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CHAPITRE DEUXIÈME

De la connaissance de soi.

Le sens du toucher. — Il ne reste plus qu'un dernier point à élucider , pour terminer l'exposé de la théorie de l'intelligence, et pour clôturer en môme temps celle de la sensibilité. Il a rapport au sens du toucher. Ce sens possède en effet des caractères qu'il ne partage avec aucun autre, et on lui attribue souvent des propriétés qui appartiennent à la motilité.

242 PSYCHOPHYSIQUÈ.

D*après nous , le sens du toucher est essentiellement le sens de la pression. II est fondamental , car toute cause physique peut se ramener à une pression. Aussi ne peut-on concevoir un être qui ne possède pas ce sens , bien que nous puissions , par la pensée, lui enlever tous les autres. Supposer qu'il n'ait pas le sens du toucher, c'est admettre qu'il puisse être détruit par écrasement sans qu'il s'en aperçoive.

Nous disons pression^ avec intention, bien que ce terme donne lieu à une confusion apparente , et ^ au fond cependant , parfaitement légitime. Ce terme éveille, en effet, l'idée de la pression atmosphérique ou d'autres pressions analogues, qui ne font éprouver aucune sensation ; et il semble que le contact soit une pression d'une nature toute particulière. Eu réalité , le contact et la pression atmosphérique sont identiques de nature ; seulement nous sentons l'un parce qu'il est différencié , et l'autre ne se sent pas parce qu'elle est uniforme et qu'elle ne donne pas naissance à un organe adventice , excepté quand le vent souffle. S'il était possible d'augmenter ou de diminuer en un endroit circonscrit la pression atmosphérique, nous y éprouverions une sensation de compression ou de succion. Un poids qu'on supporte exerce une action de compression; la ventouse, une action de succion. On voit donc qu'en dernière analyse le toucher est le sens de la pression , et qu'il fournit des sensations positives de compression , et négatives de succion , quand la pression est circonscrite à une partie du corps *•

* Voir p. 177,

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