‹ Éléments de sémiologie et clinique mentalesChapitre 144 sur 159 · acte rapide · texte numérisé non relu

acte rapide

pantalon bleu

On fera bien aussi de faire réciter des phrases quelconques lues devant le malade et d’autres qu’on lui a fait lire.

On peut aussi ordonner l’exécution de certains actes, comme de faire une commission : remettre trois objets différents à trois personnes différentes, après avoir fait telle ou telle démarche, etc.

On doit s’assurer si la mémoire peut par l’exercice s’améliorer (ce qui se confond avec le traitement dans le cas de troubles curables de la mémoire.)

.9° Perspicacité et utilisation du stock des idées: travail intellectuel (1).

La recherche de la perspicacité (jugement, raisonnement), qui a été faite déjà tout le long de cet interrogatoire, peut être encore faite directement, si l’on veut, par beaucoup de procédés, qui rentrent plus ou moins dans les tests.

On demande d’abord au malade ce qu’il pense de sa propre situation intellectuelle (à rapprocher au besoin de la question préliminaire: trouvez-vous votre présence ici justifiée?), et on voit le degrécle reconnaissance de l’affection.

tions de l’interrogatoire qui sont beaucoup plus changeantes, occasionnelles et posées clans un ordre qui peut être quelconque. Au fond entre les tests et l’interrogatoire, il n’y a pas de limites précises. — Je n’indique que ceux dont j’ai l’expérience per- .sonnelle.

(1) On se contentera pour la clinique d’apprécier, en gros, ses résultats, sans rechercher les éléments complexes psychologiques qui le constituent.

PLAN DE l’observation.

On doit n’aborder cette question qu’avec prudence et plutôt dans les derniers inteiTOgatoires, sauf naturellement pour les obsédés.

On montre différents objets au malade et on le prie de les reconnaître, de les nommer, de les décrire, de dire à quoi ils servent, etc.

On montre une caricature, une image avec légende (facile, en rapport avec le degré de culture) et on cherche ce qui est compris.

Faire comparer deux images très peu différentes (par exemple, j’ai deux photographies d’une même personne : sur l’une celle-ci a les yeux ouverts, sur l’autre fermés).

Expliquer nnproverbe courant.

Reconnaître et expliquer un bon mot.

Présenter un petit récit avec des lacunes, c’est-à-dire des syllabes et mots manquants ; faire compléter les syllabes et les mots.

Présenter dans un ordre bizarre les mots d’une phrase et faire reconstituer la phrase en remettant les mots à leur place.

Faire reconnaître l’absurdité, l'erreur d’une phrase, d’un raisonnement.

Ces procédés (1) (et d’autres semblables) ne servent qu’exceptionnellement en pratique courante et on aura suffisamment de donne'es par l’ensemble de l’interrogatoire et par les renseignements sur la conduite du malade à l’intérieur de l’asile, recueillis comme je l’indique plus bas, et qui sont de la plus grande importance.

4° Recherche des sentiments et des réactions, des actes, instincts, tendances.

On pourra poser des questions directes sur ces points. On aura plus de renseignements indirectement.

Pourtant, par exemple, on pourra demander à un persécuté (et tâcher de savoir son intention) :

Avez-vous l’intention devons venger de vos ennemis? de vous plaindre au parquet? de « les» assassiner? etc. L’avez-vous déjà fait?

A un mélancolique, à un détraqué, on demandera s’il a « de mauvaises idées, s’il a fait des tentatives de suici(le. »

Car les tendances à la violence et au suicide sont parmi les plus importantes.

(I) Je nie suis servi parfois de Tests extraits du livre de Tobloose, Vaschide et PiÉRoN, Technique de psychologie expérimentale, Paris, 19U4. — Il y a une nouvelle édition par Toulouse elPiÉaoN, 19H.

On pourra comparer avec les Tests de A. Binet et Simon que l’on trouvera exposés dans différents ouvrages ; on consultera avant tout les différents volumes de V Année psychologique, recueil annuel paraissant aihez Masson, éditeur.

J’ai utilisé les indications du livre de RAECKE(déjà cité), Grundriss der psychiatrischen Diagnostik, 2'e Aufl., Berlin, 1910.

