‹ Eléments de séméiologie infantileChapitre 17 sur 102 · THERMO M ET RIE. MALADIES INFECTIEUSES · texte numérisé non relu

THERMO M ET RIE. MALADIES INFECTIEUSES

Mais si rinllammtion ourlienne atteint la glande sous-maxillairo, on pourra croire à une ostéite du maxillaire, parce que, comme le dit avec raison Filatow, la tumeur reste sous cet os et sétend vers la partie antérieure du cou ou même vers la région sous-maxillaire, si la sublinguale est atteinte. Les caractères différentiels que nous indiquons plus haut, serviront au diagnostic alors en ce qui concerne la tumeur et le point maximum de l'hyperesthésie.

Dans la fièvre ganglionnaire de Pfeifi-'er, ce n'est qu'après deux ou trois jours de maladie que se manifeste la tuméfaction, presque toujours unilatérale et rétro-maxillaire : la gorge est intacte et le malade accuse une légère dvsphagie ; et dès que la fièvre baisse, l'adénite oppose une certaine difficulté à la résolution. Dans de rares cas il y a invasion bilatérale des ganglions sous-maxillaires, et, d'après quelques auteurs, des ganglions axillaires, inguinaux, médiaslinaux et mésentériques. Ce n'est que quand la glande sous-maxillaire est atteinte, qu'une telle confusion peut se produire avec la parotidite anormale ; mais il suint de considérer que la tumeur de la fièvre ganglionnaire se forme progressivement, sans que l'atmosphère celluleuse environnante y prenne presque aucune part; qu'elle se compose de deux ou trois ganglions bien durs et très douloureux à la pression. 11 s'y joint en outre la rigidité du cou, et, quelquefois, la participation morbide du foie et de la rate.

Pai'mi les lésions chirurgicales il ne faut pas oublier la spondylite, qui provoque une fièvre, dont la cause passe fréquemment inaperçue. Le diagnostic n'est pourtant pas difficile : dans la cyphose il y a douleur à la pression des apophyses épineuses, et on observe de l'immobilité relative de la colonne vertébrale.

B. Exanthèmes. — La fièvre n'esx, pas le facteur unique qu'il faille considérer pour le diagnostic des exanthèmes. Ce qui doit surtout attirer l'attention, c'est la forme de lelflorescence cutanée, son mode de distribution, l'occasion de l'éruption (V. chap. m), les lésions des mu^jueuses et autres concomitances et la physionomie générale du type morbide, par rapport à

l'inciibalion. linvasion, la terminaison et le cortège particulier des complications.

L'exanthème fébrile, avec angine, par exemple, rappelle la scarlatine ; avec rhinite et conjonctivite, la rougeole ; l'éruption pustuleuse tj-pique suffit pour porter le diagnostic de la variole ; la coui'be thermique insignifiante qui accompagne l'efflorescence propre (vésicule ou érjthéme) avec adénopathie cervicale ou sous-occipitale, indiquent la varicelle ou la rubéole.

Scarlatine. — La fièvre dans la scarlatine dure habituellement de cinq à huit jours, quand il n'y a pas de complications. La maladie est précédée d'une période prodromique de vingt-quatre heures à quatre jours; elle sannonce par une élé-, vation rapide de la température, 39''-40°, qui se montre plus accusée dans les deux ou trois jours où persiste l'exanthème, ce qui, d'ailleurs, peut se produire dès le premier nycthémère. Elle décroit ensuite graduellement, par oscillations descendantes, à mesure que l'eiïlorescence pâlit et commence à diminuer et que les autres phénomènes généraux s'atténuent ; ou, dans des cas bénins, la fièvre tombe en lysis du quatrième au cinquième jour. Toutefois, l'élévation thermique dans la scarlatine dépasse rarement les douze jours.

Les irrégularités principales de l'élément fièvre, dans cet exanthème, sont les suivantes :

1'* Scarlatine apyrélique, correspondant à la scarlatine sans éruption, forme fruste de Trousseau. Le thermomètre reste normal ou s'élève à peine à 38'^ et 38°,5, de façon que le symptôme fièvre perd sa valeur pour le diagnostic ditférentiel avec les érythèmes scarlatiniformes : ce sont alors les caractères de l'exanthème qui lui servent de base (chap. m). Les phénomènes généraux sont plus faibles que dans la forme commune; le pouls est très souvent en désaccord avec la température, et relativement plus élevé.

2" Scarlatine foudroyante. Invasion subite de phénomènes généraux graves (vomissements, convulsions ou frissons et agitation), qui plongent l'enfant dans le coUapsus et le coma, précurseur de la mort, cl cela dans un délai de quelques heures ou en

THEUMOMÉTRIE. MALADIES INFECTIEUSES 43

moins d'une heure. Température 40°, S à 41° et très souvent

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