SEXE
Mascul
in
Friniiiin
Mascii
iillos
POIDS .M(JYE.N Ju corps eu kiloKi'.
il" " 32.69
QUANTITE U LRINE
en viiifîl-qualre heures.
Ql'AXTlTÉ I) llUXE
par chaque kilog.
de poids du corps.
Bézy a établi le tableau suivant de l'urologie normale dans la seconde enfance, en considérant l'émission de 24 heur es, relativement au poids de l'enfant, par kilogramme.
Volume : 30 à 38 centimètres cubes ou deux fois plus que chez l'adulte.
Azote : 30 à 33 centimètres cubes correspondant à 28 centimèli*es cubes de l'aduite.
Urée : 0,61 à. 0,73 centimètres cubes ou le double de l'adulte.
Acide urique : 0,009 à 0,010 millimètres contre 0,008 chez l'adulte.
Acide phosphorique : (de un à cinq ans) 0,077 et 0,067.
La quantité, la fréquence et la facilité des mictions, permettent de déduire les interprétations symptomatiques.
Incontinence. — L'incontinence est normale pendant les premiers mois de l'existence. L'enfant sain, qui profite de l'allaiteinent, urine et dort généralement dès qu'il quitte le sein.
Sauf quelquefois dans la méningite et exceptionnellement dans la dolhiéncntérie, la rétention , d'après Koger, s'observe l'arement dans l'enfance. Elle peut se présenter, non-seulement à la suite de lésions chirurgicales des organes urinaires, mais encore dans l'hystérie, où il y a également olygiuic ou polyurie.
Dysckie. — La dysurie se manifeste habituellement dans le cours des j)yrcxies, ou bien elle est causée par des phlegmasies nu (les maladies congénitales de l'urèthre, la phlegmasie ou l'adhérence des nymphes.
La pollaldurie n'a rien de particulier à la pédiatrie.
YoGKL signale une ischurie spasmodique, fréquente dans les premiers temps de la vie. chez de jeunes enfants souffrant de dyspepsie intestinale.
On observe la réduction du volume de l'urine dans lastliénic cardio-vasculaire. dans les hyperthermies, les diarrhées, surtout dans le choléra infantile, et dans l'imperméabilité partielle du rein : urémie, néphrite.
Le phénomène opposé, la polyurie, regardé comme rare, autrefois, ne mérite plus cette épithète après les travaux contemporains à ce sujet. Il est observé après la résorption de vastes épanchements, dans les néphrites, dans le diabète suci'é et le diabète insipide, à peine caractérisé par la polydipsie et une simple polyurie, qui peut atteindre 10 litres en vingt-quatre heures, chez des enfants de huit ans.
L'anurie est très rare dans la fièvre jaune des jeunes enfants, — d'après ce qu'affirment les observateurs, au Brésil — , mais Jean Guiteras, qui a étudié le typhus ictéroïde au Guatemala, pense que l'anurie est seulement moins fréquente que chez l'adulte. Ce symptôme peut se pi'ésentcr également dans la diphthérie, comme précurseur de la mort. Albuminurie, vomissements, suppression de la sécrétion urinaire et issue fatale, tel est l'enchainement commun des phénomènes d'après Goodham..
L'énurésie — émission involontaire nocturne et quelquefois diurne — est spéciale à la pédiatrie et il n'est pas rare qu'elle accompagne l'individu jusqu'à la puberté.
Énurésie. — Il importe au praticien d'en reconnaître la cause qui réside tantôt dans l'hérédité névropatique, tantôt dans des affections de l'axe cérébro-spinal et de l'appareil uropoétique, et jusque dans le diabète sucré. IIarry Mariox Sims attribue l'incontinence observée chez les petites filles au rétrécissement de la vessie, amenant par hypei'trophic de la tunique' musculaire la diminution consécutive de sa capacité.
Le D'' TowxsExu a réuni 100 observations d'incontinence d'urine dans le jeune ùge. 11 s'agit de malades de deux à qu.itorze ans, 50 de chaque sexe ; 48 souffraient d'énurésie noclunn".
