CHEZ
Pronostic favorable.
Pas de leucocytose (IIavem).
Inversion des phosphates.
Syndrome cérébral incomplet , traduisant l'excitation [cérébrale.
Il est ou non névropathique.
Le début est rarement brusque.
Fièvre.
Pouls irrégulier.
Signe de Kœrnig.
Durée déterminée.
Pronostic sombre.
Leucocytose.
U n y a pas d"inversion des phosphates.
Syndrome cérébral : céphalée, tiouble» pupillaires, constipalion, vomissements.
ÉLÉMENTS DE SbUÉlOLUOlE l.NFA.NflLE.
5i2 ELEMENTS DE SEMEIOLOGIE INFANTILE
Le diagnostic entre la vraie méningite et les accidents niéningitiques survenant à la suite d'autres affections, se base principalement sur ces circonstances : contrairement à ce qui a lieu pour la méningite, ces accidents surviennent dans le cours d'une infection; ils suivent en thermométrie une courbe de rémissions, leur processus morbide est long et l'on n'y observe ni signe de Koernig, ni les troubles pupillaires, ni les contractures.
B. Durée des convulsions. — Les convulsions réflexes durent peu. en général. Bridge dit que les convulsions qui dépassent cinq minutes et ne présentent pas de fièvre, ne sont pas des convulsions banales, mais symptomatiques. Celles qui sont les équivalents du frisson ne se reproduisent pas, si ce n'est rarement. La répétition périodique peut plaider en faveur de la malaria, et la répétition à des époques diverses, indique l'épi lepsie, dans un grand nombre de cas. On ne doit pas oublier la marche de la sclérose atrophique du cerveau : quelquefois des convulsions, limitées d'abord aux extrémités et se généralisant ensuite, tantôt des ci'ises d'éclampsie suivies de paralysie, tantôt un état de mal, auquel il manque presque toujours le cri initial et la morsure de la langue .
C. Convulsions pyrétiques ou apyrétiques. — Les convulsions réflexes sont, en général, apyrétiques. La température de 40'^' fait penser à l'invasion d'une maladie aiguë, et exclure presque toujours une affection cérébrale à son début.
Une température élevée, accompagnant des convulsions, n'exclut pas l'empoisonnement urémique, qui, chez l'enfant, n'est pas constamment apyrétique (néphrite de la scarlatine).
D. Étendue des convulsions. — On ne peut, à cet égard, établir des règles générales, il faut étudier chaque type de maladie et ses vaiùétés particulières. Toutefois, comme élément dune certaine valeur, on doit retenir les deux propositions de Sachs :
1"^ Les convulsions généralisées sont, dans la grande majorité des cas, d'origine fonctionnelle ;
2" Les convulsions partielles sont, généralement, le résultat d'une maladie organique.
SYSTEME NERVEL'X o43
E. Epoque où sun-ienaent les convulsions. — Au dùbul des maladies, les convulsions sont, en règle générale, bénignes. A la fin, elles représentent presque toujours une atteinte grave du cerveau et assombrissent le pronostic.
Conclusions de Bouclait. — Bucchlï a formulé quelques conclusions, qui résument les données précédentes, et que nous devons rappeler ici :
a. Dans la première enfance, les hallucinations et léclampsie remplacent le délire .
6. Une convulsion subite et rapide, non suivie de fièvre, ne présente aucun danger.
c. Léclampsie qui se montre pendant la première enfance, et qui se produit encore à la fin de la seconde, s'est changée en épilepsie. Des convulsions subites, violentes, suivies dun assoupissement prolongé, mais sans fièvre, doivent faire craindre lépilepsie.
cl. Une convulsion subite, suivie de fièvre, est toujours le symptôme du début d'une fièvre éruptive ou d'une pneumonie ; elle annonce une maladie aiguë grave.
e. L'éclampsie engendre assez souvent l'albuminurie passagère, mais l'albuminurie chronique avec œdème détermine également les convulsions.
Spasmes partiels. — Au nombre des spasmes partiels, le spasme essentiel de la glotte se distingue par son importance. 11 attaque la première enfance, débutant du troisième au quatrième mois, tantôt sous la forme bénigne d'accès qui reviennent à longue échéance, tantôt revêtant le caractère grave avec des accidents successifs, à courts intervalles, qui mettent l'enfant sous la menace constante de la mort.
