement l'hypothèse des suppléances. Voici la différence de ces deux manières de voir. Les adversaires de la localisation inclinent à admettre une liaison, moins rigoureuse, de certaines fonctions à certaines parties de l'écorce cérébrale; et, de cette façon, la suppléance s'établit, à leur avis, dans une plus large étendue,

I. Ces arguments, en faveur de l'indifférence de la fonction, sont empruntés à la pbysiolofrie des organes centraux ; ils n'ont pas été pris en considération par la plupart des critiques, qui l'ont combattue dernièrement. Au point de vue de la pure théorie de révolution, le développement graduel des différences spécifiques serait, • - - /•^...j ^ — loon

aussi ] dit pn

unie avec l'adaptation à des processus ( %. Goltz, in Archiv de Pflûger. vol. XX, p. 35.

qu'elle ne se produit ordinairement. Sous ce dernier rapport, les hypothèses, limitant la suppléance à des éléments de l'autre moitié cérébrale, placés symétriquement (1), ou à des éléments directement voisins (2), ne suffisent pas, ii faut l'avouer, aux exigences de l'observation. Lors de la compensation de certains troubles, par exemple de l'aphasie totale, la suppléance est exercée probablement par la moitié cérébrale opposée. Dans d'autres cas, lors de la compensation des troubles moteurs, occasionnés par l'ablation (3) de portions circonscrites, de l'écorce, il sera plus vraisemblable, que d'abord les excitations se propagent aux parties corticales voisines, qui désormais s'adaptent graduellement aux nouvelles influences. Cependant, les résultats, presque insignifiants, obtenus après de grandes pertes de substance chez les animaux, laissent presque douter, que, dans toutes les circonstances, surtout en présence d'un développement relativement incomplet des organes centraux, ce principe de la fonction vicariante trouve finalement sa propre limite aux points, où se termine le réseau des filets qui unit , de tous les côtés, les cellules de l'écorce du cerveau. L'indifiérence fonctionnelle, que nous devons supposer pour les éléments nerveux, pourrait justement nous faire comprendre, que ces phénomènes de dégénérescence, persistant chez les animaux après une suppression très-ancienne de portions considérables des lobes cérébraux, ne consistent pas tant, à vrai dire, en un manque de certaines sensations sensorielles ou de mouvements, mais plutôt en une dépression générale des fonctions intellectuelles. Si nous réfléchissons que, dans la portion respectée du cerveau, les excitations, qui étaient auparavant séparées, seront liées d'une façon multiple aux mêmes éléments centraux, on s'explique en quelque sorte la production imparfaite des perceptions, la maladresse des animaux, pour exécuter des mouvements plus délicats et la suppression, presque entière, des réflexions intellectuelles, qui doivent avoir constamment à leur disposition de nombreuses représentations reproduites. Et pour rendre compte des phénomènes de ce genre, nous n'aurons pas besoin de recourir à cette idée aventureuse: dans chaque cellule ganglionnaire de l'écorce du cerveau réside une parcelle « d'intelligence », et celle-ci doit, ''par conséquent, diminuer proportionnellement à la perte de substance grise. D'ailleurs, la comparaison des expériences, pratiquées sur le cerveau de divers

i. SoUmann, Jahrb, f, Kinderheilkunde, nouvelle série, IX, p. 106.

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