APPAREIL UROPÛÉTIQUE 357
2 d'énurésie diui'ne, 47 d'énurésie nocturne et diurne, et 2 d'entre eux souffraient également d'incontinence rectale.
Tow'NSEND montre la grande valeur de l'uricémie dans ces cas par suite de sa remarquable fréquence dans l'enfance, et indique les causes suivantes chez les 100 malades étudiés:
1" Mauvaise conformation delà vessie et de lurèthre ; épispadias, 1; étroitesse du méat, 2.
2"^ Atonie du sphincter vésical ; débilité générale et anémie, 17.
3" Incontinence par irritation réflexe: a) augmentation de la quantité de l'urine : néphrite, 1; diabète, 0; b) altération de la qualité des urines : excès d"acidité, 3; c) calcul vésical, 0; d) hvpercxcitabilité des organes génitaux provenant de : phimosis 1 i : adhérence du pi'épuce avec ou sans rétention du smegma et balanite, 22; vulvite, 1; masturbation, 1; e) irritation anale: par vers intestinaux, 6; eczéma, 1 ; polype rectal, 1 ; f] irritabilité de la vessie par cause inconnue, Si.
Freud a trouvé, au moins chez la moitié des malades atteints d'énurésie, une exagération du tonus musculaire des membres inférieurs. On assied l'enfant nu, sur le bord d'une table et on essaye d'écarter les jambes qui pendent — ce qu'on obtient dilTicilement — et si on les abandonne à elles-mêmes, ces membres se choquent violemment, et les talons battent l'un contre l'autre avec bruit.
Densité. — L'urine du nouvean-né, obtenue par catliétérisme. a fourni à Dohhx la densité de 1 : 002,8 à 1 : 006. Biedermann a fixé les chiffres suivants dans les dix premiers jours: 1, 1 : 010,0; II, I: 019,0; ll[, 1:009,0; IV, 1:004,5; V. 1 : 006,0; VI, 1:004,8; Vil, 1 : 005,o; VIII, 1: 003,7; IX, 1: 002,4; X, 1 : 002,7.
Après la première semaine, le poids spécifique diminue en même temps que l'allaitement se régularise, et bien que les rhilVrcsde Bischoff, Camerer, Hecker, Picard et autres ne permettent pas de tirer des conclusions suffisantes, il paraît prouvé que la densité de l'urine, dans la première et dans la seconde enfance n'atteint pas le chiffre moyen de celle de l'adulte.
Les variations appréciables par le densimètre, d'après les maladies (dyscrasics, névroses, néphrites) ne présentent pas une
358 ÉLKMEXTS DE < K M K lû LO GI E INFANTILE
interprétation séméioliqiic spéciale à lenfance, et la densité fin liquide excrété suit proportionnellement les oscillations de l'urée.
Martin et Ruge recommandent, dans la première enfance, de remplacer par i ,0 le coefficient 2,0 à 2,33 (d'après Boichakdat ou Hasseb), que l'on emploie dans le calcul des matières solides de l'urine de l'adulte.
Couleur. — La couleiu* de l'urine, jaune clair chez le nouveau-né, devient plus foncée quand l'enfant perd de son poids, et reprend sa coloration primitive après le 6*^ ou le 8^ jour.
Le liquide extrait par cathétérisme dans la première semaine est plus clair que celui des émissions naturelles. Ce fait, consigné par Martin et Kuge, est expliqué par le professeur Vierordt. qui se base sur des expériences faites à l'Institut Kaupp : L'enfant urinant rarement, permet à la vessie d'absorder largement l'eau de l'urine, qui devient ainsi moins limpide.
En ce qui concerne la séméiotique des changements de coloralion, il n'y a rien à modifier aux notions acquises relativement à l'adulte. La bile coloi-e l'urine en vert, le sang en rouge de plusieurs nuances, la santonine en jaune foncé, qui .se transforme aussitôt en carmin, le bleu de méthylène en bleu, l'acide phénique en noir, etc.