Qu'il y ait ou non des prodromes, l'attaque se compose d'une période d'apnée pleine d'angoisse, avec des signes d'asphyxie, suivie d'inspirations bruyantes, puis d'expirations et de calme. Le tout persiste une demi-minute, et la mort peut survenir dès la première période d'apnée ou dans celle qui la suit immédiatement.
Le spasme de la glotte, souvent associé à l'éclampsie, ou à la
544 ELEMENTS DE SEMEIOLOGIE IXFAMILE
lolaiiie manifeste ou lalcnlo, dont elle est d'ordinaire l'expression (Escherich), se rattache pathogéniquement, dans la grande majorité des cas, au rachitisme.
Stridor congenitus. Le stridor congenitus. respiration râlante du nouveau-né, paraît dépendre du spasme de la glotte (Variot).
Causes du spasme de i.a glotte. — Indépendamment de la valeur sémiotiiiue mentionnée, le spasme de la glotte, non essentiel, peut avoir pour origine :
a. Une irritation directe : tuberculose des ganglions bronchiques;
b. Une irritation réflexe : bronchiolites, laryngites, corps étrangers, ulcérations, papillùmes du larynx;
c. Une irritation centrale : dans la première période des névroses convulsives. C'est à cette catégorie qu'appartient le spasme essentiel.
Nystagmus congénital. — Le nystagmus congénital se distingue du nystagmus acquis par un caractère de valeur : le premier, presque toujours dû à l'albinisme ou à des lésions oculaires, diminue par la fixation d'un objet, contrairement à ce qui a lieu pour le nystagmus acquis. Ce dernier est propre à la maladie de Friedreigh, aux tumeurs cérébrales, au traumatisme encéphalique, aux encéphalites.
Spasnius niitam. — Le spasmus nutans ou tic de Salaam se manifeste par des mouvements oscillatoires latéraux, de flexion ou d'extension de la tète, mouvements qui n'existent qu'à l'état de veille et amènent parfois le strabisme et le nystagmus. Le nombre de ces mouvements peut varier de 2 à 140 par minute, comme dans le cas de Ncumann, où l'enfant arrivait à frapper de la tète contre le genou.
Les oscillations du spasmus nutans s'arrêtent fréquemment, si l'on affermit la tête du petit malade et qu'on appelle son attention sur un autre point; le strabisme ou le nystagmus devient alors apparent. Ce spasme, presque toujours réflexe, et qui a déjà été considéré comme particulier à la dentitio difftcilis, parait le plus souvent chez des enfants convalescents d'affections
graves, ou joint à d'autres symptùuies, dans ridiotie, dans rinibécillité, danslépilepsie. Il peut dépendi-e d'une tubci'culose céi'ébrale.
L'attitude raide de la tète, les spasmes, les contractures des muscles du cou niéiûtent toute l'attention du pédiatre. Leur fréquence est grande, dans différents types morbides.
Torticolis. — Nous allons résumer ce qui concerne le torticolis, d'après Reu.\rd :
Il existe en premier lieu le torticolis congénital, presque toujours héréditaire; il préfère le coté droit, est accompagné d'une hémiatropliie de la face et du crâne et coexiste avec d'autres difformités.
Quant au torticolis acquis, il faut vérifier s'il est véritable ou faux. Dans ce dernier groupe sont compris les torticolis apparents, motivés par des incurvations de la colonne vertébrale.
La lésion du torticolis peut avoir son siège au muscle ou à l'os. Dans le premier cas, l'inclinaison de la tète est presque toujours accompagnée de flexion et la tète est tournée du côté opposé à la lésion. On doit distinguer alors la rétraction de la contracture. Dans celle-ci, la contractibilité, la forme, la réaction au courant galvanique du muscle se conservent intactes, tandis que dans la première on observe les caractères contraires .
Le torticolis articulaire, la synovite vertébrale, se rencontrent plus fréquemment qu'on ne le pense généralement. La tête, presque toujours fléchie en arrière, est en rotation du côté de l'inclinaison. Le sommeil anesthésique est fort à recommander pour l'examen, les mouvements passifs étant très douloureux; c'est également un moyen utile pour vérifier la corde musculaire dans les cas de rétraction.
Le torticolis aigu, avec fièvre, est souvent rhumatismal, mais « on n'oubliera pas que les adénites, les phlegmons, les myosites en sont fréquemment la cause ». il peut, dans certains cas, être lié à des lésions de l'oreille; à une entorse, à ime rupture musculaire, après un traumatisme.
