‹ Eléments de séméiologie infantileChapitre 67 sur 102 · PNEUMONIE BLANCHE · texte numérisé non relu

PNEUMONIE BLANCHE

ApyrL'liquc.

Matiti' et affaiblissement de la respiration presque toujours unilatr-ralcs.

Dypsnéc sans accùs constants

AÏEI.ECTASIE

Apyréti(|uc.

Matité et airaiblissenicnt (Je la respiration, localisés aux bases, et disparaissant par l'insufflation.

Dyspnée avec accès constants d'apnée: cyanose, état syncopal. l d'apnée.

La pneumonie septique des nouveau-nés est également presque toujours apyrétique ; elle constitue une complication survenant après l'infection générale. Cette complication se manifeste par des hémorrhagies, par des ictères, par ces deux symptômes, à la suite desquels apparaît une dyspnée, entraînant la matité bilatérale des poumons et l'absence de murmure vésiculaire dans cette zone. Si la matité se montre absolue, il y a lieu de penser ù une pleurésie, fréquemment i)urulente.

Les pneumonies acquises des nourrissons attaquent en général les enfants vigoureux. Parmi les éléments de grande valeur pom* le diagnostic, on doit compter la courbe thermique, le rapport entre le pouls et la respiration et l'examen du sang, — circonstances dont il faut tenir compte (juand l'examen local n'a pas suffi à établir le jugement médical.

La pneumonie abortive et la pneumonie migratrice peuvent être considéi'ées comme des congestions pulmonaires; sans répétition dans le premier cas ; avec répétition dans le second,

La pneumonie gastrique offre quelques difficultés à être reconnue. C'est une maladie aiguë, qui débute par des phénomènes gastriques douloureux et de la diarrhée, ce qui peut faire penser à une entérite infectieuse, les affections de ce genre étant très fréquentes chez le nouveau-né. Un doit peser alors ces points importants : l'insuccès de la médication du côté de l'appareil digestif, la courbe thermique cl le rap|tort entre le pouls et la

APPAREIL UESPIUATOIUE 341

respiration, en outre des phénomènes sthétlioscopiques, qui peuvent se révéler, si on les recherche avec soin.

Dans la seconde enfance, l'erreur n'est pas facile, mais elle peut cependant se produire. Le cas suivant, cité par Pat.ieh. est d'une telle éloquence qu'il mérite d'être transcrit, même dans un livre comme celui-ci qui n'est pas un ouvrage de clinique.

Un enfant de six ans présentait, depuis dix jours, des troubles iligestifs, quand, à la suite de frissons, il lui survient une fièvre de 40" et des douleurs abdominales très violentes, avec constipation.

L'examen des poumons à l'auscultation ne révèle rien qui indique la souffrance de ces organes. Malgré la médication, le même état grave persiste pendant trois jours. Le quatrième jour, on ouvre le ventre, et, d'après le diagnostic établi de lésion de l'appendice, on va à la recherche de ce dernier. Le péritoine et l'appendice sont intacts; la mort survient le lendemain. L'autopsie révèle un épanchement purulent dans la plèvre; processus de pieuro-pneumonie.

Les signes nets de pneumonie peuvent être tardifs dans les i'ormes gastriques, mais il est très rare qu'ils fassent défaut. C'est ce qui arrive, en général, dans la forme cérébrale de la phlegmasie lobaire du poumon. Les symptômes méningitiques ouvrent la marche, mais ils disparaissent ensuite pour laisser la pneumonie se dessiner de façon évidente.

Le fait peut, toutefois, ne pas se produire, et la maladie poursuivre sa marche avec des symptômes de méningite. Dans ce ras, on ne doit pas oublier : la ponction de Ql'inke, si souvent révélatrice (chapitre III), et la courbe thermique, qui n'est seml)lable à celle de la pneumonie que dans la méningite purulente, d'anamnèse connue.

2° Les broncho-pneumonies congénitales ont les mômes orii-'ines et présentent les mêmes particularités que les pneumonies rongénitales.

Dans les broncho-pneumonies acquises, il y a à considérer la forme à bronchite capillaire et la pseudo-lobaire, et comme intermédiaire entre elles, la broncho-pneumonie à foyers dissêiiiinés. Toutes ces formes sont secondaires, en général, à des

KLKMEXTS DE SKMEIOLOGIE INFANTILE

traclico-hronrhites, quelles accompagnent, ou non, des infections aigu» 'S.

Pour la délimilalion des deux formes extrêmes, il importe de remarquer les circonstances suivantes :

BRONCIIIOLITE

Percussion négative.

