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Folio verbal

4“ Catatonie.

Dans tous les types on peut rencontrer des accès épileptiformes.

\J évolution peut être intermittente dans l’hébéphrénie, même dans la catatonie.

Le pronostic est sévère, car les guérisons complètes sont douteuses, bien qu’il y ait, peut-être, des améliorations relatives.

Le traitement est nul.

1“ Hébéphrénie.

Début de 8 ans à 25 et même 30 ans (quelques auteurs vont plus loin).

Brusque ou lent, quelquefois insensible.

Période de début. — Paresse, indifférence, lenteur du travail, opposition, colères, tristesses, en un mot changement de caractère. Quelquefois excitation sans motif, fugues, tics, rires, grimaces, attitudes bizarres passagères, enfantillages (au-dessous du niveau du malade), idées délirantes vagues, frayeurs nocturnes ou diurnes sans motif. Onanisme. Plaintes sur la santé.

Accès hystériformes.

Migraines, névralgies, anorexie, constipation, insomnie, cauchemars, etc.

Généralement c’est le professeur qui s’aperçoit le premier d’un changement dans les allures, le travail, la tenue : le professeur et la famille croient naturellement à la paresse et au mauvais vouloir de l’enfant, tandis que celui-ci se sent souvent devenir malade.

Période d’état. — Accentuation de tous ces phénomènes, mais suivant les cas on peut distinguer quelques aspects différents :

FOLIES DISCORDANTES

Dépression et tristesse, pseudo-mélancolie, idées délirantes plus ou moins vagues d’auto-accusation, de persécution, hypocondriaques, tendances au suicide, aux accès d’anxiété, plaintes sur 1 impuissance, la difficulté à se mouvoir, à penser, à agir. Parfois quelques phénomènes cataleptiques, attitudes singulières, ralentissement de la parole et des actes.

Excitation avec bavardage, agitation, pseudo-manie, satisfaction, colères, rires inconsidérés sans motifs, enfantillages, plaisanteries, « manies», tics, mouvements stéréotypés et extravagants de toute espèce, écrits désordonnés et bizarres, mots singuliers, mais généralement avec l’orthographe conservée, parfois fugues, actes tombant sous le coup de la loi, etc.

Idées de persécution ou moins précises avec ou sans hallucinations de differents sens (électrisation, empoisonnement, etc.).

Idées de grandeur diverses.

Toutes ces idées délirantes, ces troubles émotionnels et moteurs varient, s’entre-mêlent généralement ou prédominent plus ou moins avec une allure étrange et désordonnée. Mais ce qu’il y a de plus remarquable, c’est que cela est généralement très superficiel. Sous le jeu de ces symptômes apparaît souvent une indifférence complète, une apathie qui ne fait que s’accroître, qui peut d ailleurs être coupée d’accès émotifs, de négativisme, d’une courte période de stupeur plus ou moins riche en phénomènes dits catatoniques (voir plus loin, p. 837).

Avec cela conservation de l’intelUgenee, du jugement, de la mémoire, parfois de l’attention à un degré surprenant, de 1 orientation dans le temps et le monde extérieur : en un mot il semble que l’intelligence soit intacte, du moins pendant très longtemps, mais que le malade ne s’en serve plus, puisqu’il ne travaille plus, ne fait généralement rien, à moins que ce ne soient des ouvrages enfantins (au-dessous de son âge) ou des actes purement automatiques. Aussi avec son attitude, parfois à apparence forcée, ses gestes incohérents, sa mimique souvent contradictoire, ses rires ou sourires ironiques, ses grimaces, ses élucubrations, variant d’un moment à l’autre, ou son mutisme, fait-il très souvent l’impression d’un simulateur ou de quelqu’un qui se moque de son interlocuteur et qui joue une comédie.

Variations de poids fréquentes suivant l’état du malade. Ordinairement bon état général. Accès épileptiformes plus ou moins complets à de grands intervalles.

Ghaslin. — Sémiologie. 53

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Cet état peut se prolonger des années sans que la vraie démence ne s’installe. D’autres fois, celle-ci arrive avec une effrayante rapidité, en quelques mois (démence précoce vraie).

Période de démence. — L’affaiblissement intellectuel est des plus variables comme intensité; il peut être très profond ou à peine marqué. Les symptômes précédents perdent ordinairement leur acuité et deviennent monotones : agité ou déprimé, avec gestes ou paroles stéréotypés, le malade reste debout, couché ou vautré dans un coin, sale, débraillé, ne retrouvant d’activité que pour engloutir sa nourriture qu’il répand sur lui en partie; en un mot, réduit en apparence à une vie purement végétative et automatique, parfois tel qu’un idiot; je dis en apparence, cardans certains cas on est surpris de retrouver sous cette enveloppe démentielle, avec cette indifférence souveraine, cette apathie et ce mutisme absolu, une intelligence beaucoup moins atteinte qu’on ne croirait, comme endormie seulement. Une autre chose curieuse est qu’un certain nombre de ces malades ont conservé une mimique intellectuelle très vive, d’autres, au contraire, beaucoup plus rares, ont l’aspect d’idiots profonds.