Le torticolis spasmodiiiue se montre presque toujours unilatéral; dans le torticolis paralytique, contrairement à celui qui
o46 KL KM EXT s DE SEMEIOLOGIE INFANTILE
ost dû à la contracture ou à la rétraction, la tête s'incline du côté opposé à la lésion, et la face de ce côté.
Abcès rétro-pharyngien. — Dans l'abcès rétro-pharvngien. on trouve la tète raide, inclinée d'uYi cùté, avec l'adénite profonde et les autres symptômes.
Raideur de la nuque. — La raideur de la nuque est un des premiers symptômes de la méningite épidémique : les mouvements sont douloureux et produisent un gémissement, même en état de coma. Ces cai'actères ne manquent pas à la méningite tuberculeuse, mais dans celle-ci la raideur se manifeste tardivement.
Les températures élevées de 40^*, qui n'appartiennent pas à cette dernière maladie, font pencher le diagnostic du côté de la fièvre récurrente ou de la dothiénenterie dans les cas douteux où apparaît la raideur de la nuque.
Tétanos. — La raideur de la nuque appartient, avec le trismus et les autres contractures, à la symptomalogie du tetaniis neo-natorum.
Hoquet. — Le hoquet s'observe chez les jeunes enfants pour des causes fortuites : passage d'un endroit chauffé à un autre plusfi'oid, langes mouillés, refroidissement. Il n'offre de valeur -symptomatique que quand il est très répété, et associé à des maladies de l'estomac ou de l'intestin. Pendant la seconde enfance, dans les fîèvi'es graves, il prend la même valeur séméiotique que chez l'adulte.
Toux aboyante. — Après la seconde enfance, on observe d'autres spasmes, principalement dans l'h^'stérie : toux aboyante de la puberté, hoquets, toux périodique, bâillements, etc. On ne doit pas oublier les désordres dans l'articulation des mots, qui ont déjà été signalés (§ 2), la toux périodique, l'asthme essentiel.
Hystérie. — A l'hystérie appartiennent des spasmes de l'appareil digestif, fort communs dans l'enfance. Tantôt il s'agit d'une contraction du pharynx qui ne permet pas la déglutition ;
SYSTÈME NERVEUX :j47
tantôt celle-ci s'effectue, mais l'aliment est rejeté avant d'arriver à l'estomac ; tantôt, quelques minutes ou même des heures après lingcstion des aliments, ces derniers sont subitement vomis, en un seul coup, en un seul hoquet. Des spasmes attaquent également les fibres intestinales et déterminent des boiborjgmes, ou retiennent des gaz dans une portion intestinale comprise entre deux extrémités de fibres musculaii'es contraclurées, donnant ainsi naissance à une tumeur sonore et parfois douloureuse.
Tics.— Les tics peuvent être signalés, en pathologie infantile, depuis le simple clignement continuel et unilatéral des paupières, jusqu'aux mouvements grimaces de la face les plus variés, agitation d'un bras, le haussement d'une épaule, etc. Ils révèlent l'hérédité névropathique.
Chorée. — On en a dit autant de la chorée de Sydexham, d'origine rhumatismale manifeste. Les mouvements se font d'une façon plus prononcée d'un côté et attaquent les enfants, principalement après la seconde enfance; ils sont d'une fréquence remarquable dans l'adolescence. Quand on a une fois observé la chorée, si l'on était porté à confondre ses mouvements avec ceux de l'éclampsie, il suffira, pour ne pas commettre d'erreur, de se rappeler que les mouvements de la première, toujours continus, sont des exagérations des mouvements normaux, et ne se font pas par convulsions.
Chorée rythmique. — On peut observer la chorée rythmique api'ès des maladies infectieuses comme la rougeole (Osler), la scarlatine, la diphtérie.
Hémi-chorée. — Lhémi-chorée le plus souvent n'est pas la manifestation dune alTection matérielle, mais il est possible (le la rencontrer dans une période post-paralytique, ou comme symptôme révélateur de tuberculose ou de sclérose cérébrale. Le diagnostic se base sur les commémoratifs et sur la marche de chacune de ces affeclions, ce qui lève tous les doutes.
