‹ Éléments de sémiologie et clinique mentalesChapitre 106 sur 159 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Sommaire. — Le déséquilibre mental. — Distinction approximative au milieu de malades inclassables, névropathes divers, de certains types cliniques dont quelques-uns seront décrits ci-dessous. Rapports avec les stigmates de dégénérescence, avec les reliquats de troubles infantiles.

Ce mot assez vague, le déséquilibre mental, comme souvent on est forcé d’en employer dans la psychologie, me paraît pourtant suffisamment caractériser l’ensemble des anomalies mentales. L’équilibre normal relatif (et il faut qu’il soit relatif) de l’esprit est remplacé par un déséquilibre, conditionné par l’augmentation ou la perversion de tels ou tels éléments dans certaines limites et de certaines façons qui ne soni pas tout à /mV celles de la folie. Comme ces éléments sont nombreux et peuvent être diversement altérés, il s’ensuit que chaque malade pourrait prendre place dans plusieurs cadres. Cependant on peut distinguer, suivant la prédominance de tel ou tel symptôme, un certain nombre de types cliniques approximatifs d’anomalies,/jarmf lesquelles je signalerai les suivantes:

/ Les passions anormales ;

1 Les anomalies ou perversions sexuelles ; Les tendances anor- * La criminalité et la délinquence; males . ’ folie morale;

La «manie raisonnante» ou raisonneuse; L’instabilité.

La fausseté d’esprit proprement dite;

Les faussetés d’esprit. ' La « folie raisonnante » ou raisonneuse;

La débilité mentale.

S La neurasthénie et les obsessions ; Les tics ;

chiques

Les impulsions.

L’hystérie.

(1) Magnan, Leçons Cliniques, 2» éd., 1893, p. 157, — Arnaüd, in Traité de Ballet,

La description de beaucoup de ces types est difEcile, beaucoup plus que celles de véritables délirants ou fous, parce qu’il s’agit de nuances psychiques, et qu’ici, tout en visant à la rigueur, il faudrait employer des procédés littéraires plutôt que scientifiques pour arriver à tracer un tableau ressemblant de ces tournures d’esprit diverses, si peu éloignées encore de la normale. Et nous savons d’autre part combien la description des différentes sortes d’intelligences et des caractères normaux est peu avancée.

Le déséquilibre mental s’accompagne habituellement ou souvent de « stigmates de dégénérescence ». Je ne reviendrai pas sur ce sujet(voyez p. 263), qui pratiquement n’a pas l’importance qu’on lui a attribuée. Je crois en effet que c’est une erreur grave, qui a été commise maintes fois il y a quelques années, de conclure d’une malformation physique à une malformation psychique : comme le disait Robert Sommer, c’est une sorte de phrénologie pathologique, qui n’a pas plus de valeur que l’ancienne.

Mais il faut tenir compte davantage des traces de signes physiques, reliquats d’affections infantiles, qui probablement ont troublé plus ou moins le développement normal. Les études sur les glandes à sécrétion interne montrent aussi qu’il faut faire des recherches de ce côté. En un mot on doit tenter de ramener le déséquilibre et les folies dans la première section. C’est ce que l’avenir fera sans doute.

CHAPITRIi ni

TENDANCES ANORMALES

SoMMAiBE. — Les passions anormales. — Très nombreuses. Un seul exemple, très court, d’avarice et un de jalousie.

Les anomalies el perversions sexuelles. — Tableau résumé des différentes aberrations. La criminalité. La délinquence. La folie morale. L’instabilité. La manie raisonneuse. — Exemples : un criminel ; un cambrioleur et simulateur; un voleur, soute; neur et simulateur (internements multiples) ; un simulateur ; un instable escroc un fou moral instable ; un vagabond excitable avec «manie raisonneuse », montrant la transition insensible entre le criminel semblable à ceux qu’on condamne, le déliquant et le fou moral.

Conduite de ces anormaux à Tasile.

Révolte de la sûreté de Bicêlre en 1896. Inconvénients provenant de la présence de ces déséquilibrés à Tasile. Rapports du crime et delà folie. Théoriquement, la distinction est insoutenable. Pratiquement, elle s’impose. Difficultés. Asile intermédiaire. Asile-prison.

Exposé général.

Passions anormales.

{Les passionnés.)

Tout le monde connaît ces gens qui, emportés par leurs passions, jeu, amour, jalousie, avarice, « manie » de collection, etc. pour ne citer que les plus connues, au delà des limites de la normale, font souvent le désespoir de leurs familles et nuisent à la société. Ils aboutissent rarement à l’asile, quelquefois à la prison. Ils ont en général d’autres tares. Je me bornerai à rappeler que si la passion n’est pas une chose anormale par elle-même, elle est pourtant un phénomène pathologique lorsqu’elle atteint un certain degré, ou qu’elle dévie de son but normal. Ces différentes passions anormales peuvent être isolées ou combinées chez le même déséquilibré. Je veux seulement résumer à l’appui l’observation de Léa..., déséquilibrée jalouse mais non alcoolique, ce qui montre en même temps que la jalousie n’est pas pathognomonique de l’alcoolisme.

Déséquilibre mental. — Jalousie. — Débilité mentale. — Léa... a une

trentaine d’années; c’est une débile, une déséquilibrée, une simulatrice. EJle est femme de chambre chez un vieux monsieur et une vieille dame. Elle est

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