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TROIS LOIS DE LA SENSATION : DEGRADATION

Première loi : loi de dégradation. — La

sensation, à peine produite, s'affaiblit, parce que la diflférence des forces j)' et p tend à devenir nulle. C'est un eftfet de la réaction de Tune sur l'autre. La sensation qui, à proprement parler, correspond à uni mouvement, se transforme en un état sensible qui correspond au repos. On peut théoriquement formuler la loi de cette dégradation de la sensation. Il suffit de rechercher celle du rétablissement de l'équilibre.

On peut sans inconvénient — vu que c'est le plus souvent le cas — considérer p' comme restant sensiblement constant et p comme variable. Le raisonnement reste exactement le même si l'on fait la supposition inverse. Si j'entre dans une grande salle très chauffée , je ressens de la chaleur, et l'on peut dire que ma présence ne refroidit pas la température du milieu qui peut être considérée comme constante. Si, au contraire, je prends un clou froid dans ma main , c'est le clou qui se mettra à l'unisson de ma propre chaleur. Ces deux cas opposés sont soumis aux mêmes lois. Le troisième cas intermédiaire où pi et p varient tous deux, est un peu plus compliqué , mais la loi reste encore au fond identique.

Pour formuler la loi de la dégradation de la sensation , on doit imaginer qu'il y a chute de la force la plus considérable vers la plus faible qui va ainsi en grandissant, et que la vitesse de chute est proportionnelle à la différence de hauteur. C'est ainsi que , des deux bassins dont il vient d'être question, l'un se vide pendant que l'autre se remplit, et cela

avec d'autant plus de rapidité que la différence de niveau est plus grande.

Si nous supposons que la force la plus considérable p' reste constante , et que la force la plus faible , d'abord Pot est devenue p après un temps t , on aura la relation ^ :

Dans la fraction du second membre , le numérateur est constant et exprime la difiTérence initiale , le dénominateur est variable, et l'on voit que le temps nécessaire pour quejp augmente ou que la différence àep^hp diminue de quantités égales , est de plus en plus considérable à mesure que cet effet se produit. Donc la sensation va s'affaiblissant, mais l'affaiblissement est de moins en moins rapide.

A proprement parler, l'équilibre ne s'établit, c'està-dire p ne devient égal à p', qu'après un temps infini ; en d'autres termes , cela n'a jamais lieu. Une première impression laisse une empreinte qui va s'effaçant, mais ne disparaît jamais. C'est là une remarque de la plus haute importance « et que les

' Le calcul est très simple : la vitesse de chute a pour expression ^ ; et comme elle est proportionnelle à la hauteur , on a réquation différentielle :

dipj-'P) « ;^ (pr p) . d'où l'on tire par intégration :

ut ht = log (p —p) + c. Pour déterminer la constante c, on prend les conditions de Tétat initial, et Ton pose que #«0, pourps^Po» on a de cette façon: c«^log (p'— p.). Puis^ par un choix convenable de Tunitô, on fait A *» 1.

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