548 KLKMEXTS DE S K M K I 0 L 0 G I E INFANTILE
Athétose. — Latliétose daas Icnfance est, en règle générale, liée à la sclérose céréhrale atropliique, ou accompagne l'hémiplégie spasmodique, dont les mouvements peuvent être franchement athétosiques ou ressembler à la cliorée, mais ils se distinguent de cette dernière par le fait qu'ils coexistent avec la contracture. Dans la forme double, qui extériorise, pour ainsi dire, toute l'affection, on observe également un état de contraction permanente des membres, que le malade peut surmonter à l'aide d'un grand effort : des mouvements athétosiques et les réllexes normaux (Richabuière;.
Lathétose hystérique est rare. Toutefois, les diverses chorées rythmiques de cette origine ont quelquefois attaqué épidémiquement des orphelinats et des collèges de filles. La maladie de Bergerox, ime de ces variétés, se manifeste par la reproduction intempestive de quelque geste réflexe ou automatique de la vie ordinaii'e {(iuixox), et est guérissable par le tartre stibié. circonstance qui contribue à poser le diagnostic. Elle atteint de préférence les garçons, de 6 à 15 ans.
Tremblements. — Les ti'emblcmenls, d'ailleurs peu fréquents en pédiatrie, n'offrent rien de particulier. On sait que sur 1000 individus sains, sans hérédité nerveuse, Pitres en a compté 40 p. 100 qui tremblaient. Il v a un tremblement idiopathique, héréditaire, comparable au tremblement sénile et signalé par Charcot.
Dans les maladies infectieuses, dans les empoisonnements alcoolique et saturnin, dans la paralysie générale, dans la paralysie douloureuse, dans la méningite de la base, dans la tuberculose cérébrale, dans l'hystérie, le tremblement figure au tableau symptomatique.
Maladie de Little et tétanie. — A propos des paralysies, novis avons déjà décrit (pag. 508) les contractures de la maladie <le Little et celles qui se rajqiortent à la tétanie.
Fausse tétanie. — Schlesinger a fait remarquer la distinction existante entre la véritable tétanie avec ses symptômes propres (signe de TRoussEAr. du facial, hyperexcitabilité des nerfs)
SYSTÈME XKUVEUX 549
et la fausse, qui peut être déterminée par lergotisme, la pellagre, le chlorolorme et précéder l'épilepsie, ou bien avoir pour origine des helminthes, des diarrhées graves, le rachitisme. D'après cet auteur, la véritable tétanie débute toujours par les orteils et les doigts, el la fausse par les malléoles.
Paralysies spasmodiques. — Dans les paralysies spasmodiques, il y a contraction des muscles de la fesse aussitôt que les malades touchent le sol ou que les adducteurs de la cuisse agissent A'iolemmcnt; les membres se choquent et entraînent rimpossibilité de la marche.
Contractures. — Les contractures peuvent compliqner des convvdsions et en sont quelquefois des formes abortives.
Hystérie. — Dans l'hystérie, les contractures appartiennent à l'attaque, pouvant d'ailleurs persister après la résolution de période épileptoïde, ou bien elles revêtent les formes hémiplégique, paraplégique, monoplégique; elles se manifestent par la diathèse de contracture, de (iHARCor, la coxalgie névi'opathique, leblépharospasme, le torticolis.
Tetanus néo-natorum. — Le tetanus néo-natorum, propre il la première semaine de la vie, débute par le trismus (contraction des muscles massétériens) et se propage au corps, avec raideur de la nuque. Un des premiers symptômes consiste dans la dilïiculté de succion, la bouche prenant laspect d'un museau, et l'on sent à la palpation la rigidité des muscles contractures. Pyrexic légère ou hyperperexie.
Dans le tétanos commun, il se révèle les mêmes symptômes que chez l'adulte.
