VEILLE SOMMEIL
De 15 jours à 1 mois 142 124
De 1 à 2 mois 136 124
Do 2 à 6 — 144 112
1*ARR0T, entre autres, signale les mêmes résultats. Sur :]2 enfants sains, de un à vingt et un jours, il a trouvé pendant le sommeil un minimum de 88, un maximum de 163. et une moyenne de 121 à 122. De ces nouveau nés, 20 seulement ont pu être examinés à l'état de veille et ont fourni la moyenne de 1 39 à 140 pulsations par minute. Le chiffre minimum a été de 116 et le maximum de 192 chez des enfants agités et de 1G4 chez des enfants calmes. Deux enfants endormis avaient, l'un 104 et l'autre llu pulsations, et réveillés on en trouva, 116 chez le premier et 114 chez le second.
Le pouls le soir. — Quelques observateurs ont remarqué que le pouls des enfants est plus fréquent le soir que le matin. D'autres "ont observé que le nombre des pulsations est plus élevé, bien que l'augmentation soit insignifiante, chez les individus du sexe féminin. On sait, du l'este, que le pouls de l'enfant est impressionnable par les mêmes causes que celui de 1 adulte ; il faut y ajouter l'excitabilité facile des premiers temjjs de la vie.
Le pouls et la taille. — Le pouls est en rapport avec la taille. C'est un principe établi par Milne-Edwards, que la rapidité avec laquelle le cœur fonctionne est liée d'une façon intime au volume de l'organisme, non seulement chez les individus de même espèce, mais encore chez ceux d'espèces différentes, dans les séries des mammifères.
Séméiologie du pouls. — Dans la séméiologie du pouls, il convient de signaler son intermittence et son iri'égularité.
Celle-ci se présente : 1" physiologiquement, sans conséquences; 2" comme phénomène secondaire propre à la convalescence et dans les troubles digestifs, principalement dans la constipation ; 3" comme signe dune affection du système nerveux (méningite) ; 4° comme symptôme de lésions du cœur.
Nous nous sommes, à diverses reprises, référé au rapport entre le pouls et la respiration chez les enfants, rapport qui se représente par 3,5 à 4 : 1. « Si cette proportion, dit Henoch, est troublée d'une façon persistante, sil y a, par exemple, 40 à 60 mouvements respiratoires pour 120 à 140 pulsations, on peut être presque certain quil existe une maladie des organes respiratoires : ce n'est qu'exceptionnellement que l'on peut mettre en cause une influence nerveuse. Le diagnostic gagne en certitude si les mouvements sont non seulement plus rapides et plus superficiels, mais en même temps plus pénibles, s'il y a expiration gémissante. Il est rare que l'examen physique ne nous révèle pas une bronchite, une pneumonie ou une pleurésie. »
PovlIs ralenti. — Le défaut d'inhibition explique le peu de fréquence du pouls ralenti dans les premiers temps, où, d'ailleurs, il peut exister à l'état entièrement physiologique. H dépend souvent, comme élément morbide, d'une compression cérébrale, dont l'hydrocéphalie esl le type ; il peut aussi être provoqué, comme chez l'adulte, par la cholémie, les gastrites, la convalescence de fièvres graves. Hénoch et Bagixsky accordent beaucoup d'importance « à l'inégalité et à l'irrégularité des battements dans la première période de la méningite tuberculeuse et à l'affaiblissement et à la disparition graduelle de l'onde sanguine dans les maladies infectieuses ».
La classification des arythmies infantiles, de Comby, — que nous avons déjà citée, — est très instructive et permet d'obtenir des déductions pratiques en ce qui regarde le pouls.
Croup. — Variot a appelé l'attention sur le pouls dans le croup : « Lorsqu'on parvient à tàter le pouls d'un enfant atteint de croup, en proie à un fort tirage, il est assez habituel de scn-
APPAREIL CARDIO-VASCULAIRE
tir l'ondée artérielle dans la radiale s'affaisser notablement au moment de l'inspiration. Cette diminution d'amplitude dans le pouls, en rapport avec les mouvements inspiratoires diminuant la pression inlra-thoracique, n'est vraisemblablement que l'exagération d'un phénomène physiologique décrit spécialement par Marey. L'inspiration diminue la pression autour de l'aorte tho-
Fig. Cl.
