‹ Éléments de sémiologie et clinique mentalesChapitre 143 sur 159 · C. — Le malade répond aux questions · texte numérisé non relu

C. — Le malade répond aux questions

A. — Le malade reste muet (1).

11 est préférable de ne pas essayer de poser les questions, comme je l’indique plus bas ùC., mais il faut profiter de l’aspect, des indications fournies parl’ins-

jl) Voyez le tableau du mutisme (p.230). Ne pas oublier le mulisme du simula-

PLAN DE L’OBSERVATION

pection et qui éveillent les soupçons de telle ou telle affection, pour poser des questions m médias res et faire les <t provocations » utiles.

Insister surles questions banales (nom, âge, etc.); si on soupçonne la mélancolie (mimique), demander si le malade est triste, pourquoi; s’il a quelque chose à se reprocher, s’il est malade, ruiné, s il craint l’avenir, un châtiment, etc., etc. Si on soupçonne la démence précoce, rechercher le négativisme, l’opposition, en cherchant à faire effectuer des actes, c’est-à-dire en insistant sur la provocation (se lever, s’asseoir, donner la main, prendre tel objet, etc.), etc.

Aphasie de Broca? — Essayer l’examen de l’aphasique.

Aphasie hystérique? — Faire écrire, etc.

f Demander ; que voyez-vous ? qu’entendez- Hallucinations ? j vous? Ce sont vos ennemis qui vous parlent,

( qui vous lancent des fluides, etc. ?

[ Est-ce qu’on vous défend de parler? Est- Idées délirantes? Vce que vous avez peur de répondre? Qu’est- Réticence? j ce qui vous empêche de répondre? Est-ce ( que vous êtes indigne de parler? etc.

Il arrive parfois que le malade, réticent, débute par une phrase : a Je ne vous répondrai pas; » ou(( C’est inutile de m’interroger, je ne vous dirai rien; » ou « Vous le savez mieux que moi », pleine de sens pour l’aliéniste, mais indiquant ordinairement qu’il est inutile d’insister.

B. — Le malade parle spontanément.

Il faut 1 écouter et noter ou faire noter (sténographiquement si possible) textuellement ce qu’il dit. Suivant les cas il faut :

1° Ne pas interrompre, écouter et regarder;

2“ Guider discrètement le discours de l’aliéné;

3“ Au bout d’un certain temps entamer l’interrogatoire, en profitant des amorces fournies par l’aliéné, en excitant l’attention, etc.

Stupeur

ou

Confusion?

Chaslin. — Sémiologie.

EXAMEN

C, — Le malade hêpond aux questions (i).

Questions préliminaires :

Bonjour, monsieur (Ou madame, ou mademoiselle, ou mon enfant, etc.).

Veuillez vous asseoir.

Comment vous appelez-vous? nom, prénoms ?

Quel métier faites-vous?

Où demeurez-vous? rue, numéro, arrondissement, ville, département?

Quel âge avez-vous?

En quelle année, etc. (date exacte) êtes-vous ne?

Savez-vous quelle date nous sommes aujourd’hui (année, mois, quantième, jour)?

Quand est-ce que vous êtes entré ici ?

Gomment êtes-vous venu?

Quel est l’établissement où nous sommes ?

Quelles sont les personnes qui se trouvent avec vous (dans votre salle, dans la cour) ?

Que suis-je ici ?

Que sont ces messieurs et ces dames (internes, surveillants, surveillantes) ?

Trouvez-vous votre présence ici justifiée?

Ces questions constituent d’abord un interrogatoire d’identité indispensable, et semblent naturelles au malade d’asile. On ne doit donc jamais les omettre (sauf en ville où on ne posera que celles qui paraîtront appropriées et ii l’instant que l’on jugera le plus propre), même s’il est indiqué de les poser à un autre moment, bien qu’au début elles forment une introduction facilement acceptée et donnant déjà des renseignements précieux sur l’état de la mémoire, de l’attention, sur l’orientation dans le temps et le monde extérieur et même sur le jugement et les idées délirantes (faux nom, âge spécial, ou pas d’âge, etc.). Si on constate des réponses qui dénotent de la confusion ou de la démence on fera bien de poser des questions plus précises, comme celles indiquées plus bas à propos de l’état intellectuel, avant de passer aux idées délirantes, sinon on recherchera celles-ci, quitte à revenir ensuite à la tin sur l’état de l’intelligence. Les deux dernières questions donnent une transition naturelle pour rechercher les idées délirantes les plus fréquentes, celles de persécution.