'EXAMEN

On devra rechercher aussi spécialement, d’après les indications, le négativisme et son opposé la suggestibilité, en cherchant à faire exécuter certains actes au malade :

Donnez-moi la main !

Levez-vous !

Asseyez-vous !

Mettez un bras en l’air ! etc.

Les sentiments vis-à-vis de la famille sont connus mieux par V attitude du malade lors des visites des parents ou des amis, en présence du médecin, que par un interrogatoire. Aussi recommanderai-je particulièrement cette v, confrontation yt qui est souvent précieuse.

L’étnde du caractère et des tendances les plus générales ou élevées n’est guère connue que par une longue fréquentation et surtout indirectement par les mille faits journaliers de l’asile.

On demandera pourtant, si l’on veut, qu’est-ce qui intéresse le malade, quel est son idéal, qu’est-ce qu’il aurait voulu être ou faire ; et au besoin on posera des questions sur l’art, la politique, la science, la religion, la littérature, les sports, les jeux, etc.

Remarque générale — Un examen mental aussi long ne peut ordinairement pas se faire en une séance. On doit prendre garde d’indisposer le malade par toutes ces questions, ou de le fatiguer. 11 vaut mieux faire plusieurs examens, toujours avec méthode bien entendu. Souvent aussi (je paide pour la pratique courante) il sera complètement inutile de le faire si long : vingt minutes à une demi-heure suffisent dans la plupart des cas. 11 faut passer alors à l’examen somatique dès qu’on a suffisamment étudié l’esprit.

Quand on a le temps on doit toujours se faire donner par le surveillant de son service (1) un rapport sur la conduite du malade (voir plus bas p. 880) et se faire remettre tous les écrits et objets (voir p. 883) pour les examiner soigneusement.

3" Examen somatique.

Doit être fait à latin, après l’examen psychique, bien que pendant celui-ci on puisse constater des signes importants (par exemple des troubles delà parole). On doit toujours, à l’asile, examiner le malade complètement nu ou le faire examiner par l’interne (affections de la peau, traumatismes, etc.). ,Te ne ferai ici qu’une énumération succincte et partielle des signes physiques ; cet examen n’offrant rien de spécial, j’indique seulement d’un mot l’organe qu’il ne faut pas oublier d’explorer ou le signe le plus important à constater, ce qu’il ne faut jamais négliger. Cet examen sera renouvelé suivant les indications. Dans

(1) On peut, pour les aliénés soignés cheveux, tenter d’obtenir des parents une enquête analogue.

PLAN DE l’observation.

la pratique courante, les signes physiques de la paralysie générale sont û rechercher soigneusement pour peu qu'il y ait un indice meme léger.

Anthropologie : Taille, envergure, développement.

Forme du crâne.

Asymétries et anomalies.

Poids.

Parasites (poux (1) et gale).

Aspect de la peau (particulièrement au visage).

Masques pathologiques divers.

Cicatrices (épileptiques, auto-mutilation, suicide, apaches, criminels).

Tatouages (2).

Contusions (agitation, contention brutale).

Signes d’affections somatiques.

Température (fièvre): Toujours faire prendre la température à l’entrée dans le service.

Maigreur ou embonpoint.

Goitre.

Sénilité.

' Quantité, l Albumine.

1 Cylindres, j Sucre.

Urines

(Toujours les faire examiner à l'entrée.)

[ Indican.

; Pigments biliaires, etc.

Troubles de la parole :

Achoppement.

Bredouillement.

Bégaiement.

Blésité.

Parole scandée, etc.

Tremblement des lèvres et de la langue.

Dentition.

Langue; cicatrices; état saburral.

Constipation. - Diarrhée.

(1) Presque constants chez les enfants amenés à la Salpêtrière.

(2) Ces tatouages indiquent souvent, comme je l’ai dit, un monde spécial, sociétés criminelles, marins, ^nilieux coloniaux, et sont parfois un indice précieux, surtout au point de vue médictf-légal.

EXAMKN.

Gâtisme.

Incontinence d’urine.

Ictère.

Pouls et artères, cœur: artério-sclérose.

Yeux : signe d’ArgylI Robertson, niyosis, etc.