SiGXK DE KoEHXKi. — Lc siguc de KoERXiG consiste dans l'impossibilité d'étendj'e la jambe dès que la cuisse est en flexion sur le bassin. Ainsi, on ne peut arriver, par suite de la contraction des fléchi-sseurs, à étendre la jambe d'un enfant que l'on fait asseoir sur le lit. La valeur séméioti((ue de ce phénomène
baO ÉLÉMENTS DE SEMEIÛLOGIE INFANTILE
est grande pour le diagnostic de la inéningile. Toulefois, «e signe s'observe également dans d'autres affeelions qui attaquent les centres nerveux : tuberculose, tumeurs, thrombose des sinus. iSETTEK, dans sa dernière communication, dit avoir observé le signe de Koerxk; dans 11 p. 100 des cas de fièvre typhoïde particulièrement grave, avec symptômes méningitiques, et dans quelques pneumonies. Cependant, dans sa précédente étude. Netter avait signalé le même phénomène de Koernk; dans 90 cas sur 100 de méningite, et en dehors des méningites jamais. Freud a vérifié l'exagération du tonus musculaire, aux membres inférieurs, chez la moitié des enfants qui souffrent dénurésie. L'hypei'tonie se révèle dans le quadriceps dès que, le membre étant étendu, on essaye subitement de fléchir la jambe, mouvement qui rencontre de la résistance ; ou bien dans le domaine des adducteurs. De même qu'on l'observe dans la rigidité spasmodique, l'enfant, lorsqu'il est assis sur une table, les membres pendants, éprouve de la difficulté à les écarter. Après l'écartement, ils se rejoignent avec bruit, les talons frappant l'un contre l'autre.
§ 4. Sl'HKRE SENSITIVE
L'examen de la sensibilité exige que nous indiquions ici, sommairement, le développement des sens chez l'enfant.
Développement des sens. — En ce qui regarde la vision il semble que Taine avait raison quand il écrivait : « Il est certain pour moi que, pendant les deux premiers mois, le monde environnant ne se compose pour l'enfant que de sons et de taches de couleur qu'il no sait pas situer ».
Au moment de la naissance, il n'y a pas perception de la lumière. Horner pense que les mouvements oculaires qui s'effectuent peu de minutes après, témoignent qu'il existe des impressions lumineuses. Ce qui ne parait pas douteux, c'est l'existence d'une photophobie initiale, causant le strabisme passager, qui dure jusqu'au vingtième jour (Cik.net).
SYSTÈME XEUVEUX 00 1
D'apros Darwin, l'enfant commence à distinguer la lumière au neuvième jour, mais le champ de la A'ision est chez lui très limité pour les raisons suivantes : 1'^' il n'y a pas de mouvements de la tète, ni les mouvements coordonnés du globe oculaire; 2*^^' il n'existe que la sensibilité centrale de la rétine; 3'^ l'acuité visuelle est très courte, même le réflexe palpébral; le clignement, à l'approche d'un objet, ne s'observe pas dans les premières semaines (Revek).
Les mouvements coordonnés des jeux apparaissent à l'âge de trois mois, environ, en même temps que la différenciation des objets et des personnes. A deux ans, l'enfant connaît les couleurs; la premièi"e qu'il distingue est le rouge, selon Bixet ; le jaune, selon Preyek. Les expériences, du reste critiquables, de BaldwiN entreprises sur sa fille, âgée de neuf mois, ont montré quelle rechei'chait successivement, en échelle descendante, les couleurs suivantes : le bleu, le rouge, le blanc, le vert et le bi'un, essayant de saisir les morceaux de papier qui présentaient ces colorations.
Le sens de l'espace ne se manifeste pas de très bonne heure. La fille de Preyer, à l'âge de 22 mois, se trouvant dans le jardin de la maison, voulait se jeter dans les bras de son père, qui était à la fenêtre du premier étage.
Le sens de l'audition fait défaut au moment de la naissance. Il n'existe pasd'air dans la caisse t^-mpanique, qui se débarrasse peu à peu des liquides qui l'obstruaient, à mesure que s'effectuent les respirations; il faut ajouter que la fonction auditive trouve encore un obstacle dans l'occlusion virtuelle du canal auditif, dont les parois sont juxtaposées.
Le tympan parait ne bien fonctionner qu'après le quatrième jour; il peut cependant acquérir cette faculté plus tôt. Dans la première semaine, les bruits sont perçus à la distance de dix à douze pa^ (Moldexhauer). A l'âge de deux à trois mois, l'enfant semble, jusqu'à un certain point, subir l'influence calmanta des chansons qui le bercent, mais ce n'est qu'après l'âge de quatre mois, peut-être, qu'il lui est possible de suivre la direction des sons (Darwin).
Le nouveau-né est anosmique, et, bien qu'on obtienne des
5y2 KLEMENTS DE S E M E U) L 0 G I E IMANÏILE
mouvements réflexes, quand on approche des narines des jeunes enlanls des substances odoriférantes, mouvements consistant en grimaces, resserrement de paupières et même agitation, le sens paraît ne se développer que vers le milieu de la première année. Du moins le nourrisson est-il indifîérenl aux odeurs environnantes, dans la majorité des cas, bien qu'on ail parlé d'enfants qui repoussent des nourrices souffrant de mauvaise haleine.
