REPARTITION DU "TOUCHER SUR LE CORPS
La sensibilité pour le contact se répartit nécessairement d'une manière variée sur le corps. Même ranimai le pliis rudimentaire, la monère, par exemple, ne peut être également sensible en tous les points de sa surfiace ; il faudrait pour cela qu'elle fût parfaitement sphérique et intérieurement homogène. A un moment donné , pour une forme déterminée , la sensibilité est inégalement distribuée en elle. Nous pouvons donc sans inconvénient raisonner sur un animal plus compliqué , comme l'homme , par exemple, chez qui la différenciation est permanente.
Répartition sur le corps de la sensibilité tactile. — Chaque point de notre corps, comme on sait , est plus ou moins affecté par un poids qui le charge; et il y a pour chacun d'eux un poids minimum au-dessous duquel la pression n'est plus sentie. Si l'on inscrit sur chaque point du corps le poids minimum donnant une sensation de pression, on aura , pour ainsi dire , dressé la carte de la sensibilité à cet égard. Or, on trouve que cette sensibilité est plus grande à certaines places déterminées ; ces endroits seront par élection des organes directeurs. Le corps entier présente donc les avantages de cette surface dont nous parlions plus haut ; c'est comme un observatoire où il y a plusieurs télescopes et un très grand nombre de chercheurs *. Peu à peu l'animal se familiarise si bien avec la topographie de son individu qu'il sait , par exemple, quel mouvement il doit faire pour augmenter ou
* Voir p. 232.
diminuer la pression , ou pour ramener à une autre place. Comment a-t-il acquis cette connaissance de lui-même ? grâce aux organes directeurs ; ils lui donnent en effet le moyen de tracer par le sentiment sur son propre corps /des méridiens et des parallèles. Ne considérons qu'un organe de cette nature, et appelons, par exemple, avants le lieu où il est situé — l'animal saura, grâce à l'axe passant par ce point et le centre de gravité que la motilité lui fait connaître, ce que c'est que l'arrière, la gauche^ la droite, le dessus et le dessous, et il devinera quel mouvement il devra faire, s'il est affecté en quelque endroit, pour mettre cet endroit à l'abri ou le rapprocher de l'objet , suivant qu'il éprouve de la peine ou du plaisir.
La connaissance de la topographie corporelle est donc due au sentiment de l'effort; elle s'acquiert plus ou moins lentement suivant la disposition des membres. La conformation la plus avantageuse pour obtenir rapidement cette connaissance, est, sans contredit, celle qui permet à l'animal de se toucher lui-même; car de cette façon il a continuellement à sa disposition les instruments de ses expériences. Sous ce rapport, le corps de l'homme est certainement l'un des mieux organisés; car nos mains peuvent se promener sur tout notre corps ; et de plus , comme nous avons dix doigts , nos progrès sont plus accélérés que si lious n'en avions qu'un (à la façon de l'éléphant, par exemple.)
Localisation des impressions. — Cette propriété du toucher permet la localisation des impressions. Cette localisation est d'autant plus