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L'élévation de la fièvre varie avec les formes et peut atteindre depuis 38" dans la forme ambulatoire de Comby, jusqu'à 41",2, comme dans lobservalion de Derning; mais il est rare qu'elle se maintienne si élevée. Dans les formes dintensité moyenne, la forme bronchique (la plus connue) et la pseudo-tvphiquc ou abdominale . la température monte les premiers jours aux environs de 40'^ et plus, et s'installe ensuite, principalement chez les nourrissons, sous le type rémittent ou avec des oscillations dans la journée, ce qui aide le diagnostic.
Dans la convalescence de la grippe, il apparaît dans quelques cas une fièvre intermittente quotidienne, que l'on confondrait facilement avec la fièvre palustre dans les pays à malaria , si l'on n'avait
soin de procéder avec la plus grande attention à l'examen hépato-splénique et de faire attention aux commémoratifs, et autres signes du paludisme. Le diagnostic de l'influenza peut se baser : sur le caractère de la fièvre, sur le milieu épidémique, la langue, le syndrome oculo-nasal, l'examen de l'urine.
2'^ Fièvre typhoïde. — Le ti'acé schématique de la fièvre, dans la dothiénentérie, — que Jaccoud compare judicieusement aux lignes supérieures d'un trapèze — appartient plus particulièrement à la seconde enfance, où la maladie peut offrir les mêmes caractères que chez l'adulte.
Ce type est moins commun pendant les deux premières années, dans lesquelles le typhus abdominal offre des particularités intéressantes. Il peut évoluer, dans les cas bénins, jusqu'à des extrêmes de 38>^ et quelques dixièmes; mais dans la soirée du second jour ou même du premier, le thermomètre peut atteindre 40'' et 41°, infirmant ainsi, même dans la seconde enfance, ce principe si connu de Wunderlich : toute maladie.
Fig. 12.
Influenza. Enfant usé de 4 ans.
qui, dans le soir du deuxième jour marque 40'^', nest pas une fièvre typhoïde.
L'élévation de la tempèratui-e n'impose pas, pour le pronostic, une aussi grande réserve que dans la pathologie do l'adulte. La période dosiillalions ascendantes n'arrive souvent qu'à 4U° dans le second septénaire (Héxoch).
Le type de la fièvi-e est presque toujours rémittent chez le nourrisson, revêtant souvent le tj'pe intermittent dans la période d'oscillations descendantes. 11 y a cependant des observations, en petit nombre, il est vrai, où, dans la période d'apogée, qui est de courte durée dans l'enfance, lexacerbation thermique s'est manifestée le soir. La défervescence a lieu, chez certains petits malades, d'une façon brusque et non par oscillations descendantes, comme dans la marche typique de la maladie.
Mais chez les nourrissons, eux-mêmes, le tracé thermographique peut se rapprocher de celui de l'adulte, le stade amphibolique étant souvent supprimé, et la maladie évoluant plus vite (Marfax).
Roger a trouvé fréquemment chez l'enfant un manque d'accélération du pouls en correspondance avec la température, mais c'est un phénomène peu constant. Le dici'otisme, comme l'a prouvé WoLBERG, est peu fréquent au-dessous de dix ans.
Quand, après l'examen des appareils organiques, les exanthèmes et la malaria exclus, on ne trouve pas l'explication d'une fièvre continue ou rémittente, le jugement doit incliner vers la dothientérie ou vers la fièvre jaune. Pour le diagnostic dô la fièvre typhoïde, il ne faut pas oublier, dans l'enfance, en dehors de la fièvi'e : les caractères de la langue, la tuméfaction de la rate, les taches rosées sur la peau, l'examen de l'urine et, comme facteur d'une grande valeur, la réaction de Widal dans le sang.
3° La fièvre herpétique se manifeste dans les cas les plus légers par une élévation thermique d'une durée de vingt-quatre hem'es, suivie dune défervescence rapide. Mais elle peut s'installer pendant trois à six jours ou plus (suivant l'invasion des phénomènes gastriques, hépatiques ou cérébraux) avec type l'émittenl, pouvant faire pencher le jugement vers une maladie à conséquences plus sérieuses.
THERMOMÉTUIE. MALADIES INFECTIEUSES 69
D'ailleurs elle tracera, après linvasion, la ligne de la fièvre intermittente, réveillant dans l'esprit du médecin Thypothèse d'une intercurrence de limpaludisme. Le diagnostic, par exclusion et d'après la marche de la maladie, avec l'herpès précédé de défervescencc, n'est pas toujours facile à établir dès le premier jour ou quand la maladie s'attarde plus longtemps. La méthode par exclusion peut être utile dans beaucoup d'occasions. Du reste, ce tvpe morbide doit disparaître de la nosologie ; il ti'aduit presque toujours des infections digestives ou des premièi'es voies respiratoires.