Stier a rencontré, chez un enfant de huit ans, l'alcaptonurie, encore plus manifeste par l'addition de chaux. Pour l'auteur, cette coloration noire, due à l'acide homogentisinique, dépend des échanges interstitiels.
Dans les conditions physiologiques, l'urine est plus claire pendant l'allaitement qu'après le sevrage, et après la transformation du l'égime alimentaire qui en est la conséquence.
Transparence. — La transparence diminue beaucoup dans les premiers jours de la vie, parce que le liquide urinaire contient des sédiments avec épithélium vésical, de l'acide urique et même de l'albumine, mais ce trouble n'est pas d'un caractère pathologique et a une courte durée.
.Vbandonnée à elle-même, l'urine de l'enfant se trouble plus facilement que celle de l'adulte, ce qui provient de la pullulalion d'organismes inférieurs.
APPAREIL U R 0 P 0 É T 1 Q L' E 3'o9
Odeur . — Proportionnellement à Tâge, d'inodore qu'elle est chez le nouveau-né, elle acquiert progressivement l'odeur spéciale quelle offre chez l'adulte.
Réaction. — Presque toujours neutre ou rarement alcaline, le premier ou les premiers jours après la naissance, l'urine des nourrissons, d'après le professeur Parrot, se présente presque toujours neutre, et son acidité, quelque faible quelle soit, doit toujours faire soupçonner un défaut dans le système alimentaire de l'enfant.
Cruse accepte cette opinion, tandis que Martin et Ruge signalent une légère acidité dans les 3 4 des cas, dans l'urine fraîche des premiers temps, et une alcalinité faible ou une réaction neutre dans le reste des observations.
Vwina sanguinis est plus facilement acide que celle du jour, Appelée urUiapotus. L'urine est fréquemment acide dans le scléi-ème et dans latrophie infantile.
Urée. — UoHRN a trouvé 30 milligrammes durée dans la vessie d'un enfant qui venait de naître, et Marti.x et Ruge ont fixé les quantités suivantes pour les dix premiers jours : — 0,0763
Relativement très abondante pendant le premier mois (0,80 par litre par kilogramme de poids, suivant Parrot) et axTivanl même pendant la 3'" semaine à is"" et ie'',89, l'urée diminue progressivement avec la lactation. .Tusquà làge de onze ans, Ca-merer a dosé lle'Vl à 156'',i et Ion peut affirmer, d'une façon générale, que de la deuxième année jusqu'à la pubei'té, le chiffre est de 1,700, inférieur par conséquent à celui de l'adulte.
L'urée, dont la signification jthvsiologique est la même chez l'enfant que chez l'adidte, est également influencée dans sa production, suivant la dénionsti'ation de Schabanowa, par lingeslion des albuminoîdes. Cependant, le nouveau-né, ingérant par 24 heures 2 fois plus d'azote que l'adulte, excrète par l'urine 6 fois moins que lui, bien qu'il fixe approximativement le même chiffre d'oxygène. Il brûle donc moins, en absorbant plus de combustible et la même quantiic de comburant. Cet excès de l'assimilation
sur la désassimilation explifiue raugmenlation quotidienne du poids.
La température exerce également son action sur la quantité du pi'oduit que nous étudions, de façon que le nouveau-né qui se refroidit le plus a le moins durée.
En ce qui a rapport au poids, le professeur Parrot s'exprime en ces termes : D'une manière générale, l'urine des nouveau-nés de 1 à 30 jours contient par litre d'autant plus durée que le poids de l'enfant est plus considérable, mais, quoique sélevant dans le même sens l'm'ée ne croit pas proportionnellement au poids : de telle sorte qu'un enfant lourd en rendra par kilogramme de son poids, moins qu'un enfant plus léger, bien que la quantité de ce principe, évaluée par litre, soit plus considérable dans le premier cas.
Outre les maladies communes à l'adulte, l urine dépose de l'urée dans latlirepsie et dans le sclérème. L'azoturie est plus commune que l'hypoazoturie ; d'après Monev, cette dernière peut revêtir la svmptomatologie du catarrhe gastro-entérique, faisant perdre à la peau son élasticité, comme dans le choléra infantile.
