‹ Éléments de sémiologie et clinique mentalesChapitre 52 sur 159 · DÉLIRE DE RÊVE · texte numérisé non relu

DÉLIRE DE RÊVE

mimique hallucinatoire ont déjà été étudiées en détail plus haut.

Chez M“® Dol..., atteinte de délire alcoolique subaigu, que j’ai citée au début (p. 1), lanaturemême des hallucinations visuelles, d’animaux en grande partie, leur caractère de poursuite et de mouvements menaçants vers la patiente, indiquent la nature alcoolique du rêve. Il faut noter comme particularité signalée par Lasègue que le rêve alcoolique naît la nuit comme le rêve ordinaire et finit par ^e prolonger dans le jour, durant jour et nuit, puis, en se terminant disparait d’abord seulement le jour, continuant la nuit, pour finir enfin complètement. D’ailleurs l’obscurité favorise, on le sait, toutes les hallucinations.

J’aidéjacité (p. 168) un épileptique dont le rêve, fruit de l’accès psychique comitial, avait une teinte mystique. Je n’y reviens pas. Je signale seulement que les idées religieuses donnent toujours, dans ces cas, faire rechercher l'épilepsie, bien qu’elle ne soient nullement pathognomoniques.

Valeur sémiologique. — En dehors de l’alcoolisme et de l’épilepsie où la particularité du délire peut être un bon signe sémiologique (surtout pour l’alcoolisme), le délire de rêve peut se ren contrer dans tous les types mentaux où le trouble est dû à une cause extérieure avérée : délires fébriles, infectieux, toxiques, traumatiques, émotionnels (comme le cas rapporté plus haut semble en être un exemple), et ce n’est que par les commémoratifs ou les phénomènes physiques concomitants qu’il est possible de faire le diagnostic. Je mentionnerai aussi le délire hystérique et certains états passagers chez les mystiques (voyez plus loin).

Remarque. — Entre la stupidité, la confusion, et le délire de rêve il y a les liens les plus étroits. A la stagnation intellectuelle, à l’arrêt moteur se joignent la confusion, l’incohérence des idées ; l’automatisme se développe, « le jeu machinal des molécules » (Delasiauve), parfois suffisamment pour vaincre l’arrêt moteur. Ces trois syndromes, stupidité, confusion, délire de rêve, se réunissent, alternent, passent de l’un à l’autre dans toutes les formes de folie aiguë de cause extérieure, ou peuvent chacun prédominer isolément.

Quant à la stupeur, c’est un symptôme un peu à part où l’arrêt moteur paraît relativement indépendant du fonctionnement intellectuel.

Souvenir du délire de rêve. — Je rappelle qu’après l’accès de trouble mental où il y a eu confusion, stupidité, délire de rêve, le

SÉMIOLOGIE.

souvenir de cet accès est d’autant plus effacé qu’il y a plus de confusion. Pourtant il y a des exemples chez des épileptiques où le délire de rêve sans confusion marquée est totalement oublié. Chez l’alcoolique il y a conservation du souvenir en général.

Reliquat du délire de rêve — Il arrive parfois après guérison du délire qu’il en surnage quelques bribes pendant un certain temps ; la guérison est incomplète. Ordinairement ces bribes vont en s’amoindrissant de plus en plus. On en trouvera un exemple inverse chez Bo...

Rêve prolongé. — Je ne parle plus ici du rêve alcoolique ou fébrile, mais de certains rêves qui se présentent chez des imbéciles et des déséquilibrés, mais surtout dans la sénilité, et qui persistent le jour ou tout au moins sont encore admis comme réels en dehors du sommeil, dans la journée. Ceci est la source d’erreurs de mémoire et le point de départ chez les vieillards affaiblis ou déments de faux souvenirs, récits imaginaires, qu’il est malaisé de distinguer des erreurs d’imagination, souvent extemporanées, que font les déments séniles qui ont perdu la mémoire, surtout cedx qui présentent leur démence sénile sous la forme du syndrome de Korsakoff (voyez plus bas).

Délire de rêve systématisé. — Dans quelques cas exeptionnels le délire de rêve peut revêtir une allure systématique ou après une phase kaléidoscopique donner naissance à un délire assezsystématisé ayant gardé ou non l’empreinte du rêve. 11 sera assez difficile alors de ne pas faire d’erreur. Certains délires alcooliques particulièrement ont cette allure. Le rêve prolongé est souvent très systématisé, surtout lorsqu’il est peu complexe. Chez les mystiques, les hystériques et certains déséquilibrés le rêve systématique qui se confond avec le rêve prolongé, pour acquérir une ampleur et une importance réactionnelle considérable (voyez l’obs. de X. de X.).

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