LE CARACTÈRE
i e — Changement de caractère au début de beaucoup d’affections mentales. Ti'ès important pratiquement.
développement anormal dans une direction. — Dans certains cas, surtout chez les fous systématiques, le trouble mental semble être le développement anormal du caractère antérieur.
Caractère congénitalement anormal. — Chez les déséquilibrés.
Le caractère est la façon de re'agir de l’individu au monde extérieur, sa conduite ordinaire. C’est en somme la résultante des émotions, instincts, penchants, sentiments, et de la compréhension des choses, c’est-à-dire de l’intelligence. Tel est courageux ou poltron, avare ou prodigue, dur ou tendre, prompt ou lent, large ou étroit, facile ou tatillon, etc. J’ai indiqué à propos des sentiments les différents aspects particuliers que peut prendre le caractère général de l’aliéné suivant le type clinique (voyez p. Sd). Je n’y reviendrai pas ici. Ce qu’il y a d’important sémiologiquement dans la considération générale du caractère se réduit à peu de chose.
Changement de caractère. — Ceci est très utile à rechercher dans les antécédents du malade.
Par exemple, M“'Sé..., vient me raconter quelle ne sait pas ce qu’à son mari; il devient triste, négligent, et parait ne plus s’intéresser à ses affaires, lui qui élait toujours plongé dans son métier. Elle craint qu’il ne soit malade. Examen minutieux fait, on relève quelques signes discrets de paralysie générale, un léger accroc de la parole, une physionomie affaissée et inerte, la paresse pupillaire à la lumière. Ce changement de caractère indiquait le début de la méningo-encéphalite.
D’autres fois, le malade devient dépensier, ou joueur, ou coureur, violent, excité génésiquement ou l’inverse, etc., et ceci est toujours l’indice de l’imminence de cette affection. Si je prends cet exemple de la paralysie générale, c’est qu’il est très fréquent et que l’on doit toujours y penser, chez un individu, surtout un
SÉMIOLOGIE.
homme, entre 35 et 55 (parfois plus tôtou plus tard). Dans l’alcoolisme chronique le changement de caractère est un des bons signes de l’intoxication invétérée.
Chez les jeunes gens on pensera à la « démence précoce » et chez les vieillards à la démence sénile ou organique, etc. Mais ce changement peut se rencontrer au début de toutes les formes de troubles mentaux aigus ou chroniques.
11 va sans dire que les troubles mentaux où il y a alternance de dépression et d’excitation ou intermittence, donnent naissance à des changements de caractère qui parfois, avant tout signe vraiment pathologique, font prévoir l’accès aux personnes qui connaissent le malade : cela est surtout utile dans l’épilepsie.
Développement anormal du caractère dans une direction. — Ceci a principalement lieu chez les persécutés qui, soupçonneux et rapportant tout à eux, finissent par aboutir à l’égoïsme pathologique avec ses variétés qui caractérise ce genre de folie.
En sens inverse, les douteurs, timides, scrupuleux, versent souvent dans l’obsession ou la folie du doute ou les phobies variées.
Cdiez les «passionnés », érotiques, joueurs, avares, collectionneurs, etc., etc., on voit avec ce. développement de f « idée fixe » croître de plus en plus jusqu’à l’état pathologique la déviation du caractère.
Dans tous ces cas le trouble mental semble être un développement anormal du caractère antérieur.
Caractère congénitalement anormal. — Il s’agit de ces gens qui sont sur lalisière de la folie (comme les précédents, douteurs ou passionnés, avec lesquels la distinction n’est pas trancheh;), pardessus laquelle ils passent assez fréquemment, et qui, toute leur vie, depuis leur enfance, ont été anormaux, « pas comme les autres », instables, irréguliers, impulsifs, entêtés et suggestibles, menteurs et crédules, vaniteux, susceptibles, imprévoyants, etc. Ce sont eux que l’on décrit sous le nom de dégénérés, déséquilibrés, fous moraux, fous du caractère, raisonnants, etc., et que je groupe sous le titre général de déséquilibrés (voyez les chapitres sur le Déséquilibre mental).