Ammoniaque . — Keller a trouvé que, dans la dyspepsie légère, le rapport entre l'azote de l'ammoniaque et l'azote total est de 3 à 9 p. 100, et de 30 p. 100 à 40, p. 100 (maximum exceptionnel) dans les formes graves de gastro-entérite. L'amélioralion des troubles digestifs se montre en rapport avec l'élimination de l'ammoniaque, élimination qui serait pour Kelleh un indice de l'état des fonctions hépatiques.
SïADELMANN a vérifié la grande élimination d'ammoniaque dans le diabète grave.
Acide urique. — Un élément constant dans l'urine du nouveau-né et qui augmente pendant les trois premiers jours pour diminuer ensuite, c'est l'acide uri(iue. Malgré les oscillations par 24 heures à cette époque, il est certain que le rapport entre ce produit et l'urée est plus grand que dans la période ultérieure, bien que la proportion entre l'acide excrété et le poids du corps soit approximativement la même chez l'adulte que chez l'enfant.
On rencontre dans l'urine des nouveau-nés, comme dérivés de cet acide, des urates et de l'allantoïne, dont la présence h
APPAREIL UROPOETIQUE^ 361
été signalée par Wôhler dans le liquide urinaire d'animaux qui venaient de naître.
Queiqucfuis chez le fœtus et généralement chez l'enfant du l^"" HU 7*^^ jour, il existe dans le rein, — jamais dans la substance corticale et avant la moitié des pyramides, convergeant vers le hile. — des dépôts de matière jaune clair ou jaune foncé. Ces dépôts, qui obstruent quelques tubes droits et s'y trouvent moulés, constituent les infarctus d'acide urique de Virchow, infarctus (jui, en dehors de celle substance, renferment de loxalale d'ammonium et des détritus épithéliaux.
L'opinion qui attribuait l'albuminui'ie des premiers temps de la vie à ces infarctus, paraît reprendre une nouvelle valeur, et SiTHERLAXD pcusc même que d'autres albuminuries, dites physiologiques, de l'enfance, comme la cyclique, celle des adolescents et même riiémoglobinurie paroxystique peuvent être attribuées à la diathèse urique.
West affirme, et c'est une docti'ine courante, que sous l'action du froid, de troubles gastriques, de fièvre et probablement d'une tendance héréditaire, l'urine des enfants dépose fréquemment de l'acide urique. Ces dépôts sont passagers, ils produisent tantôt des coliques et la dysuine, tantôt même l'absence d'excrétions pendant quelques heures.
BoKAi croit que l'irritation du col de la vessie par l'acide urique libre et les inf-< relus sont deux des facteurs étiologiques de l'état indiqué par lui sous le nom de spasme vésical et que V(u;kl a nommé iscJiuric spasinodique. C'est le cystospasme, le btasenkrampf des allemands.
BorcHUT considère comme physiologique la gravelle urique des premiers jours de la vie, qui disparaît ensuite.
On connaît la fréquence de la calculose chez l'enfant, et l'on comprend par là l'intensité variable avec laquelle la diathèse urique a cet âge peut se présenter à l'observation. Sutherlaxd la décrit ainsi : — 11 s'agit d'enfants d'apparence spéciale^ maigres, nerveux, d'appétit extravagant, à sommeil agité, à sentiments exagérés, très sensibles au froid, transpirant avec une extrême facilité. Comme signes objectifs on remarque -..—r pharynx irritable, amygdales et tissu adénoïde hypertrophiés,.
iLi..yF.NT3 DE SÉMLIOLOUIE INFANTILE 21
céphalées, catarrhe intestinal avec langue sale, rate et foie augmentés, pouls faible, petit et ii-régulier. Un symptôme d'une grande valeur est la douleur qui accompagne lexcrétion de l'acide urique, douleur qui peut occuper un point quelconque de l'appareil urinaire ou la région ombilicale, être aussi vive que dans la colique néphrétique de l'adulte, au point de réveiller l'enfant, qui crie plein d'angoisse, et a des nausées et des vomissements.
