RELATION ENTRE LA SENSATION ET L*EXCITATION
Enfin , la faculté de s'accommoder au chaud et au froid , n'est pas illimitée ; le chaud ou le froid peuvent être assez intenses pour amener notre désorganisation. Il y a donc une température qui nous est naturelle , qui nous convient le mieux. Sitôt, que nous en sommes écartés à cause de celle du milieu ambiant, nous tendons à y revenir. Tout écart produit en nous tension ; et le sentiment qui correspond à la tension est la fatigue , la peine ou la douleur. Quand , au contraire, nous sommes rappelés vers notre température naturelle , il y a relâchement , et nous éprouvons de la satisfaction , du contentement,, du plaisir. Si A est le maximum de tension que nous puissions supporter ( en d'autres termes , si c'est la quantité de flexibilité , de faculté d'accommodation que nous possédions, soit dans un sens, soit dans l'autre, c'est-à-dire vers le chaud ou le froid), en représentant par D la tension qui correspond à une sensation s, le sentiment de fatigue qui accompagne nécessairement la sensation sera donné par la formule
qui n'est autre que la formule (c) transformée.
Cette théorie si rationnelle des sensations de température est celle de la sensibilité simple, et est parfaitement applicable à tous les sens.
Formule de la relation qui lie la sensation à Texcitation. — La science actuelle a ramené toutes les forces de la nature au mouvement ; et elle a fait voir que les différentes sortes de mouvement peuvent se convertir les unes dans les autres ;
c'est ainsi que le mouvement de transport peut se transformer en mouvement moléculaire (le travail en chaleur) et vice versa. Toute force capable de produire un travail peut s'évaluer en force de chute, c'est-à-dire être mesurée par le travail que produis rait l'unité de masse tombant d'une certaine hauteur. Lorsque deux forces ne se font pas équilibre, on peut dire que la plus grande tombe sur la plus petite, et l'équilibre s'établit par la chule même. C'est ainsi que de deux bassins à niveaux inégaux mis en communication , le plus bas se remplit aux dépens du plus élevé.
Cela posé, soit p la force (ou le mouvement) de l'être sensible, p' celle du milieu ambiant, on voit que si, dans la formule (&), on remplace c par p et ^) par p^ — p , elle se transforme en la suivante :
5 = log-y- (c)
Cette formule, qui me paraît destinée à remplacer celle de Weber, constate d'abord une chose qui est en conformité avec les faits, c'est que nos sens sont des instruments différentiels ; que la sensation n'existe que pour autant qu'il y ait différence entre p et p' , et qu'tinsi elle est due à un phénomène analogue à une rupture d'équilibre ; ensuite que l'excitation ne doit plus être représentée parp' — p,
P* mais par log — , ce qui fait que la sensation est
proportionnelle à la cause qui la provoque.
De cette conception et de cette formule découlent les trois lois de la sensation»