(1) Ce peut être plus ou moins vite, plus ou moinâ de bonne volonté, après une période de mutisme, etc., ou par moments; l’interrogatoire peut être coupé de monologues, d’accès de mutisme, etc. Je ne puis indiquer tous les cas ni toutes les péripéties possibles.

PLAN DE l'observation. 867

I Recherche des idées délirantes (hallucinations et illusions comprises) .

II faut toujours chercher la précision et le détail; on insistera en posant des questions nettes dans le sens du délire. Cela est surtout important dans les folies systématisées, où souvent le roman pathologique acquiert un grand développement. On recherchera, bien entendu, ces idées suivant les indices de leur présence, suivant la mimique du malade, triste ou joyeux, inquiet ou satisfait, etc; on posera immédiatement les questions appropriées qui mènent aux idées délirantes en rapport avec rémotion : Pourquoi êtes-vous triste, joyeux, inquiet, satisfait, etc? — C’est justement dans le choix libre de ces questions que gît tout l’art de l’interrogatoire. — Si la mimique est normale, on peut toujours commencer par la persécution.

a) Idées de persécution .

Généralement le persécuté « frais «, qui n’a pas été déjà trop interrogé n’est pas encore réticent. Il récrimine facilement et on obtient en général avec un peu d’adresse qu’il se livre, d’autant plus qu’il considère son internement comme une séquestration arbitraire, un tour de ses ennemis contre lequel il protestera hautement avec des phrases typiques; parfois, maja surtout si le malade a déjà été l’objet de nombreux examens ou expertises, il se méfie, ne répond rien de net, bref est réticent (voir p. 689), ce qui n’empêchera pas le plus souvent le médecin de porter le diagnostic, mais sans avoir de connaissances suffisantes sur le délire. On fera donc bien de causer de la pluie et du beau temps pendant longtemps, de l'aire parler le malade de choses banales. Comme il s’excite souvent en parlant, le persécuté finira à un moment ou à l’autre (quelquefois après une séance de deux , heures, quelquefois après plusieurs séances seulement) par se livrer. Une fols qu’il a commencé, il vaut mieux tâcher d obtenir tout le délire, quitte à passer une heure de plus : c’est plus fatigant pour le médecin que pour le malade. Un bon procédé à recommander, c’est l’indilférence apparente du médecin qui fuit toute conversation avec le persécuté (si le temps dont il dispose pour l’examen le lui permet), jusqu’à ce que le persécuté réclame ou écrive des lettres révélatrices ou demande à lui parler, .fai employé plusieurs fois ce procédé avec succès. Un autre moins bon, qui a ses dangers et que je ne recommande pas, consiste à taquiner le persécuté de façon à le faire mettre en colère et à lui faire « sortir son délire ». Si on ne constate pas de mimique révélant une hallucination, ce qui amène tout naturellement les questions : « Que vous a-t-on dit ? qui vous a parlé? », on n’a qu’a suivre dans le sens des deux dernières questions préliminaires et poser, par exemple, les questions suivantes que j’indique uniquement pour fixer les idées :

Alors vous avez des ennemis qui vous ont joué un tour?

( Ou bien) : Est-ce que vous soupçonnez quelqu’un de vous avoir fait enfermer ?

Est-ce que depuis longtemps vous aviez remarque' quelque chose

EXAMEN

de particulier dans l’attitude des personnes dans la rue (ou de telles ou telles personnes) ?

Est-ce (donc) qu’il y a des gens qui vous en veulent?

Est-ce qu’on (ou telle ou telle personne) vous a dit des injures?