Suivant les anal^'ses de Gauthier, l'urine des enfants élevés au sein est plus l'iche en acide urique. On rencontre les dépôts de cette substance, sous forme de sable couleur de brique, dans les langes ou au fond des vases.
Acides oxalique, hippurique, benzoïque. — Le liquide urinaire des premiers temps contient de petites quantités des acides oxalique , hippurique , benzoïque et leurs composés ; Cruse , cependant, conteste la présence de quelques-uns de ces corps dans l'urine du nouveau-né. On sait, et nous le répétons, que l'oxalate d'ammonium entre dans la composition des infarctus de ViRCHOw.
Créatinc. — Hoffmann dit n'avoirjamais rencontré la créalinc.
Iiidican. — On a commencé, il y a quelques années, à étudier la présence de l'indican dans la tuberculose infantile. Le premier travail sur ce sujet est celui de Hochsinger, de Vienne, qui s'est efforcé, dans une remarquable communication adressée au Congrès de pédiatrie de Brème, en 1890, de démontrer que l'urine riche en indican, chez des enfants de 1 à 6 ans, est un symptôme de tuberculose en évolution.
On comprend la haute portée d'une telle affirmation, dés que des observations ultérieures viendraient l'appuyer, et c'est ce qui explique lintérét soulevé par le mémoire de Kahanne, où se trouve la relation détaillée des cas qui ont fourni les bases des conclusions de Hochsinger. Malheureusement, on voit dans celte monographie que dans la majorité des malades, comme l'a fait judicieusement remarquer Vol;te, l'urine n'a été soumise qu'une seule fois à la réaction de l'indicanurie. Et les expériences de VouTE et d'autres auteurs ont fourni des conclusions opposées à celles du pédiatre de- Vienne.
APPAREIL UROPOÉTlyUE 3Ô3
Chez 19 enfants, de 1, a et lli ans, qui étaient cliniquement et bactériologiquement tuberculeux, W. Stekfx a examiné l'urine 1 203 fois et dans ces analyses, 718 fois il n"a pas rencontré l'indican, il en aaperçu les vestiges 195 fois, de petites quantités 146 fois, des quantités moyennes 86 fois et de grandes quantités 08 fois. On pourrait attribuer la différence des résultats à la dilférence d'âge, mais Steffe> a divisé ses cas en groupes et, dans le premier, de 9 enfants de 1 à 6 ans, comme ceux de lIocHSiXGER, 654 analyses d'urine ont fourni les données suivantes : dans 372, absence d'indican ; dans 120, des traces ; dans 9f, peu; dans 42, une quantité moyenne ; dans 26, une grande quantité.
D'un autre côté. Voûte, se servant du procédé de Jaffé, modifié par Stukvis, d'Amsterdam , a procédé à l'examen de l'urine de 71 enfants de 1 à 9 ans, divisés en deux séries. La première, contenant des malades avec tuberculose, latente ou avancée ou avec scrofulose, a fourni, en ol analyses pour 37 cas : réactions nulles, 13; faibles, 27; moyennes, lij ; fortes, 6.
Dans la deuxième série de 34 cas, sur 42 analyses d'urine d'enfants souffrant de maladies de l'appareil digestif ou d'autres, il y a eu 10 réactions nulles, H faibles, 10 moyennes et 11 fortes.
C. GiARRÉ, se servant de la méthode de Jaffé et d'ÛBERMAYER, a rechei'ché l'indicanurie chez 49 tuberculeux avérés de 1 à 10 ans, et voici les conclusions qu'il présente :
l" Des traces d'indican se trouvent dans l'urine des enfants, par suite de maladies diverses, parmi lesquelles figure fréquemment la tuberculose :
2" L'augmentation de l'indicanurie peut être observée dans les tuberculoses de la première comme de la seconde enfance, spérialcment en rapport avec de graves lésions entéro-péritonéales, des cavernes pulmonaires, la tuberculose miliaire aiguë, sans que ce rapport puisse être considéré comme constant.