4"^ La courbe thermique de la fièvre récurrente est la suivante : période de fièvi"e élevée, légèrement rémittente, alternant régulièrement avec des périodes d'apyrexie. Le début est quelquefois brusque, ou accompagné de légers prodromes (incubation de 3 à 8 jours), élévation thermique à 40'^ et plus pendant cinq à sept jours, avec l'émissions matinales insignifiantes, chute critique de la température jusqu'au-dessous de lanoi'male. Après quelques jours d'apyrexie, retour à la santé, pendant lequel survient un nouvel accès, généralement moins long que le premier, et qui met fin à la maladie ; dans quelques cas ou peut compter jusqu'à quatre accès.
Pour le diagnostic : le tracé thermographique, le spirille dans le sang.
S*' Fièvre jaune. — Cette maladie offre deux périodes distinctes : l'une fébrile, et l'autre d'intoxication, avec ou sans fièvre. Cette conception de la marche du typhus amaril, qui appartient à Fajaudo, se rapproche beaucoup plus de la vérité, dans la généralité des cas, que celle qui divisait l'affection en trois périodes : celle de l'invasion, celle de la rémission et une troisième, qui peut se présenter avec ou sans fièvre.
(juoi qu'il en soit, la fièvre jaune à type classique commence chez l'enfant par une élévation subite de la température qui, en une heure, peut atteindre l'acmé, SO'' et 40", quelquefois 40*^,5, mais sans de grandes élévations comme chez l'adulte; après être restée stationnaire pendant un ou deux jours, elle s'abaisse jusqu'à la température normale ou presque normale et s'y arrête, ou bien elle se maintient sans réaction fébrile
70 KLKMEXïS DE SÉMÉlOLOCIE INFANTILE
jusquiiu troisième jour. La terminaison fatale, chez les enfants, peut èti'e précédée indifféremment d'hypo ou d'iiyperlhermie.
Mais le mal de SiAjy'evét de nombreux caractères dirrégiilarité, qui donnent origine à la création de formes, d'après la prédominance de tel ou tel symptôme.
Comme Torrks Hu.mem lavait déjà signalé chez l'adulte, la fièvre jaune débute quelquefois chez l'enfant par des accès intermittents ou une marche rémittente, qui font croire au paludisme. Daiilres fois elle évolue avec une température un peu au-dessus de 38*^', au maximum, presque toujours sans phénomènes caractéristiques (comme dans l'observation 23), et le voinilo negro apparaît subitement. Dans ce cas, le malade était au quatrième jour de la maladie ; on voit combien fut longue la seconde période.
Les tracés que nous présentons sont dus à l'obligeance de notre distingué confrère et ami, le D'' Caulos SEmL, directeur de l'Hôpital Sàù Sebastido, hôpital d'isolement de fièvre jaune, à Rio de Janeiro. Nous avons divisé ces tracés en deux séries : dans les uns la fièvre a évolué en basse température, quelquefois extrême, dans d'autres elle a suivi le cours le plus commun.
En étudiant ces tableaux thermographiques, on voit que la mort peut survenir, dans la fièvre jaune, en hypo ou en hyperthermie, avec ou sans hémorragie antérieure. Il n'y a, parmi eux, aucun cas de forme abortive, dans laquelle l'affection se limite à la première période, suivie d'une issue favorable, mais il y en a de forme foudroyante, la mort ayant lieu pendant cette période. Si l'on examine quelques tracés on verra comment l'hyperthermie a été bien supportée par certains petits malades.
Les lois de thermométrie clinique que l'éminent Torres- HoMEM a établies pour la fièvre jaune chez l'adulte, ne sont pas infaillibles chez l'enfant ; notre observation est limitée, mais nous ne les avons encore vu confirmer par aucun pédiatre qui se soit occupé de ce sujet.
Bordas et Guiteras, qui ont étudié la maladie aux Antilles, sont d'accord avec les auteurs brésiliens quant à la séméiotique du pouls, la même que celle de l'adulte dans la fièvre jaune :
EimeAù^. Gr.
Fig. 13.
Thermomêtrio de la fièvre jaune chez l'enfant.
1" série. — 18 cas. llyperUiermic tlans la première péi-iode.
Fig. 14.
Thennoinûtrie de la fiùvro jaune chez l'enfant.
Irc série. — 18 cas. Hyperthermie dans la première période {suite).
Ed. Ùhtrhjx, Or
Fig. la.
Tlicrniomélrie de la fièvre jaune chez l'enfant.
2« série. — 10 cas. i'yre.vie légère.
Kl.f.UKNlS DE SÉUÉrOLOCIE INFAKTII.K.
ELEMENTS DE SEilEIOLOGIE INFANTILE
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