Sphygmogrammes infantiles, d'après Ozanam.
A. Enfant nouveau-nO 1" jour. — B. Enfant âgé de 10 mois. — C. Enfant âgé de i ans — D. Enfant âgé de 3 ans.
racique, et par conséquent, le sang des artères périphériques reflue vers ce vaisseau. Or, ces effets ne se bornent pas toujours à un simple abaissement du pouls correspondant à l'inspiration, mais peuvent aller jusqu'à un véritable arrêt. C'est là le pouls paradoxal proprement dit. »
Le pouls paradoxal est, d'après cet auteur, une indication formelle du tubage ou de la trachéotomie.
Nous avons déjà traité du pouls dans la fièvre jaune et dans d'autres affeclions (Chap. II).
Cardiopathies. — Quant aux affections de l'appareil circulatoire, le pouls est petit et dépressible dans la péricardile aiguë; petit et faible dans l'hydropéricardite; presque toujours accéléré ou avec le rvthme de galop, mais pouvant être régulier dans la myocardite aiguë; dans la myocardite chronique à marche insidieuse, l'affaiblissement général progressif coïncide avec le pouls petit et faible el l'augmentation de la matité précordiale; dans la dilatation du cœur, le pouls est dépressible, petit et accéléré, tandis qu'il est plein dans Ihypertrophie; le pouls est fort et vibrant dans l'endocardite aiguë ; l'insuffisance mitrale pure produit rarement des irrégularités et des inégalités du pouls.
Sphygmographie . — 11 est difficile d'obtenir des sphygmogrammes dans la première enfance. D'après les expériences que nous avons tentées à cet égard, il nous semble que la sphygmographie devient plus facile après l'âge de trois ans. Nous préférons à tous les appareils celui de DuDciEON-RiCHARDSON, qui est bien connu.
Le D'"Troïtszky a étudié patiemment et scientifiquement cette question du tracé du pouls dans lenfance, et Ion peut dire qu'il a apporté beaucoup de lumière dans le chaos existant jusqu'alors. Nous transcrivons ci-dessous quelques-unes de ses conclusions :
1" Les ascensions de la branche ascendante (anacrotique) du pouls ne s'observent point chez les enfants dans les conditions normales, et les ascensions catacrotiques commencent ordinairement à partir de la troisième année et on les observe le plus souvent au nombre d'Qne ou deux, rarement trois ;
2'^ Le monocrotisme et le dicrotisme appai'aissent assez souvent à peine ébauchés dans toutes les périodes de l'enfance et surtout pendant les trois premières années de la vie ;
3" Déjà, à partir de la troisième année on remarque qu'une des ondes secondaires devient très distincte et que l'ascension du tracé coïncide tantôt avec la partie supérieure, tantôt avec la partie moyenne, tantôt avec la partie inférieure de la branche descendante (subdicrotisme supérieur, moyen et inférieur; ;
4*^ La forme nettement exprimée du dicrotisme s'observe sur les limites de l'enfance et de l'adolescence, et plus rarement
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Fi g. 6i.
Traces du pouls pondant les 3 preniièros années de la vie. (Tro'iszky,
Annales de médecine et de c/drurfjie infantiles. 1" décembre l'JOO.)
chez les enfants de cinq à six ans, tandis que l'hyperdicrotisme
ne s'observe pas du tout, à ce qu'on voit d'après les tracés sphvgmographiques :
5'^ Un trace à sommet arrondi ou émoussé, résultant de la réunion des petites ascensions secondaires, caractérise principalement les trois premières années de la vie, quoique exceptionnellement on l'observe aussi dans les périodes suivantes de l'âge infantile ;
6° Le dicrotisme complet ne s'observe pas souvent dans le pouls infantile, et c'est très compréhensible si l'on prend en considération toute la série de conditions qui le favorisent : l'onde primitive forte, une faible tension de la paroi arlérielle et la pression sanguine amoindrie.
Il est superflu d'ajouter que la valeur séméiotique de la sphygmograplne est dans les lésions valvulaires la même chez l'enfant que chez l'adulte. Toutefois on peut fort rarement baser ce diagnostic sur cet important élément.