Est-ce qu’on a essaye de vous nuire en vous électrisant la nuit, en vous lançant des courants avec des appareils spéciaux ?

Est-ce qu’on a essayé de vous empoisonner?

Est-ce qu’on a essayé de vous lancer de mauvaises odeurs, etc.?

(Ou bien) : La nuit vous voyez des choses effrayantes, du feu, des assassins, des bêtes, rats, serpents, etc.?

On vous poursuit la nuit, le Jour?

On a voulu vous assassiner, etc. ?

En un mot on cherche à faire avouer quelles persécutions le malade subit et qui les fait subir; quand cela est amorcé, il faut faire un examen complet et poser des questions précises, auxquelles, suivant la forme du trouble et son niveau mental, le malade répond ou ne répond pas. Un bon guide pour poser les questions est à peu près la formule scolastique : quoi, où [dans quel endroit du corps), quand, depuis quand, dans quel lieu (monde extérieur), d’où, avec quel résultat, qui, comment, par quels procédés, pourquoi.

1 ° Persécutions auditives :

Qu'est-co qu’on (ou il, ou ils, ou elles) vous dit ?

Qu’est-ce que vous entendez?

Des coups de fusil, de revolver, etc.? Des bruits, des cris, des injures, des menaces, etc.?

Lesquels ou lesquelles ?

Quand (la nuit, le jour)?

Depuis quand ?

Où (dans la rue, chez vous, ici, etc.)?

Sont-ce des dialogues, des conversations entre « eux »?

Sont-ce des voix d’hommes ou de femmes?

A voix haute, basse?

Loin, près?

D’où partent ces voix?

Comment arrivent-elles jusqu’à vous?

Répétent-elles ce que vous pensez (Echo de la pensée.) ?

Est-ce qu’on vous prend votre pensée (Prise de la pensée)? etc.

2° Persécutions somatiques: (je mets à part les génitales.)

(Même nature de questions.)

Qu’est-ce qu’on vous fait?

PLAN DE L’OBSERVATION

On vous lance des décharges électriques, des étincelles t On vous travaille les organes (le cerveau, la moelle, le cœur, le sang, etc.)?

A quels endroits du corps au j uste ?

Où? (dans la rue, chez vous, ici, etc.)?

D’où?

Comment ?

Qu’est-ce que ça produit (destruction des organes, de la peau, etc.)?

3“ Persécutions génitales :

On vous excite la nuit ? etc. ■

(Même ordre de questions.)

Rechercher les hallucinations visuelles spéciales.

4“ Empoisonnement

On a mis quelque chose dans vos aliments ? etc.

5° Mauvaises odeurs :

On vous lance de mauvaises odeurs ? etc.

6“ Persécutions visuelles :

Voyez-vous des choses efl'rayantes ? etc.

Voyez-vous des choses érotiques, des femmes nues, etc.?

Les animaux que vous voyez se précipitent sur vous, deviennent énormes? etc., etc.

Sont-ce toujours les mêmes choses que vous voyez? etc.

Les hommes dans la rue vous menacent? Ils brandissent des couteaux? etc.

7° Les persécuteurs.

Qui fait tout cela?

Grande importance (pour le danger présenté par le persécuté) de faire préciser et nommer « qui », s’il y a lieu: sociétés, plusieurs personnes, une personne, etc.

Pourquoi vous fait-on tout cela ?

Rechercher le système délirant, s’il existe, dans tous ses détails depuis son début, dans son évolution.

6) Idées de défense.

En rapports étroits avec les idées de persécution.

Est-ce que personne ne prend votre défense? n’intervient pas contre vos ennemis ? en faisant quoi, où, quand, etc. ?

EXAMEN

■c) Idées de grandeur.

Si la recherche des idées de persécution a donné des résultats et que l’on ait affaire à un fou systématique, on fera bien de rechercher les idées de grandeur qui forment souvent système avec celles de persécution :

Est-ce que vous n'étes pas ce que vous paraissez être?

Est-ce que vous seriez appelé à de liautes destinées (et c’est pour cela que vous avez des ennemis)? Etes-vous chargé d’une mission? Est-ce que vous avez bien connu votre père?