Le tact varie suivant 1 âge de l'enfant. La succion se produit aussitôt que Ion touche ses lèvres. Darwin a fait une observation intéressante : « Dans le cours du septième jour, dit-il, je touchai avec un morceau de papier la plante du pied de mon fils; il retira aussitôt le pied et plia les orteils, comme le fait un enfant plus âgé quand on le chatouille ».
La sensibilité thermique se révèle par le mécontentement que montre l'enfant dès que ses langes sont mouillés. Mais la connaissance exacte de ce qu'est son corps et de ce qu'est l'élément étranger, notion que Vierordi fait dater de lïige de trois mois, pai'ait n'être réelle qu'après la première année de la vie (Ucmaxes et Prever), ou même encore plus tard (Compavré).
Les expériences de Kùsmaul démonti"ent que les enfants, même avant d'avoir tété, expriment par des grimaces leur mécontentement si on leur met dans la bouche du vinaigre, de la quinine, du sel, etc.. mais qu'ils expriment l'émotion contraire quand la substance employée est le suci'e. Cela indique déjà l'existence du goût au commencement de la vie. Il faut convenir, cependant qu'il doit être souvent difficile de distinguer les sensations fournies par le goût de celles qui sont duos au tact.
Henri Blssex a vérifié que, chez des nourrissons sains, le sens du goût peut ne pas exister. C'est ce qui résulte du travail de cet observateur, où, contrairement à l'opinion de Lichtexstein, il a prouvé qu'il n'y a pas de rapport entre le rachistisme et les anomalies du goût. Chez la plupart des enfants, conclut-il. l'absence ou la faible intensité des fondions gustatives sont clTel du retard dans l'apparition du sens. Avec des solutions d'acide chlorhydrique à 20 p. 100. de
SYSTEME NEHVELX 'oH'S
saccharine à 2j p. 100, de sulfate de quinine à 2 p. 100, de chlorate de sodium à 5 p. 100, entre les températures de 10*^ à 20'^, il a obtenu chez 195 enfants, dont 105 rachitiques, les résultats suivants :
Sens normal chez 87 enfants rachitiques et 77 enfanls sains;
Sens diminué chez 11 rachitiques et 10 enfanls sains;
Sens aboli chez 6 rachitiques et 3 enfants sains: d'où l'on conclut :
Rachitiques : 18 avec perturbations : 17 p. 100.
Enfants sains : 13 avec perturbations : 14 p. 100.
D'une manière générale, on peut dire, avec ïhiemich, que le développement du goût est retardé en raison de désordres nutritifs, que les enfants soient rachitiques ou non.
Examen des organes des sens. — L examen des organes des sens offre quelques difficultés dans la première enfance, par suite du manque du témoignage subjectif.
l*our vérifier la vision, on fait passer à une certaine distance des veux de l'enfant une bougie, des morceaux de papier de couleur, un verre brillant, et Ton observe si les mouvements oculaires suivent ou non ces objets. Dans celte expérience, il faut avoir soin d'éviter toute espèce de bruit, cause d'erreur très fréquente, car l'enfant tourne les yeux du côté d'où vient le bruit.
La détermination du champ visuel n'est pas facile. 11 est impossible de l'obtenir dans les premiers mois, mais on y parvient, du moins grossièrement, après le cinquième (Sachs). U faut faire passer un objet délimitant le champ visuel, en haut, en bas, sur les côtés, et observer si l'enfant le suit. L'examen relatif à la pei'ception des couleurs ne peut se faire qu'api'ès l'âge de 8 ans, et encore doit-on y apporter beaucoup de discernement.
L'audition s'étudie en attirant l'attention de l'enfant sur un point donné, et en produisant subitement un bruit. Dans ce but. le meilleur moyen que puisse employer le médecin est de porter un silllet à la bouche et de le mettre en vibration : la dilatation de la pupille de l'enfant révélera la perception acoustique
554 ELEMENTS DE SKMEIOLOGIE l.M'AMILE
(Coiffier) ; c'est un moyen de grande importance pour découvrir la simulation, si elle existe, dans la seconde enfance.
