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SÉMÉIOTIQUE DE LA 1>EAU

1*^ Couleur. — Pâleur. — Une peau blanche, d'un ton pâle ou jaunùtre, n'indique pas toujours, dans les pays chauds, J'anémie : elle représente quelquefois un ton chromatique particulier et assez souvent héréditaire. Cependant, en général, les maladies cachectisantes donnent un ton pâle au tégument externe. Cette pâleur, dans la cachexie palustre, n'est pas la même que dans rankyloslomiase ; dans la première il y a la couleur de cire vieille, qui n'existe pas dans la dernière {Torres IIomkm).

La pâleur qui accompagne les maladies sans fièvre, les entérites chroniques, les néphrites, le surmenage, les anémies iliverses, la syncope, peut se présenter dans des maladies aiguës, d'une façon caractéristique. Avec un certain degré de <;yanose, elle annonce l'accumulation de CO^ dans les pneumonies, dans le croup, par exemple, ou dans d'autres causes d'asphyxie, dans l'état de moi't apparente ; — elle vient à la suite d'héinorrhagies, ou précède et accompagne les hémorrhagies intérieures, — elle est un symptôme grave dans le coui's des maladies infectieuses aiguës.

Laxdouzy accorde à la peau très blanche, marbrée, certain signe présomptif de candidature à la bacillose (voir. Tuberculose, dans le chapitre I).

RiLLET et Barthez ont trouvé 314 cas de tuberculose infantile et 211 de non-tuberculose, distribués de la manière suivante :

3i4cnfanls 211 enfants tuberculeux, non tuberculeux.

Peau blanche 97 43

Peau brune 46 31

Couleur ignorée 171 137

Houf/eur. — Chez lenfanl, au moins jusqu'à l'âge de 7 ans, la rougeur pudique se manifeste rai'ement. La peau, cependant, surtout celle du visage, rougit dès qu'il se produit une élévation Ihermique d'une certaine importance. Le faciès l'ouge n'a pas alors, par lui-même, de valeur séméiotique spéciale. Dans la fièvre jaune, par exemple, il ressemble à celui de la rougeole, dit Guiteras, mais il faut remarquer que, pendant que les yeux

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larnioyent un peu, craignent la lumière, sont injertés, la physionomie est pâle et abattue.

11 est donc à noter que, contrairement à ce qui se passe chez ladullc atteint de fièvre jaune, la rougeur de la face se produit rarement chez l'enfant frappé de cette même maladie, et que riiyperhémie de la partie antéro-postérieure du thorax qui chez ladulte facilite tout le diagnostic, est encore plus rare (J. M. Teixeira).

La rougeur, limitée à tel ou tel endroit du corps, indique une lésion topique inflammatoire. Sur le visage, elle accompagne beaucoup daffections aiguës et l'insolation ; dans la pneumonie et dans la méningite, elle occupe presque toujours les pommettes.

Dans la méningite, on note aussi à la paroi abdominale la tache cérébrale de Trousseau.

Ictère. — La teinte jaune de lictère ne fournit pas, par ellemême, une contribution importante au diagnostic. La jaunisse n'est qu'une partie des syndromes, qui comprennent, en outre, la décoloration des fèces et la réaction de Cmelix dans l'urine, les signes urologiques de dégénérescence hépatique, auxquels cette réaction peut manquer, ou, cliniquement, la polycholie, la diarrhée ou les vomissements bilieux, avec ou sans fièvre, avec ou sans hémorrhagies. Les ictères sont ortho ou mét;ipigmentaires, suivant l'étude magistrale de Boix, c'est-à-dire qu'ils sont dus à la résorption des pigments biliaires normaux, ou déjà modifiés. Dans les premiers, chez l'adulte, la peau est d'un jaune vif, d'un jaune qui lire toujours sur le vert, observe cet auteur, tandis que dans les ictères méta-pigmentaires, il y a un fond rouge, un jaune rouge brun, un sub-ictére, comme on dit généralement.

Chez l'enfant, au moins pendant les premières années, ces nuances ne sont pas bien tranchées et les ictères sont accompagnés de symptômes constituant des maladies spéciales à l:i première ou à la seconde enfance. La pédiatrie n'étant pas, snr ce point, aussi avancée qu'il serait à désirer, nous recommandons, en présence d'un iclèi'e, de procéder autant que possible à l'examen de l'urine, pour vérifier s'il est ortho ou

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iii(';ta-pigmentairc, car de celle opération découlent des conclusions utiles au diagnostic et au pronostic.