Il n’y aurait pas un mystère dans votre naissance ou dans votre éducation?

Est-ce que votre nom est bien réellement le vôtre ?

Vous n’auriez pas un protecteur illustre?

Etc., etc.

Faire développer le roman dans tous ses détails (surtout rétrospectifs). .Sinon, on recherchera les idées de grandeur suivant les indices : richesse, capacités, talents, dons spéciaux, hautes situations, etc.

d) Idées d’auto-accusation, de déchéance , de ruine, etc.

Ne pas oublier qu’elles se rencontrent en dehors de la mélancolie.

Est-ce que vous avez quelque chose à vous reprocher? Avez-vous commis une faute?

Quelle? (faire détailler).

Où, quand, comment?

Pourquoi?

Que va-t-il vous arriver?

Craignez- vous un châtiment?

Lequel?

Où, quand, comment, etc.?

Êtes-vous déshonoré, indigne, ruiné, perdu?

Avez-vous causé la ruine des vôtres? etc., etc. ^

On est souvent obligé de déployer beaucoup de patience chez les mélancoliques pour obtenir une réponse.

e) Idées hypocondriaques :

Êtes-vous bien portant?

Votre estomac, intestin, cœur, etc. fonctionne-t-il bien? Votre intestin n’est pas bouché?

PLAN L’OBSERVATION

Votre sang circule-t-il?

Votre cerveau n’est pas vidé? etc., etc^

Avez-vous des maladies spéciales, extraordinaires?

Une idée voisine est celle de grossesse, même chez les hommes (c’est rare, je l’ai vu une fois. Voir p. 164).

/) Idées de transformation :

On passe par transition insensible des idées hypocondriaques aux idées de transformation et de négation.

Vous n’avez pas quelque chose d’extraordinaire à la place du cœur, des reins, etc.J

ff) Idées de négation :

Est-ce que vous avez encore un estomac, un intestin?

Est-ce que vous vous sentez exister ?

Est-ce que vous existez?

Est-ce que vous êtes mort?

Est-ce que moi j’existe, cet objet existe-t-il?

Le monde existe-t-il ? etc.

Faire attention h la façon dont le malade se désigne; au lieu de je : il, elle, etc.

A) Idées de possession :

Ces idées sont à la fois voisines des idées de persécution avec prise de la pensée, des idées hypocondriaques avec transformation corporelle, des idées mystiques; on devra les rechercher surtout dans la mélancolie chronique et chez les mystiques proprement dits.

i) Idées d’énormité :

A rechercher surtout chez les mélancoliques négateurs.

j) Idées mystiques.

Rechercher les hallucinations visuelles avec leurs caractères spéciaux.

Avez-vous vu Dieu, J. -G., le diable, la Vierge, tel ou tel saint, etc.?

Où, quand, comment?

Vous a-t-il (elle) dit quelque chose (rare)?

Avez-vous entendu une voix céleste?

EXAMEN

Où, quand, comment? Que vous a-t-elle dit? etc.

Vous a-t-il montré «es ordres, ou vous les a-t-il lait comprendre?

Quels ordres ?

Avez-vous eu d’autres inspirations'^

Où, quand, comment?

Avez-vous eu des extases ?

Êtes-vous en relation avec le diablet

Vous a-t-il possédé ? Êtes-vous possédée (voir plus haut) (surtout les femmes)?

Qu’est-ce que vous fait le diable ? (détailler).

Êtes-vous chargé d’une mission? (faire détailler).

Êtes-vous damné?

Pourquoi? etc., etc.

k) Idées érotiques :

Les rechercher surtout chez les persécutés, en relation avec les hallucinations de la sphère génitale, chez les mystiques, chez les déséquilibrés (perversions, inversions), chez les femmes mûres, etc.