La recherche du degré de perfection du toucher, du goût et de iattenlion (cette dernière se révélant par le regard et l'expression lie la ph^'sionomie) est d'un grand secours pour le diagnostic de lidiotie dans les premiers temps de la vie. D'après Czerny, qui a systématisé cette méthode, elle ne donne aucune prise à l'erreur, pourvu que l'on prenne dûment en considération les conditions de dénutrition qui peuvent avoir retardé le développement infantile, et en conséquence, la formation du goût. Dans leur ensemble, toutefois, les symptômes ne laissent pas d'avoir une valeur décisive. Si l'on pique un enfant à la peau avec une épingle et qu'il ne pleure pas; s'il ne suit pas du regard un objet brillant et s'il se montre indilîérent au contact sur la langue de substances amères ou acides (comme celles qu'ont employées Lichtexsteix, Bussen et autres), on peut conclure que cet enfant est idiot, alors même qu'il n'y aurait pas de défoi'mations crâniennes, d'hydrocéphalie, de paralysies spasmodiques.
Parmi les désordres de la sensibilité visuelle chez les enfants, on remarque Ihémianopsie, susceptible de figurer dans les tumeurs cérébrales et dans la parah'sic centrale spasmodiquc (Freud).
Les désordres de la sensibilité tactile sont communs dans i'hyslérie. Le plus fréquent d'entre eux est l'anesthésic, qui se révèle par le fait que l'enfant se montre insensible à la piqûre et i"éagit au contact d'un fragment de glace.
L'hémianesthésie est plus propre à l'adulte, tandis que dans 1 enfance prédominent les lésions en plaques, de préférence du côté d'une zone hystérogène. L'anesthésie générale est encore plus rare, mais il n'en est pas de même des troubles de la sensibilité dans les organes sensoriels : goût, ouïe, tact, et presque toujours d'un seul côté.
L'amblyopie peut être passagère et précéder l'attaque, ou être durable, mais l'amaurose a été peu signalée. La dyscromatopsie et l'achromatopsie offrent les mêmes particularités que chez l'adulte. Le rétrécissement du champ visuel prend en pédiatrie
SYSTEME NERVEUX :jOO
une grande importiince, par suite de la rareté d'autres causes (jui le produisent : alcoolisme, saturnisme, lésions cérébrales du carrefour sensitif. Ces éléments d'erreur étant ainsi écartés, le diagnostic de Ihystérie peut se baser sur les informations fournies par le campimètre.
Idiotie amaiirotique . — L'amaurose fait partie de \ idiotie familiale amaurotique, de Sachs, type morbide d'une réelle importance en pédiatrie. La maladie, probablement d'origine infectieuse (W. Hirsch), offre, selon Sachs, les caractères suivants :
1*^ Aflaiblissement mental observé pendant les premiers mois de la vie (3""" et 4'"') et conduisant à l'idiotie absolue; 2° Parésie ou paralysie de la plus grande partie du corps, paralysie qui peut être flasque ou spasmodique; 3" Réflexes tantôt normaux, tantôt diminués, tantôt exagérés ; 4° Diminution de la vision se terminant par la cécité absolue (altération dans la région de la macula lutea et plus tard atrophie du nerf optique) ; ■j'^ Marasme, terminaison fatale à l'âge de 2 ans, en règle générale; 6° Présence de l'affection chez divers membres de la même famille.
Altérations de la sensibilité. — En dehors de l'hystérie et de l'idiotie, ainsi qu'il a été dit plus haut, on observe l'anesthésie immédiatement après une attaque convulsive, comme dans l'épilepsie, dans la compression médullaire, dans la maladie de Hayxaud, dans les paralysies radiales, brachiales, dans les névrites et les polynévrites. D'autres désordres, tels que le tabès, sont plus commvms à l'âge adulte et tous ont les caractères diagnostiques connus de la séméiologie générale.
Les hyperesthésies hystériques ont leur siège dans des zones •le la peau, ou bien elles se révèlent, comme dans la pathologie de l'adulte, par des myalgies, des céphalalgies, des arthralgies, l'œsophagisme, l'cntéralgie, la néphralgie, la cy.stalgie.
La diminution de l'acuité auditive apparaît dans les otites (exanthèmes, syphilis, méningite, dothiénentérie), ou bien elle
5;J0 KLKJME.NT s DE SEMElOLliGlE IM'AXTILE
révèle des altéralions de lanneau de Waldeyek (hypertrophie des amygdales, végétations adénoïdes du pharynx nasal). L'hvperacousie est propre à la méningite.
