CONSIDÉRATIONS FINALES
réparation. De sorte qu*à un moment donné, lorsque la masse M est diminuée d'une quantité d, il peut se faire que la force restante soit plus grande que M—^, parce que la réparation est venue ajouter une nouvelle masse de force qui peut même être supérieure à d. Cependant , nous pouvons faire abstraction de ce phénomène , c'est-à-dire ne pas en tenir compte, quand on expérimente sur l'être vivant pendant un temps suffisamment court et convenablement choisi , par exemple, pendant l'état de veille bien caractérisé, et en dehors des moments où agissent la faim et les autres besoins, ainsi que ceux où se font d'une manière active la digestion et les autres opérations de la réparation. Dans cette circonscription de temps, on peut considérer la masse M comme sensiblement constante, c'est-à-dire, comme figurant avec la même valeur dans les quantités
• M-(î, M~(î — d', M — ^-5' -5", etc.,
S,S'yS'\ etc., étant des quantités successivement soustraites à la masse totale.
Mais, avons-nous dit, cette force a la faculté de se transporter d'un point à un autre de l'organisme, et de se mettre aux services d'organes diflTérents. C'est ainsi que je puis la dépenser en effets musculaires — soit en me transportant d'un point à un autre, soit en soulevant des poids — ou en sensations visuelles , auditives , etc. , ou en pensées. Tout le monde peut remarquer que , pendant un effort musculaire violent , marche rapide , saut , danse , exercices gymnastiques , la sensibilité auditive, visuelle, olfactive, tactile, de même que la pensée, l'atten-
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tion, est émoussée et inerte. Ainsi les myopes mettent leurs lunettes pour mieux entendre, parce que , par là , ils diminuent la fatigue provenant d'une vision gênée. On remarque aussi que l'audition d'un long opéra Tatigue, et que la fatigue est d'autant plus intense que la musique est plus bruyante. Les travaux microscopiques prolongés épuisent ceux qui s'y livrent, et l'attention vive et soutenue est une cause notable d'énervation.
De là aussi vient la difficulté de bien voir et de bien entendre tout à la fois. L'œil intéressé empêche l'oreille d'entendre ; et de même l'oreille distrait le sens du goût ou de l'odorat. En général, on ne peut faire bien deux choses simultanément.
Pendant un voyage en Suisse que nous faisions , sac au dos, avec quelques compagnons, il nous arriva un jour d'aller de Meyringen au Faulhorn. Cette course , déjà longue et pénible par elle-même, s'allongeait encore par le fait que nous nous écartions à chaque instant de notre chemin, soit pour cueillir une plante, soit pour attraper un insecte , soit pour admirer un beau site. Arrivés bien tard près du Bachalpsée, nous étions déjà exténués, et nous avions encore devant nous une lieue d'une montée laborieuse. L'un de nous , le moins fatigué de la troupe , se mit alors à faire résonner les échos d'alentour. Rien ne peut rendre l'impression désagréable que ces cris nous causaient; c'était pour nous une nouvelle source de fatigue. Nous lui demandâmes instamment de se taire. Lui, mis en gaîté par notre mauvaise humeur, inventa un nouveau genre de supplice ; ce fut de chanter en criant et en déton-