3'^ L'augmentation de l'indican dans l'urine peut manquer, même dans les formes les plus typiques de la tuberculose de la première enfance.
4" Une remarquable augmentation d'indican peut se manifester chez des enfants de tout âge, même par suite d'autres maladies,
qui, dans les organes digestifs ou dans d'autres porties du corps augmentent ou facilitent la décomposition des albuminoïdes.
■)^ Lathrepsie non tuberculeuse et les lésions chroniques non spécifiques des organes respiratoires, dont le diagnostic différentiel avec la tuberculose offre des difficultés, peuvent être accompagnées dindican dans furine.
Dans ses investigations sur des affections de nature non tuberculeuse, MoNEY a rencontré fréquemment lindican dans l'albuminurie, les maladies de l'intestin et dans de graves catarrhes entériques {inflammatorij diarrhœa) ; tandis que Sexator, au contraire, déclare lindicanurie très rare dans l'enfance. Steffen a déterminé son absence chez 5 nouveau-nés sains. Chez des malades de un à six ans, il a obtenu les proportions suivantes : diphtérie et fièvre typhoïde (qui, comme on le sait, a une certaine bénignité chez l'enfant) 1 : 5 ; et rougeole 1:3. Dans 60 cas de pneumonie, de bronchites, d'affections rénales et cardiaques, de rachitisme et d'entérite, il n'a rencontré l'indican que 13 fois.
MoMiDLowscKi, étudiant lindicanurie dans la célèbre clinique d'EpsTEiN, à laquelle la pédiatrie est si redevable, a rencontré la réaction dans furine, immédiatement après la naissance, et même avec absence de troubles digestifs, ce qu'il a également observé, bien que rarement, chez les nourrissons élevés au sein.
Dans l'allaitement mixte, même sans altération gastro-intestinale, apparente, l'indican se trouve communément ; il a toujours été rencontré dans les affections gastro-entériques, dont la gravité augmente en raison directe de l'intensité de l'indicanu-
rie.
Dans la seconde enfance, l'indican offre la même valeur séméiotique que chez l'adulte ; d'après MuMUiLOwscKi, il n'existe aucun rapport entre l'indican et la tuberculose infantile.
C'est ce qu'affirme aussi Gehlig dans son travail présenté au Congrès de Rome, où il pose les conclusions suivantes :
a] Les nourrissons sains, nourris au lait stérilisé et qui ne sont pas sujets à des troubles digestifs, présentent quelquefois des traces d indican dans les urines ;
6) Quand surviennent des troubles digestifs, on trouve presque toujours l'indican, dont la quantité augmente avec la gravité
APPAREIL UROPOÉTIQUE 365
(le la maladie. L'indicanurie est particulièremenL accusée dans le catarrhe chronique de lintestin. dans le choléra et dans la fièvre typhoïde.
c) Chez les enfants plus Agés, ne présentant pas de troubles digestifs , l'urine contient noi'nialement de l'indican. Si l'alimentation est très azotée, Tindicanurie se manifeste plus abondamment.
Fahm est de ceux qui n'accordent aucune valeur à la présence de l'indican dans l'urine pour la tuberculose infantile. Cet auteur, (jui a fait des recherches sur la réaction relative à des tuberculoses chii'urgicales, dans la clinique de Bàle, présente des chiffres éloquents. 11 a trouvé l'urine normale ou avec des traces d'indican dans 37 p. 100 des cas à lésions multiples, et dans 39,4 p. 100 des cas à foyer unique, ce qui prouve que l'extension de la lésion n'a aucune influence. Quand l'indicanurie était évidente, la proportion se montrait un peu supérieure dans les cas à foyer multiples. Toutefois, Fahm affirme que l'indicanurie est plus fréiiuente dans la tuberculose que dans d'autres affections.