Il arrive que la démence très peu accentuée permette l’utilisation du malade pour des travaux peu compliqués. D’autres finissent à la longue par retrouver un peu de leur activité passée. Enfin quelques-uns, plus rares, peuvent jouer un petit rôle dans la société, mais ne sont plus ce qu’ils étaient ; il y aurait amélioration, guérison relative.

Hébéphrénie atténuée. — L’affection se déroule sous une forme qui rappelle beaucoup la neurasthénie ; mais il y a, contrairement à ce qui se passe dans cette affection, une indifférence extrême, une paresse pathologique, avec quelques symptômes qui doivent en outre faire soupçonner l’hébéphrénie : gestes bizarres, attitudes fugitives singulières, tics, grimaces, rires, enfantillages, en un mot, sous une forme à peine ébauchée, ceux que l’on rencontre dans l’hébéphrénie complète.

Diagnostic. — Au début, et chez l’enfant, avec :

La neurasthénie (plus rare chez l’enfant, efforts du malade pour combattre l’affection).

Les obsessions (qui précèdent parfois l’ hébéphrénie, pas d’indifférence, ni de changement de caractère proprement dit, connaissance de l’affection).

Les tics (autre état mental).

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La chorée (caractère des mouvements).

La mening-ite tuberculeuse (signes de méuingite).

La démence épileptique (nombreux accès et vertiges, perte de 1 intelligence prédominante, lenteur des mouvements).

La paralysie générale juvénile (démence vraie, signes de P L., ponction lombaire).

La syphilis cérébrale (démence, signes physiques), rabsée)”^^'^*^"'^^ épileptique (accès d’épilepsie, excitation géné-

La folie morale (précède parfois l’hébéphrénie, pas de stéréotypies ni de délire).

En l’absence de renseignements, chez l’enfant et chez l’adulte, on peut être obligé d’attendre longtemps, mais il faut éliminer ; Le délire d’épuisement (affaiblissement intellectuel passager). Le débre épileptique (généralement court, sauf exceptions, mais qui peut être très embarrassant; rechercher l’épilepsie, sans oublier les accidents épileptiformes de l’hébéphrénie).

La manie (bien plus généralisée; quelquefois embarrassante, mais jamais de stéréotypies, de manières, de grimaces).

La mélancolie (rare chez l’enfant, aspect stable, vraie douleur morale, mimique, aucune stéréotypie).

La folie systématique chronique (systématisation, concordance des symptômes, le contraire de l’indifférence, réticenee et non négativisme, mimique autre).

La folie aiguë (polymorphisme fréquent du délire, mais moins incohérent, à moins qu’il n’y ait excitation; concordance. L’incohérence à froid est en faveur de l’iiébéphrénie).

L’hystérie (suggestibilité très grande, délire de rêve, attaques convulsives spéciales, etc.).

A la période de démence, il s’agit d’un diagnostic sémiologique dont j’ai longuement parlé (p. 255).

2° Folie paranoïde.

Début en général plutôt dans la jeunesse que dans l’enfance, parfois dans l’âge adulte.

Début rapide :

Idées délirantes multiformes avec ou sans hallucinations, de persécution, de grandeur, hypocondriaques, de négation, de transformation corporelle, délire d’imagination, etc., avec excitation, dépression, anxiété, agitation, raptus, souvent indépendants du côté intellectuel, etc. — Intelligence intacte en apparence.

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Puis, peu à peu et très rapidement, l’agitation, les réactions émotionnelles tombent, le délire devient tout à fait extravagant, absurde, mobile, diffus, contradictoire, autant et plus que dans la P. Ci-, ordinairement avec indifférence ou euphorie, mimique d’ironie, verbiage incohérent et en apparence purement verbal, et conservation de l’intelligence et de la mémoire, tandis que se développent plus ou moins complets des signes d’émancipation motrice : stéréotypies, tics, actes étranges, collectionnisme, monologues, mots fabriqués, en un mot les signes dits catatoniques; ou une pseudo-stupeur avec mutisme, le malade végétant sans bouger presque dans un coin; ou un mélange de mutisme et de monologue, etc., etc.

Aspect démentiel par l’indifférence, la tenue débraillée, la gloutonnerie, les actes automatiques, le mutisme ouïe verbiage inces-

Enfin la démence vraie arrive après quelques mois ou plusieurs années, avec plus ou moins de profondeur.

Pas de signes physiques.

Diagnostic. — Avec tous les états qui s’accompagnent de délire incohérent, surtout avec : ^

Le délire alcoolique (caractères spéciaux, délire de rêve spécial, signes phvsiques).

Le délire infectieux (délire de rêve, signes physiques).

Le délire d’épuisement (délire de rêve, confusion, mimique, signes physiques).