Rûles lins, crépitants ou siijilants. sans fixation aux points où ils se produisent.

BROXi:HO-PNEr.MONIE PSEL"DO-LOB.\IRE

Matité.

Râles fi.xes : les inspirations profondes ne les font j)as disparailro.

La marche irrégulière, révolution saccadée, le peu de fixité des phénomènes stéthoscopiques, les alternatives de mieux et d'aggravation dans le processus suhaigu, qui est le plus fréquent de Taffection, plaident en faveur de la broncho-pneumonie à foyers disséminés.

Quant au diagnostic entre la broncho-pneumonie à foyer localisé à la base et la pleurésie, on doit noter les différences qui suivent :

BRONCHO-PNEIMOME

PLEIRESIE

/ Enanic'TO

et \ en bas.

Bronciioplioiiic.

Respiration bronchique.

Augmentation de vibrations tlioraciques.

La matité ne s'étend pas en avant, ni vers les parties latérales du thorax.

11 nv a pas <ie phénomènes douloureux à la suite de l'effort du

Bronchophonie.

Respiration bron- / Au-dessus chiijue. f de la zone

Augmentation de vi- l de

thoraci-

matité.

brations ques.

La matité peut s'étendre en avant et vers les parties latérales du thorax.

il existe souvent des phénomènes douloureux à la suite de luIVort du cri.

3" Le diagnostic de la pleurésie n'a pas toujours autant d'éléments favorables. Nous avons déjà signalé plus dune fois la façon insidieuse dont débute la pleurésie infantile, qui revêt la symptomatologie la plus étrange, en outre de ce qui a trait aux vibrations thoraciques, à l'auscultation, peu révélatrice, et à la percussion, qui est de si grande valeur pour reconnaître ce type

-UTAREIL RESPIRATOIRE 343

nosologique. Le signe du sou, dès qu'il est perçu dans toute sa pureté, ainsi que l'a démontré le professeur Moussous, ne permet rhésitation qu'entre l'épanchement pleurétique et la splénopneumonie, dont la délimitation a été clairement indiquée dans les pages précédentes.

Comme élément de précaulion, nous rappellerons seulement que l'on doit toujours rechercher la pleurésie dans le jeune âge et ne l'exclure, quels que puissent être les symptômes contradictoires qui se présentent, qu'après un examen méthodique et bien réfléchi.

4" Quant aux bi'onchites aiguës, nous avons déjà signalé leurs symptômes, lors de l'examen analytique de la percusssion et de l'auscultation de l'appareil respiraloirc.

La dilatation bronchique n'entraîne pas des vomiques dans l'enfance. Il arrive que des enfants en état apparent de santé et ayant une toux chronique, fréquemment consécutive à la coqueluche, à la grippe, aux fièvres exanthématiques, présenlenl à l'auscultation des signes cavitaires. 11 leur survient parfois une fébricule vespérale, et tout contribue à faire pencher du côté de la tuberculose le jugement du médecin inexpérimenté.

Ce diagnostic est cependant contredit par l'état florissant du malade, et surtout, par l'absence des bacilles dans l'expectoration.

§ 5. — Thymus

Anatomie. — Le thymus date du deuxième mois de la vie embryoïmairc. 11 se développe graduellement, de façon à présenter un grand développement à la naissance de l'enfant et son augmentation de volume continue ensuite, mais en proportion restreinte jusqu'à l'âge de deux ans. Après avoir atteint ce maximum, l'organe le conserve jusqu'à l'âge de neuf à dix ans, il diminue alors progressivement jusqu'à l'époque de la puberté où il est pres(|ue disparu. Il peut cependant persister, et Klebs attribue à ce fait l'acromégalie.

Le thymus se compose de deux lobes symétriques et aplatis ; divisés à leur tour en lobules ; ils sont réunis en un canal

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commun el reliôs par du lissu conjonclif et un grand nombre de vaisseaux sang\iins. L'organe renferme des vésicules, de 3 à 8 dixièmes de millimètre de diamètre, et qui sécrètent un liquide lactescent, un peu acide. Ce liquide est constitué, d'après Friedleber, par de l'eau contenant de l'albumine, du gluten, de la graisse, des sols minéraux, du sucre, de l'acide lactique, une matière pigmcntaire et de l'iiypoxantine. Ilistologiquement le thymus présente des noyaux libres, à cellules épithéliales, pâles ou granuleuses à un seul noyau, et souvent quelques corpuscules arrondis particuliers, formés de stratus concentriques et infiltrés d'une substance granuleuse, corps concentriques du thymus, qui sont considérés comme des follicules fermés en voie de destruction (Burxs).

