‹ Éléments de sémiologie et clinique mentalesChapitre 105 sur 159 · TROUBLES DE CAUSE INCONNUE · texte numérisé non relu

TROUBLES DE CAUSE INCONNUE

Magnan a répondu affimativement par sa théorie de la dégénérescence. On s’est posé la même question pour l’hérédité de la folie. On a beaucoup discuté sur ce sujet et on n’a abouti à rien de précis, puisque nous ne connaissons ces folies qu’empiriquement, que cliniquement, jusqu’à présent. La plupart du temps dans les familles d’aliénés (p. 285) nous ne savons pas la cause de l’apparition de la folie ou du déséquilibre mental chez le premier membre qui a été frappé; chez le descendant tout ce, qu’on peut dire c’est que la cause est une cause passée. Et chez un descendant d’alcoolique connaissons-nous vraiment le mécanisme complexe par laquelle ce descendant devient fou ou anormal mental? L’avenir permettra sans doute de le connaître et alors les troubles de cette section rentreront dans la première ; il faut l’espérer. Je me bornerai à rappeler les faits sans en tirer de conclusions théoriques, et on verra par les observations qui vont suivre la fréquence extrême de ces faits. Au point de vue pratique de la prophylaxie de la folie, il faut agir comme si les anomalies psychiques et la folie étaient vraiment héréditaires, dans le sens strict du mot, comme si les anomalies prédisposaient à la folie.

Comme on le verra plus loin, la neurasthénie acquise, ou la mélancolie suite de chagrins, etc. ; ne se différencient pas très bien symptomatologiquement de la neurasthénie constitutionnelle ou de la mélancolie intermittente. Je les décrirai pourtant les unes et les autres dans cette deuxième section de troubles mentaux, car les causes ne sont guère spécifiques et peut-être ne sont-elles que « provocatrices y> .

Je grouperai sous le nom de déséquilibre mental, qui n’implique pas une idée doctrinale, comme celui de dégénérescence, les anomalies, ces demi-folies, qui pullulent dans ce qu’on appelle le borderland of Insanitg, la so7ie mitoyenne entre la raison et la folie, et qui, chose curieuse, représentent pour les auteurs la « folie héréditaire », la folie des « héréditaires dégénérés » bien plus que les vraies folies, puisque pour Magnan l’obsession est un « syndrome épisodique de la dégénérescence ». Je rangerai sous le nom de folies les troubles mentaux plus caractérisés. La ligne de démarcation entre le déséquilibre et la folie n’est pas absolument tranchée, et il y a des cas de passage, comme entre les folies elles-mêmes. N’y a-t-il pas aussi des déséquilibres atténués qui vont se perdre dans l’état normal ? Quel est d’ailleurs l’individu qui puisse se vanter d’avoir une intégrité so-

matique ou mentale parfaite? Cependant, on peut distinguer au milieu de ces déséquilibrés, de ces névropathes variés et inclassables, un certain nombre de types cliniques anomalies suffisamment nets pour pouvoir être le sujet d’une description. On peut en dire autant pour les folies.

C’est des premiers que je m’occuperai tout d’abord, ensuite des seconds; enfin dans un dernier chapitre je donnerai à titre d’exemples la description de quelques cas que je n’ai pu classer, même dans la classification empirique et clinique que j’ai adoptée.

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