Les ictères avec réaction de Gmelix sont les suivants :

1" Celui des nouvau-nés, constitué presque toujours par la coloration exclusive de la peau (quelques auteurs n'ont pas observé la réaction. Giarré confirme l'absence d'urobiline).

2'^ L'ictère catarrhal, angiocholite, avec décoloration fécale, commune à tous les âges. L'urobilinurie est faible et transitoire (Giarré).

3*^ Lictère épidémique, dans toute l'enfance, avec les symptômes généraux, décolorations des fèces.

4'^ L'obstruction congénitale des voies biliaires (f'' période].

A. — Les ictères avec hémorrhagie sont :

1'^ Le morbus Wixckeli, maladie bronzée hématurique (Réxon) — particulière au nouveau-né. Hématurie.

2'^ L obstruction congénitale des voies biliaires : hémorrhagies multiples, mélœna, ecchymoses sous-cutanées, stomatorrhagie, épistaxis, hématémèses, hématm'ie.

S'' Ictère grave, maladie à symptômes généraux, susceptible détre confondue avec la fièvre jaune et la fièvre bilieuse des pays chauds. Les fèces peuvent être ou non décolorées, et les hémorrhagies faire défaut dans les trois affections. Anamnèse de l'ictère précédent.

4'^ Ictère par infection ombilicale, dégénéi'escence graisseuse du nouveau-né, maladie de Blhl. Asphyxie en naissant, diarrhée sanguinolente, vomissements, omphalorrhagies, ecchymoses buccales et nasales.

:i"^ Ictère syphilique. La syphilis hépatique des nouveau-nés : iK-morrhagies multiples ; otorrhagies.

B. — Les ictères avec polycholie, c'est-à-dire avec vomissements cl diarrhée bilieuse, sont les suivants :

i" La polycholie du nouveau-né, rare et mal définie ;

2" La fièvre bilieuse grave de la seconde enfance.

L'ictère apparaît dans toutes les maladies qui entraînent l'insuffisance hépatique ; lésions du cœur, kystes, cirrhoses du Ibie. Dans celles-ci, suivant la variété et la période de la maladie, l'examen donne ou non la preuve de l'état de dégénères-

renre de la cellule hépatique. Lictère est assez souvent une conséquence de In deslruction dliématies, dans les infections graves ([lendant la convalescence de la fièvre jaune), dans les empoisonnements (phosphore).

Dans la période dévolution de la pneumonie, quand elle va être suivie de pleurésie, la toux devient sèche, quinteuse, et on remarque « une coloration spéciale des téguments, surtout appréciable à la face, tirant sur le jaune et même un peu sur le vert » (Netter) .

Cyanose. — On rencontre la cyanose :

A. — Dans les vices congénitaux du cœur et dans lasthénie cardiaque. Dans le premier cas, elle est si connue qu'on a donné le nom de maladie bleue, à la maladie consécutive à la persistance du trou de Botal. La coloration se monti*e à la muqueuse de la bouche, à la conjonctive, à la figure, aux ongles, au nez, aux pommettes, à la vulve, etc. ; et augmente avec les efforts de renfant.

A la conjonctive, la coloration est dun bleu-gris. Quand la cyanose s'étend, elle le fait par plaques, le long des membres cl du tronc ; dans les hémiplégies elle prédomine du côté attaqué.

Cette cyanose, dans la maladie bleue, a par exclusion une valeur pour le diagnostic : elle ne produit pas d œdème, d'albuminurie, de dyspnée, de troubles du rythme cardiaque ; elle n'a aucune ressi'mblance avec celle de la coqueluche.

On peut tracer schématiquement le tableau de la cyanose dans les lésions congénitales du cœur :

Rétrécissement pulmonaire congénital : bruit de souffle systolique à maximum à la base, au niveau du deuxième espace intercostal gauche, près du sternum; frémissement cataire; malilé cardiaque augmentée transversalement.

Rétrécissement congénital de l'aorte : bruit de souffle systolique rude, à maximum au niveau du deuxième espace intercostal droit, à propagation dans les vaisseaux du cou; hj'perlrophie du ventricule gauche.

Communication interventnculaire : maladie de Roger : bruisse-

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