/) Idées de jalousie :

' En rapport étroit avec les idées de persécution et les idées érotiques ; surtout chez les alcooliques chroniques et les déséquilibrés.

m) Perversions de l’imagination :

Les rechercher surtout en relation avec les idées de grandeur, avec lesquelles elles sont souvent liées : inventions, systèmes philosophiques, sociaux, religieux, etc. On notera particulièrement celles portant sur le langage, et particulièrement les mots fabriqués ou détournés de lem- sens.

2'' Etat de l’intelligence. Instruction. Son niveau.

L’inspection et l’interrogatoire nous ont déjà fourni des données, car tout signe éjectif est au fond multiple, traduisant au dehors en bloc l’esprit qui est à la fois intelligence, émotion et impulsion. C’est pour cela qu’il est impossible de donner un plan d’interrogatoire invariable, d’indiquer un procédé pour chaque symptôme à rechercher, et de donner à propos de chaque question tous les signes qu’elle permet de faire apparaître.

11 va sans dire que dans certains cas (persécutés par exemple) il sera préférable d’obtenir des renseignements indirects ou de se contenter de ceux obtenus en chemin, à cause de la susceptibilité des malades.

Cette recherche de 1 état de l’intelligence est surtout nécessaire quand on ne fait que soupçonner la démence et qu’un examen à ce point de vue est

PLAN DE L’observation. 873

indispensable, par exemple si l’interdiction est demandée, ou encore pour savoir de quel genre de démence le patient est atteint. ]

La première recherche doit porter sur la mémoire et Lattention, ce qui donne chemin faisant d’autres renseignements.

Mémoire des choses anciennes :

Conservation des connaissances scolaires, que je suppose seulement primaires; dans le cas d instruction secondaire et supérieure, on posera des questions par analogie et courantes sur les sujets que Ton apprend en lisant le journal et en vivant la vie de tous les jours. On devra tenir grand compte des occupations et de l’âge du malade et ne pas demander à un manœuvre, à un paysan qui ne lit jamais, ou à peine, le journal ou qui n’écrit jamais, d’avoir les mêmes connaissances scolaires ou générales et la même capacité de répondre à des questions sur elles, qu’un employé de bureau ou un citadin débrouillar(| et au courant.

Lecture à haute voix d’un fait-diver.s approprié.

Le faire commenter.

Lecture à voix basse d’un autre fait-divers. Chercher, le texte enlevé, ce qui en reste dans la mémoire du malade.

Noms des mois et des jours.

Saisons. Points cardinaux.

Villes de France principales.

Fleuves principaux.

Les présidents de la République.

Guerre de 1870-71.

Napoléon 1".

Jeanne d’Arc.

La Marseillaise.

Suite des jours de la semaine, des mois, à rebours (Ceci donne souvent des indications très précises sur l’état de l’attention).

Alphabet à rebours (très difficile).

Suite des nombres — Suite des nombres à l'envers.

Calcul de tête.

Table de multiplication, additions, soustractions, divisions (1).

J ai 27 oranges, j’en donne le tiers, qu’est-ce qui me reste?

(1) S ou 6 de ces exercices pour chaque opération suffisent largement.

EXAMEN

Petits problèmes : X — 3 = 14 X X 5 = 11 X + 7 = 53 X : ^ = 5

Vous gagnez 3 fr.75 par jour; combien ça fait-il par semaine, par mois?

Combien y a-t-il de jours du 16 avril au 23 mai?

Un problème très simple, qui découle des questions préliminaires, est d’une difficulté insurmontable pour certains malades. Après leur avoir demandé leur âge, s’ils ne s’en souviennent pas, mais qu’ils sachent leur date de naissance et la date actuelle (on est obligé souvent de leur dire celle-ci), on leur pose la question : Vous savez la date de votre naissance, la date d’aujourd’hui, calculez votre âge? Bien souvent ils ne savent pas même l’opération à effectuer : c’est le signe d’une profonde déchéance ou d’un développement très insuffisant ou d’une instruction nulle.

Vous achetez un chapeau qui coûte 5 fr. 33 ; vous donnez au marchand une pièce de 10 francs. Que doit-il vous rendre?

Quelques questions sur le système métrique, la monnaie, les timbres-poste (quelles couleurs et quels prix).

