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STUPIDITÉ ET CONFUSION

Ce syndrome est donc très près de la stagnation intellectuelle extrême, de la stupidité, mais il s’yjointde l’incohérence des idées qui peut aboutir au délire de rêve. L’épileptique stupide cité plus haut n’avait même pas le pouvoir de rechercher à rassembler ses idées; elles n’étaient pas incohérentes, car elles n’existaient plus et il n’avait que le masque de la stupeur sans l’égarement. La stupidité peut être considérée comme le degré extrême de la confusion; ou inversement la Confusion n’est qu’un plus faible degré de stupidité s’accompagnant plus ou moins d’incohérence. Aussi souvent prend-t-on, avec Delasiauve, ces deux mots comme synonymes. Le psychasthénique qui se plaint du ralentissement, de la confusion de ses idées, de ses rêvasseries, où il a peine à se retrouver, est un bon exemple de l’état de confusion si pénible pour les malades et dont, dans ce type clinique, ceux-ci ont une « conscience » beaucoup plus complète.

Je ne donne que cet exemple, la confusion pouvant se rencontrer exactement sous cetteforme, mais à des degrés variables, dans tous les délires de cause externe. Ordinairement, elle penche tantôt plus vers la stupidité, tantôt plus vers le délire hallucinatoire pur, ce qui rend le diagnostic du syndrome moins facile. Ce diagnostic l’est encore moins, si la confusion est accompagnée d’excitation intellectuelle, car alors elle est masquée par l’incohérence avec excitation. Il peut s’y ajouter le délire de rêve.

Cette confusion peut être intense ou légère. Elle correspond dans ce dernier cas à l’état crépusculaire des Allemands (Dtlmmerzustand).

En somme, cette confusion ou stupidité est un affaiblissement intellectuel qui se rapproche beaucoup de la démence, comntie on le verra, le travail intellectuel étant entravé à peu près de même dans les deux symptômes. Aussi Delasiauve donnait-il le nom de démence aiguë à la confusion, et le diagnostic de cette démence curable avec la démence vraie incurable ést-il parfois difficile.

Confusion secondaire. — On doit distinguer ce syndrome où la confusion est primitive, c’est-à-dire est l’expression directe du trouble somatique, de la confusion qui se manifeste secondairement dans le cas de délire hallucinatoire très intense. Il sera soi^vent difficile de faire ce diagnostic, si on n’a pas de renseignements ou si on n’a pas vu antérieurement le malade. Dans bien des cas, d’ailleurs, la confusion primitive s’accroît de confusion

SÉMIOLOGIE,.

secondaire, pour peu qu’avec elle s’entremêlent d’autres syndromes comme le délire de rêve ou l’excitation intellectuelle intense.

Diagnostic. — Plus délicate parfois est, comme je viens de le dire plus haut, la distinction entre le syndrome confusion et les états démentiels, en l’absence de signes somatiques précis. La première différence à noter est dans le « masque dans la mimique. Le confus et le dément, sont tous deux désorientés dans le temps, l’espace; leurs idées sont incohérentes, et il y a perte de mémoire. Mais pendant que le confus parle, ou se trompe, ou avoue qu’il ne sait pas, il a vraiment l’air de chercher, de faire effort, il a l’air égaré, ses actes sont indécis, il a souvent du délire de rêve, tandis que le dément reste placide, ou satisfait, ou complètement inerte, malgré son impuissance, ou au milieu de l’incohérence de ses idées et de ses actes.

Ainsi jevoyaisdernièrement un paralytiquegénéraljBle..., qui était venuseul à la Salpêtrière consulter parce qu’il se sentait fatigué, disait-il. 11 avait raconté sans effort, mais avec incohérence, qu’il venait de tel endroit, puis il ne se rappelait plus, après l’avoir dit, où il avait deniem-é, et il restait muet devant les questions en regardant d’un air niais; si bien que l’on fut obligé de rechercher dans ses poches son livret militaire, qu’il venait de montrer et d’y refourrer juste au moment où il aurait pu vérifier sur ce livret ses assertions contradictoires. Rien ne trahissait l’incertitude ou l’égarement; le masque du paralytique général, inerte et relâché tout il la fois, n’avait pas varié dans son expression ; le malade n’était nullement étonné des questions- et de ses propres réponses, faites sans hésitation et avec la plus complète indifférence. On ne le sentait pas lutter contre « l’oppression cérébrale » (Delasiauve). D’ailleurs, s’il ne savait même plus d’où il venait, il savait qu’il était à la Salpêtrière pour consulter et que j’étais le médecin, et il acceptait placidement qu’on fouillât dans ses poches, en regardant la surveillante qui procédait à l’opération.

