EXAMEN N^OUVEAU DE LÀ QUESTION
étaient assez considérables ; je persistai néanmoins dans ridée que c était petit par rapport à S. Mais ces considérations, qui peuvent se justifier quand il s'agit de Tœil ou de Toreille , c'est-à-dire quand c représente la quantité de lumière ou de son , fournie par l'excitation physiologique , quantité qu'on pouvait regarder comme très-faible, ne sont plus admissibles quand il s'agit de température. En effet, la chaleur de la peau est considérable par rapport aux légères différences de chaleur que nous pouvons percevoir ; et , de plus , il est patent que nous nous accommodons plus ou moins facilement à toutes les températures renfermées entre certaines limites, et que c, qui est égal approximativement à 18 degrés, peut tomber à 10 degrés ou monter à 30 degrés.
Enfin , que sont le chaud et le froid ? Est-ce que ce sont des agents différents? Faut-il admettre un agent qui se nomme chaleur et un agent qui se nomme froid? ou bien faut-il faire S tantôt positif, tantôt négatif? Mais même en accueillant de pareilles dérogations à la théorie générale qui sert de base aux formules, on n'a pas vaincu certaines autres difficultés. Ainsi une température déterminée peut me donner chaud ou froid suivant que je me suis accommodé à une température plus froide ou plus chaude. La même eau peut être jugée chaude par une main et froide par l'autre. Mais , en outre , il se produit, en fait de chaud ou de froid , un phénomène qui n'apparaît pas aussi visiblement quand ou a affaire à d'autres agents : c'est au premier moment que la sensation est toujours la plus vive , et elle ne larde pas à s'affaiblir, puis à disparaître. En dernier
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lieu la sensaticm est à son maximum de pureté , ou , en d*autres termes , la sensibilité pour la température est la plus grande quand la chaleur s'approche de la chaleur normale de la peau ; et comment concilier ce fait avec le résultat des formules qui place
ce maximum aux environs de la température —5— î
Il faut donc remanier toute la théorie.
Si dans la formule (b) on remplace c par To, température de la peau, et (î par T-T^, T représentant la température du milieu ambiant , il vient :
Le second membre de cette égalité est positif ou négatif suivant que T est plus grand ou plus petit que To ; ce double signe répond aux sensations de chaud et de froid. Quand T est égal à To , la sensation est nulle, car le logarithme de Tunité est égal à zéro.
Quel que soit T , le corps finit par s'y accommoder, ce qu'on peut exprimer en disant que T^ devient égal à T*. L'équilibre entre la température du corps et celle du milieu s'établit suivant les lois connues ; cette circonstance explique pourquoi la sensation est plus vive à son début , et va en s'afifaiblissant jusqu'à ce qu'elle s'éteigne.
* Cela n'est pas rigoureusement exact; la sensation de chaleur ou de froid est nulle quand la perte de cha" leur pour le corps est constante ; mais la nature du raisonnement no mlnterdit pas de m'exprimer comme je le fais ici. .