‹ Éléments de psychophysique générale & specialeChapitre 75 sur 88 · DEGRADATIONS DK LA VOLONTE · texte numérisé non relu

DEGRADATIONS DK LA VOLONTE

Et comment apprend-il à tracer les lettres avec sa plume, à les assembler pour en former des mots, à soigner l'orthographe ? Tous les premiers mouvements sont voulus, sont faits avec pleine conscience — il est inutile que nous refassions notre analyse — et à la fin, il en arrivera à écrire sous la dictée, sans même faire attention aux paroles qui se prononcent. La main obéira d'elle-même au son qui frappera Toreille.

L'enfant n'a pas procédé autrement pour apprendre à marcher ; tous ses pas ont d'abord été voulus , avant d'être naturels; c'est ainsi qu'il apprend à voir ou plutôt à regarder, qu'il apprend à entendre, à odorer , à goûter.

Volonté, habitude, instinct, automa* tisme. -^ Dans ces perfectionnements successifs du mouvement , on peut distinguer quatre moments principaux reliés entre eux par un très grand nombre de moments intermédiaires : le mouvement volontaire , — habituel , — instinctif, — réflexe , autrement dit , machinal ou automatique.

'On peut dire, d'une manière générale, que le mouvement est volontaire quand on sait comment et pourquoi on le fait , qu'il est habituel , quand on le fait sans savoir comment; instinctif, quand on le fait sans savoir pourquoi ; réflexe ou automatique , quand on le fait sans le savoir,

Vhabitude s'acquiert par Y exercice y c'est-à-dire par la répétition volontaire d'une série d'actes, lesquels finissent par se succéder de plus en plus rapidement et avec une dépense de force moindre.

L'habitude modifie l'organisme jusque dans les

ovules et les spermatozoïdes * ; la modification des parents se retrouve donc à un degré plus ou moins marqué chez les descendants sous forme d'aptitude ou de besoin d'abord , dHnstinct ensuite.

Enfin , rinstinct lui-même finit par se transformer en automatisme^ lorsque les mouvements se produisent à la suite d'une impression non sentie. Ils s'exécutent alors sans connaissance, mais la connaissance a présidé à leur naissance. Telle est l'explication de l'admimble finalité des mouvements réflexes, de leur appropriation au but.

Si l'on extirpe d'une manière convenable les hémisphères cérébraux de la grenouille, elle ne voit plus rien, n'entend plus rien, ne cherche plus sa nourriture. Mais si on la jette à l'eau, elle nage ; si on lui met de la nourriture dans la bouche , elle l'avale; si on l'excite, elle sautera en évitant les obstacles auxquels elle pourrait se heurter. Coupez la grenouille en deux et laissez tomber une goutte d'acide sur l'une de ses pattes postérieures , l'autre patte cherchera à l'enlever. L'homme , dans certains états pathologiques, peut présenter des phénomènes absolument identiques.

Ce sont les mouvements réflexes qui faisaient dire à Descartes que les animaux sont des automates.

^ C'est un phénomène analogue â Taimantation d'un barreau d'acier. Ainsi encore une barre de fer dont la structure est primitivement fibreuse, finit, si elle est soumise à une traction prolongée (comme dans les ponts suspendus) , par prendre une structure granuleuse, puis lameUaire,

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