Une plus grande difficulté sera trouvée au diagnostic chez les vieillards sur la voie de la démence organique, qu’un trouble circulatoire ou plus souvent rénal met dans un état de confusion parfois très intense. Y a-t-il seulement confusion ou démence, ou les deux? Et même chez d’autres déments, si on n’a pas de renseignements, on sera parfois obligé se poser les mêmes questions. .

Quçint au diagnostic avec le syndrome de Korsakoff pur, il est assez facile, car il n’y a vraiment pas confusion, mais perte de émmoire, et le travail intellectuel sur un sujet dont on fournit les

. .MÜTISME.

éléments est possible. Mais il peut y avoir coexistence des deux syndromes.

Valeur sémiologique. — Elle est grande, puisqu’on rencontre cette confusion dans tous les cas de délire de cause externe et même, dit-on, dans l’hystérie (ce qui ne me paraît pas certain).

Ce n’est que par les accompagnements du syndrome confusion qu’on pourra essayer de faire le diagnostic du type clinique auquel on doit rattacher cette confusion. Dans le délire alcoolique on trouvera un délire de rêve (voyez l’art. Délire de rêve) bien développé généralementet « zoopsique » souvent, avec peur plus ou moins intense, les stigmates du buveur d’habitude, les commémoratifs et les signes physiques. Dans les infections, les signes propres de l’affection somatique peuvent mettre sur la voie. Les traces de traumatisme dans la confusion traumatique seront d’une grande importance. Les accès d’épilepsie et leurs traces, le délire mystique, viendront dissiper les doutes quand ilsauront pu être relevés. Mais, comme dans le cas de Mir..., il arrivera souvent que le diagnostic sera longtemps tenu en suspens, puisque tous ces délires se ressemblent si étroitement. Enfin il y a des cas de délire hystérique avec confusion (?) que l’on voit rarement maintenant.

Confusion chronique. — 11 peut y avoir des cas prolongés atténués. 11 y a aussi une variété du syndrome démence qui revêt la forme de confusion. Ce sont les cas de démence suite de délire où il y a eu confusion. La démence épileptique parait être très fréquemment une confusion chronique et définitive (voyez à Démence épileptique).

Mutisme (1).

Je ne ferai que résumer en un tableau la valeur sémiologique du mutisme, qui change de signification suivant le symptôme ou le syndrome dont il fait partie, reconnaissable à la mimique, à l’aspect et aux gestes. Il y a des degrés dans le mutisme, des variations qui doivent aussi entrer en ligne de compte pour le diagnostic. Il est difficile de donner des règles générales pour tirer parti sémiologiquement du mutisme. Particulièrement dans les trois dernières catégories l’interprétation est parfois délicate.

(1) Bien que ce symptôme eût été mieux placé après les altérations du mécanisme du langage, je le décris ici, ou plutôt je rappelle ici quellepeut être sa signification à côté de la stupeur à laquelle il est si souvent lié.

SÉMiemBIE.

Mutisme accompagné des signes mi- ' miques suivants :

Mutisme par.

! Toxiques.

Infectieux.

D’épuisement .

Traumatique.

Epileptique.

(Voyez l’article \ Mélancolie.

Stupeur.) I

I Paralysie générale.

\ Démence précoce.

Masque de la confusion. I

(Voyez , l’article |

Confusion.)

Masque de l’idiotie. I Idiotie du dernier

(Voyez le chap. l degré.

Idiotie). '

Masques des dé-'j

mences ( P. G.

(P. -G., dém. ( Démence ultime de différents types, alcoolique, etc.) J Mimique expressive (avec ou sans signes

d’hémiplégie.)

Mimique expressive.

(Écrits spontanés.)

Mimique ) Délire de rêve,

hallucinatoire. 3 Folie systématisée.

. ( Ordinairement folie systématisée, ou

Mimique \ délirante dans plusieurs

intellectuelle. ^

Mimique I Mélancolie (délire d’humilité.) emotive triste Humeur négative (p. 5T).

Dissimulation, réticence.

Simulation.

• Aphasie. Anarthrie.

Hystérie.

/ Toxiques.

\ Infectieux.

Délires . (D’épuisement.

I Traumatique.

Épileptique.

Délire de rêve (Délire « onirique » de Régis) et rêve prolongé

Nor... a fait quelques excès d’absinthe, bien qu’il ne fût pas un buveur d’habitude, au moment où il subissait de violentes émotions ; il a été pris près-

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