M"'' LiouBTZA DjOL'RiTCH lafllrme encore plus nettement dans sa thèse inaugurale, dont nous transcrivons les conclusions :
1" L'indican existe à l'état normal dans les urines, mais en «luantités si faibles qu'on peut considérer l'indicanurie comme un phénomène pathologique, surtout chez les enfants dont l'alimentation est moins azotée que celle des adultes.
2'^ L'indican étant un dérivé de lindol, l'indicanurie est surtout accentuée dans les maladies accompagnées d'une hypcrprodnction d'indol.
3° Cette hypcrpi'oduction se trouve principalement dans les maladies du tube digestif, aiguës et chroniques.
4" (In vérifie encore l'indicanurie dans certaines maladies aiguës, comme la fièvre typhoïde, la pneumonie, la bronchite, la chorée grave, la diphtérie, pendant la période d'état; mais elle manque dans la convalescence.
o"^ Elle est constante et permanente dans la tuberculose, et il -cnihle f|u"il existe un rapport intime entre la tuberculose et l'indicanurie. Ce fait peut avoir une certaine importance dans les • as où le diagnostic de la tuberculose est difficile.
De tous les investigateurs cités, M''^ Djoukitch est la seule qui appuie les observations de Kahaxne et de Huchsint.er. Momid- LOWSKi, Steffen, VoiTE, Gl\rré, Fahm, Gehlig. qui ont opéré dans des conditions diverses, contestent la valeur parliculière de lindicanurie dans le diagnostic de la tuberculose infantile. Dernièrement. Zamfiresco a démontré que la tuberculose peut présenter lindican dans lurine infantile, mais que ce produit est constant dans les gastro-entérites des nourrissons, et qu'il est d'autant plus abondant que l'affection est plus intense, principalement si elle est compliquée de suppurations.
Il ne nous semble pas que le sujet demande à être étudié à nouveau, pour que l'on puisse établir la synthèse définitive, et nous nous inclinons devant l'opinion de la majorité des observateurs. Cependant, il est à présumer que Ion na pas suffisamment tenu compte du facteur alimentaire ou morbide, qui fait coïncider la tuberculose sans lésion gastro-intestinale apparente avec l'indioanurie. C'est sur ce point que devront porter les recherches, puisque, d'après l'affirmation judicieuse de Petitpas, l'indicanurie signifie toujours l'existence dune putréfaction intestinale et témoigne en même temps de l'état de résistance fonctionnelle du foie.
l'robilme. — Lurobiline n'existe pas dans les urines normales des enfants, mais il y a de la stercobiline dans les matières fécales, quand lallaitement est artificiel. Cest ce qu'a démontré Gl\rré, qui a prouvé, en outre, que l'on rencontre une faible urobilinurie dans les maladies infectieuses en général. Cette urobilinurie, légère, transitoire, ne se confond pas avec l'urobilinuric permanente et abondante, que l'on rencontre chez l'enfant dans les affections avec stase biliaire et destruction cellulaire.
Coefficient toxique. — Solard a procédé à des expériences dans le but de déterminer le coefficient toxique de l'urine des enfants bien portants. Injectant dans les veines de lapins le liquide urinaire dun enfant de trois ans, d'un de quatre, d'un autre de huit et demi et dun dernier de dix ans, il a remarqué que la quantité toxique par kilogramme d'animal était toujours supérieure à la moyenne de 45 cenlimèlres cubes, qui a été fixée dans des cas semblables pour l'urine de l'adulte.
APPAREIL UROPOÉTIQUE 367
Des injections faites sur des lapins au moyen de l'urine, de nourrissons élevés au sein, ont conduit Charrin à conclure que 82 centimètres cubes par kilogramme suffisent pour tuer un animal. Le coefficient urotoxique serait de 0,900, et en 24 heures, un nouveau-né fabriquerait l'urine capable d'intoxiquer un animal du même poids que lui.
Quanta la détermination spéciale des cinq poisons deBoucHARO, encore mal étudiés, et de lurée et de la potasse, considérés sous ce point de vue, nous ne connaissons aucun travail spécial à la pédiatrie.