Réflexes tendineux : abolition.

Signe de Babinski.

Sensibilité.

Paralysies.

Tremblement — des mains, des membres (ataxie, etc.). Marelle.

Poumons.

Règles.

Hernies.

Appétit.

Sommeil et rêves (d’après les renseignements).

Ponction lombaire.

Conduite de l’aliéné à l’intérieur du service.

Je fais répondre par mon surveillant à un questionnaire portant sur les points suivants (Voir le schéma), obtenus pendant la première quinzaine par l’examen de l’aliéné en observation ii l’infirmerie. On modifiera ce questionnaire si le malade est dans sa famille. On priera celle-ci de le remplir, si elle en est capable et si on le juge utile. On continue cette enquête pendant toute la durée du traitement.

J’accorde une grande valeur aux renseignements ainsi fournis, qui devront être pris avec tous les détails possibles. Ils sont souvent plus utiles que des examens directs, minutieux, et surtout que les tests.

, Le malade se lève-t-il seul?

Le malade fait-il sa toilette seul ?

Le malade s’habille-t-il seul?

Est-il habillé proprement ?

Ou débraillé et sale ?

Va-t-il spontanément aux W.-C. ?

Est-on obligé de l’avertir, de le conduire aux W.-C.?

Constipation, diarrhée.

Gâtisme, levé, au lit.

Entend-il la cloche des repas, etc. ?

Va-t-il spontanément et seul au réfectoire?à la table commune ?

plan de l’observation. 881

Mançe-t-il dans un coin?

Mang-e-t-il lui-même? Comment? (tous les détails).

Le fait-on manger? Gomment? (tous les détails).

Reçoit-il des provisions de sa famille? quelles? qu’en fait-il? Comment les mange-t-il?

Appétit. Choix des mets.

Digestion. Vomissements. Rumination.

malades^'^^' Perversions sexuelles avec d’autres

Le malade se couche-t-il seul?

Comment?

^ Doit-on le déshabiller, le coucher? Comment?

Reste- t-il au lit dans le jour? Attitudes spéciales, dans le lit, la nuit, le jour.

Comment se comporte-t-il la nuit ?

Sommeil.

Rêves.

Bavardage nocturne.

Comment se conduit le j malade avec .

/ délit?

s voisins f

} de chaulfoir ?

• i I de cour?

f Les surveillants et infirmiers ?

\ Les médecins ?

maÏdeÏ? reçues par les autres

fSa femme?

Ses enfants?

Ses parents ?

Ses amis?

Que fait-il avec les personnes qui le visitent? Quelles occupations et comment?

Travail à l’atelier.

Travail particulier.

Aide dans le service? à quoi? comment ? Quels jeux et comment?

Promenades.

Lectures.

Ecrits; lettres à sa famille, aux autorités, etc. Dessins.

Chaslin. — Sémiologie.

EXAMEN

Objets collectionnés et fabriqués.

Conversations; avec qui? (1)

I(( Manies ».

Tics.

Stéréotypies.

Marche en piste.

Collectionnisme.

Emporte-t-il partout un sac dans lequel il met ses affaires?

I Hallucinatoires.

Mystiques.

Défensives.

Bizarres.

Stéréotypées.

Costume spécial.

Discours . (Avec qui? Personnes réelles.

Dialogues . (Personnes imaginaires.

Monologues. Quand?

Agitation.

Dépression.

Périodicité des manifestations.

Impulsions. — Violences.

Suicide.

! Complète.

Incomplète.

Négative - réclamations, révolte, tentatives de fuite.

(1) Dis-moi qui tu hantes, et je te dirai qui tu es, voilà un proverbe dont il faut se souvenir ici.

PLAN DE l’observation.

Examen des produits de l’activité du lüalade.

Écrits.

Dessins.

Objets.

Travaux.

Écrits (1).

Refus .

Suppression . i

Fréquence . /

Périodicité . ^ Des écrits.

Nombre . |

Longueur . 1

Conditions de temps, ' de lieu, d’occasions.

!' Spontané.

Commandé.

Dicté.

Copié.