Le délire hallucinatoire (hallucinations prédominantes).

Le délire épileptique (parfois difficile; signes de l’épilepsie,

urée ordinairement courte).

lia paralysie générale (démence vraie, signes physiques, ponction lombaire). • j n

La folie systématique chronique (systématisation évidente).

La folie aiguë systématique ou « délire d’emblée » (systématisation plus grande ou alors excitation ; concordance; débilité mentale fréquente surajoutée).

3° Folie discordante verbale. — Elle est rare. ,

Dans les cas purs, après un début plus ou moins analogue aux précédentes formes, la folie se résume en un langage complètement incohérent, avec mots fabriqués constamment, apparence de conservation d’un sens au discours, intonations, rires, sourires, gestes, en un mot la mimique du discours conservée contrastant

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avec l’incompréhensibilité du sens. Dialogues et monologues; conservation de la mimique intellectuelle, des habitudes automatiques ; indifférence totale et adaptation à l’asile. Pourtant, de loin en loin, une phrase sensée, surtout au début d’une conversation, indique que peut-être l’intelligence proprement dite est moins touchée que le langage et que peut-être celui-ci par son désordre empêche de penser (?).

La durée paraît très longue.

Diagnostic. — Avec : tous les cas où il y a langage incohérent, mais qui sont immédiatement éliminés par les mots fabriqués surabondants de la folie verbale (Voy. p. 194). On devra pourtant faire particulièrement attention à ne pas confondre avec la folie systématique ancienne avec langage symbolique (les phrases sont plus correctes, il y a des idées délirantes évidentes).

4° Catatonie. — Début comme dans les types précédents, ou presque d’emblée, état de catatonie. La stupeur et l’excitation dite catatonique avec agitation spéciale durent plus ou moins de temps, avec parfois des rémissions plus ou moins longues. Quelques idées délirantes ou hallucinations rares et passagères. Je me borne à donner la liste des signes dits catatoniques, mais qui ne sont pas, tant s’en faut, pathognomoniques de la folie discordante, ni tous présents ensemble :

Stupeur; catalepsie; raideurs musculaires; flexibilité cireuse; docilité automatique; écho des gestes; écho du langage; mutisme; négativisme; réponses entortillées et inexactes exprès (Vorbeireden). Refus des aliments; manger à la dérobée. Mots fabriqués; bavardage et litanies, litanie déclamatoire ; écrits avec les mêmes caractéristiques (parfois, par contraste, étonnamment raisonnables.)

Stéréotypies d’attitude; stéréotypies de mouvement; manières et grimaces; impulsions; automutilations.

Pendant que le malade est dans la stupeur, il conserve le plus souvent toute son attention et sa mémoire; il reçoit bien des impressions, mais il semble ne pas s’en servir pour un travail intellectuel à cause d’une indifférence absolue, d’une apathie souveraine ; mais une fois en train d’effectuer ce travail, il ne paraît pas avoir de difficulté, pas plus que pour les mouvements. 11 n’y aurait donc pas « inhibition », ralentissement du cours des idées par obstacle. La lenteur avant la réponse ou l’acte viendrait de l’association par contraste, c’est ce que Kraepelin appelle Sperrung

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par opposition à la Hemrnung (c’est une simple hypothèse).

Signes physiques fréquents : pupillaire; dilatation;

exag-e'ration des réflexes ; salivation ; arrêt des règles ; hypothermie; gâtisme par stupeur; gâtisme par négativisme; accélération ou ralentissement du pouls; variations de poids considérables; troubles vaso-moteurs; accès épileptiformes.

La démence véritable s’installe peu à peu en même temps que la monotonie des signes dits catatoniques.

Durée très longue.

Diagnostic. — Lorsque tousles symptômes sont au grandcomplet, il est difficile de se tromper. Cependant on pourrait confondre la catatonie avec les états où apparaissent la stupeur, la catalepsie, les stéréotypies, bien que dans tous ces états les signes dits catatoniques soient le plus souvent partiels et transitoires :

Le délire infectieux (confusion ou délire de rêve, pas de négativisme, état somatique).

La démence infectieuse (démence vraie, pas de négativisme, commémoratifs, signes physiques).

Le délire traumatique (parfois très difficile, s’il y a de la stupeur traumatique; commémoratifs, généralement pas de négativisme, pas de stéréotypies ni de manières).

Le délire épileptique (essentiellement passager, souvent état de confusion, pas de stéréotypies, signes de l’épilepsie).

La P. G. (pas de négativisme, signes de démence, signes organiques).

Les tumeurs cérébrales (pas de négativisme, confusion, signes organiques).

. L’idiotie avec stéréotypies [ces stéréotypies sont très semblables à celles du catatonique] (commémoratifs, signes physiques, état intellectuel d’idiotie).

La mélancolie avec stupeur (mimique de la tristesse, grande fixité de la stupeur, beaucoup moins de négativisme).

L’hystérie (suggestibilité, exagération, commémoratifs).

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