D'après Charrin, l'urine de l'enfant de un à cinq ans est peu toxique, et sa toxicité varie avec l'alimentation et le pouvoir digestif. Cependant, si l'on considère l'urine relativement au poids de l'individu, on peut dire qu'un kilogramme de nouveauné élimine à peu prés la dose capable de tuer ce que tue le volume fabriqué par un kilogramme d'adulte.
Les travaux de Mazaud tendent à prouver que, dans la scarlatine, la toxicité de l'urine augmente toujours, indépendamment de l'alimentation. Les urines fébriles sont sialogènes, convulsivantcs, elles produisent du larmoyement, des mouvements intestinaux suivis de diarrhée, quelquefois sanguinolente. Il y a une crise urotoxique correspondante à la chute du thermomètre ; au début des crises les urines sont convulsivantes, et vers la fin elles sont dyspnéisantes et narcotiques.
Phosphates, chlorures. — Dans l'urine des nourrissons on a vérifié l'existence d'une petite quantité de phosphates et de chlovin-e de sodium, variant suivant l'alimentation, et, dans des proportions instables, la présence de sulfates de soude, de potasse, de chaux, et de magnésie, que Leh.maxx et Lecann affirment exister en abondance.
Chez les rachitiques, l'azoturie et l'excrétion des phosphates marchent ensemble, en deliors des influences thérapeutiques qui font varier ces chiffres urologiques (Bezy).
OKscHXER de CoNixcK a démontré que, dans cette maladie, la {)ertc de chaux, qui est d'environ 28 p. 100, doit être cdnsidérée comme cause de l'affection. Il y a une élimination exagérée de chlorures, égale à 12 grammes (et par conséquent à l'élimina-
tion normale de l'adulte), qui produit, avec la perte de ohaux, le grand affaiblissement des racliiliques.
MoNGOUR a observé, après les injections de sérum anti-diphtérique, une réduction des chlorures et l'augmentation de la densité, de la diurèse, de l'azote et des phosphates. Dans lathrepsie, il y a une grande abondance de phosphates.
Acide sulfurique. — En ce qui concerne la présence de l'acide sulfurique libre dans les urines, il n'y a pas jusqu'à présent dinvestigations suffisantes.
Albumine. — 11 n'en est pas de même en ce qui regarde l'albumine, et l'on comprend facilement qu'un produit dont la séméiotique revêt dans l'enfance une physionomie spéciale, ait toujours attiré l'attention des investigateurs. Chez l'enfant, en effet, les cas d'albuminurie dite physiologique sont fréquents, et il faut les connaître pour que le médecin ne tombe pas dans de grossières eri'eurs de diagnostic.
Chez des nouveau-nés, Martin et Ruge ont vu l'urine albumineuse sans lésion rénale, et Mensi, dans une centaine d'observations au même Age, a trouvé presque constamment l'albumine dans des proportions de 1 à 30 p. 100. Ce phénomène disparaît toujours du 5*^ au 10'= jour de la vie.
DoHRN avait déjà signalé la présence de l'albumine dans les premières heures de l'existence extra-utérine, ce qui semble incontestable aujourd'hui, malgré les résultats négatifs de Rorin et de Parrot, chez 60 enfants examinés.
D'après Martin et Rlge, Virchow, IIénoch et B.\ginsky, ce phénomène s'explique par les infractus d'acide urique. Le professeur Ribbert, d'accord avec Lécorché etlALAMON, croit à un état fœtal encore persistant des glomérules et, par conséquent, à la continuation du processus de transsudation rénale. Bartels, enfin, pense que « dans l'intervalle qui sépare la respiration placentaire de la respiration pulmonaire complète, il y a diminution d'oxygène, defaçon que les oxydations intraorganiques arrivent seulement à l'acide urique, et n'atteignent pas le dernier terme. »
DoHRN, Martin et Ruge ont trouvé dans cette albuminurie une faible quantité du produit. Crcse ne l'a jamais vu après le lO*" jour, mais Ribbert dit qu'elle peut être considérable. Cette