‹ Éléments de sémiologie et clinique mentalesChapitre 39 sur 159 · OBSESSION · texte numérisé non relu

OBSESSION

Le contenu de l’idée obsédante peut être tout à fait banal, saugrenu ou désagre'able.

Il peut être aussi en rapport contrastant avec les idées auxquellesle malade veut faire attention ; ainsi le malade aura des pensées obscènes l’obsédant au milieu de préoccupations religieuses etmorales,etc. C’est ce qu’on appelle l’association par contraste.

Cette obsession peut conduire à des actes plus ou moins étroitement liés à elle. Parmi ceux-ci, il faut mentionner spécialement les actes de vérification et les « trucs » mentaux que certainspsychasthéniques emploient pour mettre fm à l’obsession (procédés comparables à ceux dits de défense des persécutés chroniques j voyez p. ISO) j’en donne des exemples aux Types cliniques.

Il y a des cas rares où l’obsession se transforme en hallucination ou en idée délirante (Séglas).

L’obsession a pour caractère ordinaire d’apparaître par accès. Elle peut s’établir pres(|ue chroniquement, mais, même dans ces cas, elle n’est pas perpétuellement présente. Elle est toujours sujette à des paroxysmes plus ou moins marqués.

L’obsession a aussi des liens étroits avec ce que j’ai décrit sous le nom de mentisme (p. 61), car il y a souvent une répétition monotone obsédante au milieu du courant des pensées, comme un remous qui se forme. On peut dire aussi que si 1 obsession peut aboutir à l’impulsion, elle touche aussi par un autre côté à l’indécision: le malade, dans ce cas, est tourmenté pendant longtemps par les représentations d’actes entre lesquels il n arrive pas à faire un choix et qui persistent, monotones, sans aboutir, si ce n’est au bout d’un temps très long. C’est que tout cela est la manifestation de l’état dit neurasthénique ou psychasthénique qui sera décrit à l’art. Neurasthénie et obsessions.

Une des caractéristiques de l’obsession est qu’elle est reconnue par te malade lui-même, contrairement aux idées délirantes. C’est ce qu’on appelle la folie avec conscience, mais cette conscience n’est pas absolue durant toute la période del’accès. Lemaladelutte contre son idée, mais l’admet un instant pour la repousser ensuite. Au moment où le patient cité plus haut vient tâter sa porte pour savoir si elle est fermée, il doute vraiment quelle le .soit. (Je dirai quelques mots plus loin à propos de cette question complexe du doute). Le confrère qui était poursuivi par cette idée que son père avait été ofTicier anglais se disait de temps en temps : « Mais enfin, vraiment, il ne l’était pas. » Ce qui indique bien que par

SÉMIOLOGIE.

moments il avait fait sienne, pour un instant, cette idée absurde. Il faut ajouter que les patients, bien qu’ils reconnaissent leur état et le décrivent souvent minutieusement quand ce sont des gens cultivés, le reconnaissent pourtant fort mal. Beaucoup avouent qu’ils ne se rendent pas parfaitement compte de ce qui se passe en eux. Il y a un certain degré de confusion dans les idées à ces moments là (Voyez le cbap. Psychasthénie).

Valeur sémiologique. — Si incontestablement l’obsession dans ses différentes variétés se rencontre avant tout dans la psychasthénie, elle peut beaucoup plus rarement se rencontrer au début de la paralysie générale, au début de la démence précoce, comme j’en ai vu un cas très curieux avec le D"' Séglas (voyez plus loin), et au début de la mélancolie. Mais peut-on dire que ce sont ces affections mêmes qui ont débuté par une période où elles avaient la forme d’obsession ou bien faut-il admettre que l’obsession avait dans ces cas une existence indépendante des affections qu’elle précédait? c’est encore une de ces questions de « nosographie » que nos connaissances limitées ne permettent pas de résoudre. Il n’importe : le fait demeure avec son importance pratique.

Appendice.

Audition colorée, etc.

Il y aussi d’autres troubles, mais permanents, des associations, qui ne présentent qu’un intérêt de curiosité, comme l’audition colorée, les « photismes » etc. Je renvoie aux Types cliniques où j’en donne un exemple.

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