Les névralgies les plus connues chez les jeunes enfants sont Tentéralgie et la névralgie hémi-cranienne. Cette dernière peut être accompagnée de fièvre et de phénomènes demharras gastrique. La première doit être distinguée des autres douleurs de l'abdomen (chap. xi).
Hypéralgésie. — L'hjpéralgésie s'observe dans la paralysie douloureuse des enfants, ilans la raideur de la nuque, ainsi que dans le coma de la méningite, sans parler de toutes les névralgies et de toutes les augmentations hystériques de la sensibilité. L'otalgie, très fréquente pendant la première enfance, et souvent méconnue, devient apparente dés qu'il y a pression sur le tragus, comme nous l'avons indiqué au chapitre pi'emier, en même temps que d'autres manifestations douloureuses, à propos du cri.
Céphalalgie. — La céphalalgie se traduit dans les premiers temps par le cri et l'état d'inquiétude de l'enfant, qui présente, en outre, quelquefois, le front ridé. Constituant un pliénomène banal dans l'invasion de toute les maladies aiguës, elhpeut s'observer, d'après Sachs: dans l'anémie, dans la dénutrition, dans la neurasthénie, dans l'hyperhémie transitoire des lésions cardiaques, dans les troubles gastriques, dans l'irritation génitale (phimosis), dans les maladies de l'oreille, les maladies de l'encéphale, la malaria, l'empoisonnement urémique et autres intoxications. La figure n" 7o est instructive à cet égard.
Comme affirmation schématique, on peut retenir que, jusqu'à Tàge de 4 ou 5 ans, en dehors de maladies aiguës de toute nature, la céphalalgie est rare et que, lorsqu'elle se répète, sous l'apparence d'un embarras gastrique, elle révèle fréquemment la migraine héréditaire.
La céphalée s'observe plus souvent dans la seconde enfance, après les travaux scolaires. Elle peut alors se rapporter au sur-
ménage, à des troubles digestifs, à une origine nerveuse, rhumatismale ou arthritique, à des anémies, aux intoxications, à une lésion des organes des sens (Jules Simon). Quelques auteurs,
I^eitras th en Le
TrcruMes IHspepsie.gqstrùjue,
ConstipaXfC Larie.1
Fig. 75.
Localisations de la céplialalgie (Da.n.v et Svchs).
notamment Blache, parlent dune céphalée de croissance, qui se manifeste à l'âge de douze à dix-huit ans, et qui se limite au front ou bien correspond à tout le cuir chevelu, depuis le vertex jusqu'à une ligne horizontale passant par les orbites et les apophyses mastoïdes. A dire vrai, on ne peut nier l'existence de ces accidents, bien que l'origine indiquée soit problématique. L'étal sédentaire imposé par l'école, les excès d'étude, les vices organiques héréditaires se combinent de telle façon dans la
pathologie de 1 "adolescence, qu'il n'est pas besoin d'invoquer, en plus, une autre cause pathologique.
Céphalée. — Le caraclère distinctif de la céphalée scolaire consiste dans l'inaptitude au travail, inaptitude qui doit être distinguée de celles qu'occasionnent des défauts d'accommodation et de réfraction; cette dernière se guérit par l'emploi de lunettes appropriées.
La céphalée avec fièvre offre de la valeur dans le diagnostic de la méningite tuberculeuse, où elle fait rarement défaut. Une tempéi'ature inférieure à 39°, le ralentissement et l'irrégularité du pouls, avec une forte céphalalgie et des vomissements, plaident en faveur de cette affection. Ce diagnostic différentiel avec la fièvre jaune est, cependant, très douteux, et il ne peut être établi que d'après la marche des deux maladies et les caractères propres à l'urine dans le typhus ictéroïde.
Dans le cours d'une néphrite, l'apparition de la céphalée assombrit le pronostic, car il peut sui'venir l'urémie.
Dans les pays chauds, il est possible d'observer une céphalée d'origine nasale, indépendamment de végétations adénoïdes, de rhinites chroniques, par la présence de la myase. Il apparaît une douleur gravative supranasale et un écoulement sanguin par le nez, qui n'est pas toujours insignifiant ou inaperçu. 11 suffit de soupçonner l'affection, pour l'affirmer ou l'exclure : une légère inhnlation de chloroforme fait tomber aussitôt les parasites.
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