Faire ï&vee, par écrit une addition, une soustraction, une multiplication, une division, ainsi que les problèmes précédents, s’il y a lieu.

Faire écrire le malade :

Ecriture spontanée : Écrivez-nous quelque chose, ce que vous voudrez.

Écriture demaridée : noms, lieu de naissance, âge, date de naissance, profession.

Rédiger une lettre à la famille ou aux autorités, suivant le cas, etc.

Dictée (d’un fait-divers par exemple).

Enfin faire copier un autre fait-divers (ou un manuscrit suivant le cas.)

Voir plus loin V examen complet et spécial des écrits (p. 883).

PLAN DE L'-OBSERVATION

Faire dessiner de mémoire un objet quelconque, professionnel, la carte de France, etc. Copier \mei image ge'ométrique, rectangle, triangle, quadrilatère irrégulier. Reproduire de mémoire un quadrilatère irrégulier ( FoiV sur les dessins, p. 887.).

Noter soigneusement les émotions, sentiments, idées suscités par ces demandes d écrire et de dessiner, car elles sont accueillies différemment suivant les afièctions.

Faire raconter l histoire de sa vie au malade ; l’histoire de sa famille, son enfance, son apprentissage, sa ^voÎQSsion. Détails sur le métier (comment fait-on une serrure, une table, un mur, un corsage, un ourlet, une reprise, etc.?). Service militaire, régiment, noms des officiers, garnison, etc. Mariage : date, noms, âge, profession de la femme, des enfants, etc.

Rechercher les mémoires spéciales •. dates, lieux, noms propres, manuelle, musicale, etc.

Tout ceci nous a donné des renseignements sur la mémoire dupasse (pertes, lacunes, erreurs, mélanges de souvenirs objectivement réels et de souvenirs délirants, délire rétrospectif, etc.) et sur le jugement du malade. On reviendra encore sur cette dernière recherche plus loin, mais on doit aussi rechercher la mémoire des faits actuels.

Mémoire des choses actuelles.

On demandera Y emploi du temps depuis l’entrée, — quelques jours avant — le matin même — ce que le malade a mangé la veille, le matin; les visites des parents, les jeux et lectures, etc.

On demandera aussi l’heure — de lire l’heurtf — de dire si on est le matin ou le soir (dans le cas d’erreurs sur le temps avec faux souvenirs pour faire faire son propre contrôle au malade). Cela est particulièrement utile pour déceler les faux souvenirs.

Quelques moments après un des exercices précédents, on interrogerale malade sur ce qu’on vient de fui faire faire, sur ce qu’on lui a demandé: ou bien on prendra un objet peu connu, dont on expliquera l’usage (par exemple un marteau rotulien, un abaisse-langue, etc.), en se mettant à la portée du malade, et quelque temps après on s’assurera de ce qui a été retenu.

Tests (d). — On peut aussi faire usage de tests, ainsi que pour la recherche de la perspicacité (Voir plus bas).

(l)Le mot lest est un mot anglais employé ordinairement avec l’adjectif mental : mental test, qui veut dire épreuve mentale. Cette épreuve consiste en questions ou problèmes choisis une fois pour toutes ou peu variables, contrairement aux ques-

EXAMEN

J’emploie souvent ceux de Ziehen, qui sont les suivants :

A. — 1“ Demander combien de fois font 7X8 (par exemple).

2“ Dire rythmiquement devant le malade une série de 6 chiffres et la faire répéter. Recommencer l’épreuve avec une autre série.

Par exemple : 4 7 3 2 0 9

3“ S’assurer si la première opération a été retenue. Les gens normaux retiennent tout.

Il est quelquefois utile de prévenir le malade de ce qu’on kttend de lui dans cette épreuve.

B. — Lire devant le malade dix paires de mots couplés, puis au bout d’un moment demander au malade de dire le second mot de chaque couple, le médecin disant le premier. Ainsi par exemple les dix couples suivants :

arbre haut

toit rouge

chambre petite

justice égale

manteau long

poisson frais

robe jolie

homme honnête

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