A la naissance, le thymus pèse environ 4 grammes, ce chiffre peut, toutefois, être dépassé. Lorey a fixé pour cet organe les ihiffres suivants :

Grammes.

De la naissance à 2 mois 3,62

De 2 à 4 mi.is 3.9

De 4 à 6 — 3,4

De 6 à 9 — 2.0

Do 9 à 18 — 4.0

De 18 à 24 — 3.8

De 24 à Sf, ans 7.0

Do 3 à 4 — 3.0

Do 4 à 0 — 3.0

Physiologie. — Le thymus ne forme pas partie intégrante de l'appareil respiratoire, mais il présente avec ce dernier tant de connexions, aussi bien en ce qui concerne l'anatomie du thorax que dans la pathngénie du spasme de la glotte, que son étude doit figurer naturellement dans ce chapitre.

Les recherches expérimentales de Friedleber paraissent démontrer que le thymus joue, dans le cours de son développement, le rôle de préparateur du sang et de la formation subséquente du tissu osseux, et d'autres tissus dans une moindre proportion. C'est un conservateur de la lymphe ; il sort à la nutrition et au développement de l'organisme en voie d'accroissement.

A 1' I' A R E 1 L R K S P 1 li A T I J I P. E

Pathologie. — Au point de vue pathologique, Torgane occupe une place intéressante en pédiatrie, car c'est à lui qu'on a attribué, quand il s'hypertrophie, le spasme de la glotte, question encore controversée, toutefois, entre les spécialistes.

(iuAwrrz a démontré ijuc l'espace entre le sternum et la rolonne vertébrale, chez le nouveau-né, est, en moyenne, de 2 centimètres, et que le thymus peut, par conséquent, dès qu'il augmente de volume, comprimer facilement la trachée. Le même auteur n'a trouvé que l'hypertrophie du thymus comme lésion anatomique, dans des cas de mort subite d'enfants. Mais

34t3 ÉLÉMENTS DE SÉWÉluLUGIE I. M' AN T ILE

Paltalf atti'ihiie l'issue funeste, dans les mêmes cas, à une dialhèse Ivmphalique générale, dont Ihypertrophie tliymique serait un phénomène : et Scheele affirme, après des expériences cadavéï'iques, quil faudrait le poids d"un kilogramme pour aplatir la trachée.

Cette compression existe, cependant, chez l'enfant vivant, comme l'a prouvé une autopsie pratiquée par Mahfax; et Bexecke a fait voir que le phénomène rencontre des conditions de facile réalisation dans la flexion de la tête en ariiére, la trachée étant alors comprimée par le thymus en hypertrophie. D'ailleurs, comme le dit Pott, la trachéotomie n'est d'aucune ressource dans le spasme glottique avec hypertrophie du thymus, — ce qui plaide en faveur de l'influence pathogéni([ue de l'hyperplasie, et l'on peut comprendre que celle-ci agisse comme un ganglion augmenté, à la façon, au moins, d'une excitation péiùphérique, et exerce une influence funeste sm" la circulation et la respiration.

Il est certain que la constitution lymphatique a une valeur prédisposante, mais l'hyperplasie thymique, en comprimant de gros vaisseaux, comme l'artère pulmonaire, et la partie supérieure du cœur, peut jouer, comme le pense Pott, un rôle important.

Quoi qu'il en soit, l'augmentation du thymus oflre une valeur pathogéniquo.

Le thymus se trouve situé derrière le sternum, dont la ligne médiane ne coïncide pas toujours avec celle de cet organe, de sorte qu'on peut le rencontrer plus d'un côté que de l'autre du sternum. Son sommet correspond au bord supérieur du manubrium: sur les côtés, il est susceptible de déterminer la matité dans le 2*^ espace intercostal gauche, s'il est dévié vers la gaucho, et au niveau du 'i*^ ou du troisième espace intercostal droit, s'il est dévié vers la droite. Intérieurement, il est difficile de séparer la matité d'origine thymique de la matité cardiaque chez le jeune enfant.

L'organe recouvre une partie du cœur et des gros vaisseaux et sa présence derrière le sternum est cause que les rapports des lames de la plèvre ne sont pas identiques chez l'adulte et le nouveau-né.

Al'l'ARElL UESl'IUATOIRE J4T

L'iiypeiirophie du lliviuus fait partie de l'état lymphatique d'EscHERicH, syndrome caraclérisé par laugmeiatation de volume du Ibie, l'hypertrophie des éléments hmphoïdes et des ganglions lymphatiques, un léger degré de rachitisme et l'aspect pâteux général. C'est à cette cause que l'on attribue certaines morts subites des nourrissons.

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