Comparaison de tous les écrits entre eux. Ne jamais oublier d’y comprendre les écrits antérieurs à l’afifection (et au besoin postérieurs) quand c’est possible. Comparaison avec le langage parlé. Matériel de l’écrit.

I Papier.

Bouts de papier.

Chiffons.

Murs.

Sol, etc.

I Feuilles volantes.

! Lettre avec enveloppe.

Cahier.

Carnet.

ue 1 écrit . i Volume broché, relié, etc.

I Dispositions spéciales bizarres : par I exemple écrire sur l’intérieur du ra- ' bat de l’enveloppe d’une lettre, etc.

(1) Je comprends sous ce nom: manuscrits, imprimés, etc. — On devra examiner

EXAMEN

Ustensiles

j Plume, j Crayon.

Morceau de bois.

I Epingle, j Imprimerie, j Machine à écrire.

j Encre.

I Encre de couleur.

Sang.

\ Matières fécales, etc.

Façons d’employer ce) matériel .

Façons . (De s’installer pour écrire.

[et actes < De prendre la plume.

concomitants). ( De manier la plume, etc. Facilement.

Lentement, l Avec hésitation.

•Avec reprises.

Spontanément.

Sur injonction réelle.

Sur injonction imaginaire.

Automatique.

Façons d’écrire .

Ecriture J Seule (compris les chiffres)

} Avec dessins.

Ordonnée.

Titres.

i Marges.

Lignes droites.

— irrégulières.

— montantes, descendantes.

ondulées.

— croisées.

— serrées, espacées, i Complètement en désordre.

Dispositions spéciales, bizarres .

Dimensions de l’écriture.

tous les éléments divers à significations diverses, énumérés sous les rubriques indiquées dans le tableau.

PLAN DE l’observation.

Enfantine.

A la mode.

(Ornée de fioritures.

Ronde.

Spéciale.

1 Imitation de 1 impression.

j Soulignage.

I Mots en capitales, en italique, etc.

Lisible, etc.

\ Illisible, gribouillage.

; Ferme.

Ataxique.

) Tremblement |

I (Allant ainsi jusqu’à l’illisibilité et gribouillage par la combinaison ' de plusieurs éléments.)

Signes graphologiques (?).

Examen spécial de la signature et du paraphe suivant les mêmes principes.

Langue employée,

■ L’écrit spontané.

! Française, i Étrangère.

< Mélangée.

I Spéciale.

\ Mots fabriqués .

( A. — A un but.

^ B. — N’en a pas.

— L'écrit est spontané et a un sens général, un but. ( Autorités.

Lettres aux . ) Parents.

( Amis, etc.

Notes.

Journal.

Mémoires.

Travaux littéraires et autres.

Testament.

Sa forme générale est-elle bien adaptée au but

EXAMEN

/ „ , ( Par ignorance.

K (■'*"‘'*1 Par déchéance.

r ograp e . . Oublis de lettres, de syllabes, de mots,

( de phrases.

Faire relire le malade pour s’assurer s’il reconnaît ses fautes.

' Ignorance.

Syntaxe . < Fautes pî

\ Déchéance.

) Trouble général.

^ Délire.

I Prolixe.

Concis.

A répétition. . . ( Rabâchage.

Des mots ou | Tendance à la perdes phrases. ' sistance.

Ordonnance générale des pensées.

Appropriation des mots au sens et au but. — Langage symbolique; inapproprié; de perroquet, etc.

/ Trivialité, l Obscénité.

< Ironie mordante.

/ Prétention. Vanité.

\ Pompe théâtrale.

Expression directe ou détournée d’idées délirantes. Appréciation du niveau de la perspicacité manifestée.

Examen de la signa- 1 Nom réel, fure . I Nom d’emprunt.

Expression de sentiments, surtout .

— L’écrit spontané est automatique, sans sens général et sans but.

l Bavardage.

Bavardage . | Bavardage avec associations infé-

V rieures.

/ Avec conservation del’aspect extérieur approprié au but.

I Sans cette conservation et pouvant

Incohérence . ! aller jusqu’à l’outrance (lettres en

I désordre).

Mots fabriqués automatiquement.

\ Stéréotypies diverses, etc.

PLAN DE L’OBSERVATION

Page 1